Retour à l´essentiel
Heureux en Coupe d´Europe, le Racing n´a pas encore réussi à éprouver les mêmes émotions en championnat. Et si c´était pour ce soir ?( Photo DNA - Cédric Joubert)
Après 15 jours d´une trêve paradoxalement agitée, pesante et éprouvante, le Racing et Jacky Duguépéroux retrouvent le terrain aujourd´hui face à Nice. Comme une ultime bouée de sauvetage...
Ce samedi, à 20 h, Jacky Duguépéroux dirigera son 151e match de L1. Son 151e sous les couleurs du Racing, ce qui en fait à la fois un cas unique dans le football hexagonal et un miraculé.
Il y a moins de 15 jours, au soir de la huitième défaite de la saison, le sort de l´entraîneur strasbourgeois était en effet scellé. Il ne devait pas passer le cap des 150. Les vents étaient contraires, trop forts. Le bateau était trop chahuté depuis longtemps.
Comme tout le monde, il le sait. S´en agace pourtant. S´énerve surtout que cela ait été porté sur la place publique, mais il le sait.
L´énergie nécessaire
La force de Duguépéroux est en partie là. Dans cette hargne qu´il met à ne pas abdiquer et son aptitude à crisper les poings. Dans cet esprit revanchard qui bouillonne en lui aussi. Reste à savoir si ce sera suffisant vu les circonstances.
Quoi qu´il en soit, deux jours après la claque de Lille, il a convaincu Egon Gindorf et Marc Keller qu´il possédait les ressources et l´énergie nécessaires pour renverser la situation. Ce qui était tout sauf évident au début de l´entretien.
Avec le groupe en place
Pour réussir ce tour de force qui consistera à maintenir un club tout de même extrêmement mal parti, Duguépéroux avait « simplement » demandé qu´on lui trouve un ou deux joueurs d´ici le mercato. Sauf surprise, il ne les aura pas. En tout cas pas ce soir.
Sur Europe 1 cette semaine, Alain Afflelou évoquait bien une piste sud-américaine, mais ce qui reste là tout de suite, c´est que Frau ne viendra définitivement pas, que Fredi Bobic est, comme c´était prévisible, reparti et qu´il faudra fatalement faire avec le groupe en place.
Moins Kanté qui a rejoint Haggui et Keita à l´infirmerie et moins Gmamdia qui n´en loupe pas une, mais est capable de rater son avion après avoir inscrit un doublé en sélection. On croit rêver.
On ne parlera
plus de clans
La venue de Nice apparaît donc à la fois comme un piège redoutable et une opportunité formidable. Si ce soir la tendance s´inverse enfin, Duguépéroux et son équipe en ressortiront grandis. Fortifiés. L´entraîneur conforté dans ses choix.
Dans les tribunes Egon Gindorf et Alain Afflelou s´embrasseront et il y aura plein de claques dans le dos pour les joueurs dans les vestiaires. On ne parlera plus de clans ou d´ambiance à couper au couteau, mais de résurrection et d´orgueil retrouvé.
Accessoirement, l´entraîneur strasbourgeois aura montré qu´il n´avait besoin de personne, de Tiburce Darou ou d´un autre, pour mener sa mission à bien. Un nouveau sursis lui sera alors accordé jusqu´à la trêve. Avec, peut-être, des moyens supplémentaires pour renverser les pronostics.
Déclic présidentiel
Accessoirement aussi, le Racing aura innové. D´habitude, quand les résultats sont aussi mauvais, on vire l´entraîneur et on attend un choc psychologique. Parfois, on engage un sauveur patenté chargé de réveiller le groupe ou de planter des buts à tire-larigot.
Là, rien de tout ça. On a « juste » virtuellement changé de président. Ce qui n´est pas rien on en conviendra, mais ce qui ne figure pas vraiment dans la charte des « déclics psychologiques à utiliser en cas d´urgence ».
Tout le monde sait
Reste aussi l´éventualité qu´on ne peut écarter vu le passé récent. Un match nul ou une défaite. Et dans le cas contraire donc, que se passera-t-il ? Tout le monde sait ce qui se passera dans le cas contraire.
IL FAUT GAGNER 