C´ÉTAIT UNE BONNE IDÉE
Par Cédric ROUQUETTE ( à Montpellier)
Parfaitement guidée par un milieu où Zidane et Makelele ont joué aux patrons associés, l´équipe de France a idéalement débuté sa saison par une magnifique victoire contre la Côte-d´Ivoire ( 3-0, buts de Gallas, Zidane et Henry). Vivement Dublin.
Une vieille recette pour y arriver
Ça y est, c´est fini. Il ne faut plus parler de reconstruction. L´équipe de France a trouvé ce qui lui manquait pour sortir de l´embarras face aux attentes qui semblait lui coller à la peau, et aussi de sa litanie de matches nuls ( sept en 2004-2005). Tant pis s´il a fallu ressortir une vieille recette pour y arriver. Le football ainsi joué est quelque chose de trop grisant pour faire de l´âge du capitaine ou de la capacité d´innovation un critère d´appréciation. Bien sûr, Zidane, Makelele et Thuram n´ont pas fait tout le travail, et surtout pas ce dernier, sorti au premier quart du match en se soignant la jambe. Bien sûr aussi, il faudra serrer davantage les dents en Irlande et en Suisse, par exemple, en terrain moins dévot, pour qualifier l´équipe de France pour la Coupe du monde, si possible sans passer par les barrages. Mais il était impossible d´attendre plus pour ce match du mois d´août, de loin le plus plus agréable et convaincant d´une équipe tricolore depuis la partie de gala disputée contre les FIFA All Stars après l´Euro 2000 ( 5-1).
La France est redevenue une équipe qui aime le ballon. En schématisant à peine, le porteur a eu plus de solutions mercredi à Montpellier qu´en dix matches la saison dernière. La maîtrise collective et la disponibilité irréprochable de tous les joueurs a presque embarrassé l´équipe sur ses quelques ballons de contre, si attentive à poser le jeu. C´est la bonne nouvelle de la soirée : dans un système oscillant entre le 4-2-3-1 et le 4-3-1-2, comme prévu, la France est redevenue une équipe tranchante et enthousiaste. Le vrai test de compétitivité viendra le mois prochain.
La France a retrouvé une épine dorsale
Il y a eu la manière, et c´est souvent tout ce qui compte pour un match amical. La résultat n´est pas à jeter aux chiens. Battre la Côte-d´Ivoire ( 3-0) n´est plus donné au premier venu. Même si Drogba a maintenu une pression constante sur Coupet par sa seule présence et quelques gestes de très haut niveau, l´équipe de Henri Michel ne s´est jamais trouvée dans une position confortable. Elle avait choisi de défendre bas, à moins qu´elle y ait été contrainte par le pressing des milieux, notamment celui de Makelele, et une capacité à conserver le ballon incarnée comme avant par un Zidane en forme. On y vient : les deux anciens Madrilènes sont pour beaucoup dans ce qu´il faudrait appeler un renouveau, même si le public héraultais a vécu tout cela comme un retour à la normale. La performance individuelle des trois revenants ne fut sujette à aucune réserve, mais leur apport principal est à chercher ailleurs. C´est bien l´impact de leur présence aux côtés des autres qui a permis à la soirée d´obéir à ce scénario idéal. Avec eux, la France a retrouvé une épine dorsale capable de hisser le rythme du jeu à un certain niveau. Les autres ont suivi ; ils avaient simplement besoin d´être mis sur la voie.
Il faut aussi rendre justice aux quelques bons moments aperçus la saison dernière : ce nouvel élan de leur fut pas servi sur un plateau. Il y avait dans le comportement de cette équipe quelque chose de la première période de France-Hongrie ( 2-1) : une recherche permanente du décalage, des appels, un côté gauche remuant. Il y avait aussi six joueurs titulaires communs avec le match de Metz et il y en aurait eu sept sans la blessure d´Abidal. Tout sauf un hasard. Outillée par ce bagage technique et cette envie d´en découdre, la France a aussi, pour la première fois de l´ère Domenech, su poursuivre l´effort entrepris en première période par un deuxième acte du même tonneau, du moins jusqu´aux dix dernières minutes décousues. Malgré quelques minutes où les Bleus jouèrent quinze mètres plus bas qu´avant le repos, la machine est repartie comme si rien n´avait changé. Il n´y eut d´ailleurs aucun remplacement avant la 66e minute : Brian Kerr, le sélectionneur irlandais, ferait bien de passer l´ouvre du onze titulaire au scanner.
Redevenu favori du groupe 4
Raymond Domenech a trouvé une équipe capable de lui offrir la plus large victoire de son mandat. La seule, depuis qu´il a succédé à Jacques Santini, qui n´ait jamais vraiment fait de doute au fil du match. A l´issue d´une si belle soirée, il est infiniment tentant de chercher quelques balises pour définitivement se convaincre qu´une page est tournée. Zidane n´avait plus marqué en équipe de France depuis le 21 juin 2004 ( France-Suisse, 3-1). Les Bleus n´avaient plus gagné par une telle marge depuis France-Andorre dans le même stade le 31 mai 2004 ( 4-0). Ils n´avaient pas dégagé une si belle impression depuis l´historique victoire en Allemagne de novembre 2003 ( 3-0). A l´époque ils s´étaient forgé une stature de favoris pour l´Euro. Ils sont à cette heure seulement redevenus les favoris du groupe 4. Et c´est déjà très bien
source : lequipe.fr