Molinari dans la tourmente (Foot365)
Accusé d’être à l’origine des mauvais résultats, Carlo Molinari doit supporter le manque de gratitude d’une partie du public messin ? A 74 ans, comment peut réagir l’une des figures du foot français ?
« Molinari démission ! » Le bouc-émissaire est tout trouvé pour certaines franges de supporters messins. Le président serait pour eux à l’origine de l’entame catastrophique des Grenats, plus que jamais en course pour reprendre l’ascenseur vers la L2. Le temps où le FC Metz était inamovible en L1 semble révolu. Samedi, l’arbitre de la partie a même dû interrompre le match six minutes suite à une tentative d’envahissement. « A un moment donné, j´ai eu peur », a indiqué l’entraîneur Francis De Taddeo après la rencontre. Il faut dire que les pseudo-supporters messins ont offert un festival de bêtises inexcusables : des projectiles lancés sur le gardien strasbourgeois Stéphane Cassard, des groupes qui accourent vers la corbeille pour invectiver Carlo Molinari, d’autres qui s’en prennent à des supporters adverses… Quand le foot rend fou, on comprend que certains se tournent aujourd’hui vers le rugby…
Heureusement, ose-t-on dire, dans cette triste soirée, les stadiers et les forces de l’ordre ont su contenir les plus excités et éviter un drame. Jacky Ancel, directeur de la sécurité au FC Metz, raconte dimanche matin dans les colonnes du Républicain Lorrain sa vision des faits. « Dépités par le deuxième but, des supporters du FC Metz se sont livrés à des exactions intolérables. Ceux de la Horda Frenetik ont convergé vers le grillage de séparation des supporters strasbourgeois. Et d´autres, du côté de Génération Grenat, des petits merdeux qui se nomment la Faction, dont certains nazillons, se sont rendus vers la corbeille pour insulter le président Carlo Molinari. C´était un mouvement de foule, verbal. On les a peut-être repoussés de façon manu militari. Force doit rester à la loi, dit-on. » Jacky Ancel peut se féliciter d’avoir augmenté pour ce match le nombre des préposés à la sécurité.
Que va faire Molinari ?
Reste que le FC Metz, battu pour la première fois par Strasbourg à Saint-Symphorien depuis 1983, vit des heures troubles. Dernier de la L1, bien parti pour descendre, le club, malgré un jeu en progrès, ne semble n’avoir aucune ambition. Dès l’avant-saison, Francis De Taddeo avait compris qu’il tentait une mission impossible au vu d’un recrutement minimaliste. Les supporters, même les moins extrêmes, sont déçus et se préparent à l’inéluctable. Les moins réfléchis en profitent donc pour se montrer sous leur plus mauvais visage. A 74 ans, Carlo Molinari, qui se verrait bien continuer jusqu’à 90 ans, a beau répéter que Metz est un « club de Ligue 1 », il ne semble plus savoir comment confectionner un groupe capable de maintenir le club dans l’élite.
Une nouvelle relégation serait très difficile à vivre pour lui comme pour le club. « Cette situation (ndlr : être en L2) est très difficile à gérer. Nous avons perdu des annonceurs (surtout en évènementiel) et des spectateurs. Heureusement, nous avons des fidèles qui nous suivent malgré les aléas sportifs. Relégué, on perd en moyenne 50% de ses ressources. C´est pire lorsque l´on se penche sur les revenus télévisuels », confiait-il l’année dernière dans Sport. Aura-t-il le courage de repartir pour un an de plus en cas de descente ? Pourra-t-il s’asseoir au milieu de ces gens-là qui l’ont conspué, lui, l’actionnaire principal du club ? Lui, le président du FC Metz depuis 1973 ? Lui qui a offert au club deux Coupes de la Ligue, deux Coupes de France et une deuxième place en L1 en 1998 ? L’heure est peut-être venue de tourner la page et de trouver un successeur. On préférerait toutefois que cela se passe autrement que dans la douleur et les cris eu égard à ce que le président Molinari a apporté au football messin et français pendant tant d’années.