Une saison en enfer
Le rideau est tombé sur la Ligue 1. Après les images, qui resteront sans doute encore quelques temps dans les têtes, il reste les chiffres, accablants pour le Club à la Croix de Lorraine. Les différents rouages de l’engrenage avec Joël Muller.
Derniers. La sanction peut paraître sévère. Au regard des statistiques affichées par les « Grenats », un peu moins ; à la vue des erreurs commises sur la pelouse également. Combien des 59 buts encaissés (le pire total depuis la saison 1982-1983) étaient inévitables ? « Il y a eu beaucoup de défaillances individuelles, estime Joël Muller, mais rarement de moments de démission collective. » Au cours de cette interminable année, beaucoup ont stigmatisé l’ambiance au sein du vestiaire, une raison qui ne peut à elle seule expliquer le bilan cataclysmique qui en découla. Pas plus que l’absence de talent ni l’influence de paramètres extérieurs. La vérité se situe sans doute en plusieurs de ces points, ce qui rend l’importance de l’échec imprévisible. Et le verdict des plus sévères : tous responsables
Une intersaison hors de contrôle
Jean Fernandez est un homme passionné et extrêmement généreux. Au cours de ses trois années à la tête de l’équipe première, il n’a cessé de le démontrer. En consacrant un temps, une énergie et une volonté remarquables, il est parvenu à sortir le club de l’ornière au cours d’une période où les liquidités se faisaient rares. Compte tenu des services rendus, le FC Metz ne pouvait humainement pas empêcher son coach d’accéder à un poste dont il rêvait depuis des années. Bien qu’il en avait la possibilité sur le plan strictement contractuel. Cette situation aussi exceptionnelle qu’inattendue a porté un préjudice dans la mesure où le poste n’a été comblé que le 16 juin, soit onze jours avant la reprise de l’entraînement.
En optant pour le retour de la doublette Joël Muller - Michel Ettorre, le FC Metz avait non seulement l’assurance de disposer de deux techniciens compétents, mais savait aussi qu’il tenait là deux hommes vaccinés au ´Grenat´. Les supporters ne s’y trompèrent d’ailleurs pas puisqu’ils accueillirent la nouvelle dans l’ensemble favorablement à l’image de la banderole déployée en Tribune Ouest : « Joël et Michel, on est pas mieux chez soi ? »
Pour autant, bien qu’ayant suivi de loin l’évolution du club depuis Lens, les deux hommes ne disposaient pas d’une connaissance parfaite de l’effectif en place dès leur arrivée. Cela n’aurait pas constitué un obstacle s’ils avaient eu le loisir de l’évaluer au cours de la préparation. Mais celle-ci s’est faite sans plusieurs joueurs blessés (Méniri, Tum, Gueye, Djiba) et sans les recrues, qui sont arrivées au coup par coup, parfois en méforme, toujours trop tard... Les dossiers Antchouet et Mendoza ont notamment contribué à installer une forme de précipitation néfaste à la qualité du recrutement. « Lorsqu’on prépare une saison, explique Muller, il faut essayer de programmer les choses, d’anticiper. Nous avons fait tout le contraire. Du coup, nous manquions de garanties quant aux garçons qui nous rejoignaient. »