La bête est morte
Quatorze ans après sa dernière victoire contre Nancy et un but de … Laurent Fournier, le Paris Saint-Germain a tué sa bête noire, invaincue depuis cinq rencontres, et renoué avec le succès six jours après son revers à Marseille.
Par Vincent Gehin
Une série est, presque étymologiquement, appelée à cesser un jour ou l’autre. Celle qui consacrait la «supériorité» du PSG sur son rival ancestral marseillais (neuf matches sans défaite) s’était achevée dimanche dernier et le club de la capitale était bien décidé à se consoler de son court revers au Vélodrome en mettant fin à la (aux) bonne(s) série(s) nancéienne. Celle qui a permis à l’ASNL de grimper de la dix-huitième place à la huitième, grâce à cinq résultats sans défaite et quatre victoires de rang, et aussi celle qui faisait des Nancéiens une «bête noire» des Parisiens, avec neuf victoires et trois matches nuls en dix-huit déplacements au Parc des Princes. Pour parvenir à ces fins, le PSG pouvait compter sur le retour dans ses buts de Lionel Letizi, d’Edouard Cissé dans l’entrejeu et de son capitaine Pauleta en attaque. Et peut-être aussi sur le réveil de Dhorasoo, en petite forme depuis son arrivée en Île-de-France en juin dernier. Sauf qu’en face, Nancy pouvait aussi aligner son équipe type, ou ses onze joueurs les plus efficaces depuis le début de la saison. À commencer par l’attaquant Eli Kroupi, auteur de cinq buts en 460 minutes disputées seulement. Des statistiques qui faisaient de l’ancien Lorientais le deuxième meilleur buteur de la Ligue 1 derrière… Pauleta.
Match fermé
Mais ni l’un, ni l’autre, n’avaient l’occasion d’augmenter leur pécule, ni même de chauffer les gants des portiers adverses au cours d’une première période fermée et assez pauvre en réelles occasions de but. Les demi-occasions étaient, elles, plus nombreuses, notamment côté parisien, par l’intermédiaire de Jérôme Rothen. Opposé au robuste Adailton dans son couloir, l’ancien Monégasque obtenait quelques bons coups franc pour sa patte gauche magique, mais Bracigliano (8e, 28e) veillait au grain. Lui-même se trouvait en bonne position de tir suite à un centre venu de la droite et prolongé par Cissé dans la surface, mais le métatarse gauche du milieu parisien levait trop le ballon, qui achevait sa course dans les nuages (39e). Sur l’autre aile, Edouard Cissé était lui aussi incisif et se procurait deux bonnes tentatives de frappe, qui étaient, là encore, trop décroisées (15e) ou enlevées (22e) pour inquiéter le portier nancéien. Lequel n’avait pas plus tremblé sur la seule vraie frappe du match, décochée par Kalou. Son homologue Letizi était encore moins sollicité. À la 24e, Rozehnal déviait un corner de Sarkisian, Biancalani le reprenait du gauche, mais c’est le crâne de… Kroupi qui déviait la sphère au-dessus du but parisien. Berenguer (29e) s’essayait ensuite de loin, mais dévissait largement son tir. La pause survenait sur ce score nul et vierge après des débats engagés mais stériles.
Mais Kalou trouve la clé !
Au retour des vestiaires, la rencontre repartait vite de part et d’autre. Et après quelques escarmouches, l’Ivoirien de Paris Bonaventure Kalou gagnait son duel face à Pape Diakhaté et trompait Bracigliano d’une frappe puissante à ras de terre (1-0, 53e). Imparable pour le capitaine nancéien, d’autant que le crochet ouvrant le chemin du but à l’ancien Auxerrois était superbe. Mené au score pour la septième fois de la saison, le promu allait-il s’incliner une sixième fois ou inverser la marque comme face à Troyes (9e journée) ? En tout cas, ce coup de poignard n’estoquait pas Nancy, qui cherchait à revenir au score. Par l’intermédiaire de son attaquant brésilien Kim, qui entrait en jeu à la place de Kroupi et posait des soucis à ses gardes du corps par ses dribbles, ou par des coups de pieds arrêtés plus ou moins bien tirés par Sarkisian (70e, 74e).
Mais comme face aux autres «cadors» du championnat de Ligue 1 affrontés en début de saison, Nancy s’inclinait sans avoir démérité dans le jeu sur la plus petite des marges. Et comme contre Bordeaux ou Lens, Gaston Curbelo ratait une occasion en or face au gardien adverse. Sur un centre de N’Guémo, le Franco-uruguayen frappait en pivot, mais trop mollement pour espérer tromper Letizi et égaliser (86e). Après cinq matches sans défaite et quatorze ans d’invincibilité au Parc, Nancy concédait son sixième revers de la saison et rétrogradait légèrement au classement, avant d’accueillir Nice dimanche à Picot. Paris, pour sa part, profitait de ses trois points pour conforter sa deuxième place et réduire à … sept unités son retard sur le leader lyonnais. Après son match contre Troyes en Coupe de la Ligue, le PSG se déplacera à Auxerre.
voilà boone lecture à tous