Qu’on ne s’y trompe pas. Les chiffres annoncés par le journal « France Football » ( un gain net de 3,3 millions d’euros sur la saison 2003-2004) sont le signe que le Club à la Croix de Lorraine a retrouvé une sérénité financière. Mais en aucun cas, ils ne permettent au FC Metz de relâcher ses efforts dans ce domaine. « La partie n’est pas encore totalement gagnée, souligne le directeur général Patrick Razurel. Il nous faudra encore quelques saisons pour atteindre une situation de confort absolu. » Si le club lorrain peut se targuer d’un bilan largement bénéficiaire, il le doit à des rentrées d’argent ponctuelles. « C’est dû au fait que nous avons vendu Emmanuel Adebayor, précise Razurel. Cela nous a permis de reconstituer nos fonds propres. »
Reconstituer. Le terme peut sembler anodin et ne pas attirer l’attention de certains. Mais il rappelle les difficultés traversées par les Grenats. Lors des saisons qui ont suivi la victoire des Bleus en Coupe du Monde, Carlo Molinari s’inquiétait de l’inflation des salaires accordés aux joueurs de Ligue 1. La suite lui donnait malheureusement raison. En suivant les anormales normes de l’époque en la matière, le FC Metz vit ainsi son budget plombé par une masse salariale trop importante. En quelque sorte, le plus ancien président du football hexagonal aura fait les frais d’une période d’extravagances bientôt révolue si l’on en croit le dernier rapport des gendarmes du football français, présenté le 4 mars dernier.
Mais comme « embellie » ne signifie pas « beau fixe », il n’est pas question de jeter l’argent par les fenêtres. Le FC Metz, qui pourra également compter sur l’augmentation des droits télé pour ces trois prochaines saisons, entend utiliser ces ressources sans perdre sa lucidité. « Plus notre situation s’améliorera, plus nous aurons la possibilité d’investir sur des projets. Certains seront mis en place à partir de la saison prochaine. Mais il ne faut pas croire que nous sommes d’un seul coup devenus riches. Nous continuons à travailler pour réussir à avoir une situation plus confortable dans les deux trois saisons à venir. »
DNCG, qu’est ce que c’est ?
La « Direction Nationale de Contrôle et de Gestion » est une instance unique en Europe qui a pour mission de surveiller les finances des clubs de football professionnels francais. Ces derniers doivent en plus faire face à des charges fiscales plus importantes que leurs homologues espagnols, italiens ou allemands avec qui ils joutent régulièrement en Coupe d’Europe. D’où un déséquilibre qui ajoute au prestige des performances de Lyon ou Monaco en Coupe d’Europe. Naguère considérée par certains comme des empêcheurs de tourner en rond, la DNCG a peut-être une responsabilité importante dans la bonne santé des clubs français. A l’heure où des clubs disparaissent régulièrement du championnat helvète et où le Borussia Dortmund ( récemment Champion d’Europe et côté en bourse) accuse de graves problèmes financiers, celle-ci n’est peut-être pas une tare. On parle même de l’étendre au delà de nos frontières afin que les différences de moyens soient moins importantes.