Les Suisses ont dit oui à 54,6% dimanche aux accords de Schengen-Dublin avec l´Union européenne pour créer une Europe sans frontières, échappant à la contagion eurosceptique des référendums en France et aux Pays-Bas.
Ce référendum intervenait quelques jours après les deux rejets de la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, qui avaient fait craindre un effet d´entrainement. " Faites comme les Français et les Néerlandais", proclamaient ces derniers jours les opposants suisses à Schengen. De nombreux Suisses avaient néanmoins voté par correspondance avant même le référendum français du 29 mai.
" Je suis très heureuse que les isolationnistes aient perdu", a déclaré la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey. Le ministre de la Justice luxembourgeois Luc Frieden, dont le pays préside l´UE, a salué " le résultat clair du peuple suisse". " C´est une bonne journée pour l´Europe et pour la Suisse", a-t-il dit. Tous les cantons de Suisse romande, francophone, ont dit oui, la plupart à plus de 60%, contre une minorité en Suisse alémanique, germanophone. La participation ( 55,9%) a été supérieure à la moyenne des référendums nationaux en Suisse ces dernières années.
L´accord de Schengen, signé en 1985, supprime les contrôles systématiques des personnes aux frontières ( sauf aux aéroports). En échange, la police suisse accédera à la banque de données informatisé SIS, qui répertorie 15.000 criminels et 700.000 étrangers interdits de séjour. Le visa unique Schengen permettra aux touristes non européens de circuler librement de Marseille à Neuchâtel. Les accords de Dublin prévoient qu´un demandeur d´asile refoulé par l´un des pays membres ne peut déposer de demande dans un autre Etat, ce qui éliminerait 20% des demandes faites en Suisse.
L´espace Schengen, opérationnel depuis 1995, comprend pour l´instant 13 pays membres de l´UE ( Grande-Bretagne et Irlande exceptées), plus la Norvège et l´Islande. Schengen et Dublin figurent parmi les accords bilatéraux signés l´an dernier par la Suisse avec l´UE, dont elle ne fait pas partie. Selon le Département fédéral ( ministère suisse) de justice et police, la Suisse ne s´intégrera vraiment à l´espace Schengen qu´en 2008, quand le nouveau système d´information SIS II sera opérationnel.
Aux frontières de la Suisse avec les quatre pays de l´UE qui l´entourent ( France, Autriche, Allemagne, Italie), Schengen ne changera pas grand chose dans la pratique. Les douaniers continueront d´inspecter coffres et paniers à provisions. Douaniers et policiers pourront toujours faire des contrôles inopinés une fois la frontière franchie. Pour les milieux d´affaires, Schengen a le mérite de préserver le sacro-saint secret bancaire suisse et de stimuler le tourisme. Les opposants, conduits par l´Union démocratique du centre ( UDC, droite populiste), premier parti de Suisse, ont joué au contraire sur la peur pour la sécurité et l´emploi.
Ce " oui" constitue une " confirmation de la voie bilatérale" choisie par Berne, qui " est la seule option qui permette à la Suisse d´approfondir sa coopération avec l´UE", a souligné le président suisse Samuel Schmid. Berne n´a cependant pas l´intention de retirer formellement sa demande d´adhésion à l´UE, déposée en mai 1992. En 2001, les Suisses avaient décidé par 76,7% des voix de ne pas ouvrir de négociations d´adhésion. Pour Yves Christen, président du Nouveau mouvement européen suisse ( Nomes), le résultat de dimanche est " un pas de plus" vers l´UE et une victoire de " la Suisse de l´ouverture".
Mais le prochain test interviendra le 25 septembre, quand la Suisse se prononcera sur l´extension du droit de libre circulation aux ressortissants des 10 nouveaux pays membres de l´UE. Les craintes françaises de " dumping social" risquent alors de refaire surface en Suisse.
Un peu byzarre venant de la suisse, je savais même pas qu´il avait aussi un réferundum mais bon leurs choix sont byzarre, ils n´ont besoin que de l´UE pour un peu de commerce et pour bloquer les immigrants mais risque beaucoup de chose à se rapprocher trop de l´UE. 