«Je fais de chaque entraînement une compétition, un match». Cette phrase presque banale chez un footballeur devient vite lourde de sens quand elle est prononcée par José Delfim. Le retour dans l’effectif du milieu de terrain portugais de 28 ans après deux années de blessures aurait même des allures de petit miracle.
Deux années rythmées de séjours en hôpital, d’interventions chirurgicales et de mois en fauteuil roulant … Ses vertèbres ne le font aujourd’hui plus souffrir. Et après s´être requinqué pendant six mois au club portugais de Guimaeres l’an passé, José Delfim était titulaire au Riazor en demi-finale aller de Coupe Intertoto. A la surprise générale. Au lendemain du match, Jean Fernandez exprimait toute son admiration envers le joueur. «C’est un homme, un véritable guerrier» lâchait-il, bien conscient du chemin parcouru par l’ancien joueur des prestigieux clubs du Boavista et Sporting Lisbonne.
L’apothéose vint quinze jours plus tard avec le match retour contre le Depor : Delfim est à nouveau dans le onze de départ. A l’issue de l’incroyable victoire de son équipe (5-1), il ne pouvait cacher son émotion. «Je viens de jouer au Vélodrome 40 mois après (OM-Montpellier en mai 2002) et ça a été énorme, confiait-t-il, l’équipe a fait un match extraordinaire, il ne faut garder que le positif car on s’est éclaté». Alors que nombre de supporters gardait un souvenir mitigé des prestations du Lusitanien lors de l’exercice 2001-02, grande fut leur surprise de retrouver un joueur compétitif au style épuré à son poste de milieu défensif. Certes, il n’est pas encore un monstre de vivacité mais il s’est révélé un aiguilleur de ballons précieux aux abords du rond central.
Il s’ensuit une titularisation encourageante à Rennes malgré la défaite (3-2). Arrive alors la concurrence, Lorik Cana signe à l’OM : «Il vient apporter de la valeur dans le groupe et je lui souhaite le meilleur» explique un Delfim trop heureux de «pouvoir vivre de sa passion» qu’est le football. «Travailler tous les jours pour essayer d’être meilleur que les autres permet de ne rien négliger. Dans le haut niveau, il faut tout donner afin d’être disponible pour les matchs de championnat et ceux de Coupe d’Europe pendant la semaine».
Lorik Cana et Sabri Lamouchi suspendus à Sochaux, le numéro 6 portugais a toutes ses chances d’être titularisé à Bonal. Cela ne change en rien ses habitudes. «Aujourd’hui, je vois les choses bien différemment. Avec tout ce que j’ai vécu, je veux juste prendre du plaisir. Je m’entraîne toujours de la même manière que je sois un titulaire ou pas». Il a déjà gagné le respect de ses coéquipiers et, par son mental sans faille, il pourrait être l´une des bonnes surprises de la saison. «Je ne lâche rien pour récupérer tout ce que j’ai perdu en 36 mois» finit-il.
