Football / Transferts au Racing
Le grand chambardement
Mickaël Pagis est sur le départ, vers Marseille ou ailleurs. Confirmée par le joueur et non démentie par le président Ginestet, l´annonce fait l´effet d´une bombe. Cette fois, c´est sûr. Le Racing marche sur la tête.
Face à Lyon et Diarra, Mickaël Pagis a peut-être porté pour la dernière fois le maillot bleu. (Photo DNA - Christian Lutz-Sorg)
Edgard Gnoleba Loue est, lui, arrivé hier au Racing pour quatre ans et demi. (Photo DNA - Michel Frison)
Soudain, à l´évocation du nom de Mickaël Pagis, les visages se crispent. Au Racing, hier, le sujet était à proscrire. Entre Philippe Ginestet, Marc Keller et Jacky Duguépéroux, collégialement réunis pour présenter la première recrue* du club, Edgard Gnoleba Loue, le silence devient alors pesant et embarrassé.
«L´équipe est une matière vivante, finit par lâcher le président Ginestet. Elle peut être réajustée en fonction des performances des uns et des autres. Mais Pagis ne constitue pas le sujet du jour.»
Rien n´est moins sûr. L´arrivée de l´Ivoirien Edgard Loue, garçon de 1,86 m pour 90 kilos au demeurant très poli et fort sympathique, ne tient en tout cas pas le haut de l´affiche. Le destin du meilleur joueur du club, en revanche, affole plus de monde. Et pas seulement en Alsace.
«Je ne suis pas dans
le groupe et je n´en
connais pas la raison»
Car Mickaël Pagis a bel et bien été placé sur la liste des transferts. Peut-être même contre son gré. Cet après-midi, déjà, le buteur ne participera pas au match de Coupe de France contre Nancy. «Ça n´a rien à voir avec cette affaire, assure Duguépéroux. J´avais prévu de le laisser au repos avant qu´on en parle.»
On peut douter de la véracité du propos qui ressemble, à s´y méprendre, à un discours de circonstance. Déjà réduit à la portion congrue avec les départs des Africains à la CAN, l´effectif alsacien ne saurait souffrir de la défection de son élément clé. Sauf à considérer que la Coupe est à jeter aux orties. Ce qui ne cadre en rien avec le discours tenu par l´entraîneur au lendemain de la dérouillée lyonnaise (0-4).
Pagis, d´ailleurs, ne comprend pas. «Je ne suis pas dans le groupe et je n´en connais pas la raison, dit-il. Je suis surpris. Maintenant, si on ne veut plus de moi... Je sais que Sochaux et d´autres clubs me suivent. Avec mon agent (Jean-Marie Cantona, ndlr), on va étudier toutes les propositions. Je suis un joueur encore ambitieux.»
Le silence embarrassé
de Marc Keller
Mais qui, exactement, ne veut plus de lui? Certainement pas Marc Keller, qui avait réussi un joli tour de force en attirant l´oiseau rare en 2004 puis en lui offrant un pont d´or - trois ans de contrat et plus de 60 000 € mensuels - à l´intersaison après que Pagis eut enflammé la Meinau et inscrit 15 buts. Hier, le directeur général ne tenait pas à faire de commentaires. Ce qui en dit suffisamment long sur ses pensées profondes...
Il faut donc croire que la paternité de la décision revient au seul Philippe Ginestet. «C´est un sujet très sensible, avance le président en fonction depuis trois semaines. Il n´y a aucune volonté de le faire partir. Nous avons même tout essayé pour le garder. Mais là, nous sommes allés au bout de nos efforts.»
A écouter Pagis, cette thèse ne semble pas tenir la route. «Il est vrai que je voulais partir cet été, explique-t-il. Si je suis resté, c´est pour donner mon maximum. La réussite me fuit, comme mercredi contre Lyon. Les sifflets du public m´ont aussi fait mal. Il y a bien eu des contacts durant la trêve avec Sochaux, mais moi je n´avais pas remis une volonté de départ sur la table.»
Contretemps pour
Yacine Abdessadki
Cette fois, la donne a changé. Et les clubs de Ligue 1 commencent doucement à frémir devant l´aubaine. Outre Sochaux, Marseille a d´ores et déjà proposé une offre, avec, selon nos sources, 500 000 € à la clé. Au Vélodrome, la perspective de reconstituer la doublette magique Niang - Pagis a de quoi emballer les foules, d´autant que les pistes Djibril Cissé ou Benjani se sont éteintes.
Dans la cacophonie ambiante, on aurait presque tendance à oublier que Yacine Abdessadki devait se présenter hier à la Meinau, comme Ginestet l´avait espéré (lire notre édition de hier). Il n´en est rien. «C´est un peu plus compliqué que prévu, explique le président. Nous n´avons pas encore trouvé un terrain d´entente quant aux indemnités du transfert avec Toulouse. mais ça devrait se régler dans les prochains jours.»
L´effet d´annonce retombe donc comme un soufflet. Reste désormais à savoir comment le public alsacien, plutôt indulgent jusque-là, va accueillir les dernières péripéties qui secouent la maison bleue. Le grand chambardement ne fait que commencer. Ça promet.
Pagis mis sur la listedes transfert ptetre meme contre son gré 