A mi-championnat, l´heure des premiers bilans a sonné. Lyon éclabousse le championnat de toute sa classe. Ribéry, le petit phénomène de l´OM, est sans conteste la révélation des matches aller. Francesco Guidolin a, lui, réussi le pari de relancer Monaco et les promus s´en sortent plutôt bien. En revanche, le spectacle proposé par la L1 déçoit. La moyenne de buts par match inférieure à deux et, hormis Pauleta, les buteurs restent très discrets. Le PSG, quant à lui, s´invente une crise tandis que les clubs de l´Est sont à la peine. Sans oublier les flops des transferts...
Ribéry, graine de star
Ribéry éclabousse la Ligue 1 au point de postuler au Mondial 2006.Ribéry éclabousse la Ligue 1 au point de postuler au Mondial 2006.
Il ne lui aura fallu que quelques semaines d´adaptation pour devenir le maître à jouer de l´OM. Après six mois passés à Galatasaray, le Nordiste a littéralement explosé cet automne, signant performances sur performances au point de se placer comme un candidat potentiel au Mondial en Allemagne avec les Bleus. Virtuose technique, l´ancien messin s´affirme comme l´une des meilleures individualités de la ligue 1 et a su à plusieurs reprises porter Marseille sur ses épaules. Elu coup sur coup joueur du moins d´octobre et de novembre par l´UNFP, Canal+ et L´Equipe, Ribéry a pris une nouvelle dimension. Comme en atteste son magnifique but fin novembre face à Nantes, une frappe de trente mètres qui se loge sous la barre de Landreau, l´international Espoirs (pour combien de temps encore ?) illumine le championnat.
Lyon, la machine infernale
Que demander de plus au quadruple champion en titre ? Pas grand chose. Le départ de Paul Le Guen au lendemain de son troisième titre décroché à la tête de l´OL avait inquiété bon nombre d´observateurs. Mais moins encore que le départ de Michaël Essien pour Chelsea après de longues semaines de tractation. Et pourtant, l´homme à tout faire des Gones les saisons précédentes a vite été oublié sur les bords du Rhône ! Discret mais efficace, son remplaçant Tiago tient la comparaison. Les autres arrivées (Carew, Fred, Monsoreau) se sont parfaitement intégrés au moule. Jamais, l´effectif lyonnais n´a été aussi impressionnant. Sa défaite face à Lille (1-3) lors de l´ultime journée des matches aller ne peut altérer son bilan. Le cinquième titre de rang lui tend plus que jamais les bras. Spectaculaire, l´OL a toujours marqué à l´exception de son déplacement à Saint-Etienne lors de la 18e journée. Un régal pour les yeux.
Guidolin, le messie
Arrivé début octobre en Principauté à la rescousse d´une ASM abandonnée par Didier Deschamps en conflits avec certains de ses dirigeants (et de ses joueurs ?) , l´entraîneur italien a remis Monaco sur les bons rails. Méconnu en France, l´ancien technicien de Palerme a apporté de sa rigueur et son exigence au groupe monégasque, pourtant dans sa grande majorité, contre le départ de Deschamps. Depuis sa prise de fonction, l´ASM a glané dix-sept points en neuf rencontres de championnat, permettant à l´équipe de faire un bond de la 11e à la 5e place au classement. N´hésitant pas à lancer les jeunes avec réussite, Maurice-Bellay en est le parfait exemple, Guidolin a convaincu par ses méthodes. La deuxième partie de la saison pourrait voir le retour au tout premier plan de Monaco.
Des promus fringants
Le fait est assez rare pour être souligné: aucun des trois promus ne figurent en position de relégable à mi-championnat. Si Troyes flirte avec la zone rouge (16e), Le Mans (11e) et Nancy (12e) se sont placés dans le ventre mou avec respectivement 11 et 10 points d´avance sur Metz, le premier club à figurer en position de relégable à la trêve. Des performances notables pour ces trois formations dont les entraîneurs Correa (Nancy), Hantz (Le Mans) et Furlan (Troyes) effectuent cette saison leurs premiers pas de technicien en Ligue 1. Surtout que Lorrains, Sarthois et Aubois ne se contentent pas de fermer le jeu bien au contraire. De belles aptitudes à confirmer en 2006.
