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[Fic] La voie des élus

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
26 février 2008 à 14:12:36

Cherche beta reader pour un chapitre 42 qui patauge, s'il y'a des volontaires, merci de me le faire savoir sur ce 'pic...

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
26 février 2008 à 17:48:14

[Chapitre 42] La déchéance:

Antoine me regarde avec son regard des mauvais jours... celui qui dit tout et rien à la fois, qui exprime tristesse, colère, gène, honte, doute,... tout celà à la fois. Mais je sais ce qu'il ressent.

Silver, lui, est un peu plus pragmatique. S'il est sujet à une quelconque émotion, il le cache bien. Son épée a cessé de rougeoyer sur son flanc, mais il la tient toujours à la main. Il aurait peut-être préféré se battre plutôt que de subir ça. Mais je sais ce qu'il ressent.

Kim est en larmes. Elle sentait sans doute sa mort proche, et comme n'importe quelle gamine de son âge elle avait craint pour sa vie... S'effondrer comme elle le faisait, c'était un des plus sûrs moyens d'exprimer tous ces sentiments durs et refoulés. Mais quand elle m'a vu partir, elle n'a pas mis longtemps à retenir ses larmes. Elle ne veut pas que je la vois triste. Mais je sais ce qu'elle ressent.

Iris ne me croyait sans doute pas capable de celà. Mais le fait est qu'elle ne se sent pas plus mal à l'aise que ça. Elle reste fière et droite, comme je l'ai toujours connue. Au fond d'elle, elle est en morceaux, sa fierté a disparu, mais même si elle est à fleur de peau, elle fait l'effort surhumain de ne rien montrer. Mais je sais ce qu'elle ressent.

Eva,... ah Eva, quel sort nous fait subir toute cette mascarade ??? Je te retrouve à peine pour te voir une fraction de seconde, de loin, dans la nuit... et je te perds à nouveau. Je sais que tu seras bien avec tous mes amis les plus sincères, mais te perdre sera peut-être le plus dur pour moi. Toi, tu ne comprends pas tout, je te rassure, moi non plus. Tu te crois dans un mauvais rêve, et tu n'es peut-être pas aussi éloignée de la réalité que tu le crois. Toi, plus que tous les autres, je peux dire que je sais ce que tu ressens.

Aurore n'a pas encore compris ce qui se passait. Elle regarde fixement de l'autre côté, mais après avoir croisé le regard vide de mes compagnons, elle se retourne, regarde dans la même direction qu'eux et elle voit... La main devant le visage pour qu'on ne la voit pas pleurer, elle se sent fautive. La dure réalité lui tombe dessus à ce moment précis, et tout l'engrenage que j'ai soigneusement constitué, elle le comprend maintenant. Le plus dur pour elle qui déteste les injustices, c'est de se dire que, aussi personnel que je fus durant cette opération pour retrouver Eva, je me suis mis en avant pour la protéger. Je lui aurais au moins prouvé qu'elle avait tort, mais à quel prix ??? De tous ceux-là, elle sait que c'est elle que j'ai choisi pour prendre la relève, et mener les élus à la victoire. Car, et c'est une chose encore plus bizarre dans ce moment de flottement, c'est elle qui sait ce que je ressens.

Le rêve se brise, et cet instant clôture le temps de l'insouciance et de l'invulnérabilité des Elus. Les réfugiés relâchent mes amis, Dante s'avance, je le reconnais au loin, lui et sa capuche, et il me lance un regard assuré. J'ai fait ce qu'il fallait pour les protéger, il fera ce qu'il faudra pour tenir sa promesse. Quant à Sento, ils honorent leur contrat eux aussi et déjà, la bataille est terminée, les blessés sont récupérés. Ils savent que s'ils ne font pas ce qu'ils ont promis, ils vont avoir à faire à une horde déchaînée de gens pour qui plus rien n'a d'importance, et cette fois-ci, les élus seront avec eux. Et la masse arrivera à surplomber les soldats, et même après de nombreux échecs, le Crépuscule tombera, et les Dieux même ne sauraient trouver les mots pour la furie qui rêgnerait après.
Je n'ai pas le sentiment du devoir accompli, même si de nombreuses personnes salueront mon courage, bla bla bla... L'échec est très dur et je ne fais que limiter la casse. J'ai toujours eu horreur des honneurs, et ce n'est pas maintenant que ça va commencer à me plaire. Je suis conduit à l'arrière d'un camion de transport, on ne m'enchaîne même pas. Le Crépuscule trône tel un trophée sur le toit du camion, je suis sans armes, et blessé. Ils savent pertinemment que toute tentative de fuite se solderait par ma mort. On peut dire tout ce qu'on veut, mais si ce jour reste dans les mémoires, ce sera une grande victoire pour Sento. Tout le monde part, tout le monde se met en branle, et tel un seul homme, les militaires quittent le champ de bataille, alors qu'au loin, les premiers rayons d'un soleil plus que pâle se lèvent et illuminent les tentes. Même lui est triste de ma capture. Je ne savais pas que j'avais des relations si haut placées...

Celà faisait maintenant plusieurs heures que nous roulions. J'avais laissé tomber tout espoir de fuite, d'évènement miraculeux. La dernière fois qu'un miracle s'était présenté à moi, c'était lorsque l'arrivée de Sento avait provoqué une panique suffisament importante pour me laisser les quelques secondes nécessaire à ma fuite. Mais au lieu de profiter de ce sursis pour nous faire tous partir, j'avais voulu jouer les altruistes et chercher Eva. J'en payais le prix maintenant. Alors à l'avenir, plus de miracles, merci...
Dans les petits interstices sous la bâche du camion, je voyais passer les lumières et les bâtiments... Lavandia, une petite pensée pour Ed, Pierre et les autres, et puis le bruit des vagues, l'odeur du sel... un pont entre Lavandia et la maison du maître des baies... fraîchement construit, si on en jugeait les bruits incessants de marteaux-piqueurs... et puis la pluie, et les cahots... direction Cimetronelle.
Nous avancions maintenant sous une pluie battante. Chaque caillou sur la route en terre faisait trembler les roues aux amortisseurs inexistants qui transmettaient le choc aux durs bancs de bois sur lesquels j'étais assis avec les soldats chargés de mon escorte.
J'avais une vague idée de ma destination. Dans le meilleur des cas, s'ils savaient qui j'étais, et quel rôle j'avais à jouer, je finirais dans une prison bardée de dispositifs Crépuscule avec l'impossibilité totale de m'enfuir, dans l'autre cas, je n'étais pour tous ces gens qu'un simple fauteur de trouble et je finirais exécuté d'ici peu sous cette pluie battante. Mais quelque soit mon avenir, je n'avais pas envie de montrer que je souffrais à aucun de ses imbéciles. Non pas pour jouer les durs, mais parce que je m'accrochais vainement aux derniers fragements de fierté qui restaient encore en moi et parce que je n'aurais jamais montré à l'ennemi un point faible qu'il pourrait exploiter.

