Avec déjà cinq défaites au compteur en championnat, un revers cinglant face à l´ennemi juré du Barça (0-3), une pluie de blessures, le Real Madrid n´est que l´ombre de lui-même cette saison, mais le déplacement dans l´antre des Merengues demeure toujours un voyage à part. Santiago Bernabeu reste un temple du football européen, c´est pourquoi les Lyonnais se rendaient dans la capitale espagnole avec une certaine appréhension qui explique une entrée en matière frileuse. "Nous étions trop timides en première période, peut-être parce que nous étions impressionnés par le contexte", reconnait Coupet.
Plus spectateurs qu´acteurs, les hommes de Gérard Houllier, perturbés par les arabesques de Robinho, la vision de jeu de Zidane ou les centres chirurgicaux de Beckham, ne sortent la tête de l´eau qu´en de trop rares occasions en début de rencontre. " On a abordé ce match un peu timoré, on a trop respecté cet adversaire ", admet objectivement Patrice Bergues. Très rapidement, les Olympiens prennent conscience qu´ils n´ont rien à envier à leurs prestigieux adversaires.
Le Real trop tendre
De retour de vestiaires, la formation de Gérard Houllier offre un tout nouveau visage. Les Rhodaniens imposent leur rythme, mettant en exergue les lacunes de Pavon, Helguerra et Diogo, totalement dépassés par les accélérations de Govou, Carew ou Wiltord. Maîtres en milieu de terrain, les Lyonnais monopolisent le ballon au cours de la deuxième période alors que le jeu du Real s´étiole au fil des minutes, notamment après l´égalisation. "Quand on prend un but, il y a souci... En 2ème mi-temps, on n´est pas arrivé à tenir le rythme. On laisse jouer l´adversaire, et on voit les dégâts face à Lyon", lance Zidane, mettant l´accent sur les lacunes physiques des Madrilènes.
"Dans ces matchs, comme en phase finale, il faut exister dans le combat physique pour exister dans le jeu". La phrase de Bergues résume parfaitement le déroulement des 45 dernières minutes. Surclassés dans les duels, les joueurs du Real ne sont plus capables d´imposer leur classe technique et en sont réduits à courir après le ballon. "Nous avons fait une très bonne seconde période et nous nous sommes montrés supérieurs au Real physiquement. Nous avions la possession de la balle et eux ne pouvaient que chercher à la récupérer". Terrible constat de Carew pour les Galactiques.
La solution vient du banc
Le match nul arraché à Bernabeu a mis en évidence les qualités physiques des Lyonnais mais aussi les ressources du banc olympien. Entrés à l´heure de jeu, Wiltord et Fred ont immédiatement apporté leur vitesse sur le front de l´attaque et pu exploiter à merveille la fatigue du clan madrilène. Chaque accélération creuse des brèches béantes dans la défense du Real. Le rôle déterminant des internationaux français et brésilien sur le but de Carew est la démonstration que Houllier dispose d´un groupe riche, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Assez riche pour quitter le temple madrilène avec des regrets. "On aurait pu l´emporter ", conclut Govou. Tout un symbole !