Interview avec Ludovic Obraniak
Ludovic Obraniak, le FC Metz a remporté face à Libourne son troisième match en quatre journées. Votre regard sur cette rencontre?
"C´est clair, au niveau du spectacle, ce n´était pas ça. Mais il ne faut pas oublier la valeur de l´adversaire, ni perdre de vue l´essentiel: ce n´est pas un football champagne, surtout face à de telles équipes, qui nous permettra de remonter. L´important, c´est l´efficacité."
Sur le plan comptable, vous réussissez un départ quasi idéal. Et au-delà?
"Des questions restent évidemment en suspens. Pas sur les qualités à l´intérieur du groupe, qui sont réelles, mais il nous reste à nous confronter aux grosses équipes du groupe. Après avoir rencontré Bastia, Caen, Dijon, nous en saurons plus. Mais sur ce que je constate à l´entraînement et en match, le potentiel existe, la marge de progression aussi, nous devons continuer à travailler d´arrache pied."
La plupart des joueurs qui vous entourent, sur le terrain, n´étaient pas là l´an dernier. Vous arrive-t-il de vous sentir perdu, en tout cas dépaysé?
"Bizarrement, non. Je me sens même carrément mieux que l´an dernier. Une osmose est en train de se créer. La saison dernière, les centres d´intérêt divergeaient énormément; cette fois, nous sommes déjà plus proches au niveau de l´âge et nous partageons plus de trucs, en dehors: forcément, cela se ressent sur le terrain."
Comment se passe l´adaptation de tous ces nouveaux, alors qu´elle n´avait pas fonctionné la saison passée?
"Tous sont déjà bien intégrés, y compris les étrangers comme les Péruviens (Aguirre et Corrales) ou Luis Delgado (l´Angolais), malgré la barrière de la langue. Ils viennent vers nous, ce qui n´était pas vraiment le cas l´an dernier. De notre côté, nous faisons tout pour les placer dans les meilleures conditions. Je crois sincèrement que les nouveaux se sont déjà bien fondus dans le groupe."
Quelles sont vos sensations, au poste de milieu gauche, dans le 5-3-2 actuel, vous qui étiez davantage habitué à évoluer en 4-4-2 voire +en 4-3-3?
"Je m´y sens très bien, j´estime même qu´il s´agit du poste où je peux donner le meilleur de moi-même car il met en valeur mes qualités de pressing et d´agressivité. J´aime toucher un maximum de ballons, le demander, vite me porter vers l´avant. J´aime aussi aller chercher l´adversaire assez haut, le harceler."
Babacar Gueye et Papiss Cissé ont inscrit tous vos buts. Assiste-t-on à la naissance d´un duo?
"Ils s´entendent très bien. Avec la blessure de Wilmer (Aguirre), Papiss a su s´imposer et il nous amène un plus. Avec Bab´s, ils sont complémentaires en plus d´être aussi des complices, en dehors du terrain. Bab´s, qui sort d´une saison difficile, a déjà retrouvé le sourire."
Symbolise-t-il ces joueurs présents l´an dernier, aujourd´hui avides de retrouver du plaisir?
"Oui, nous sommes tous dans ce cas. Nous voulons également prouver que nous ne sommes pas si mauvais que ça. Il y a un petit côté revanchard. L´an dernier, c´est une saison à oublier. Nous avons également des choses à nous faire pardonner."