Les bonnes vieilles habitudes du dresseur reprenaient finalement le dessus sur l'élu... Peut-être pas pour longtemps, mais j'avais déjà cette certitude en tête. Montrer à l'ennemi où frapper était la première erreur. La suivante était en général fatale, d'où l'intérêt de ne jamais commetre la première.
Mon bras m'élançait de plus en plus, et désormais, chaque mouvement de mon épaule ne pouvait se faire sans qu'une intense douleur n'irradie dans tout mon corps. Cependant, il y'avait au moins un aspect positif à cette immobilisation forcée, je sentais que le sang ne coulait plus. La cicatrisation commençait à opérer et me permit d'espérer. Aurore ne guérirait sans doute jamais cette plaie, il faudrait se contenter des moyens du bord. J'étais encore bien loin d'être au meilleur de ma forme, mais une once d'espoir traversait mon coeur, et les quelques miettes de fierté firent des petites, qui s'ajoutèrent à celles déjà présentes pour reformer le plastron de mon honneur pourtant bien tordu par la défaite.
Petit à petit, je redevenais moi-même. Je n'avais toujours aucun espoir pour plus tard, mais je redécouvrais petit à petit toutes les fonctions de mon cerveau que j'avais ignoré en m'adonnant à mes pouvoirs. Tactiques, feintes, stratégies de combat,... Certes, je n'avais pas mes pokémons avec moi, mais le fait que je puisse retrouver, au milieu du bazar qui régnait dans mes neurones, un semblant d'organisation état un bon présage. Si j'arrivais à monopoliser ce qu'il fallait au bon moment, peut-être que je resterais en vie jusqu'à cette fameuse bataille finale. Finalement la seule limite que nous avions en tant qu'élus, c'était celle que nous nous imposions. Je réfléchissais à nouveau tel un vrai dresseur, pas comme un super héros qui doit sauver le monde. Tout celà me semblait tellement absurde, tel un mauvais rêve qui se finissait tragiquement...

Je gardais espoir, détrompez-vous, mais je gardais uniquement l'espoir de rester en vie. Tout le reste était une page tournée. Certainement, mes amis s'en sortiraient, j'avais confiance en Aurore pour ça. Au besoin, il y'avait encore des renforts à Sinnoh... Mais il faudrait certainement plusieurs mois pour les faire parvenir jusqu'ici...
Ah, Sinnoh. Je comprenais maintenant ce que nous disaient les grands voyageurs comme Kimera, la championne d'arène d'Unionpolis... Elle avit parcouru des dizaines de fois les îles de Kanto, Johto et Hoenn avant que tout ne change, mais elle ne se sentait jamais aussi bien que chez elle. Et aussi beaux furent les paysages qu'elle découvrait, aussi amicaux étaient les gens qu'elle rencontrait, elle avait toujours au fond du coeur un pincement pour la terre qui l'avait vu naître. Alors que l'ivresse des combats et des victoires glorieuses se dissipait, je ressentais finalement ce mal-être, cette sensation si dérangeante et à la fois tellement pleine de bons souvenirs...
Mais déjà, le camion quittait la route sous la pluie, pour entrer dans la jungle urbaine, le mot était bien adapté, de Cimetronelle. A peine le temps de sentir les odeurs des grands épicéas que nous étions déjà ressortis. Je n'avais jamais visité cette ville, mais je la croyais impraticable rien qu'à vélo, alors imaginez l'angoisse en camion. Pourtant, la traversée fut rapide et sans aucun arrêt. La folie guerrière de Sento n'avait semblait-il d'égale que son envie maladive de modernisation. Il était simple pour un Maître Pokémon de gérer l'île dont il était le gardien, grâce aux nombreux Champions d'arène qui étaient sous sa responsabilité et qui pouvaient agir vite et en s'adaptant à un territoire qu'ils parcouraient depuis leur plus tendre enfance, mais pour un dictateur qui voulait tout contrôler par lui-même, il était certain que tous les reliefs d'Hoenn devaient le rendre malade.

Tout le monde s'efforçait de vivre en fonction de la nature particulière de ces îles volcaniques, mais pour le Tyran, ca devait être la nature qui devait vivre en fonciton de ses ambitions. Pour lui, c'était un moyen de montrer qu'il était tout-puissant, pour ses "sujets" les habitants d'Hoenn, ce n'était qu'un affront de plus fait à leur civilisation ancestrale. Je songeais avec peine à tous ces gens, venus des quatre horizons, d'Hoenn, de Kanto ou de Johto, et dont les cultures étaient bafouées par un chef auto-proclamé, dont l'autorité ne dépendait que de son armée surpuissante... Encore une aberration de plus... comme on savait en faire souvent apparement ici.
"On peut savoir pourquoi tu souris ??? me demanda un des gardes, avec une haleine à faire pâlir n'importe qui.
-Je ne souris pas, répondis-je du tac au tac, je fais des grimaces à cause de la douleur... et peut-être aussi à cause de ton odeur..."
Le soldat leva la main, mais j'étais confiant. S'il me touchait, je saurais qu'on n'avait pas besoin de moi... Par contre si...
"Soldat, asseyez-vous, et toi, petit impertinent, tais-toi."
Par contre, si son supérieur lui ordonnait de ne rien faire, alors j'avais une chance d'être plus important pour eux...
"Toutes mes excuses, fis-je cependant, c'est que je n'ai pas l'habitude d'être fait prisonnier. Vous comprenez, ca me rend un peu nerveux...
-Tu feras moins le malin quand tu seras arrivé à...
-SOLDAT, SILENCE !!!"

D'un côté, les ordres du commandant me confortaient dans ma position, de l'autre, j'aurais bien aimé pour une fois que le soldat en dise juste un peu plus. Son supérieur ne l'avait pas tant incité à se taire parce qu'il me provoquait, mais plutôt parce qu'il allait révéler un détail sensible. Si j'arrivais à en savoir un tout petit peu plus, peut-être que je pourrais laisser un message... Peut-être...
"Où m'emmène t'on ??? demandais-je."
D'abord le silence. Personne ne me regardait, pas un soldat n'osait croiser mon regard.
"Suis-je donc aussi méprisable que ça pour qu'on ne m'adresse même pas la parole ???"
Finalement, le commandant daigna distiller un semblant d'informations à mon sujet.
"Tu sais, jeune homme, des gens comme toi qui se sacrifient pour la santé de leurs camarades, on en voit pas souvent par ici. La règle du chacun pour soi est de mise en général. Surtout quand on sait les punitions qui sont infligées aux rénégats. Les prisons de Sento ne sont pas des maisons de repos, tu sais ??? Au mieux, si tu ne sais rien, on te laisse croupir au fond d'un trou avec un peu de pain rassis... Mais si tu es quelqu'un d'important, alors tu peux t'attendre à de belles scéances de torture pour te faire parler...
-Au sujet de ce "sacrifice" comme vous dites, c'est ce que n'importe quelle personne sensée aurait fait. Si vous aviez attaqué malgré ma dénonciation, vous n'auriez été qu'un boucher sanguinaire parmi tant d'autres. Je savais donc qu'en faisant ça, je laissais la vie sauve à pas mal de personnes... Un homme en prison plutôt que toute une population de plusieurs centaines de personnes mortes... Le calcul est très vite fait..."

Le commandant se cala contre la carrosserie du camion, et prit un air dédaigneux particulièrement énervant...
"Tu sais, jeune homme, la guerre, ce n'est pas que du calcul...
-Non ??? Vous rajouteriez quoi en plus comme donnée ??? L'affectif ??? Il me semble que ce n'est pas votre fort à Sento..."
A ces mots, les soldats se tinrent prèts à me frapper si l'ordre leur en était donné, mais le commandant éclata au contraire de rire.
"Et téméraire en plus... Tu gravirais vite les échelons si tu venais de notre côté... Laissez soldats, ce garçon n'insulte personne, il ne fait que dire la vérité qui dérange après tout... Il fera moins le malin une fois arrivé à la base Fondm..."
Ah ??? On avait fait un pas de plus, base Fond de ??? Manifestement, je n'en saurai pas plus... Autant changer de sujet... On reviendrait plus tard aux sujets sensibles... Le commandant se lança dans un long monologue sur sa vision de la guerre...
"Avant de devenir soldat, j'avais des activités un petit peu délictueuses, si tu vois ce que je ve dire. C'est dur de vivre ici. La vie est compliquée... J'ai tué des gens, fait entrer des clandestins, vendu des gens aussi. "Peut-être qu'ici, les choses seront différentes" m'étais-je dit en rentrant dans l'armée. Et tu vois le résultat, fit-il en montrant ses soldats... Je fais la même chose, sauf que j'ai des hommes sous mes ordres, et que je monte en grade si je le fais bien..."

