« Sans esprit de revanche »
Au terme d´une journée marathon, Philippe Ginestet a réussi un incroyable retour en grâce, hier, après avoir été écarté de la direction du Racing en juin. Alors que le fauteuil de président semblait promis à Alain Afflelou il y a deux jours encore, c´est
Rude journée pour Afflelou, Gindorf, Keller, Adler et Ginestet. Et c´est de Paris que le lunetier a appris, tard hier, que Philippe Ginestet lui soufflait le fauteuil de président. (Photos DNA)
- Vous sortez de réunion après six heures de discussions en compagnie des autres actionnaires, quel accord avez-vous conclu ?
- Nous avons finalisé tous les accords. Tout s´est très bien passé, dans un état d´esprit très bon. Je suis heureux et soulagé. Je crois que nous le sommes tous.
- Ce qui signifie que vous redevenez actionnaire majoritaire du Racing ?
- C´est ça, je redeviens l´actionnaire majoritaire du club à hauteur de 51 % et je prendrai la succession d´Egon (Gindorf) quand il se retirera, c´est à dire à la mi-décembre. J´ai racheté les parts que j´avais vendues aux autres actionnaires. En fait, nous revenons à la situation de l´année dernière. Il y a eu une parenthèse de six mois qui n´aurait pas dû exister et qui vient de se refermer.
« J´ai toujours cru qu´une
solution locale valait mieux
que de vendre le club à
quelqu´un de l´extérieur »
- Que s´est-il passé pour que la tendance s´inverse aussi radicalement ? Il y a deux jours encore, Alain Afflelou était pour tout le monde le prochain président du club...
- Oui, mais dans le football, tout va très vite, je suis bien placé pour le savoir... J´ai toujours cru qu´une solution locale valait mieux que de vendre le club à quelqu´un de l´extérieur. Je n´ai jamais abandonné le Racing, même quand j´en étais physiquement éloigné. Je n´ai pas participé aux discussions avec Alain Afflelou, mais j´ai travaillé et fait une proposition, il y a deux jours, qui a été étudiée par les autres actionnaires. Ils ont réfléchi et finalement changé d´avis.
- Pour vous, c´est une revanche ?
- Surtout pas. Je ne viens pas avec un esprit de revanche. Le temps a passé. Il faut avancer maintenant, pour le bien du club.
- Avec ou sans Marc Keller ?
- Je n´ai posé qu´une condition à mon retour : que Marc reste à la tête du club. Au moins jusqu´en juin, j´espère pour plus longtemps. C´est vrai, nous avons eus des différents, mais ils ont pris des proportions qui n´auraient pas du être. Nous sommes des hommes de caractère et de conviction et je pense que nous sommes complémentaires. L´important est que nous nous rassemblions tous pour sortir le club de l´ornière.
- Comment avez-vous vécu cette mise à l´écart, ces sept mois sans venir au stade ?
- Ça a été une situation douloureuse pour tout le monde. Pour moi bien sûr, qui aime tellement ce club, mais aussi pour nos supporters. Tout le monde était près à vivre une grande saison et puis ça n´a pas fonctionné.
« Nous avons un pied
en Ligue 2, il ne
faut pas se le cacher »
- On parle d´un investissement de votre part qui pourrait avoisiner les 5 M€...
- Écoutez, nous avons décidé de ne pas communiquer sur les chiffres, alors je ne le ferai pas. Nous revenons à la situation de l´an dernier (il avait injecté un peu plus de 3 M€, NDLR), mais le principal n´est pas là. Vous savez, on a vu de grands clubs dépenser des fortunes sans avoir de résultats et des clubs avec des budgets moins importants que le nôtre jouer la Ligue des Champions. Ce que je peux vous dire, c´est que nous avons finalisé tous les accords, y compris financiers.
- Il y a un peu plus d´un an, le 23 octobre avant la première victoire face à Nice, vous étiez déjà arrivé alors que le club était dernier...
- Oui, mais il était 20e après la 9e journée. Là, nous sommes 20e, mais à la 16e, ce n´est pas pareil. Il ne faut pas se le cacher, nous avons déjà un pied en L2. On va tout faire pour essayer de ne pas y mettre l´autre.
« Il est naturel que
Jacky Duguépéroux reste
l´entraîneur du Racing »
- Vous avez rencontré Jacky Duguépéroux en début d´après-midi, que lui avez-vous dit ?
- Que je comptais sur lui. Je l´ai naturellement conforté dans son rôle. Naturellement parce que pour moi, il est naturel qu´il reste l´entraîneur du Racing. Il le restera. Voilà ce que je lui ai dit. Plus quelques autres petites choses qui restent entre nous.
- Alain Afflelou voulait recruter six joueurs au mercato et vous ?
- Prendre six joueurs constitue un gros risque. Le temps que la mayonnaise prenne, il faut trois mois et après c´est trop tard. Non, plutôt que de tout chambouler, il faut procéder par doses homéopathiques. Ne recruter que deux ou trois joueurs, mais bien cibler selon les besoins. Il faut garder la base et étoffer le groupe. Avec un attaquant de percussion notamment. Il n´y a pas tout à changer dans ce groupe.
- Allez-vous rencontrer les joueurs avant la rencontre face à Sochaux ?
- Bien sûr, dès demain après midi à la fin de leur entraînement. C´est le groupe ma priorité. Il faut qu´il se sente en confiance. Il ne faut pas se tromper, le rendez-vous le plus important de la semaine, c´est samedi qu´il a lieu, face à Sochaux. Il est impératif de remporter la première victoire de la saison.
Propos recueillis par
Pascal Coquis
On garde Dugué

On a plus qu´un budget de 5M€ 