EQUIPE DE FRANCE / DJIBRIL CISSE :
« Je me donne jusqu’à décembre »
06 octobre 2005 - à Clairefontaine - Aurélien CANOT
Pratiquement remplaçant depuis le début de saison, Djibril Cissé songe sérieusement à mettre un terme à son aventure chez les Reds. L’ancien Auxerrois prendra une décision en décembre. Si la situation n’a pas évolué, il s’en ira. En attendant, Djibril calme ses nerfs chez les Bleus.
Djibril Cissé, en octobre dernier, auriez-vous pu imaginer que vous seriez pressenti pour évoluer en pointe du onze de départ des Bleus contre la Suisse, un an plus tard ?
Non. Après une blessure comme cela, cela aurait été vraiment dur à imaginer. Maintenant, quand on a la volonté et qu’on sait ce que l’on veut, on arrive à tout. Aujourd’hui, c’est terminé : ma jambe n’a plus aucune séquelle, je suis à cent pour cent. Dieu merci.
Cette épreuve imprévue vous a-t-elle permis de mûrir mentalement ?
Oui, je me sens grandi de cette blessure-là. A tous les niveaux : je n’ai plus peur d’aller dans les duels car je sais que cette jambe ne peut plus casser maintenant. Même dans la vie, où l’on doit faire face à des échecs de temps en temps, je prends tout avec plus de recul.
Les Bleus constituent-ils une bouffée d’oxygène pour vous actuellement ?
Oui, vraiment. C’est là où je m’éclate. Je suis content de revenir ici, de voir mes potes. Je ne dis pas que je m’emmerde à Liverpool. Là-bas, tout va bien. Mais jusqu’au samedi.
Comment expliquez-vous que vous en soyez arrivé là aujourd’hui avec Liverpool ?
C’est dur à comprendre. Le coach fait ses choix, pour le moment je ne suis pas dedans. J’attends jusqu’au mois de décembre et j’aviserai. Je me donne jusqu’à cette date.
« Je n’ai rien d’un ailier droit »
Tiendriez-vous le même raisonnement si vous ne vous trouviez pas à six mois du Mondial ?
J’aurais le même discours. Je me connais, j’aime jouer, marquer et cela me fait chier d’être sur le banc. Maintenant, c’est vrai que l’approche de la Coupe du Monde renforce mon amertume.
Regrettez-vous que Benitez ne vous ait laissé votre chance que sur le côté droit et pas dans l’axe, votre poste de prédilection ?
Oui, cela me fait mal. C’est clair que c’est chiant. A part la vitesse, je n’ai rien d’un ailier droit. Revenir défendre, je ne sais pas le faire, centrer non plus. Rendre service vingt minutes à droite quand je suis remplaçant OK, mais 90 minutes sur le côté droit ce n’est pas pour moi.
Après votre doublé associé d’une passe décisive lors de la Supercoupe d’Europe, vous êtes-vous dit que vous aviez peut-être gagné définitivement votre place en pointe ?
C’est vrai que cela m’a donné espoir. De là à être sûr d’être titulaire non, mais j’ai marqué des points. Cela n’a pas fait effet. Apparemment, il faut plus. Pour démontrer quelque chose, il faut du temps de jeu. En dix minutes ce n’est pas possible.
On imagine que vous accepteriez mieux votre statut si Liverpool faisait la course en tête et que votre remplaçant marquait but sur but…
Cela ne serait pas pareil c’est sûr. Si vous êtes remplaçant et que l’attaquant qui joue n’arrête pas de marquer et fait gagner tous ses matchs à l’équipe, là cela devient dur de changer l’équipe. Mais ce n’est pas le cas.
« Je ne peux pas me permettre de jouer un match sur deux ou trois »
Pensez-vous que votre sort est réglé chez les Reds ?
Non, peut-être qu’à mon retour je vais jouer et rester titulaire jusqu’au bout. Si je me reproche quelque chose personnellement ? Disons que sur dix minutes jouées contre Manchester et autant contre Chelsea, c’est dur de me reprocher quoi que ce soit. Contre Chelsea, il y a déjà 4-1 quand je rentre. Au mieux, je vais marquer un but : 4-2. Non, j’ai rien à me reprocher.
Vous seriez forcément déçu de quitter Liverpool dans ces conditions ?
Oui, c’est clair que je serai déçu de quitter Liverpool et ses supporters. Je commençais à bien m’adapter, mais je dois aussi penser à ma carrière. Et, à six mois de la Coupe du monde, je ne peux pas me permettre de ne jouer qu’un match sur deux ou sur trois. Ne pas jouer cela m’emmerde.
Vous imaginez-vous un instant ne pas participer à cette Coupe du Monde ?
Non, absolument pas. J’ai goûté à une, cela s’est mal passé mais j’y ai goûté quand même. Je n’ai pas envie de manquer la deuxième. Quant au championnat d’Europe je ne l’ai pas joué.
Etes-vous toujours en contact avec l’Olympique de Marseille ?
Oui. C’était très chaud avec l’OM lors du dernier mercato. Je me répète, si cela n’évolue pas à Liverpool…
Avez-vous demandé conseil à Guy Roux ?
Non je ne l’ai pas eu dernièrement. Mais je ne vais pas tarder à l’appeler pour en parler.