Les soldats éclatèrent de rire alors que nous arrivions à Nénucrique. Le commandant reprit la parole.
"C'est ici que nos chemins vont se séparer, jeune homme. Tu auras été fort divertissant, mais j'ai des ordres..."
Le camion se garait dans un entrepôt sombre. Il était temps de poser la question sensible...
"Où m'emmène t'on ??? demandais-je de but en blanc.
-Si je te disais la Base Fondmer, ca ne te dirait rien, et de toute façon, je te laisserai découvrir ça par toi-même. C'est assez particulier paraît-il. Mais tu es quelqu'un de très particulier, si j'ai bien compris mes ordres... Ca sera une bonne demeure pour les quelques... prochaines années dirons-nous..."
Le camion s'arrêta brusquement. Tous les soldats descendirent et le commandant resta en arrière, pour me sussurer à l'oreille.
"Profite bien de ton séjour, jeune homme.... ah, et ça c'est parce que comme tu l'as si bien dit, je n'ai aucun affectif...."
"Ca" voulait dire un bon coup de poing sur l'épaule blessée qui se remit à saigner. Je retins un cri.
"Allons, ne dis rien, un seul mot et mes soldats pourraient croire que tu tentes une évasion, ils seraient bien obligés de te tuer... Crois bien que ca me désolerait. Allez, bon voyage..."

[A SUIVRE]

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
27 février 2008 à 22:58:55

[Chapitre 43] Bleu enfer:

Au fond du camion, l'atmosphère était devenue lourde. Etait-ce dû au sang qui me montait aux joues ou à celui qui recommençait à couler de mon épaule ??? Toujours était-il que la douleur me submergea et des larmes discrètes allèrent mouiller le plancher du camion. Le commandant s'était éloigné. Ce fut sa première erreur. Une fois que le gros de la souffrance fut passé et que je pus ouvrir les yeux sans qu'ils soient embués de larmes, je décidais de me ressaisir. Avisant un morceau de tôle qui s'était légèrement dessoudé du reste de la carrosserie, je finis de le décoller. Dans ma main, il faisait une dizaine de centimètres et malgré sa très fine épaisseur, il semblait assez affûté pour blesser quelqu'un si je m'en servais bien. Mais ce n'était pas ma première intention.
Je saisis le morceau triangulaire de manière à avoir la pointe la plus aigüe au niveau de mon index. Une fois cette position assurée, je songeais à ce que le commandant m'avait dit.
"Si je te disais la Base Fondmer, ca ne te dirait rien."
A moi non, mais à la Nouvelle Armée, peut-être bien que oui. Si jamais ils tombaient sur ce camion, s'il y'avait ne serait-ce qu'une infime chance pour qu'ils tombent sur ce camion, qui semblait voué au transport de prisonniers et de soldats, au vu des chaînes qui traînaient au dessus de ma tête mais qu'on m'avait épargné durant le trajet, alors ils sauraient ce qui s'est passé ici.

Sur un coin du banc, qui n'était pas visible au premier abord mais qui était facile à trouver si on cherchait un peu, je gravais "Base Fondmer". Pour que la Nouvelle Armée sache que ce message était adressé à eux, je réfléchissais un instant, puis gravais en dessous: "A ceux qui portent le souvenir de Glacia".
Assez évident pour ceux qui comprenaient la référence, très peu pour les éventuels fouineurs qui viendraient y chercher des informations sur mes alliés.
Une fois ceci fait, je cachais la lame de tôle dans une poche de mon sac. Mais en me retournant, je me rappelais que je l'avais laissé avec mes balls et le DS sur le champ de bataille. Aussi, je cachais la lame dans ma poche arrière. Maintenant, j'avais tout le temps de contempler les lieux autour de moi. Discrètement, je me rapprochais du bord du camion. On m'avait laissé sans surveillance, mais il y'avait de grandes chances pour que je fus au milieu d'un complexe militaire. Cependant, rien ni personne ne semblait veiller à l'extérieur. Mon esprit me cria immédiatement "Tires-toi, il te faudra à peine une cinquantaine de mètres pour être à l'abri de l'influence du Crépuscule." tandis qu'une autre partie tambourinait l'alarme en disant "Imbécile, c'est un piège, tu as frustré notre gentil commandant-psychopathe et il n'attend que ta tentative pour t'exécuter !!!"
Alors, courir ou ne pas courir ??? Risquer sa vie maintenant, ou espérer s'en tirer plus facilement une fois arrivé ??? Alors que je repensais aux autres élus qui étaient sans doute prisonniers là bas, tout au moins une partie, ma décision fut prise. L'altruisme ne me réussissait pas bien, mais plusieurs cerveaux réfléchiraient mieux qu'un seul. Quelques en soient les risques, je partais !!!

Heureusement pour moi, j'avais pris la bonne décision. Une poignée de secondes plus tard, deux soldats vinrent me réceptionner à la sortie du camion. Ils voulaient me tenir fermement de chaque côté, mais au vu de ma blessure, ils préférèrent opter pour une surveillance unilatérale tandis que l'autre resterait en retrait, le fusil à la main. Je devais être sacrément important pour qu'on ait tant d'égards envers moi.
Lorsque je posais le pied sur le sol, j'eus un moment de faiblesse, mon regard se troubla. J'avais du perdre une certaine quantité de sang et mon corps en souffrait. Mais j'avais encore assez d'énergie pour marcher si on ne me pressait pas trop. Nous contournâmes le camion, et je vis alors la silouhette massive d'un bateau militaire qui nous surplombait. Armé de plusieurs canons et de mitraillettes, il semblait évident qu'il pouvait contenir une centaine de membres d'équipage et presque deux fois plus de passagers, tout en gardant une place importante pour les armes et le reste.
On me poussa d'ailleurs à monter dans ce navire, et on me dirigea à travers de nombreuses coursives avant de me coller dans une salle avec pour tout mobilier une table et une chaise et même pas un hublot pour voir (ou s'enfuir) à l'extérieur. La pièce était uniquement éclairée par une ampoule qui donnait d'ailleurs de sérieux signes de fatigue. J'attendis ici une bonne demi-heure, et j'eus tout le temps de bien inspecter la pièce. Non pas pour m'enfuir, mais si l'occasion se présentait, une fois arrivé à cette fameuse base Fondmer, de faire un peu de raffut, celà pourrait toujours être utile pour libérer des élus et faire un peu de ménage. Je n'y croyais personnellement pas tant que ça, mais toute occasion était bonne à prendre.

La pièce était très basique, un gros pavé rectangulaire, des gros boulons de partout pour maintenir les plaques de ferraille les unes avec les autres. Une table, un chaise, une ampoule. Ca y'est, on avait fait le tour. La lourde porte était fermée de l'extérieur, et en bonne porte étanche, on ne devinait rien de ce qui pouvait se passer de l'autre côté. J'aurais pu me noyer s'il y'avait eu un défaut dans la coque que ça n'aurait alerté personne. A un moment, je me demandais même si ce n'était pas ça que les soldats voulaient en m'amenant ici. Je ne connaissais pas l'anatomie du bateau par coeur, mais vu le nombre d'escaliers descendus, j'étais nettement en dessous du niveau de la mer...
Après cette attente, donc, la porte s'ouvrit finalement dans un crissement de rouille. A ma grande surprise, ce fut une jeune femme qui traversa l'encadrure. Elle tranchait radicalement avec l'ambiance militaire que j'avais vu jusque là.
"Vous voulez bien me suivre ??? me demanda t'elle"
C'était tout ??? Pas de "Venez ici !!!","Allez, dépéchez vous !!!", "On vous attend!!!" et autres délicatesses militaires, aussi gentilles à entendre que "Au pied fifi !!!" ???
"Et si je ne veux pas ??? demandais-je
-C'est dans votre intérêt, mais si vous ne voulez vraiment pas, je m'en vais...
-Attendez, je ne voulais pas dire ça, désolé... Ma blessure me rend un peu nerveux... La douleur, vous comprenez ???
-Je suis là pour ça, figurez-vous. Vous me suivez alors ???"
Acquiesçant d'un signe de tête, je me relevais du coin de la pièce où je m'étais calé avec son aide, et je la suivis comme elle me le demandait.

