Une instruction va tenter de comprendre pourquoi Rachid et Medhi, deux frères d´origine maghrébine, ont été agressés, le 25 février dernier, par une bonne dizaine de skinheads au stade de Gerland. Le parquet de Lyon a ouvert vendredi une information judiciaire pour «violences volontaires», en retenant trois circonstance aggravantes. Ces violences se seraient produites en réunion, avec une arme (une bouteille de bière), et «en raison de l´appartenance à une race».
Quatre hommes devaient être jugés jeudi, en comparution immédiate, et pour «violences volontaires» seulement. Les avocats des victimes demandaient l´ouverture d´une information judiciaire, le Mrap et SOS racisme aussi. La représentante du parquet s´était rangée à leurs positions, et le tribunal a suivi a renvoyé l´affaire afin qu´une instruction cherche à comprendre ce qui est arrivé, le 25 février, à Rachid et Medhi. Un mois après les faits, les victimes restaient marquées. L´un des garçons a souffert d´un œdème cérébral et passé une semaine dans un service de neurologie.
A l´audience, quelques dizaines de crânes rasés étaient venus soutenir les auteurs présumés. Deux stadiers ont raconté aux policiers qu´ils avaient vu les deux frères se faire tomber dessus à bras raccourcis par dix à quinze personnes, dont quelques crânes rasés. Ils n´avaient pas entendu les propos échangés. L´un des deux frères avait entendu «t´es trop blanc», l´autre avait compris «t´es pas assez blanc». Cinq hommes avaient été interpellés rapidement, dont l´un avait en poche un autocollant du FNJ.
Le principal auteur présumé est âgé de 19 ans. Il a reconnu avoir donné le premier coup de poing, puis asséné un coup avec la bouteille de bière qu´il n´avait pas fini de boire. Fils d´un administrateur de sociétés lyonnais, titulaire d´un CAP dans la restauration, il comptait s´engager dans l´armée.
Il sera désormais entendu par le magistrat qui hérite du dossier. Celui-ci peut maintenir ou non les auteurs présumés en liberté, choisir un contrôle judiciaire. Puis au terme de l´information, il renverra éventuellement les auteurs présumés devant le tribunal, avec un peu plus d´éléments pour juger.
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