Exemplaire Delfim
On le disait fini pour le football : victime de graves problèmes dorsaux, on avait mis un terme un peu trop tôt à la carrière sportive du Portugais. A 28 ans, contre vents et marées, José Delfim est revenu au premier plan à Marseille. Ce miraculé, exemplaire sur bien des points, profite aujourd’hui de ce retour.
« José Delfim est un homme avec un grand H. » Le compliment est de Jean Fernandez. Depuis son arrivée à La Commanderie, l’ex coach de Metz n’a jamais mis José Delfim à l’écart. Il l’a intégré aux entraînements, l’a observé et a pu noter le retour en grâce du Portugais. « Il avait beaucoup d’arguments pour arriver au niveau où il est. Quand on a de la qualité et qu’on met tout de son côté, je pense qu’on ne peut que réussir. C’est ce que José a fait avec le match de dimanche. Je pense qu’il est capable de retrouver son niveau. Il a beaucoup de saisons à jouer et il est parti pour faire une bonne saison » continue Fernandez qui voit en Delfim un formidable exemple : « Pour ceux qui ont vécu la situation de José, c’est un exemple. Il arrive le premier à l’entraînement, il part le dernier après les soins, donc c’est un exemple. Après tous les joueurs savent par où il est passé. Par son comportement et ce qu’il a vécu c’est un exemple. »
José Delfim vient en effet de vivre des années de galère, de calvaire. Souffrant du dos, rapidement inapte à la pratique du football, celui qui avait été recruté par Bernard Tapie à l’été 2001 aurait pu jeter l’éponge comme le lui suggérait ses dirigeants, comme Christophe Bouchet. Mais Delfim a continué d’y croire et son heure est arrivée. Longtemps traité de « malade imaginaire » le milieu de terrain souffrait réellement des vertèbres et a dû subir une greffe osseuse. « Avant mon opération, confie-t-il, j’ignorais tout de la suite. J’ai discuté avec Monsieur Christophe Bouchet au début de la saison 2003- 2004, et je lui avais dit que je sortirais plus fort. La preuve est là. C’est ma victoire. Depuis je n’ai jamais plus eu M. Bouchet au téléphone… Cela prouve qu’on revient plus fort. »
Delfim : « Je sens de l’admiration »
A Sochaux, malgré un coup au visage d’entrée de jeu, Delfim a été exemplaire sur le terrain. Comme dans la vie, même s’il se défend de l’être : « Chacun prend l’exemple qu’il veut. Moi je ne suis pas l’exemple. Bien sûr, mon chemin est spécial à cause de mes problèmes. J’apprends tous les jours des choses différentes avec des personnes différentes. Je sais qu’il faut s’accrocher. Une entorse, on s’accroche, un croisé du genou c’est six mois ou huit mois, c’est un cauchemar. C’est difficile, mais il faut toujours penser qu’il y a pire. On donne toujours le maximum pour atteindre l’objectif. Le mien s’était d’atteindre le haut niveau… Je sens de la solidarité, peut-être de l’admiration. Cela me donne plus de responsabilités. Je dois continuer mon chemin, améliorer mes performances. C’est un challenge. »
Aujourd’hui, Delfim est un Heureux, avec deux grand H. Il sait que tout peut de nouveau s’arrêter brutalement : « Je suis un cas unique, il n’y avait donc pas de statistique. On m’a fait une greffe osseuse, le médecin m’a dit : « essaie la compétition, on verra si tu arrive à le faire. » Aujourd’hui je suis comme les autres. J‘ai un travail de prévention bien sûr, je suis toujours attentif sur la mobilité les étirements, à cause de ce blocage des vertèbres. » Mais Delfim n’en fait pas une fixation. Trop content d’être là, sur un terrain, capable de montrer qu’il a le niveau international qui l’avait amené en sélection avant ses problèmes médicaux : la presse portugaise s’intéresse de nouveau à lui en pages sportives et non médicales. « Je sens de la solidarité » termine Delfim. Un homme neuf avec un très grand H.