Raymond Domenech reconnaît que le match face à la Slovaquie lui a donné des "éclaircissements" pour établir sa liste des 23 pour le Mondial. Toutefois, les choix du sélectionneur ne sont pas figés. "Les deux mois qui viennent seront importants", prévient-il. Interview !
RAYMOND DOMENECH, la France a péché par inefficacité offensive. Est-ce alarmant ?
R.D. : C´est un peu notre souci. Et on ne peut pas dire que ce soit faute d´attaquants. Il faudrait un peu plus de réalisme, un peu moins de maladresse. On a eu les occasions et on ne les a pas mises. Mais les occasions et le volume offensif ont été intéressants. Après, il faut marquer. Mais on sait bien qu´avec des attaquants de haut niveau, ce ne sont pas situations qui durent. L´équipe doit continuer à créer. J´aimerais que le groupe réitère ce genre de match tout en conservant une solidité défensive et en ayant une plus grande réussite.
C´est donc une défaite qui ne vous inquiète pas ?
R.D. : Je ne dis pas que cette défaite n´a pas d´importance. C´est une défaite qui pose des questions. Comment est-ce qu´on fait pour, en ayant dix occasions nettes, ne pas en marquer au moins une ? Comment faire pour, quand il y a un corner pour nous, ne pas être pris en contre et concéder un coup franc (sur le deuxième but) ? Sur ce corner, il doit y avoir du monde à la retombée. L´attaquant slovaque a fait 40 ou 50 mètres balle au pied. Ce sont des fautes qu´il ne faut pas renouveler.
Quels points positifs retenez-vous de ce match ?
R.D. : Beaucoup d´éléments intéressants ressortent de ce match. Il faut s´en servir pour éviter de reproduire certaines erreurs. Par exemple, voir un attaquant adverse prendre le ballon et faire seul plus de soixante mètres alors que nous tirons un corner n´est pas admissible. A 1-1, les joueurs sont partis à l´abordage sans se contenir et ont perdu leur organisation. C´est positif dans le comportement car ils étaient touchés dans leur orgueil mais il faut en tirer des conclusions et ne pas perdre les fondamentaux."
Mexès est venu, a vu et... a dû repartir un peu déçu de ne pas entrer ?
R.D. : Les Romains, c´est ça... (sourire). J´avais prévu de le faire rentrer mais il avait un petit point en haut de la cuisse. J´ai voulu être honnête avec lui et ne pas le mettre en situation où il pouvait être gêné. Je n´ai pas pris de risque non plus avec Louis Saha, ni avec Claude Makelele qui étaient un peu touchés. Il n´y a pas que ce match qui compte pour faire la liste. Il y a les deux mois qui arrivent.
Cette liste des 23, vous l´avez déjà en tête ?
R.D. : Cette rencontre m´a apporté des éclaircissements. J´ai une liste en tête, mais qui ne sera pas forcément celle du 15 mai (la date imposée par la Fifa) ou du 1er juin (celle réclamée par les sélectionneurs). Mais je ne l´ai jamais mise sur le papier pour laisser la plus grande ouverture possible.. J´ai des noms en tête mais je ne suis pas figé. J´ai déjà des idées mais aucune certitude. La forme du moment comptera également.
Etant donné que ce match était le dernier d´ici l´annonce de la liste, était-il plus important ?
R.D. : Ce n´était pas coefficient 6, hier (mercredi). Tout ne se joue pas sur une mi-temps ou un match.
Il y a eu des épreuves à coefficient 6 avant ?
R.D. : Non
Pas même en Irlande ?
R.D. : Non, il y a une médaille à la fin, mais pas plus. Ceux qui ont montré une solidité à ce moment-là, c´était peut-être un petit plus, mais dilué dans les autres matches, leur parcours en club. Ce n´est pas 45 minutes ou un match qui décide d´une participation ou non à une Coupe du monde. C´est un ensemble d´éléments qu´on additionne.
Concernant les gardiens, pourquoi avoir choisi Barthez mercredi ?
R.D. : On a fait une alternance. On a pensé qu´il valait mieux que ce soit comme ça. Mais on est toujours dans la même situation: il n´y a pas de choix fait (pour le Mondial). Le travail de Bruno Martini (responsable des gardiens), maintenant, c´est uniquement de les suivre: ils vont être épiés, disséqués. J´ai une idée de base mais qui n´est pas figée. Les deux mois qui viennent seront importants. Je donnerai mon choix avant le 13 juin... (date du premier match du Mondial contre la Suisse)
