Le père fouettard
06 mars 2005 - Olivier DE LOS BUEIS
Lyon a été éliminé à Clermont en Coupe de France mardi. Trois jours plus tard, l’OL s’inclinait à Caen. Avant Brême, le président Aulas a détourné l’attention du terrain vers les coulisses. Le froid et la boue sont pour « JMA » les responsables des mauvais résultats. Pas le jeu, ni le physique.
Il est comme ça Jean-Michel Aulas. Il faut toujours qu’il râle. Et les râleurs, on n’aime pas forcément ça en France. Toute occasion est bonne pour le président de l’OL. Il faudrait faire un récapitulatif de ses coups de gueule : on se rendrait vite compte que tout y est passé. L’arbitrage ? Contesté. L’agressivité des adversaires ? Réprimandée. Les impôts ? Vilipendés. Le non recrutement de Drogba ? Auto flagellation de rigueur, récemment dans les colonnes de l’Est-Républicain. « JMA », comme on l’appelle, est devenu une sorte de père fouettard de notre L1.
Vendredi, à Caen, les micros se sont naturellement tendus vers le président de l’OL. Dimanche aussi à Lyon. Une deuxième défaite en championnat, un deuxième revers de rang après celui aux tirs au but en Coupe de France, forcément, le bon président Aulas allait sortir ses phrases qui sont du pain béni pour les reporters de tous poils. A Caen, c’est donc l’état du terrain qu’interpellait JMA ( Voir encadré). Une nouvelle diatribe enragée, réfléchie et pensée ( sinon le président de l’OL n’aurait pas invité un huissier à constater l’étendue des dégâts sur la pelouse de D’Ornano) a fait le bonheur des suiveurs. Sur ce coup-là, on ne peut pas donner entièrement tort à Aulas.
Supprimer une Coupe et passer à une élite à dix-huit clubs
Selon lui, une réflexion profonde devrait être menée sur la qualité des pelouses françaises et sur le calendrier. Le président de Toulouse, Olivier Sadran, allait d’ailleurs récemment dans le même sens : « C´est anormal qu´en Allemagne, il n´y ait jamais de match remis et qu´on ne soit pas fichu en France de jouer correctement aux mois de janvier et février. » La LFP a jugé nécessaire de rendre obligatoire de bâcher les pelouses. Le président Aulas devrait donc être satisfait. Mais cela n’est pas suffisant à ses yeux : il faut supprimer une Coupe et passer à une élite à dix-huit clubs.
Reste que son coup de gueule n’a pas influé sur cette décision prise avant Caen-Lyon. Par contre, ses prises de position auront eu le mérite de détourner l’attention de l’aspect strictement sportif. Deux revers la même semaine, Lyon n’en avait plus l’habitude. Et à quelques jours d’un match de Ligue des Champions important face à Brême, Jean-Michel Aulas a donc évité que le doute puisse s’installer chez le triple champion. « Ces deux matchs se sont joués dans des circonstances particulières, explique JMA sur le site du club. Il faut se mobiliser pour une deuxième qualification en quart de finale de Ligue des Champions de suite. » Et dimanche matin, il a tenu à rappeler à ses joueurs qu’il avait « confiance en eux ». Alors, la boue, le froid et ses coups de gueule ne constituent-ils pas un simple et parfait écran de fumée avant Brême ?
source : football365.fr
supprimé une coupe et passer à 18. Il changera jamais ce hole ass.