Voilà, je répond a une interview
Yannick, qu´est-ce que ça fait d´être le feuilleton de l´intersaison sur le marché des transferts?
( sourires)A dire vrai, je m´en serais bien passé. J´aurais bien aimé que l´on en parle pas autant et que, une fois le choix de mon futur club arrêté, tout se passe rapidement. Cela m´aurait permis de vivre une intersaison plus sereine.
La situation devenait pesante?
Absolument. C´étaient des moments très difficiles à vivre. Je ne pouvais même pas annoncer officiellement que je souhaitais évoluer au Stade Toulousain. Il n´y avait rien d´autre à faire que prendre mon mal en patience et espérer que tout se décante. J´ai eu sincèrement peur que l´affaire ne se passe pas: quand le marché des transferts se termine le 5 juillet à minuit et qu´à 18 heures, rien n´a encore été signé... Ces dernières heures ont été d´autant plus stressantes que j´avais du mal à m´imaginer ailleurs qu´au Stade Toulousain: une fois ma décision prise, c´était ici et pas ailleurs. Plusieurs personnes ont essayé de me faire changer d´avis, mais j´ai tenu bon. Honnêtement, je ne souhaite à personne de vivre une telle situation, même si le soulagement a été au final d´autant plus intense.
Plusieurs clubs étaient intéressés par ta venue. Qu´est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du Stade Toulousain?
C´est très simple, dans la mesure où si l´on prend tous les points susceptibles de compter au moment du choix, le Stade Toulousain est à peu près premier partout. Le premier critère a été évidemment sportif, un domaine où Toulouse est une référence. Au niveau du groupe, pour connaître plusieurs joueurs qui le composent, je sais qu´il est jeune et a envie d´avancer. Personne ne se prend pour ce qu´il n´est pas au sein du club, c´est un environnement très sain.
J´ai 21 ans, et les premières images de rugby que j´ai vues à la télévision datent de 1994 ou 1995, années ou le Stade remportait les deux premiers de ses quatre titres consécutifs. Forcément, ce sont des souvenirs qui marquent. Du coup, à partir du moment où j´ai su que le club était intéressé par ma venue, les choses se sont faites naturellement. Paradoxalement, ma décision a été rapide, même si les choses ont mis du temps à se concrétiser. Enfin, je suis là, et c´est tout ce que j´ai envie de retenir. A moi de jouer maintenant et de me faire une place au sein du groupe.
Après plusieurs semaines dans ton nouveau club, quelles sont tes impressions?
Je suis déjà assez étonné par les structures. Même si on sait à quoi s´attendre en venant dans le meilleur club d´Europe, cela reste impressionnant. On voit à tous les détails que tout est fait, ici, pour aider le joueur à être performant. Comme je l´ai dit à beaucoup de mes amis qui me demandaient des détails sur le club, il est encore plus impressionnant de l´intérieur que de l´extérieur. Il me faudra maintenant être à la hauteur et répondre aux attentes placées en moi. Mais quand on voit tout cela, on ne peut avoir qu´une envie: donner le maximum, tout le temps, que ce soit aux entraînements ou en match.
Au niveau de la préparation d´avant-saison, y a-t-il de grandes différences avec ce que tu avais connu à Béziers?
Même si à Béziers, les préparations étaient très sérieuses, ce que je vois ici est un cran au-dessus en terme de charges d´entraînement. Si les manières de travailler et les contenus des séances restent assez proches, ce que nous faisons au Stade en une demi-journée, lors de la séance du matin, correspondait à une journée de travail dans mon ancien club. Cela demande donc de ne pas négliger les périodes de repos et redoubler de vigilance en ce qui concerne l´hygiène de vie. Le staff, de toute évidence, ne laisse rien au hasard pour que les joueurs soient performants, et ces derniers doivent s´adapter à ce niveau d´exigence. Cela pousse à être encore plus professionnel, en quelque sorte.
Ton intégration au sein du groupe n´a pas dû poser beaucoup de problèmes?
Non, je connaissais déjà pas mal de joueurs et depuis assez longtemps, au travers des sélections chez les jeunes: Greg Lamboley, Benoît Baby, Fred Michalak chez les moins de 21 ans... Les sélections récentes en équipe de France m´ont également permis de rencontrer Jean-Baptiste Elissalde, Cédric Heymans. La vie en club n´est évidemment pas comparable à ce que l´on connaît en sélection, mais c´est effectivement une bonne chose d´arriver dans un club où l´on connaît du monde.
Comment appréhendes-tu la concurrence à ton poste, qui va être une chose nouvelle pour toi en club?
C´est évident que pour moi, le plus dur reste à faire au vu du monde qui postule pour chaque poste au sein du club. Mais je compte également sur cette donnée pour me faire avancer et progresser. Je n´ai que 21 ans, il ne faut pas l´oublier, et je débarque au club sans aucune prétention, et aucunement en terrain conquis. Pas mal de journalistes sont venus me voir par rapport à ça, et si cela fait partie du jeu, je n´ai pas trop apprécié: j´ai bien conscience d´avoir tout à prouver. Etre en équipe de France, c´est bien, mais maintenant je suis à Toulouse. Tous les compteurs sont remis à zéro.
Quels sont les secteurs où tu as conscience de devoir t´améliorer?
Tous, dans la mesure où on n´est jamais au maximum de ses possibilités. Mais je vais m´attacher à être plus constant dans le domaine physique. A Béziers, à l´exception des gros matchs face au Stade Toulousain et au Stade français, entre autres, on pouvait espérer faire bonne figure même sans être à 100% . Ce ne sera plus possible ici, et il faudra être au maximum chaque week-end, ce qui demandera une forme physique adaptée.
La Heineken Cup représente des rencontres de haut niveau, que je n´ai quasiment pas connues à Béziers, hormis quelques apparitions sur le banc ou face à des équipes italiennes lors de ma première année chez les pros. Mais je ne souhaite pas brûler les étapes et me projeter déjà vers les matchs européens ou d´éventuelles phases finales de championnat. Mon premier objectif a été d´être performant pour le premier match amical d´avant-saison, le second sera d´être bon pour le premier match de championnat, et ainsi de suite.