S´il devait avancer un favori au soir de cette quatrième journée de Ligue des champions, notre consultant Angel Marcos donnerait Lyon, pour sa régularité, ses capacités pour marquer, sa technique, sa vitesse d´exécution ou encore son aisance à maîtriser le turn-over. Explications.
«Le match n´a pourtant pas bien commencé pour les Lyonnais. Sur la première attaque grecque, ils ont dû concéder l´ouverture du score. Lyon a laissé trop d´espaces. L´équipe s´est étirée et Olympiakos a fait ce qu´il fait le mieux : imposer son jeu de passes. Les Grecs ont dominé pendant 35 minutes, ils ont bien tenu le ballon mais ne se sont pas créés beaucoup d´occasions. Ils se sont alors engouffrés dans ce qui a en fin de compte engendré leur perte. Ils ont cru le match facile, ils ont alors été étouffés. Juninho, comme souvent, a remis l´OL dans le bon sens grâce à un coup franc bien tiré et surtout cadré, même si sa frappe n´avait a priori rien d´exceptionnel. Le gardien d´Olympiakos n´a pas semblé au mieux. Mais Lyon avait enfin trouvé la formule, à savoir supprimer ces espaces et percuter. Le deuxième but est alors arrivé assez rapidement.
A la mi-temps, j´ai eu deux impressions. La première, c´est que le score devait être dur à digérer moralement pour les Grecs après une bonne entame de match. La deuxième, c´est que Lyon avait trouvé la solution. Il ne fallait pas défendre trop bas. Il fallait récupérer le ballon assez haut pour prendre des risques ensuite dans la création. La vitesse, la puissance et la technique devaient faire le reste. Le 2-1 à la pause était flatteur pour l´OL, le 4-1 semble flatteur pour les Grecs au final. Dès le retour des vestiaires, Lyon a ressérré les lignes, réduit les espaces et le troisième but a suivi. Juninho a récupéré le ballon dans la zone de vérité. Lyon a eu la maîtrise du jeu et des espaces. Les énormes qualités athlétiques, techniques et collectives de l´OL ont fait le reste. L´écart final aurait pu être monstrueux alors que le match se jouait en Grèce. Je trouve la deuxième période de l´OL plus significative que le succès contre le Real car il y avait un environnement hostile, un contexte peu favorable (menés 1-0 pendant 40 minutes par une équipe qui joue bien au football).
Lyon a acquis une grande maturité depuis l´an dernier. Les Lyonnais donnent le ton du match, ils décident du déroulement et ont donc comblé leurs manques de l´année dernière. Tout le monde donnait le Milan, la Juventus ou le Barça comme favoris. Lyon est à mon avis monté d´un cran. Si on me demandait mon favori, je n´ai pas peur de le dire, ce serait Lyon. Pour sa régularité, ses capacités pour marquer et pour digérer le turn-over. La seule condition pour que cela dure est à mon avis le maintien des 3C, le Crédit Contre Catastrophe que sont Coupet-Cris-Caçapa, auquels il faut bien sûr ajouter Juninho. Sans eux, l´OL a perdu en Coupe de la Ligue. Ils apportent à l´équipe mais représentent également une menace pour l´adversaire. Lyon peut même se permettre le luxe de mettre Wiltord sur le banc. Avec cette ossature, Lyon peut aller loin.
Carew a été énorme par sa puissance, et présent dans chaque but ce soir. Il est puissant, costaud et il va vite. Diarra a également été impressionnant, sans parler de Juninho. Les Lyonnais auraient pu mettre une valise de buts. Pour les battre, il faudra être costaud. En plus, ils peuvent maintenant se permettre le luxe de faire l´impasse sur les deux derniers matches car ils sont quasiment sûrs d´être premiers. Avec neuf point d´avance en championnat et une profondeur de banc exceptionnelle, ils peuvent voir loin.»