Frei: «On est leader! Et on veut le rester!»
ÉLIMINATOIRE MONDIAUX 2006 Sacré roi des buteurs dans l´Hexagone, l´attaquant de Rennes
Raymond Domenech, l´entraîneur des Bleus, ne cesse de le proclamer sur tous les tons: «Nous n´avons pas le droit au faux pas en Suisse. Désormais, et jusqu´à samedi, il nous faut vivre Suisse, penser Suisse.» Or qui dit «Suisse» pense Alexander Frei. Avec ses statistiques affolantes - 22 buts en 38 sélections, soit 0,58 but par match -, encore meilleures que celles présentées par le blessé David Trezeguet (31 buts en 59 sélections, soit 0,53 but par match), Frei incarne l´arme absolue des Suisses. Aux yeux des visiteurs, il sera l´ennemi public No 1, l´homme à surveiller comme le lait sur le feu.
Alex, comment la Suisse doit-elle aborder ce choc contre la France?
Comme la première de ses deux finales. C´est extraordinaire d´être déjà arrivé jusque-là. A deux journées de la fin, la Suisse est où elle rêvait d´être.
Faut-il avoir peur de l´équipe de France?
Du respect, oui; de la peur non. Après tout, qui est en tête du groupe? Qui n´a plus perdu depuis plus d´une année? On est leader, et on veut, on va le rester. La Suisse est parfaitement capable de créer la surprise. Bien sûr, sur 10?matches contre la France, on devrait en perdre huit. Mais il en reste deux sur lesquels il faut se concentrer. Et comme on a déjà fait match nul à Paris...
A vos yeux, quel sera l´état d´esprit des visiteurs? Ne sont-ils pas déjà convaincus d´avoir fait le plus dur en se replaçant dans la course?
Je ne crois pas que la France soit en train de pavoiser. Ses joueurs ne sont pas persuadés qu´ils vont l´emporter; ils ne font pas trop les malins, car ils savent que ça va être chaud pour eux. Ils se posent des questions, liées à la réussite qui est la nôtre.
En quoi ce match sera-t-il spécial pour Alex Frei, meilleur buteur de l´Hexagone la saison dernière?
Ce match, même s´il a quelque chose de particulier pour moi, ce n´est pas Alex contre la France...
Pourtant tous les médias français se focalisent sur la menace que vous représentez. Vous faites peur aux Français, Alex...
C´est plutôt flatteur, non? Peut-être parce qu´ils ont compris que je n´étais pas un charlot! (Rires.) On ne fait pas ce que j´ai fait depuis trois ans par hasard. Rennes m´a mis en valeur, et j´ai aidé le club à être reconnu. Raymond Domenech lui-même ne s´y est pas trompé, qui est venu m´observer contre Bordeaux. Il voulait, paraît-il, décortiquer mon jeu.
Et vos camarades bretons, vous ont-ils chambré?
Ils ont sans cesse essayé de me tacler à l´entraînement pour me priver du match, mais n´y sont pas parvenus...
La présence de Zidane change-t-elle la donne?
Pour moi, non. Mais pour la France, oui, bien sûr. Au niveau du jeu, un gars comme Zidane amène plus de choix et de génie.
Quelle sera la clé de l´exploit pour la Suisse?
Etre confiant en nous-mêmes, sans se croire pour autant les meilleurs, parce qu´on ne l´est pas. Dans ce sommet, ne nous faisons pas non plus une montagne de ces Français...
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