Paris, lointain dauphin
Sans être impérial, le PSG a décroché une belle victoire (0-2) sur le terrain de Bordelais apathiques et qui auraient pu jouer deux jours non-stop sans marquer. Maintenant, si cette victoire replace Paris comme le dauphin de Lyon, l’écart, lui, demeure béant.
Par Cédric Callier
Incapable de battre Monaco (0-0) au Parc des Princes lors de la précédente journée, Paris se devait d’aller rechercher les points perdus sur sa pelouse face à un autre adversaire du haut de tableau. Et quel adversaire, puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que du dauphin de Lyon, Bordeaux, toujours invaincu dans son antre de Chaban-Delmas. Des Girondins qui rêvaient de s’imposer et de repousser du même coup le PSG à 6 longueurs. Pourtant, si les deux équipes avaient donc tout intérêt à décrocher les trois points de la victoire, la partie, elle, tardait à s’animer. Pauleta s’offrait bien la première occasion de la rencontre en plaçant une petite frappe vicieuse à ras de terre que Ramé captait en deux temps (13e). Mais hormis cette petite escarmouche francilienne, les amateurs de beau football et d’occasions de but pouvaient doucement dormir sur leurs deux oreilles. Car entre une équipe bordelaise qui craignait fortement les contres amorcés par Rothen ou Pancrate, préféré à Kalou sur le côté droit, et une formation parisienne bien regroupée qui tentait d’aspirer un adversaire qui ne venait pas, le match sombrait dans un profond ennui.
Yepes met fin à la série noire
Heureusement, Letizi, lui, ne s’assoupissait pas lorsque Darcheville lançait Smicer seul en profondeur. Le portier parisien devançait le Tchèque d’un tacle plein d’à propos (19e). Dix minutes après, l’ancien Niçois était à nouveau mis à contribution sur un coup franc tiré rentrant très fort sur la gauche par Francia qu’il repoussait en corner. Un coup de pied de coin qui ne donnait rien. Ce qui n’allait pas être le cas du coup franc tiré par Rothen quelques secondes ensuite. Mal repoussé par la défense girondine, le ballon arrivait dans les pieds de Rozenhal qui adressait un étrange centre de l’extérieur du pied vers Yepes. Tout seul, le Colombien trompait Ramé d’une petite tête croisée imparable (1-0, 36e). Les Bordelais pouvaient toujours crier au hors-jeu, les images démontraient qu’il n’en était rien. Et ce but de Yepes mettait fin à la terrible disette offensive du PSG à Bordeaux, où il n’avait plus marqué depuis le 15 janvier 2000 et une réalisation du Brésilien Christian. Les dix dernières minutes de cette première période ne changeaient rien à la physionomie de la rencontre et les joueurs locaux regagnaient les vestiaires sous les sifflets de leur public.
Pauleta poignarde ses anciens équipiers
Piqués au vif, les Bordelais revenaient toutefois sur la pelouse avec une toute autre motivation. Darcheville prenait de vitesse Rozenhal sur la gauche et centrait en retrait… mais aucun Girondin ne traînait par là (47e). Dans la continuité, Francia se heurtait à Pichot dans la surface, mais sa chute grossière ne trompait pas l’arbitre (48e). Mais alors que les joueurs de Ricardo dominaient enfin les débats, Pauleta allait planter un coup de poignard dans le dos de ses anciens coéquipiers. Bien servi par un Dhorasoo enfin au niveau de ses prestations en équipe de France, le Portugais effaçait Henrique d’une superbe feinte de frappe, avant de placer un tir enveloppé dans le petit filet de Ramé, qui ne pouvait rien faire (0-2, 50e). Le break parfait pour le PSG, surtout que Francia loupait une énorme occasion à l’heure de jeu. Ou plus exactement Rozenhal sauvait la maison parisienne en déviant du dos la reprise du milieu espagnol juste au-dessus de la transversale (60e). Quasiment sur le contre, Dhorasoo, une nouvelle fois, servait en profondeur Pauleta. Excentré sur la droite, le meilleur buteur du championnat avec désormais 8 réalisations croisait trop sa frappe qui filait en sortie de but (62e).
Bordeaux totalement impuissant
Passée cette chaude alerte et ce premier quart d’heure aussi vivant que la première période était terne, le match retombait dans un faux rythme. Bordeaux dominait sans conviction et ne parvenait pas à solliciter Letizi, hormis sur une sortie courageuse dans les pieds de Darcheville (79e). Landrin, lui, avait pris la place de Pancrate et refoulait une pelouse de Ligue 1 pour la première fois depuis sa blessure à la cheville contractée à Marseille, lors de la 11e journée. Incapables de mettre hors de position une défense francilienne que l’on avait rarement vu aussi solide à l’extérieur, les Bordelais butaient inexorablement sur un mur. A croire que le repositionnement d’Armand en milieu de terrain décidé par Laurent Fournier était une bonne inspiration. L’avenir le dira. En attendant, le PSG décrochait un succès facile (0-2) à Chaban-Delmas. Un succès que Paris n’avait plus connu à Bordeaux depuis 1998, soit une éternité, et qui leur permet de reprendre la 2e place du championnat sur leur adversaire du soi grâce à une meilleure attaque. Mais avec 12 points ( !) de retard sur l’Olympique Lyonnais, le club de la capitale cherchera surtout à conforter sa position de dauphin contre Lens lors de la prochaine journée, plutôt que de regarder vers le haut. Et pour les hommes de Ricardo, très décevants ce dimanche soir, le déplacement à Saint-Etienne ne s’annonce pas comme une sinécure pour se relancer.