A prendre avec des gants
Entre l´expérience de Stéphane Cassard et...
... la fougue de Nicolas Puydebois, il va falloir trancher.(Photos DNA)
Indiscutable depuis son arrivée au Racing, Stéphane Cassard accumule les « boulettes » ces dernières semaines. Et si Nicolas Puydebois venait à lui ravir la place, samedi soir contre Nice ? Le débat est ouvert.
Les spécialistes vous le diront. Au poste de gardien, il n´y a que la confiance qui compte. Celle de Stéphane Cassard, titulaire indiscutable depuis le début de saison écoulée et la blessure de Rémy Vercoutre, est sévèrement mise à mal.
Le calvaire de l´expérimenté Doubiste a débuté un soir de septembre. De défaite, forcément. Alors que son équipe attaque à tout-va pour tenter de combler son handicap face à des Toulousains joueurs, lui se « troue » sur un corner de Moreira. Santos en profite pour sceller la victoire (2-4).
Bévues et boulettes
La « toile » de Cassard passe alors presqu´inaperçue, mais elle n´est pas qu´un simple détail, au regard des gages de sécurité donnés jusque-là.
Contre Rennes, en revanche, sa sortie hasardeuse et à contretemps au devant de Briand a des conséquences fâcheuses. D´autant que ses coéquipiers, tous plus mal inspirés les uns que les autres, ne vont pas lui ôter cette vilaine épine du pied. Le Racing s´incline (0-1), Cassard en prend un coup au moral.
Au Mans, la semaine suivante, un ballon lui roule sous le ventre. Nouvelle bévue, encore une défaite au bout (0-2)... Et s´il se montre irréprochable contre Saint-Étienne, comme ce fut le cas à Troyes et lors des sorties européennes, Cassard se laisse surprendre par une balle en cloche à Lille (2-0). Cette fois, le vent s´en est mêlé. N´en jetez plus.
« Tout peut arriver »
« J´ai fait l´analyse de ces buts, assure le sauveur de la saison passée. Je suis conscient que je traverse une période plus difficile. Je suis surpris, j´ai même eu quelques courriers d´encouragement. De toute façon, je ne vais pas lâcher. Je continue à bosser comme je l´ai toujours fait. »
Garçon posé et lucide, Cassard sait qu´au bout d´un moment, les déclarations d´intention ne suffisent plus. Et ce moment est peut-être venu. « Vous savez, depuis le début de ma carrière, j´ai connu toutes les situations, poursuit-il. J´étais numéro un, je me suis blessé, je suis revenu, je suis passé de la L 1 à la L 2, et vice versa. Tout peut arriver dans le foot. »
« Concurrence légitime »
Du banc de touche, Nicolas Puydebois, 24 ans, a suivi les avatars de son aîné. Arrivée de Lyon cet été, la doublure de Cassard n´a pas encore eu le loisir d´enfiler les gants de titulaire, que ce soit en coupe ou en championnat. Lui aussi a peut-être senti le vent tourner.
« Il n´y a pas de coups tordus, dit Puydebois. Entre nous, la concurrence est saine et sportive. Maintenant, elle est en plus légitime. Au départ, Stéphane avait les acquis de la saison écoulée pour lui. Dans la configuration actuelle, il n´y a plus d´avance ni de retard. »
Depuis son intérim remarqué sous le maillot lyonnais, la saison dernière quand Coupet était blessée - 11 matches, dont 3 en Ligue des Champions -, Puydebois rêve de retrouver le terrain. « Mais Stéphane a aussi envie d´y rester, tempère-t-il. On nourrit le même objectif. A 33 ans, Stéphane n´a plus trop le temps. Moi, je suis pressé parce que je suis au début de ma carrière. Si je dois jouer, j´apporterai le maximum pour aider l´équipe. A ma manière. »
« Rien n´est décidé »
Entre la fougue de la jeunesse et l´expérience d´un vieux loup ganté, Jacky Duguépéroux devra trancher. Jusque-là, l´entraîneur strasbourgeois ne s´était jamais vraiment posé la question. Mais le débat est désormais ouvert. « Franchement, rien n´est décidé, assure "Dugué". Il faut déjà que j´en parle avec Philippe (Sence, l´entraîneur adjoint en charge des gardiens, ndlr). »
Un choix cornélien, on peut s´en douter. A moins que Duguépéroux finisse par suivre l´exemple de Domenech, dans l´affaire des gardiens tricolores, et « décide de ne rien décider. » Réponse samedi soir.
Peut etre Puydebois titulaire samedi 