Marseille: après les propos d´Eydelie, les acteurs refont le match de Munich
L´ex-président de l´OM et l´ex-joueur du club Jean-Jacques Eydelie, le 24 octobre 2005 au tribunal de Douai
Bernard Tapie et Franck Sauzée ont réfuté lundi les accusations de dopage présumé, lancées par Jean-Jacques Eydelie, lors de la finale de la Ligue des champions de football remportée par Marseille en 1993 à Munich, alors que l´UEFA a annoncé qu´elle allait se pencher sur l´affaire.
"Bidonné!" Bernard Tapie, président de l´OM à l´époque, n´y est pas allé par quatre chemins pour démentir la version d´Eydelie, réclamant que "les acteurs de cette finale soient convoqués" par l´Union européenne de football (UEFA), au cours de l´émission "On refait le match" sur RTL.
Décidé à occuper l´espace médiatique, M. Tapie a lancé lundi l´offensive, répondant pendant une heure sur l´antenne de la radio et via un entretien à paraître mardi dans Le Parisien/Aujourd´hui en France.
S´estimant victime d´une "cabale monstrueuse", il a reconnu être principalement touché par les accusations de dopage. "Sur le dopage, a-t-il lancé, je n´ai jamais accepté cela et, pire, je l´ai toujours combattu. Il est impossible que les professionnels du football se laissent avoir (...)".
Eydelie, titulaire contre le Milan AC le 26 mai 1993 à Munich, avait affirmé dans L´Equipe magazine, que les Marseillais avaient reçu une "piqûre dans le cul" avant la rencontre. "Le pire, avait-il précisé, c´est qu´au même moment, dans le couloir, Tapie faisait un scandale en réclamant un contrôle antidopage à la fin du match. Il gueulait: +Les Italiens sont tous dopés! A moi, on ne va pas la faire!+ Résultat, il n´y a eu aucun contrôle à la fin du match".
La Ligue de football professionnel (LFP), qui a interrogé l´UEFA, a cependant indiqué que quatre contrôles antidopage, tous négatifs, avaient été pratiqués après le match.
Au vu de cette réponse, la LFP souhaite s´en tenir là. Ce qui pourrait ne pas être le cas de l´UEFA qui a annoncé qu´elle allait "se pencher avec la plus grande attention sur ce dossier malgré le temps passé depuis ce match".
L´UEFA n´a toutefois pas ouvert d´enquête pour le moment, a précisé un porte-parole, qui rappelle que le règlement disciplinaire prévoit une prescription de 10 ans dans les cas de corruption et de dopage.
Les déclarations d´Eydelie pourraient par ailleurs connaître des suites devant la justice ordinaire, Franck Sauzée, qui avait joué aussi la finale, ayant annoncé qu´il étudiait la possibilité de porter plainte.
"J´ai eu mon avocat. Je n´accepterai pas d´être sali de la sorte (...). Tout va être fait pour attaquer cette personne, qui ferait mieux de réfléchir (...). Ce sont des propos mensongers et diffamatoires", a-t-il indiqué sur I>Télé.
"Il n´a jamais été question de piqûres dans le cul. C´est purement scandaleux!", a-t-il ajouté.
Bernard Tapie doit lui déposer plainte mardi contre son ancien joueur et L´Equipe magazine, selon son avocat, Maître Lantourne. "Et tous ces braves gens qui depuis trois jours me mettent dans une lessiveuse vont avoir à s´expliquer dans une procédure qui est simple, qui est la citation directe, où vous avez dix jours pour préparer vos preuves et venir démontrer ce que vous avez dit", a lancé Tapie, visant "tous ceux qui sont à l´origine de la boule de neige, ou ceux qui l´ont poussée pour qu´elle devienne plus grosse".
Si les réactions se sont focalisées sur la finale, notamment parce que les accusations d´Eydelie n´ont pas laissé indifférents au Milan AC, celles-ci ont trouvé un écho du côté d´Arsène Wenger. "Pour les dirigeants de l´OM, tricher était devenu une seconde nature (...). Pendant des années, quasiment tous les joueurs qui venaient à l´OM avaient participé à des arrangements", expliquait Eydelie.
"Ca ne me surprend pas (...), a réagi l´ex-entraîneur de Monaco (1987-94) dans L´Equipe. J´affirme en tous cas que cela ressemble à cent pour cent à ce que j´ai connu".
"Ce sont des choses que je savais, que beaucoup de gens savaient. On parle ici de la pire période qu´a connue le football français. Il était gangrené de l´intérieur par l´influence et les méthodes de Tapie à Marseille", assure Wenger, tenant un discours qui tranche avec l´indignation de la grande majorité des acteurs de l´époque.
Pour Tapie a assuré sur RTL que l´actuel entraîneur d´Arsenal agissait avec des arrière-pensées, l´accusant d´avoir joué un rôle dans l´affaire de corruption VA-OM qui a valu un condamnation à deux ans de prison dont huit mois ferme à l´ex-président de l´OM: "M. Wenger a été au coeur du problème OM-VA. Il manageait par derrière les témoins et les contre-témoins, en leur disant toi tu vas porter plainte, toi tu vas faire ci, toi tu vas dire ça."