Interview Jean - Luc Ettori - le 05-04-2005
Jean-Luc Ettori vient de fêter ses trente ans au sein de l’AS Monaco FC, un moment privilégié pour saluer sa fidélité exceptionnelle au club de la Principauté
Jean-Luc, comment s’est passée la transition après ta carrière de joueur ?
Très bien ! Je suis resté dans le milieu du football, un milieu que je connais bien et en plus dans un club que je connais très bien. Il n’y a donc pas eu beaucoup de bouleversements, même si je n’étais plus joueur.
Cela-a-t-il été un manque de ne plus fouler les terrains ?
Non. Mais être joueur, vous savez, c’est énorme. C’est jouissif. L’après, ce ne sont que des palliatifs. Ce sont des joies différentes.
Aujourd’hui c’est t’on fils qui joue. Connaît-il la carrière de son père ?
Il la découvre par petites touches. Il commence à savoir ce qu’a été son père dans le monde du football. Il m’interroge de temps en temps.
Joueur, tu n’a jamais été tenté par un transfert à l’étranger …
Le contexte était différent à l’époque. Seuls les très grands comme Platini partaient. Et puis je suis un homme fidèle. J’étais bien où j’étais, et dans un club compétitif chaque saison. Alors pourquoi partir ?
Quel souvenir gardes-tu de cette finale de Coupe des Coupes disputée à Lisbonne en 1992 contre le Werder de Brême ?
Quand on perd, ce n’est jamais un bon souvenir. Et puis le match s’était joué dans un stade vide. Rien n’indiquait que c’était une finale. Il y avait aussi le contexte pesant de Furiani.
Au cours de tes nombreuses campagnes européennes, quelle ambiance t’a le plus marqué ?
Sans surprise, les ambiances grecques, turques, et puis cette demi-finale disputée à San Siro contre le Milan AC en 1992. C’était chaud!
Tu as foulé pendant plus de vingt ans la pelouse du stade Louis II, quel est le joueur monégasque qui t’a le plus marqué ?
Le plus grand pour moi, ce fut Glenn Hoddle. C’était un tout. Le joueur, l’homme. J’en ai connu des joueurs, sur plus de trois générations. J’ai commencé avec Jean Petit à la fin des années 70 pour finir avec Emmanuel Petit au début des années 1990.
Et aujourd’hui, quel est le joueur capable de te faire lever de ton fauteuil ?
Sans être original, je dirais Ronaldinho et Eto’o. J’apprécie aussi Michael Essein en France.
Un mot sur ton parcours en équipe de France ?
Un sentiment de frustration. C’est vrai, je n’ai pas su montrer ce que je devais apporter.
Tu as entraîné Fabien Barthez, ton successeur à Monaco et en équipe de France. Où se situe Flavio Roma ?
C’est un grand gardien. Je ne comprends pas qu’il ne soit pas plus souvent appelé dans les buts de la sélection italienne, même si le titulaire est Gianlugi Buffon. C’est peut-être mon côté chauvin qui s’exprime. Je l’avoue. Je suis Rouge et Blanc à l’extrême. Je ne suis content que si l’on gagne.
Est-ce que tu suis d’autres sports que le football ?
J’aime bien le rugby. Je regarde notamment les matches du Top 16. Je trouve que cette formule de championnat est meilleure. Ils ont enfin réuni les meilleures équipes en une seule poule. Je regarde aussi jouer l’équipe de France.
Comme de nombreux footballeurs à la retraite, est-ce que tu joues au golf ?
Oui, mais pas de manière assidue. Je me contente de quelques parties, de temps en temps.
Et en dehors du foot ?
J’aime écouter la musique. Sinon, je suis très lecture. J’adore lire, et tous les styles. Je passe sans problème d’un policier à un Bernard Clavel. Le dernier ? Le fameux Code De Vinci.
Entretien réalisé par Pierre-Yves Ménard. Twelve