Dans le couloir, la surprise fut encore plus grande de ne trouver aucun militaire qui escortait la jeune femme. Alors que nous parcourions les coursives, je lui demandais:
"Vous n'avez pas peur que je vous tue, ou que je me serves de vous comme otage ??? demandais-je un peu directement.
-On a toujours cette peur, mais vous savez, je ne fais que vous faire du chantage, pas de confiance de votre part, pas de soins...
-Logique, mais bon, ca change de la menace avec armes..
-Détrompez-vous, je sais aussi manier le pistolet si le besoin s'en fait sentir. Vous avez été touché il y'a combien de temps ???
-Je ne sais pas l'heure exacte, mais c'était un peu avant le lever du soleil... Du moins, si la journée d'aujourd'hui n'est pas terminée, j'ai l'impression d'avoir passé des siècles dans ce camion."
La jeune femme eut un petit rire, ce qui m'étonna encore plus.
"Oh, vous savez, vous auriez fait le trajet en carrosse, ça vous aurait paru trop court... Mais bon, je pense que ça date quand même d'aujourd'hui vu votre état de cicatrisation... Vu l'heure que vous m'avez donné, il ne devrait y avoir aucun problème...
-Pour quoi faire ???"
Pour toute réponse, elle s'arrêta, ouvrit une porte, et m'invita à entrer.
"Voyez-ça par vous même, nous sommes arrivés."

J'hésitais un instant, et si c'était un piège ??? Si on me faisait rentrer dans une salle de torture en me convaincant avec une jolie fille ???
"Allez, n'ayez pas peur, je passe devant si vous voulez... Je suis infirmière à bord depuis presque six mois, et je peux vous assurer que je n'ai jamais tué personne."
Ainsi, ce devait être la salle de soins. Je la suivis finalement pour découvrir que c'était bien plus que ça. Un véritable bloc opératoire trônait dans une moitié de la pièce, et un chirurgien, tout du moins un homme en blouse qui ressemblait à un chirurgien semblait avoir fini une intervention. Il se lavait les mains dans le fond de la salle.
"Vous avez opéré quelqu'un ???
-Non, mais ca ne saurait tarder, fit l'infirmière. Enlevez votre maillot. Je vais désinfecter la plaie."
Je m'exécutais alors que le docteur dans le fond de la pièce semblait se préparer pour quelque chose. Le douloureux picotement du désinfectant me rappella soudain à mon corps.
"Et bien, quel tir propre... Vous avez de la chance, fit la femme dans mon dos. Il y'en a qui font plus de dégâts que ça... Ca sera facile à enlever...
-Enlever la balle ??? Mais vous allez faire ça comment ???"
Derrière le billard, le docteur me lança:
"Je pensais faire ça avec les scalpels que je suis en train d'arranger, mais si vous voulez, je peux essayer de faire levier avec un pied de biche... mais je ne garantis rien.
-Ce sera douloureux, demandais-je.
-Ah, les miracles de l'anesthésie générale vont éluder cette question épineuse."

Je me relevais d'un bond de la table d'examen.
"Quoi ??? Vous allez m'endormir ??? Pas question !!!"
L'infirmière me rappela à l'ordre.
"Attendez, je n'ai pas fini de nettoyer la plaie...
-Pas question qu'on m'endorme... fis-je effaré.
-Dans ce cas, pas question qu'on vous opère, fit l'homme derrière son masque de chirurgien. La douleur serait insoutenable, et l'anesthésie locale ne sera pas très appropriée.
-Mais, je ne...
-Ecoutez, fit calmement l'homme, je sais qu'à Sento, les docteurs ont la réputation de faire des expériences douteuses sur des cobayes comme vous, mais si ca peut vous rassurer, je ne suis ni Sentonien, ni psychopathe.
-Qu'est ce que vous faites là alors ???
-Doc et moi avons été faits prisonniers durant un raid dans un camp de rebelles, m'expliqua la jeune femme. On avait le choix entre finir nos jours en prison et travailler ensemble pour Sento. On ne nous a rien imposé, pas de matériel, pas de "surveillants" pendant qu'on intervenait, on était tout de même relativement libres, alors nous avons accepté de sauver des vies, même si c'était celles de ceux qui avaient tué tous les hommes que nous soignions sans état d'âme."
Je comprenais enfin le ton si particulier que notre conversation avait. Eux mêmes étaient des prisonniers un peu particuliers.

"Mais docteur,...
-Appelez moi doc, comme tout le monde...
-Et moi, c'est Tia, au fait, fit remarquer l'infirmière.
-Bref, reprit le doc, si nous n'intervenons pas maintenant, vous ne pourrez pas vous faire opérer là où nous allons. Ils n'ont pas le matériel pour extraire la balle et votre bras ne tiendra pas. On peut le soigner maintenant et vous pourrez vous resservir de tous vos doigts d'ici une semaine si tout va bien..."
Pendant un moment, j'eus une hésitation. Je voyais décidément le mal partout... Après m'être raisonné, j'acceptais finalement.
"Ah, voilà un jeune homme raisonnable, monsieur ??? demanda doc
-Lilian... pour vous servir...
-Et poli en plus, rajouta Tia... Que demander de plus ???
-Je crois que c'est déjà pas mal, reprit l'homme en se dirigeant vers la table d'opération. Va te changer Lilian, il y'a un vestiaire avec une chemise d'hôpital.
-Et mes habits ???
-Tu les retrouveras à ton réveil, ne t'inquiète pas. Un bon coup de lessive et ce sera bon."
Mince, je pouvais laisser tomber mon plan avec le bout de tôle.

Quitte à tout perdre, autant garder leur confiance.
"Dans ce cas, je peux laisser tomber tout ce que je comptais faire avec ça, je suppose, dis-je en laissant tomber mon poignard improvisé.
-Ah, c'est vrai que c'était bien tenté. Je me demande même comment tu as fait pour garder ça sur toi tout ce temps sans que personne ne le trouve...
-Je l'ai trouvé en chemin... Mais je...
-Tutututu, pas un mot de plus, m'imposa doc. Je ne veux rien savoir, je suis chirurgien, pas témoin de quoi que soit. On oubliera très vite ce bout de tôle, une fois qu'il sera parti à la poubelle. Va te changer et reviens laisser Tia s'occuper des derniers préparatifs."
J'obéissais sagement aux ordres, quittant mes vêtements pleins de sang pour endosser une chemise d'hôpital pleine de trous. Je ressortis de la cabine.
"Désolé pour les trous, mais on n'en a que deux qui tournent, fit Tia. Et l'autre est pire..."
Durant les derniers préparatifs, j'appris que Tia et doc étaient tous deux de Sinnoh, mais avaient quitté très vite le pays quand on avait demandé des volontaires pour soigner des blessés. Après avoir croisé un rebelle de ce qu'on appellerait aujourd'hui la Nouvelle-Armée, ils s'étaient retrouvés à lutter indirectement cotre Sento en soignant ses opposants et avaient fini ici après les raids sur leur camp.
"Allez, maintenant, c'est l'heure de dormir, m'expliqua Doc. Quand tu te réveilleras, on ne sera plus là alors bonne chance et porte-toi bien. Tu es quelqu'un qui ira loin..."
Je m'allongeais sur le billard. Tia fit les derniers préparatifs et posa finalement le masque sur mon visage... Elle me fit un dernier signe d'adieu de la main... Et tout se brouilla très vite, je plongeais finalement dans un sommeil profond en quelques secondes...

imhotep43
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Niveau 10
01 mars 2008 à 19:42:04

[Chapitre 44] Dans les premiers couloirs:

Un oeil daigne s'ouvrir... Pas l'autre... J'ai à peine le temps de voir un masque et deux yeux au dessus. Cette personne me dit vaguement quelque chose... Puis plus rien...
Cette fois-ci, les deux yeux s'ouvrent, ils veulent même tourner un peu dans leurs orbites, la salle dans laquelle je suis est vide. La salle d'opération... Ca me revient un peu... Mais les dernières gouttes de l'anesthésique ne veulent pas me laisser tomme ça. Je resombre dans une douce tiédeur.
Des chocs, des coups, ca bouge autour de moi. Sous l'effet de ces sollicitations, j'ouvre un oeil, pour le refermer aussitôt, un grand soleil brille, mais sa lumière est bien trop forte pour mes yeux fatigués... J'ai entraperçu deux mains derrière ma tête. Je suis sans doute sur un brancard, mais je n'en saurai pas plus...
L'endroit est froid, mes pieds sont découverts, et c'est cette sensation qui me maintient finalement éveillé. Mes yeux s'ouvrent avec peine une fois, puis une deuxième moins douloureusement. Je suis dans une pièce inconnue. A l'angle d'un mur, une caméra. Manifestement, le peu de neurones qui me reste fonctionne toujours, mais le démarrage est un peu lent... Je me rappelle du bateau, de la cellule... et mon bras ???
Un coup d'oeil à mon épaule m'apprend que tout semble aller pour le mieux. Le bandage est propre, j'ai l'étrange sensation que tout celà n'était finalement qu'un mauvais rêve. Les réfugiés, Sento, le bateau, le médecin et l'infirmière... Tout celà semble si loin. Seule la caméra me rappelle où je suis... Et que tout celà n'était pas un cauchemar... Hélas...

Une fois sûr que les dernières molécules d'anesthésique présentes dans mon corps ne me causeraient plus de problème, je tentais de me lever, avec succès... Juste en dessous de la caméra, je vis une pile de vêtements, mes vêtements. Comprenant que celle-ci avait un angle mort conçu précisément pour que je puisse me changer sans avoir à montrer toute mon anatomie à ceux qui surveillaient derrière leurs écrans de contrôle, je me dirigeais vers le tas d'habits.
Après fortes contorsions, notamment au moment où je dus passer mon maillot, je réussis finalement à me vêtir convenablement. Mon bandage ne se voyait presque pas et je n'avais presque aucune sensation de douleur. Je soupçonnais le docteur d'avoir usé d'une méthode un peu particulière pour m'assurer un rétablissement aussi prompt. Mais quelque soit mon état, je suivrais ses recommandations. Une semaine sans trop bouger le bras et ce serait fini.
Instinctivement, je voulus vérifier si un dispositif Crépuscule se trouvait dans les environs. Rien ne semblait y ressembler dans la pièce, mais il me fut impossible de faire quoi que ce soit d'exceptionnel. Celà confirmait que j'étais bien là où je croyais être... Dans les premiers couloirs de l'endroit où je resterais un bon moment... Là où tous les élus connus croupissaient depuis un certain temps déjà.

Vu le froid qui régnait dans cette pièce, je mis ma main dans ma poche pour la réchauffer. Quelle ne fut pas ma surprise en trouvant un petit papier chiffonné au fond... Restant à l'abri du champ de vision de la caméra, je le dépliais de ma main valide. C'était un message qu'on avait laissé à mon attention.
"Bonjour Lilian, j'espère que tu te rétablis bien. Modère tes mouvements pendant les prochains jours, et tout ira bien. Il ne devrait y avoir aucun problème avec la plaie, Tia et moi avons usé d'une méthode un peu particulière pour ton bras. Une fois la balle extraite, nous avons pulvérisé de la super potion sur ton bras. Pour ce genre de blessures, c'est relativement semblable à ce qu'ont les pokémons en combat, et cette méthode a déjà fait ses preuves pour améliorer l'état jugé très grave de certains soldats. Mais chez toi,... Wouah, je dois reconnaître que j'en suis tellement fier. Ton bras a cicatrisé sur le coup... En cinq secondes, le trou béant n'était plus d'une petite égratignure..."
Je pris un moment pour jeter un coup d'oeil à mon bras... Tu m'étonnes que ca a marché, pensais-je. Vu toutes les mutations que j'ai dans mon ADN, je suis presque autant pokémon que tous ceux qui peuplent cette île...
Une fois cette constatation effectuée, je me remis à la lecture.
"Comme tu le remarqueras certainement, tu sens toujours une douleur dans l'épaule." Effectivement, je ne pouvais nier que j'avais une certaine gêne... "C'est tout à fait normal, vu qu'on a camouflé entre deux couches de bandages le petit bout de métal que tu nous avais confié... On a passé les détecteurs de métaux en disant que c'était une plaque de métal qui maintenait ton épaule en place... Ne nous remercie pas, et fais autant de dégâts que tu peux avec. J'ai souvent fait le trajet sur ce bateau, et les scientifiques sont réputés pour être sans déontologie là où tu es... Ca te fera un joker de plus. Bien évidemment, je compte sur toi pour faire disparaître ce petit papier au plus vite."

C'était signé Doc et Tia... Ils soignaient les soldats plus à contre-coeur qu'autre chose et avaient vu en moi l'éxécutant de leur vengeance... C'était logique, et pourtant tellement risqué de leur part... Ils auraient pu jeter ce morceau de tôle dans une poubelle et ne rien tenter pour moi, mais ils s'étaient mis en avant pour m'assurer un atout... Je me promettais de tout faire pour les tirer de leur condition dès que nous serions sortis d'ici...
La porte s'ouvrit soudainement. Je fourrais le papier dans ma poche avant de me retrouver nez à nez avec deux hommes en blouse blanche.
"Et bien, on dirait que notre nouveau cobaye est réveillé. Comment t'appelles-tu ???"
Un ton froid et sans émotions, ces deux hommes étaient de véritables armoires à glace. Il se ressemblaient étrangement, mais l'un d'eux, celui qui n'avait encore rien dit avait l'air euphorique, et en même temps un peu troublé...
"Lilian, fis-je sans conviction...
-C'est joli, Lilian, oh, oui, c'est très joli... fit le deuxième homme."
Je soupçonnais de savoir la raison de cette étrange gaieté sur le visage de cet homme. Il devait lui manquer quelques cases (si ce n'est plus).
"Je m'appelle Igor, et voici Tito... Comme tu le devineras, il est un peu "spécial"... Quelques finitions à revoir...
-Pauvre Tito, Tito n'a pas tout ce qu'il faut a dit le maître..."
Voilà où j'en étais, au fin fond de nulle part, à peine habillé et déjà entouré de deux masses sans cervelle... Mais où étais-je tombé ???

Je décidais de poser directement la question. On ne savait jamais, peut-être que le dégénéré saurait me renseigner sans s'en rendre compte...
"On est où là ???"
Igor se renfrogna et Tito sursauta:
"Il ne faut pas poser les mauvaises questions !!! fit-il presque en criant. Ca rend Igor méchant..."
Sans attendre de réponse, je me laissais finalement guider par mon escorte semi-débile et à moitié psychopathe... Dans d'autres contextes, j'en aurai presque ri, mais là... Lorsque le dénommé Igor me montra la porte sans un mot, je savais que ce n'était pas nécessaire d'en dire plus.
Dans les couloirs, un blanc étincelant régnait. Sous des néons lumineux, la couleur "hôpital psychiatrique" ainsi que les blouses de mes deux gardes me laissaient supposer que nous étions dans un environnement coupé du monde et de ses bactéries, du genre lieu d'internement ou, ce que je craignais plus, laboratoire...
Autour de moi, la couleur blanche n'était jamais entâchée par un quelconque objet d'une autre couleur, pas une poignée de porte, pas une plinthe, et, ce qui n'étonna plus, pas un seul dispositif Crépuscule. Je voulais bien admettre que je n'ai pour le moment connu que des boitiers noirs, mais même en blanc, rien de ce que je voyais autour de moi n'y ressemblait. Je savais par expérience que les particules que ces dispositifs émettaient pouvaient traverser les murs fins, mais enfin, dans une prison pour Elus, les murs ne devaient pas faire que quelques millimètres...
Après la traversée de ce long couloir, j'arrivais enfin à l'endroit qui semblait être le coeur des opérations...