Peu de buts, peu de buteurs...
Avec 12 buts à son compteur, Pauleta est bien installé à la tête du classement des buteurs.Avec 12 buts à son compteur, Pauleta est bien installé à la tête du classement des buteurs.
Avec 19,68 buts inscrits par journée de championnat, les vingt formations de Ligue 1 ne défraient pas la chronique. Force est de constater que le spectacle n´est pas au rendez-vous chaque samedi soir sur les pelouses françaises. Si Lyon a déjà marqué 30 buts, onze formations (Bordeaux, Sant-Etienne, Le Mans, Nantes, Nice, Toulouse, Troyes, Sochaux, Metz, Ajaccio, Strasbourg) tournent à moins d´un but inscrit par match ! Dans ce contexte où la défense prend le pas sur le jeu offensif, difficile pour les buteurs de se faire remarquer. Ainsi, après dix-neuf matches, seul Pauleta présente, avec 12 réalisations, un bilan digne de ce nom. Derrière, Daniel Cousin compte 8 buts à son actif, soit moins d´un but toutes les deux rencontres comme ses poursuivants auxerrois Luigi Pieroni (7) et Péguy Luyindula (6).
Paris, l´art de la crise
A l´heure de la trêve hivernale, le PSG pointe à la sixième place du classement à une longueur d´Auxerre, le dauphin du leader lyonnais, et de son objectif qui reste une qualification directe pour la prochaine Ligue des Champions. Si le fond de jeu parisien n´a pas encore convaincu et si ses deux recrues de poids, Bonaventure Kalou et Vikash Dhorasoo, ont du mal à confirmer les espoirs placés en eux, Paris reste une équipe difficile à manœuvrer. Mais si l´objectif du club reste accessible, le président Blayau a semé le trouble ces dernières semaines en déclarant dans les colonnes du Parisien que son entraîneur Laurent Fournier n´allait sans doute pas rester à la tête de l´équipe jusqu´à la fin de la saison. L´art de mettre de l´huile sur le feu alors que la situation parisienne est loin d´être dramatique. La décision concernant le maintien ou non de Fournier devrait tomber le 27 décembre. En attendant, Fournier poursuit sa tâche sans broncher.
Denilson, Kapo, Pedretti, les flops...
Parmi les grosses pointures débarquées en Ligue 1 à l´intersaison, toutes n´ont pas su trouver leurs marques. Au premier rang de celles-ci figure le fantasque brésilien, Denilson, arrivé à Bordeaux en provenance de Séville. Le champion du monde 2002 a bien du mal à justifier son salaire de star. Rarement décisif, le dribbleur fou n´a pas encore marqué, ni délivré de passes décisives depuis son arrivée en Gironde. Si Ricardo lui accorde encore sa confiance, la question est de savoir pour combien de temps encore ? A Lyon, Benoît Pedretti, arrivé de Marseille avec un statut d´international, n´a jamais vraiment eu celle de Gérard Houllier.
Confiné à un rôle de remplaçant de luxe, lorsqu´il n´est pas réservé pour la CFA, le milieu de terrain défensif a bien du mal à confirmer les attentes placées en lui depuis son départ de Sochaux. Le cas est quasiment identique concernant Olivier Kapo. Transfuge de la Juventus de Turin où il jouait peu la saison passée sous les ordres de Fabio Capello, l´ancien auxerrois ne parvient pas à s´imposer à Monaco. Lui aussi semble actuellement bien loin des Bleus. Et que dire de Christian Gimenez, l´Italo-argentin de l´OM, arrivé avec une réputation de serial buteur dans la cité phocéenne et qui n´a jamais convaincu. L´ancien avant-centre de Bâle n´a en tout cas, au vu de ses prestations, rien de la perle rare recherchée par les dirigeants olympiens.