Après une hausse de 0,8% de cet indice sur les trois premiers mois de l´année, ce mauvais chiffre entame de 0,2 point la croissance du PIB (après une contribution positive de 0,5 point le trimestre précédent).
Résultat, l´Insee confirme son chiffre annoncée la semaine dernière d´une croissance du PIB de 0,1% au second trimestre.
Pour le premier trimestre, l´évaluation de la hausse du PIB est maintenue à 0,4%. Sur l´ensemble du premier semestre, l´acquis de croissance reste à +1,2%, précise l´Institut national de la statistique et des études économiques.
En juin, le gouvernement français avait revu en baisse sa prévision de croissance pour l´ensemble de l´année 2005: il vise officiellement un "plafond" de croissance de 2%, alors qu´il espérait auparavant un taux compris entre 2 et 2,5%.
En 2004, le PIB avait progressé de 2,1%, rappelle l´Insee.
Au deuxième trimestre, les dépenses de consommation des ménages ont diminué de 0,3% (après une hausse de 0,8% sur les trois premiers mois de l´année), entamant de 0,2 point la croissance du PIB (après une contribution positive de 0,5 point le trimestre précédent).
Les exportations sont reparties à la hausse, progressant de +1,0% après avoir reculé de 0,2% au premier trimestre, et le rythme des importations s´est accéléré avec une hausse de +1,3% contre +0,7% de janvier à mars.
Au total, le solde du commerce extérieur a pesé sur la croissance, entamant de 0,1 point la hausse du PIB, relève l´Insee.
Publié le 20/08 à 09:54
Croissance: ralentissement confirmé
"Le scénario d´un taux de croissance de 2% cette année est mort. La France peut espérer 1,5% au mieux", commente Marc Touati, économiste chez Natexis Banques populaires.
Les économistes relèvent notamment que sans une remontée du niveau des stocks sur la période d´avril à juin, la croissance économique aurait en fait reculé de 0,3% au deuxième trimestre.
Le niveau des stocks contribue positivement pour 0,4 point à l´évolution de la croissance au deuxième trimestre, après avoir baissé et contribué négativement à hauteur de -0,1 point au premier trimestre.
La hausse persistante des prix des matières premières explique cette remontée des stocks, qui étaient pourtant déjà à un niveau élevé. Les entreprises, anticipant une hausse de leurs coûts de production, constituent des réserves pour éviter de payer leurs matières premières encore plus cher ultérieurement.
Hors stocks, la demande intérieure progresse essentiellement grâce à l´investissement en logements et aux dépenses publiques.
Comme les économistes s´y attendaient - étant donné la stagnation du marché du travail (taux de chômage au-dessus de 10%) et la faible progression du pouvoir d´achat (+0,3% au premier trimestre) -, les dépenses de consommation diminuent au deuxième trimestre (-0,3%), après avoir soutenu la croissance française depuis trois ans.
Elles contribuent négativement pour -0,2 point à l´évolution du PIB (après +0,5 point au premier trimestre).
"Les ménages français sont en train d´épuiser leur épargne et arrivent au plafond de leur capacité d´endettement", résume Marc Touati. Il relève "les limites des mesures gouvernementales" pour doper la consommation, notamment le déblocage anticipé de l´épargne salariale qui a fait baisser le taux d´épargne à la fin 2004.
La vraie mauvaise surprise réside dans le net recul de l´investissement des entreprises, qui baisse de 1,2% au deuxième trimestre, après avoir enregistré une forte hausse de 1,9% au premier. C´est la plus forte baisse trimestrielle de ce poste depuis le deuxième trimestre 2002. De plus, les sociétés françaises qui investissent le font surtout à l´étranger et pas en France, notent des économistes.
Les économistes tablent toujours sur une reprise de la dynamique de l´activité au second semestre 2005. Mais ils s´accordent à pronostiquer une croissance du PIB aux alentours de 1,6% pour l´ensemble de l´année 2005, alors que le gouvernement affiche depuis juin un objectif "plafond" de 2% (contre 2,5% initialement).