Je fus tout d'abord estomaqué par la beauté de ce lieu. Tranchant radicalement avec le côté froid des couloirs blancs, cett pièce était bleutée avec des reflets magnifiques. J'en compris l'origine lorsque je vis le dôme de verre qui recouvrait le sommet de cette pièce sphérique. Le soleil traversait l'onde bleue et teintait les murs, déja peints, des couleurs de la mer. Lorsque je reformulais cette phrase dans ma tête, un détail me frappa d'un coup. Nous étions sous l'eau... La base était sous-marine.
La pièce semblait immense, mais en fait c'était un ensemble de petites pièces qui n'avaient pas de toit, le tout autour d'un grand tube qui semblait faire office de pilier central. Etait-il creux et vide ou bien au contraire était-il plein de matériel vital ??? Etait-ce un simple pilier de soutènement ou bien se cachait-il les choses les plus secrètes à l'intérieur ??? Le fait qu'on ne puisse pas le voir de l'extérieur confirma la deuxième hypothèse, car tout ici semblait avoir été conçu de manière à pouvoir être surveillé depuis un poste unique, que je voyais maintenant, légèrement en avant de la structure sphérique. Dans une des excroissances de la sphère, juste en face de ce nid d'aigle, on voyait de nombreux compartiments grillagés... Pas de doute, c'était les cellules des Elus.
Dans la structure, tout semblait être fait pour pouvoir vivre en autharsie. Alors que je descendais petit à petit vers ce que je considérai comme une cellule, ce qui était logique si j'avais raison, j'aperçus en vrac un self, de nombreuses salles de travail, une infirmerie, un laboratoire... Tout était prévu pour que cette base sous-marine soit indépendante...

Au moment où j'allais enfin visiter le lieu qui allait me servir de chambre pour un bon bout de temps, un autre homme en blouse, plus svelte et plus important semblait-il que le duo de muscles que j'avais derrière moi interpella justement mes catcheurs préférés.
"Igor, Tito, par ici, changement de programme...
-Un problème docteur ???
-Non, pas de problème, Tito a fait son boulot comme il faut !!! Le docteur a une idée, fit le colosse au cerveau ravagé.
-C'est bien Tito, tu comprends vite, ca m'étonne d'ailleurs de toi, fit l'interessé. Effectivement, vous me le mettrez dans la cellule 5 au lieu de la 9.
-Mais il y'avait déjà quelqu'un dans la 9, et le maître a dit qu'on ne devait pas mettre deux gens dans la même cellule si c'était possible.
-Je sais Tito, mais celui-là est particulier, il a un traitement de faveur. C'est le maître lui-même qui l'a décidé.
-Tu as de la chance, toi, tu auras un copain avec qui discuter, me glissa le géant dans le creux de l'oreille, manquant de me broyer l'épaule qui n'était pas bandée..."
Le docteur partit comme il était venu, sans donner son nom ni rien de plus, juste cette consigne... et les deux gorilles s'exécutèrent, me jetant dans la cellule 5. Les barreaux que j'avais vus étaient purement décoratifs vu que la porte et les murs sur lesquels ils étaient posés étaient pleins... Je lançais un regard désespéré à mon escorte, mais ils ne remarquèrent rien. Face à la porte, je n'obtins rien d'eux.
A peine fut-elle refermée que derrière moi, une voix se fit entendre.
"Alors toi aussi, ils t'ont eu..."

imhotep43
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Niveau 10
01 mars 2008 à 23:01:08

Pour les amateurs de fan-arts, voilà le croquis que j'avais fait avant d'écrire le chapitre sur la base... Ce lieu risque de revenir souvent alors je vous le présente. Autour du pilier central, les 6 "faces", chacune couvrant un domaine différent de besoins. Le reste, je vous laisse situer à partir de mon texte...

http://img90.imageshack.uk.us/img90/5431/croquiszy0.jpg

imhotep43
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Niveau 10
02 mars 2008 à 16:00:57

[Chapitre 45] Sous les flots:

Avant de me retourner, je savais que j'allais tomber sur un visage familier. J'avais au moins entendu cette voix une fois dans ma vie. Mais lorsque j'ai finalement fait face à mon destinataire, un grand doute m'avait rempli. Je ne voyais pas du tout qui celà pouvait être...
"Allons, tu ne me reconnais pas ???
-Je suis désolé, mais avec tous les récents évènements, ta tête ne me dit rien...
-Allons, c'est moi,... Al !!! Tu sais, l'incendie de Bonville, l'élu du vol ???"
Bien sûr que je me rapellais du moment où Bonville avait failli brûler d'un coup... Mais Al ??? Le Al que j'avais quitté était souriant, avec un bras dans le plâtre certes, mais il était en bonne santé. J'avais face à moi un individu qui semblait dix ans plus vieux, avec une barbe qui n'avait pas souvent été rasée et des marques bleues sur tout le visage.
"Bon sang, Al, qu'est ce qui c'est passé ???
-Ah, ca y'est, ca a tilté... Je suis arrivé hier soir, je croyais être le seul, mais je vois que toi aussi ils t'ont eu...
-On est pas que tous les deux... Ils ont attrapé plus de la moitié des Elus. Tu ne les a pas vu ???
-Ecoute, je suis à peine sorti deux fois depuis que je suis là. Une fois ce matin pour prendre un cachet, et une fois juste après mon arrivée pour qu'ils me fassent des tests... Tu vas y avoir droit toi aussi, je pense..."

Al semblait littéralement métamorphosé. Il semblait survolté, apeuré, comme s'il craignait pour sa vie.
"Ne te fais pas de souci, on sortira vite...
-Tu as déjà un plan ??? Dis vite !!!
-Holà, du calme. On n'est pas sûr que la pièce ne soit pas infestée de micros. Et non, je n'ai pas encore de plan. Au premier abord, cette prison est une véritable forteresse.
-Si tu savais comme j'en ai bavé...
-Je vois ça... On te donnerait presque trente ans. Tu as fait quoi durant ces mois où on ne s'est pas vu ???
-Ne m'en parle pas. A peine vous êtes partis de Bonville que ça a commencé. Des gars sont venus me voir en me disant qu'ils avaient une offre à me faire. Tu penses que j'ai tout de suite flairé le piège. J'ai filé au plus vite, mais ils m'ont pisté pendant des mois. Je ne vivais plus... je fuyais. J'ai essayé de te contacter, mais à Feli-Cité, rien... J'ai appris après que vous aviez subi une attaque...
-A ce moment, on devait déjà être sur les flots... Désolé. Il nous restait peu de forces et j'ai préféré fuir directement à Hoenn.
-Ne te fais pas de soucis... J'ai donc fui pendant deux longs mois, mais ils m'ont finalement retrouvé... Et tu connais la suite. Et toi ???"
Après ce long monologue, je ne savais pas quoi dire... Lui raconter la vérité était un bon début, mais avec tous les micros qui pouvaient traîner... Je pouvais cependant lui révéler les détails qui n'étaient pas sensibles...

