Je m´appelle Julien, et j´adore les Pokémon. J´aime tout ce qui tourne autour, mais j´ai toujours été trop petit pour en avoir un. Enfin, je veux dire, je sais tout sur eux. Mais je n´en ai jamais eu un à moi.
Ce matin, j´étais chez moi, à Bonaugure et je regardais un reportage sur Féli-Télé sur le "Leviator rouge", un Pokémon extrêmement rare. J´adore regarder des émissions sur les Pokémon et je me dis que ce serait géant d´attraper un Leviator. En plus, la télé voudrait sûrement m´interviewer, je deviendrais un expert Pokémon.
Après l´émission, maman m´a dit que mon ami Morgan était passé. Il avait dit quelque chose au sujet du lac, mais elle n´avait pas vraiment compris, il parlait trop vite. Alors je suis allé chez lui pour voir ce qu´il se passait et je lui suis rentré dedans alors qu´il sortait de chez lui en courant ! Je ne l´avais jamais vu dans un état pareil. Il m´a attrapé pour me dire qu´on devait aller au lac, et tout de suite. J´ai toujours été prudent avec ce lac, car il y a beaucoup d´herbes hautes là-bas et c´est connu que les Pokémon sauvages adorent attaquer les gens dans les herbes folles. Et puis ma maman m´a toujours dit de ne jamais aller dans ce genre d´endroits. Et en général, elle sait de quoi elle parle.
On a finalement remonté la Route 201 pour aller au Lac Vérité, le lac des émotions. Morgan avait vu exactement la même émission sur les Leviators et il se disait qu´on pourrait sûrement en trouver un près du lac. Je n´étais pas du tout d´accord avec sa théorie, mais pourquoi ne pas se lancer dans l´aventure ?
Lorsqu´on est arrivés là-bas, il s´est passé de drôles de choses. Il y avait un vieux monsieur en manteau blanc et une fille dans les herbes hautes près du lac. Nous nous sommes cachés derrière les arbres pour voir ce qu´ils faisaient, mais lorsque nous sommes arrivés, ils étaient partis. Morgan pensait qu´ils étaient aussi là pour les Leviators et il a voulu aller voir ce qu´ils observaient. Moi, je ne voulais pas, c´était dans les herbes hautes !
Morgan m´a dit : “On y restera pas assez longtemps pour qu´un Pokémon sauvage nous trouve”, et il m´a attiré là-bas. A l´endroit, nous avons vu que le vieil homme avait laissé une valisette. On était en train de la regarder quand mes poils se sont dressés tout droit sur ma nuque. Lorsque nous nous sommes retournés, deux Pokémon sauvages nous fonçaient dessus ! Mes pires cauchemars devenaient réalité, devant mes yeux.
Juste quand ils allaient nous attaquer, la valise s´est ouverte comme si elle avait senti que nous étions en danger. Et à l´intérieur, il y avait trois Poké Balles. J´en ai pris une (j´avais lu beaucoup de choses à ce sujet, mais je n´avais jamais touché de Poké Ball) et je l´ai lancée.
Elle s´est ouverte et en est sorti le Pokémon Ouisticram. Avec une fureur impensable pour un si petit Pokémon, Ouisticram l´a attaqué avec ses griffes et le Pokémon sauvage s´est évanoui ! J´étais tout transpirant et à bout de nerfs, mais Ouisticram avait fait sa fête à ce Pokémon sauvage comme si de rien n´était.
Lorsque le combat a été terminé, Morgan m´a dit que mon Ouisticram déchirait ! C´était bizarre de l´entendre dire que c´était “mon” Ouisticram, mais ça m´a fait drôlement plaisir. Bien évidemment, après ce compliment, il n´a pas manqué d´ajouter que son Tiplouf (le Pokémon qu´il avait attrapé pour battre le Pokémon sauvage qui l´avait attaqué) était bien plus fort que Ouisticram. Enfin bref.
Alors que nous étions en train de se faire des compliments sur notre première victoire de Pokémon, la fille est revenue chercher la mallette.
“Est-ce que vous avez utilisé les Pokémon qu´il y avait dedans ?” nous a-t-elle demandé, avec l´air complètement affolé. Et c´est là que nous sommes retombés sur terre. “Ce n´est vraiment pas bien” a-t-elle ajouté en reprenant la mallette et elle est partie. Mais sans nous reprendre les Pokémon.
Nous nous sommes éloignés du lac pour revenir à Bonaugure et là, qui nous attendait à l´entrée de la ville ? Le vieux monsieur. Je me suis senti minable, comme si mes jambes n´allaient plus pouvoir me porter.
“Aurore m´a dit que vous avez utilisé nos Pokémon”, nous dit le monsieur. “Montrez-les moi, s´il vous plaît.” Il a alors jeté un coup d´œil à nos Pokémon, nous les a rendus, puis... il est parti. Il a simplement évoqué son laboratoire et dit qu´il fallait qu´on y passe.
Je n´avais jamais vécu de journée aussi déroutante, mais pour la première fois de ma vie, j´avais un Pokémon, et génial en plus, malgré tout ce que Morgan pouvait en dire.
Suite demain