Ce soir début du Giro
E PARCOURS
Pour cette 88e édition du Giro, les organisateurs ont choisi un parcours des plus difficiles qui emmènera le peloton du Sud au Nord de l´Italie. Après un prologue de 1150 mètres sur le front de mer de Reggio de Calabre, les équipes de sprinters auront 10 jours pour en découdre sur des étapes qui devraient être menées à grande vitesse.
Un premier contre-la-montre de 45 kilomètres entre Lamporecchio et Florence, le 15 mai, devrait faire une première sélection au classement général. La 10e étape, qui reliera Ravenne à Rossano Veneto, viendra conclure la première partie du Giro. La seconde marquera le début des hostilités entre grimpeurs.
Les coureurs auront en effet droit à quatre étapes dans les Dolomites, dont une arrivée au sommet du Zoldo Alto pour débuter. La 13e étape, avec trois cols de plus de 2000 mètres d´altitude, et la 14e étape, marquée par l´ascension du Stelvio ( 2758 mètres d´altitude, point culminant de Giro), seront particulièrement difficiles à enchaîner pour le peloton. Mais le moment fort de ce Tour d´Italie aura lieu la veille de l´arrivée avec la montée vers Sestrières, qui devrait déterminer le tiercé gagnant de cette 88e édition.
LES FAVORIS
Tenant du titre et n°1 mondial du classement UCI 2004, Damiano Cunego aura les faveurs des pronostics sur un parcours qui devrait lui convenir. Après un début de saison discret, le coureur de la Lampre a réussi un très bon Tour de Romandie en remportant une étape de montagne avant de finir à la deuxième place du classement général. La star montante du cyclisme transalpin paraît en mesure de conserver son titre. Mais, comme l´an passé, Cunego devra gérer la cohabitation au sein de sa propre formation avec un autre favori du Giro, Gilberto Simoni.
Le double vainqueur de l´épreuve avait brillé sur le Paris-Nice au mois de mars en s´imposant au sommet du Mont Faron, et il aura certainement à coeur de reprendre le titre abandonné à son jeune coéquipier l´an passé. Ce problème pourrait également se produire au sein de l´équipe Liquigas, qui compte deux vainqueurs potentiels dans ses rangs avec Danilo Di Luca et Stefano Garzelli.
Du coup, Ivan Basso pourrait bien profiter de cette situation. Troisième du Tour de France l´an passé, le leader du Team CSC pourra s´appuyer sur une formation danoise solide et expérimentée pour jouer sa carte personnelle. Si tous ces coureurs devraient animer la deuxième partie du Giro, la première semble promise à Alessandro Petacchi, vainqueur de neuf étapes - un record - la saison passée. Sauf surprise, la Fassa Bortolo devrait être en tête de la course jusqu´à l´arrivée dans les Dolomites pour permettre à son leader de confirmer son étincelant début de saison.
LES FRANCAIS
Il faudrait un miracle pour voir un coureur tricolore succéder à Laurent Fignon, dernier vainqueur français sur le Tour d´Italie en 1989. Quitte à plonger dans le pessimisme, il faut même remonter à 1999 pour retrouver la trace d´un Bleu dans le Top 10 de l´épreuve ( Laurent Jalabert, 4e). Et l´absence du meilleur grimpeur français à l´heure actuelle, David Moncoutié, ne devrait pas arranger les choses.
Dans ce contexte, la meilleure chance tricolore devrait être Sandy Casar. 12e du Tour d´Italie il y a deux ans, le coureur de la Française des Jeux aura l´avantage de connaître le terrain à défaut d´avoir vraiment brillé depuis le début de la saison. L´autre tricolore à suivre sera Patrice Halgand. Neuvième de Tirreno-Adriatico, le coureur du Crédit Agricole a en effet l´air d´apprécier particulièrement l´Italie.
Hormis ces deux coureurs, on ne voit pas qui pourrait faire mieux que Nicolas Fritsch, meilleur coureur français sur le Giro la saison passée malgré une modeste 51e place. Bouygues Telecom comptera sur Didier Rous en l´absence de Laurent Borchard et Jérôme Pineau, mais le Montalbanais n´a encore jamais participé au Tour d´Italie. Pour sa part, l´équipe Cofidis n´alignera que deux coureurs tricolores : Nicolas Inaudi et Cédric Vasseur. Sans leur faire injure, ils ne semblent pas vraiment en mesure de troubler la domination des coureurs transalpins sur leurs terres.