Après lui avoir fait part de notre "escapade", qu'Al écouta avec attention, j'eus un petit moment pour découvrir la cellule. Elle était somme toute assez spacieuse, avec un lit superposé. Dans un coin, derrière un semblant de paravent, le coin toilette était sommaire mais existant. Ce n'était pas le Ritz mais on ne voulait manifestement pas qu'on meure dans nos cellules... Al s'était installé dans le lit du bas, je n'avais aucune objection pour prendre le lit du haut... Il faudrait bien apprendre à cohabiter si l'on voulait s'en sortir ensemble.
Mais je n'eus pas le temps de laisser passer ces considérations dans mon esprit que la porte de la cellule s'ouvrit à nouveau dans un bourdonnement de serrure électrique. Quelqu'un entra, c'était Igor. Il passa l'encadrure et demanda à ce que je le suive. Sans doute pour les tests dont parlait Al. On allait très bientôt le savoir.
Dans la grande salle, les murs atteignaient les trois mètres de haut de telle sorte que seul quelqu'un situé en hauteur pouvait vraiment voir ce qui s'y passait. De là où j'étais, je ne voyais qu'un long couloir qui s'incurvait des deux côtés, faisant manifestement le tour de la base. Au centre, le mystérieux pilier suscitait autant de curiosité de ma part que la dernière fois. Je ne pouvais décidément pas l'ignorer. Pourquoi faire une salle aussi gigantesque si ce n'était pas pour que les cloisons de chaque zone montent jusqu'au sommet ??? Le poste d'observation me narguait du haut de sa dizaine de mètres, mais il aurait pu se situer cinq mètres plus bas que ca ne l'aurait pas empéché de voir tout ce qui se passait. Décidément, si j'arrivais à faire quelque chose ici, alors je devais aller fouiller par là-bas.

Mais pour l'heure, le gorille me dirigea vers une salle bien plus terre à terre. Je ne mis pas longtemps à savoir où j'allais car il ouvrit une porte sur ma gauche et me poussa à entrer, passant derrière moi et verrouillant soigneusement la porte. Le même médecin que j'avais vu tout à l'heure me fit signe de le rejoindre. Avec une certaine appréhension, je le rejoignis alors qu'il sortait une aiguille d'une armoire.
"Assis-toi sur la table...
-Et vous-êtes ???
-Quelqu'un que tu n'as pas besoin de connaître.
-Si, j'aime bien connaîter les gens qui vont m'enfoncer quelque chose dans le corps."
Je ne vis pas arriver la chose qui me frappa le crâne mais je la sentis. Je tombais à la renverse sous le coup et en tenant de me relever de mon bras valide, je vis le docteur, un grand sourire aux lèvres, me dire:
"J'en ai maté des bien plus forts que toi alors ne joues pas au héros et donne ton bras."
J'aurais bien aimé lui renvoyer une pique, mais je tenais trop à finir la journée entier. Lorsque je vis que la masse d'Igor se tenait juste derrière moi, j'eus un frisson. Un homme de cette corpulence si silencieux ???
Je repensais à ma lame improvisée, cachée sous mon bandage... Je l'avais légèrement décalée pour qu'elle ne me gène pas, mais si je venais à prendre une autre rouste comme celle-ci, elle ne tarderait pas à tomber pour de bon. En silence, je m'asseyais donc sur la table, me jurant que tôt ou tard, je finirais par l'avoir...

Après avoir ôté mon maillot, il me piqua avec, je le devinais, ce même sourire narquois accroché aux lèvres en m'anonçant:
"Ca risque de faire un petit peu mal..."
Il enfonça l'aiguille jusqu'au bout, oui !!! Je sentais presque le plastique de la seringue me toucher la peau... Une folle envie de lui en tourner une me prit, mais le visage carré d'Igor me rappela à la raison. Lorsqu'il eut fini, il retira la lame et contempla avec satisfaction le petit tube de mon sang qu'il avait prélevé.
"Vous trouverez la même chose que dans les autres...Et ah, je vais vous faire gagner du temps, c'est sur le chromosome 17 ou 18 qu'il faut fouiller..."
Le médecin sembla hésiter un moment, mais il reprit son activité juste après comme si je n'avais rien dit. Il posa une compresse qu'il fixa avec un sparadrap et demanda:
"Igor, ramène ce monsieur dans sa cellule.
-Bien docteur..."
Sans plus d'explications, je repartis comme j'étais arrivé. Igor me suivit, et je fus encore une fois surpris par son aisance. Il se meuvait comme un spectre, et c'était d'ailleurs sans doute la raison qui lui avait permi de me frapper aussi violemment sans que je ne me rende compte de rien. Un rien terrorisant cet Igor...

De retour dans la cellule, Al s'enquit immédiatement de mon état. J'allais plutôt bien physiquement, même si mentalement, ce n'était pas la forme olympique.
"Et toi, ton bras ??? demandais-je.
-Oh, ca m'a embêté pendant ma cavale... Plus d'une fois j'ai cru que je serais trop lent et maladroit pour leur echapper. Je pensais visiter un centre pokémon de temps en temps, mais chaque fois que je rentrais dans une ville, je devenais une proie facile... Et puis finalement, j'ai pu quitter mon plâtre il y'a une semaine...
-Ca s'est vite réparé, dis-moi..."
Al sembla gêné, comme si j'avais touché un point sensible.
"Ok, tu ne veux pas en parler, c'est ton choix... fis-je calmement. T'as vécu des choses que je ne peux pas comprendre, c'est ça ???"
Un brin rassuré, Al acquiesca en silence. Il y'avait un voile de mystère qui planait au dessus de ce jeune homme, mais pour le moment, ce n'était pas le moment de s'en préoccuper.
La porte s'ouvrit à nouveau, même Al sembla étonné.
"D'habitude, on ne nous fait sortir qu'une fois par jour, pour les médocs, mais là..."
Bizarrement, ce n'était pas pour moi que le visiteur venait, mais pour Al. Le regardant sans comprendre, il me rendit mes doutes car sur son visage il avait les mêmes, et il partit sous bonne escorte.

Il était temps de vérifier toute la pièce. Al était ici depuis à peine plus de 24 heures et des micros pouvaient traîner ça et là sans qu'on les devine... Retournant mon matelas, je cherchais dans le sommier, des puces, ou n'importe quoi d'électronique. Je savais qu'on pouvait les miniaturiser à un point difficilement imaginable, mais quelque soit le micro, il restait visible à l'oeil nu...
Ce fut ensuite le tour du sommaire placard... Rien sous les lavabos, ni derrière les toilettes. Les murs étaient faits d'un seul tenant et le plafond était une grosse dalle coulée d'un bloc. Manifestement, il n'y avait aucun micro. Au moins une bonne nouvelle. Je pourrais comploter en paix.
Une fois cette petite vérification faite, je sortis la lame d'acier de mon bandage. Un rapide tour de l'objet m'apprit qu'elle était bien plus coupante et dangereuse que lorsque je l'avais trouvée... Doc et Tia avaient fait bien plus que me rendre mon outil mortel, ils l'avaient aiguisé !!! Je cachais la lame derrière le tuyau d'évacuation du lavabo, dans un petit recoin invisible pour quiconque ne fouillait pas trop mais assez stable pour que l'objet ne tombe pas tout seul... Je vérifiais que mon bandage tenait bien, car si l'on me croyait infirme, on aurait moins de méfiance à mon égard, et si j'arrivais à nous faire partir d'ici très tôt, ce serait d'autant plus utile...
Nous étions certes sous l'eau, mais j'étais bien sur un bateau, à l'air libre pas plus tard que ce matin... Du moins était-ce le matin d'aujourd'hui ou d'hier ??? Le temps semblait s'écouler différemment ici du fait de l'absence des rayons su soleil. Bref, toujours était-il que pour être aujourd'hui sous l'eau, il devait au moins y avoir un endroit ou la base émergeait... Il y'avait toujours une partie visible dans l'iceberg...

