De vie à trépas
Battu dans les arrêts de jeu après avoir mené de deux buts, le Racing est dans un état désespéré. La Ligue 2, messieurs, c´est pour demain.
A l´image de Guillaume Lacour, son capitaine (à gauche face au Nantais Aurélien Capoué), le Racing a souffert en fin de match. Au point de laisser échapper un succès qui lui semblait acquis. (Photo AFP)
Là, franchement, on ne voit pas comment le Racing va relever la tête. C´est pas possible. La déception est trop grande. Sur les joues rougies d´où coulent des larmes de colère, l´affliction est palpable. L´écoeurement se lit sur des visages décomposés. L´heure est grave. Très grave.
Hier à Nantes, les Strasbourgeois ont perdu plus qu´un simple match qui leur tendait pourtant les bras. Sur la pelouse de la Beaujoire, ils ont laissé leurs coeurs, leurs tripes aussi, et peut-être aussi leurs dernières illusions de se maintenir en Ligue 1.
« On a tous pris un
coup dans la gueule »
Au sortir des vestiaires, Alain Afflelou cherchait encore des raisons d´espérer. « On a tous pris un coup dans la gueule, dit le futur président du Racing. Ce n´est pas une question de chance ou de malchance, car l´équipe a tout donné. Elle vaut mieux que ça. On ne va pas rester K.-O. Cette semaine, l´entraîneur devra trouver les bons mots. »
Les discours, hélas, risquent fort d´être vains. A moins de se lancer dans une vaste psychanalyse de groupe, ce qui nous mènera bien au-delà de la fin de saison, on ne voit pas comment cette équipe pourra dépasser son abattement et se regarder à nouveau dans une glace sans baisser le regard.
C´est que le déroulement de cette rencontre est proprement hallucinant. Jamais encore cette saison le Racing n´avait mené de deux buts en championnat. Cette mission-là était pourtant remplie à la mi-temps. Et quand Pagis est venu répondre dans la foulée à Delhommeau pour redonner le même avantage, l´affaire paraissait pour une fois entendue.
Mais non. Trop naïfs, joueurs, tête en l´air, les Alsaciens ont réussi l´incroyable exploit de redonner vie à des Nantais jusque-là amorphes. Jusqu´au cruel coup de poignard asséné par Da Rocha tout au bout du temps additionnel. Cette issue restera gravée dans les annales du club nantais. Ceux qui en étaient hier soir en rigoleront encore dans dix ans.
« On ne vit pas un cauchemar.
Là, c´est la réalité.»
Le Racing, lui, n´a plus que ses yeux pour pleurer. « Que voulez-vous que je vous dise ? soupire un Jacky Duguépéroux éprouvé. On loupe une balle de 4-1 (celle de Pontus Farnerud) puis on s´écroule. Cette équipe est jeune, elle manque de maturité, de vice. Voilà, on est maudits. Non, on ne vit pas un cauchemar. Sans quoi on aurait l´espoir de se réveiller. Là, c´est la réalité. On est derniers. »
Maudits, soit. Mais surtout derniers, et désormais relégués à huit longueurs de Troyes, première équipe à émarger au-dessus de la ligne fatidique. Un gouffre à l´issue de la seizième journée.
Une certitude, Jacky Duguépéroux sera encore à la tête de l´équipe demain matin, comme l´a confirmé Afflelou, pour assurer une semaine d´entraînement qui s´annonce longue et pénible. Pour y faire quoi, exactement ?
Que peut on y faire 