PSG-OM : Ni supporters, ni titulaires à Paris
Au terme d’une conférence de presse tenue ce vendredi, Pape Diouf et José Anigo ont expliqué les raisons qui les ont poussés à demander aux supporters d´annuler leur déplacement et ne pas envoyer les "titulaires" au Parc.
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Le journal d´OMtv du vendredi 3 mars
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«Enrayer la mécanique infernale»
Pourquoi l’OM a-t-il décidé d’envoyer à Paris une équipe sans titulaires et sans supporters ? «Le nœud du problème est la sécurité» répond Pape Diouf. «Le problème des places a été le révélateur du problème de la sécurité. Je n’ai pas envie d’être à la tête de l’OM au moment ou des événements dramatiques auraient lieu. C’est la première fois que nous voyons une situation aussi explosive autour du football, c’est la première fois que nous voyons des supporters jouer de la violence quotidiennement, que nous pouvons voir des drames se produire et le jeu n’en vaut pas la chandelle.»
Préférant assurer la sûreté de ses supporters, l’OM a donc pris une décision ferme. «A un moment donné, il faut des décisions spectaculaires et significatives pour enrayer la mécanique infernale. On ne peut pas continuer, sous prétexte que c’est du football et que des millions de personnes suivent ce sport, laisser faire n’importe quoi et attendre qu’un drame se produise pour ensuite chercher des raisons et des responsables» a précisé Pape Diouf.
Un choix qui pourrait amener un handicap sportif en cas de défaite au Parc des Princes mais le club olympien tient plus à ses principes. «Tout principe appliqué a une contrepartie, c’est celle-ci» démontre le Président marseillais.
«Il y a eu d’une part l’arrogance des dirigeants du PSG et d’autre part l’indifférence de la Ligue qui a établi les règles. Il suffisait de faire respecter ces règles pour ne pas arriver à cette extrémité. Dans un stade on ne peut pas exposer la vie des gens par caprice, par inconscience ou par incompétence» a-t-il conclu.
Une décision définitive
L´OM ne fera pas machine arrière à deux jours du match : «Non, répond fermement Pape Diouf, si l’on nous accorde 2000 places allons-nous les prendre ? Certainement pas. Nous avons pris nos décisions et nous les assumons.» Exemple frappant de la position olympienne : les 307 places (par rapport aux 1000 initiales) débloquées par le club parisien en fin d’après-midi. Là encore le Président marseillais ne recule pas d’un iota. «Cela montre le peu de sérieux des dirigeants parisiens, et confirme le peu de crédit qu’il fallait accorder à leurs précédents propos. Si l’on peut aujourd’hui nous donner ces 150 places de plus, ce qui porte le chiffre global à 1300, pourquoi ne pas nous en avoir donné plus au départ ? Pourquoi attendre aujourd’hui pour le dire.»
«On assume les décisions du club car l’on nous a traité comme si nous étions inexistants ou transparents jusqu’à présent et aujourd’hui on nous donne 150 places, ce n’est pas sérieux» a poursuivi le directeur sportif José Anigo.
Alors que peut risquer l’OM ? «Rien» indique ses dirigeants. «On n’est pas attaquable puisque l’on présentera une équipe à Paris» déclare Pape Diouf. Le règlement indiquant qu’il faut sur la pelouse un quota de joueurs ayant disputé le match précédent ne prévaut que dans les Coupes nationales et dans les deux dernières journées de championnat.
Quel visage pour l´OM au Parc ?
L’Olympique de Marseille n’enverra donc pas son équipe première à Paris mais «la formation alignée à Paris ne sera pas là pour faire de la figuration, précise Pape Diouf, elle jouera et donnera le maximum, tout ce qu’elle l´a. J´attends que les joueurs portent le maillot le plus dignement possible, après le score sera ce qu´il sera.»
L’entraîneur olympien, Jean Fernandez, opéré le mois dernier est toujours en phase de convalescence, il restera donc à Marseille. L’équipe sera conduite par Albert Emon. De son côté, l’équipe première n’ira pas jouer en CFA2, «ce serait fausser le championnat. Nous n’avons pas cette intention» affirme le président marseillais.
L’OM risque donc de faire une croix sur les trois points de la victoire. A ce sujet, Pape Diouf place les enjeux sécuritaires avant ceux du sport : «N’est-il pas plus salutaire de perdre trois points plutôt que son âme ? Rien ne dit que nous ne les gagnerons pas ailleurs. Et puis que vaudrait une place en Ligue des Champions entachée ou endeuillé par des événements malheureux ?»
Ce n’est donc pas le groupe communiqué par Jean Fernandez qui partira dimanche à Paris. «Nous sommes en train de réfléchir pour trouver une bonne formule avec certains jeunes du centre de formation afin de présenter une formation qui tienne la route et qui soit équilibrée. Il y aura quatre ou cinq joueurs professionnels qui viendront encadrer cette équipe» avance José Anigo. Ainsi José Delfim, Renato Civelli, Andre Luis Garcia, Christian Gimenez et Yannick Quesnel pourraient renforcer cette équipe inédite.
Le directeur sportif de l’OM ne souhaite pas s’asseoir sur le banc de touche au Parc des Princes. Il sera donc en tribune, aux côtés de Pape Diouf, pour encourager ses troupes.
Les supporters solidaires
Après avoir rencontré l’équipe dirigeante olympienne ce vendredi en début d’après-midi, les associations de supporters marseillaises ont rendu les 1000 places pour le match de dimanche. «Ils ont compris la décision du club et l’ensemble des associations de supporters nous ont rendu les places dont elles étaient détentrices» a précisé Pape Diouf.
«Nous avons su trouver les mots pour dissuader nos supporters de partir et ce n’est pas rien quand on voit ce qui se passe ailleurs» a-t-il ajouté. «Cela permettra au moins de ne pas déplacer le problème des supporters parisiens sur nos supporters. Ca laisse le problème où il est car ce n’est pas un problème marseillais. Nos supporters se sont toujours bien tenus» a expliqué José Anigo.
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