LUIZ FELIPE SCOLARI A LA LOUPE
LES PLUS
Sa personnalité : Il impose le respect à ses joueurs. Il est de plus très à l’aise avec les médias et communique très bien, faisant de l’humour sa meilleure arme. Jamais il n’est influencé et est ferme dans ses choix qu’il sait assumer. Enfin, même sans être Portugais, il semble vouer à cette nation un grand amour. En effet, il chante l’hymne en cœur et avoue même envisager son séjour au Portugal sur une longue durée, dans la mesure où lui et sa famille se sont acclimatés.
-Son coaching durant les matchs : Il sait travailler dans l’urgence et changer un système de jeu quand c’est nécessaire. Il en a fait la preuve contre l’Angleterre à l’euro 2004.
LES MOINS
-Il n’aime pas le turn-over. Un titulaire fatigué voire blessé est souvent préféré à un remplacent en pleine forme. Par contre, quand un joueur a perdu sa confiance, il est presque impossible de la retrouver.
Aussi, après une défaite 0-3 contre l’Espagne, il raye Fernando Meira et Maniche de ses listes. Pour le premier, s’en était fini ( jusqu’à nouvel ordre), pour Maniche, il a dû se rendre à l’évidence en le faisant jouer de nouveau dès le début de l’euro 2004 ( aussi parce que Tiago souffrait d’une pubalgie).
De même, Pauleta, en manque de confiance et blessé, n’a jamais perdu son statut de titulaire. De retour de suspension durant l’euro, il a immédiatement été réaligné.
Enfin, Deco semblait à bout de souffle contre la Grèce en finale. Rui Costa lui était en pleine forme, il l’a prouvé quand il est rentré en jeu ( trop tard malheureusement). Compte tenu des moyens mis à disposition par la fédération, Scolari pouvait aisément diagnostiquer la forme des joueurs et faire jouer Rui Costa. Mais cela va contre ses principes.
-Il est trop attaché au système 4-2-3-1 : A sa nomination, Scolari était un fervent défenseur du 3-5-2. Rapidement, il se rend compte que ce sera difficile d’appliquer ce système au Portugal et en trouve un autre : Le 4-2-3-1. Un tel système est plus fidèle à la tradition du jeu Portugais et avait été utilisé par Humberto Coelho comme par Antonio Oliveira. Néanmoins, il innove quelque peu en plaçant les arrières latéraux très haut et demande un travail de couverture des ailes par les 2 milieux défensifs en cas de danger. Parmi ces deux milieux défensifs, il en veut un très défensif et l’autre très offensif. Ce milieu défensif qui monte peut être Tiago ou Maniche, le deuxième ayant le gros avantage d’avoir une frappe de balle monstrueuse qu’il peut pleinement exploiter à un tel poste. Enfin, il demande au 10 de revenir régulièrement défendre, ce que Deco a appliqué à merveille lors de l’euro.
Et cette tactique s’avère payante mais seulement dans le cas où l’adversaire attaque.
Car une équipe qui défend à 10 ( Grèce, Estonie, …) empêche littéralement le Portugal de se créer des occasions, si ce n’est sur coup de pied arrêté. En effet, avec une tactique ultra défensive, le seul attaquant devient inefficace, les centres deviennent moins nombreux, les tirs lointains sont contrés les ¾ du temps. C’est donc LE moyen de vaincre le Portugal pour une équipe qui est bonne en contre attaque.
La solution pour Scolari est de mettre un deuxième attaquant en sortant un milieu défensif. Comme seul milieu défensif en jeu, Petit s’avère le Portugais le plus efficace ( Costinha comme Maniche perdent vite leurs marques s’ils ne jouent pas avec un autre milieu défensif). Le duo Nuno Gomes - Pauleta n’est pas très efficace alors que Postiga est un parfait complément de l’un comme de l’autre.
Seulement, Scolari se refuse à une telle analyse et préfère ne pas adapter son équipe à l’adversaire, c’est une grave erreur. Mais son manque d´inspiration tactique face au Liechtenstein marque clairement certaines limites dans les capacités d´entraineur du Brésilien. Sa côte a indiscutablement baissé.