Une qualité réside seulement dans le coeur des guerriers. Drs vrais guerriers, pas des mercenaires, de combattants de pacotille ou même de lutteurs ou d'adepte du pancrace. Ni dans le coeur de ces machinistes, créateurs d'outils formidables, ou une seule pression de l'index donne la mort, par un objet circulaire, un métal, sortant d'un oeil vide, étroit et noir : la lunette de l'arme. Seulement une race de guerriers, maniant les armes longues, telles le sabre, comportent cette qualité. Un sentiment, nous interdisant de nous résigner à la mort, à changer de camp,à frappper en traître. Un vestige presque, oublié des civilisations modernes. L'honneur. Qui nous pousse à nous donner volontairement la mort au lieu de se laissser abattre. Qui nous oblige a jeter nos dernières forces dans une bataille pourtant perdue. Malheureusement, l'honneur entraîne bien souvent l'orgueil. Et c'est cela qui provoque des morts d'hommes de valeurs. Comme maintenant...
Dans la nuit noire, sur les pavés "inondés de lune", selon une formule propre à Victor Hugo, deux combattans aux yeux bridés se préparaient. Mais à quoi ? A vendre chèrement sa peau, pour pouvoir ôter la vie de l'autre. D'un côté, Hirokaru. Véritable orfèvre du combat, artisan de l'estoc, qui, tel le Père Noël, distribuait généreusement des coups, des revers, qui amenait presque irrémédiablement la mort. Ses coups, tels ses cheveux noirs, tombaient en avalanche. De l'autre, Nawasaki. Virtuose de l'assassinat. Il se contentait de tourner, la main à son fourreau, l'air de rien, autour de son adversaire. Malgré les coups, il se contentait d'éviter les coups, voire même de repousser les assauts en poussant l'épée. Non pas sur le fil, mais sur le plat. Ses yeux presques incolores étaient inexpressif, sauf au moment de passer à l'acte. Soudain, à chaque fois, une flamme particulière brillait dans sa prunelle. Et l'assaut partait, précis a chaque fois. Personne, jusqu'a maintenant, n'y a échapper.
Le combat commenca. Hirokaru dégaina l'épée et tenta, sans conviction de frapper son adversaire. Mais Nawasaki recula, et l'épée manqua de frôler sa gorge. A son tour, Nawasaki dégaina l'épée pour tenter de briser la garde de son adversaire. Un geste vif et précis, concis, rapide comme un éclair, qui se projetait sur le samourai. Mais pour la première fois, l'assaut de Nawasaki échoua. Hirokaru avait su déceler cette flamme glacée dans les yeux de l'assassin. Car Nawasaki était bel et bien un assassin, ancien samourai. D'ailleurs, il était le meilleur de sa section. Et était très orgueilleux. Et de l'honneur. Mais cette fois, ce fut l'orgueil de Nawasaki qui fut blessé en voyant son assaut, qui avait ôté autant de vie, repoussé presque avec nonchalance par Hirokaru. Et un déferlement de fureur vient s'abbattre sur la lame du samourai. Estoc, bottes, coups circulaires, piqués, les lames s'entrechoquait, et Hirokaru reculait. " Reculer pour mieux sauter ". Et Hirokaru sauta. Il sauta sur le muret derrière lui pourprendre du recul, et pouvoir mieux repousser les assauts de Nawasaki, tel une forteresse imprenable. Mais Nawasaki sauta, et atterrit, les pieds joints, sur le mur. Il tenta un coup " chasse-mouche ", qui heurta le sabre du samourai. Hirokaru frappa à son tour. Puis une deuxième fois. Une troisième, suivit d'un pas. puis, peu à peu, ma machine, inébranlable, se mit en marche. Nawasaki reculait, tentait de s'échapper pour pouvoir se reprendre. Mais le mur branlant l'empéchait de se mouvoir à sa vitesse habituelle. Un seul faux pas, et sa vie ira rejoindre les étoiles.Et ce faux pas arriva. Hirokaru frappa, d'un coup circulaire. Nawasaki, dans un sursaut désespéré, se jeta en arrière. Mais une entaille apparru sur son torse. Des perles de sang venèrent atterrir sur le sol, pour éclater et se disperser. Nawasaki, touché, reprit son épée, et, a genoux, planta sa lame dans la rotule du samouraii, qui hurla de douleur. La jambe venait de se dissloquer. La partie inférieure de l'antérieur vint rejoindre l'hémoglobine sur le dallage. Hirokaru, en équilibre sur sa jambe, vacillait. Il tomba du muret, sans avoir lancé sa lame au préalable. L'assassin tomba, lui aussi. Mais il était mort avant d'avoir touché terre. La lame s'était enfoncé dans son torse jusqu'au manche. Le samourai, lui, tomba sur le dos. Il ne pouvait plus se mouvoir, mais aurait pu survivre, comdamné a finir sa vie allongé sur son lit. Il bougea sa main, et rencontra une lame. Celle de son adversaire. Il sourit pour une dernière fois.
Au petit matin, un hurlement d'orfraie résonna dans le petit village japonais ou s'était déroulé l'affrontement. C'était Taka, une femme japonaise, qui, en allant chercher de l'eau au puits, avait découvert le corps de Nawasaki, avec une lame enfopncée dans le torse. Une gravure spécifiait qu'elle appartenait à Hirokaru. Celui-ci reposait à côté de son adversaire, une lame anonyme, sans doute celle de son adversaire, fichée dans son abdomen. Responsable de la mort ? L'honneur.