Les facilités de Diané
Auteur du but décisif à Nancy - son deuxième en Ligue 1 après celui inscrit à Nantes -, Amara Diané a montré l´étendue de ses talents. Même s´il tombe parfois dans la facilité.
Sourire retrouvé pour Guillaume Lacour et Amara Diané. (Photos DNA - Jean-Christophe Dorn)
« Je m´en suis voulu grave », dit Amara Diané, en dodelinant de la tête. Avec ses faux airs de Sammy Davies Jr, avec ses allures de Mickaël Johnson, le sprinter américain, l´ex-TGV de Roye (un de ses anciens clubs) sait qu´il a fauté samedi soir.
Depuis quelques minutes, le Racing jouait à dix contre onze Nancéiens, il menait 2-1 à Marcel-Picot et l´Ivoirien se permet alors de rater l´immanquable. Seul à trois mètres du but de Gennaro Bracigliano, il tente un lob improbable au mieux, impossible objectivement.
« Sur le centre d´Arthur Boka, j´ai cru que l´arbitre avait sifflé une faute de Haggui sur un défenseur, reprend le Strasbourgeois. Le ballon arrive haut, je me suis déconcentré. Je suis tombé dans la facilité, j´ai cherché le beau geste. Je me suis laissé emporter par mon tempérament. »
« Une victoire importante
dans nos têtes
et dans nos coeurs »
Quelques minutes plus tôt, quinze tours de trotteuse plus exactement, un autre de ses gestes, une petite pichenette de l´extérieur du pied droit après un contrôle dans la course, avait redonné le sourire aux Strasbourgeois.
« La passe de Guillaume Lacour est belle. Tout le monde me dit que c´est un but superbe, mais ce que je retiens c´est que nous avons rapporté trois points. C´est tout ce qui compte, reprend Amara Diané. Aujourd´hui, on ne doit plus regarder le classement. On ne doit pas se focaliser sur lui, on doit plutôt se focaliser sur les points à prendre. On ne doit penser qu´à eux. Le reste viendra naturellement. »
Au dernier coup de sifflet nancéien de Monsieur Lannoy, il a, comme ses coéquipiers, bondi et fondu vers la tribune des nombreux supporters strasbourgeois.
« On a beaucoup souffert depuis le début de la saison. A Nancy, on a également souffert, mais on a gagné. On a enfin été récompensé. Dans notre attitude, à la fin de la rencontre, la joie et le soulagement étaient mêlés, souffle-t-il. Psychologiquement, cette victoire est très importante. Dans nos têtes et dans nos coeurs, elle débloque des choses. »
« On pense plus à
Marseille qu´à Belgrade »
Quand on lui remet sous le nez son occasion ratée, copie conforme de celle manquée à Nantes par Pontus Farnerud alors que le Racing menait 3-1, Amara Diané secoue la tête.
« Depuis ce match, on a appris et on a retenu. Savoir bien jouer ne suffit pas, il faut se battre. Rien n´est fini jusqu´au coup de sifflet final. Il faut rester concentré, attentif. C´est ce que nous avons fait à Nancy. La leçon de Nantes a été retenue. »
Il dit que l´équipe « revit » après ce succès, que tout peut « commencer ». Il dit aussi que le match important est à venir, pas celui qui vient d´être joué, même gagné..
« On a savouré notre succès de Nancy. Il nous motive, il nous a redonné la confiance. Il arrive au bon moment, mais il n´y a pas à s´enflammer. On sait que tout sera dur. On ne pense plus qu´à Marseille, explique-t-il avant de se reprendre. On pense plus à Marseille qu´à Belgrade. Les deux matches sont importants, mais celui contre l´OM samedi l´est plus que celui de mercredi. Il ne faut plus se poser de questions. Il faut juste penser à prendre des points. C´est ce qui doit nous obséder jusqu´à la 38e journée. »
Et si, à 23 ans, le talent de Diané n´est pas encore abouti - une évidence -, il arrive au joueur d´aller au bout de certaines de ses idées. Parfois, comme à Nancy, ça rapporte cher. Le prix d´un bijou de but.
Diané 