Très vite, un semblant de plan s'organisait dans ma tête. Je savais par où j'étais arrivé, et cet endroit était légèrement plus haut que la salle principale du complexe... Ce devait donc être par là que se faisaient les entrées ici. Le personnel était certes autonome, mais la nourriture ne venait pas du ciel. Il devait donc y avoir un ravitaillement par quelque endroit que ce soit... Peut-être même y'avait il deux issues. Et, autre détail important, je n'avais vu ici que des blouses, pas un seul uniforme. Chercheurs, médecins, infirmiers... Tout celà était très utile dans un hôpital psychiatrique, mais pour retenir une telle force que celle que nous avions tous en nous, il en fallait bien plus.
En parlant de ce détail, je n'avais toujours vu aucun Crépuscule nulle part. Dans ma cellule, pourtant sûre et enourée de murs épais, je ne voyais aucun dispositif rond quelque fût l'endroit ou je portais mon regard. Comment dans ce cas arrivaient-ils à neutraliser nos pouvoirs ??? Un moment, une pensée me glaça le sang... Et s'ils avaient réussi à les annihiler définitivement ??? J'avais passé plusieurs heures dans les bras de Morphée, qui sait ce qu'on avait pu m'injecter, me faire avaler ou autre ??? S'ils maîtrisaient une telle technique alors qui pourrait donc faire le poids face à eux ??? Bientôt, ils arriveraient à créer ces pouvoirs... Si ca se trouvait ils l'avaient déjà fait !!!
Quelque soit la solution que je choisissais, il y'avait toujours deux impératifs: faire vite, très important... mais le plus vital, c'était que seul, je n'arriverai pas à grand chose et j'aurais surtout fait tout ça pour rien... Aussi sûr que j'étais de vouloir partir d'ici, j'étais sûr d'une autre chose... Je ne pouvais pas partir seul. Il fallait que je rassemble les Elus.

imhotep43
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Niveau 10
05 mars 2008 à 20:40:01

[Chapitre 46] Dans la bulle:

//// 85 jours après le début des opérations ////
//// 58 jours après l'arrivée à Hoenn ////

Le lendemain, je me relevais avec de nouvelles idées en tête. Je devais avoir un contact avec les élus avant toute chose. Je pris conscience qu'Al était de retour dans la chambre uniquement à ce moment. Il avait changé de tête, et, sans son début de barbe sale, il retrouvait un visage humain. En plus...
"Eh ??? Où est-ce que tu t'es rasé ??? Tu avais presque des poils jusqu'aux pieds quand je t'ai quitté hier...
-Oh ??? Moi, vraiment ??? fit-il surpris. Il n'y en avait pas tant que ça, tu sais. Et puis c'est exigé de la part des médecins, rajouta-t'il d'une voix plus assurée. Ca évite la prolifération des bestioles, à ce qu'ils disent..."
Je doutais fort qu'ici, on ait quelque chose à faire de notre hygiène personnelle, mais malgré tout, je ne voyais aucune autre raison qui aurait pu susciter ce traitement de faveur... aussi, me rabattai-je sur la confiance que je pouvais avoir en un élu.
"Des idées pour nous faire sortir d'ici ??? me demanda à nouveau mon compagnon de chambre.
-Oh, mais c'est une obsession, dis-moi, fis-je avec un sourire. Rassure-toi, j'y travaille mais j'ai encore besoin de croiser mes opinions avec celles de quelqu'un d'autre.
-Qui ???"
Je me contentais de rester silencieux... Car en plus d'une sérieuse aide, il se pourrait que ce soit pour autre chose que j'aille voir cette personne.
"Quelqu'un de très particulier..."

A peine une heure plus tard, la porte de la cellule s'ouvrit. On nous invita à sortir tous les deux. En chemin, Al resta silencieux, mais j'aurais tellement aimé qu'il m'en apprenne un peu plus. Certainement, les deux gardiens étaient là pour le convaincre de se taire, mais pourtant, je devinais que quelque chose d'autre le gênait. Il semblait tout calculer, son pas, son regard, comme si quelqu'un l'observait. Un mouvement de tête derrière moi m'apprit que ni Igor ni son autiste de jumeau ne semblaient tiquer. Ce n'était pas d'eux qu'il fallait se méfier. Ils ne faisaient que suivre les ordres. Mais au dessus, dans le nid d'aigle comme je l'appelais, une silouhette semblait se tenir derrière les vitres sans tain. Oh, bien sûr, je ne la voyais pas clairement. Mais un dresseur sent d'où vient le danger.
Notre trajet dura plus longtemps que celui d'hier. Je pris conscience que l'architecture circulaire de la base rendait celle-ci faible en un point. Si jamais il y'avait une urgence, il fallait un temps fou pour en faire le tour. De plus, le nid d'aigle, même situé tout là haut avait néanmoins un angle mort. Il ne voyait pas derrière le pilier central. Un embryon de plan se dessinait enfin dans mon esprit. Mais il était encore trop tôt pour que je vois toutes les subtilités. La grande appréhension que j'avais était que nous n'aurions vraisemblablement qu'un seul essai. Il faudrait donc tout cadrer à la seconde près.
Finalement, nous entrâmes dans ce qui ressemblait de loin à un self, mais qui en réalité se rapprochait plus d'une cellule de regroupement. Il y'avait là plusieurs personnes déjà. Chacune était affalée sur une chaise. Je ne connaissais aucune d'entre elles, mais je savais déjà à qui j'avais à faire. Leur regard vide montrait qu'ils avaient déjà passé trop de temps ici, dans une cellule. Et dans ces cellules, il n'y avait qu'un type de personnes qui était hébergé...

Je trouvais leur nombre plutôt réduit, pour selon qu'on m'avait dit qu'ils étaient presque tous connus. Il y'avait à peine quatre personnes dans la pièce avec Al et moi. Je compris ensuite que les autres devaient suivre derrière. Igor et Tito étaient déjà repartis. Mais celà me semblait néanmoins bizarre. Il n'y avait qu'eux pour nous surveiller ??? Si tel était le cas, il n'y avait aucun souci à se faire si l'on s'évadait. Igor avait beau être silencieux comme une ombre, sa carrure l'empêchait de se mouvoir aussi facilement que la mienne. Un virage serré dans un couloir et je le semais sans problème. Mais tous ces plans n'étaient que poussière si je ne liais pas contact avec les autres élus. A la table, il y'avait trois garçons et une fille. J'allais tenter une première approche lorsque l'un deux m'interpella:
"T'es qui toi ??? Un nouveau ???
-Lilian, enchanté, fis-je en restant debout. Bien que j'aurais préféré tous vous rencontrer ailleurs qu'ici.
-Ca pourrait être pire, me fit mon interlocuteur.
-Ah bon, et comment celà ???
-Oh, d'habitude, je disais qu'il pourrait pleuvoir... Depuis que je suis là-dessous, je préfère dire qu'il pourrait y avoir une fuite dans la verrière là-haut."
Un brin d'humour, mais je sentais que derrière ces yeux, c'était une âme déchirée qui se tenait. Il fit les présentations.
"Le petit, c'est Alexandre, mais tout le monde l'appelle Alex. l'autre, c'est Nathan, et la fille, c'est Agathe. Moi, c'est Xavier, mais tu peux m'appeler Xav."
Xavier poussa une chaise du coin du pied, et m'invita à m'asseoir. Tout heureux d'avoir enfin lié ce contact que j'espérais depuis la création de l'Alliance, je sautais sur l'occasion.
"Et bien, mes chers, fis-je avec un grand sourire, il va falloir qu'on parle..."

Alex était un jeune homme roux, guère plus vieux que Kim si je m'en fiais à mes souvenirs déjà si lointains de ma jeune amie. Agathe devait sans doute son nom à ses yeux bleus comme l'océan, véritables billes de verre magnifiques à regarder. Elle semblait aussi vieille que la majorité des élus, c'est à dire trop jeune pour vivre des choses aussi éprouvantes. Nathan était quant à lui dans l'adolescence ingrate jusqu'au cou, et même plus haut si on s'en fiait à l'acné qui fleurissait sur son visage, encore amplifiée par le fait qu'il portait certainement des lunettes trop petites, au vu des grosses traces qu'elles laissaient sur les ailes de son nez. Quant à mon interlocuteur, il semblait un peu plus âgé que moi, un regard assuré, mais une conscience déchirée. On ne faisait jamais rien sans rien et il le savait. Il avait le regard plein d'astuce, et je savais déjà que cet homme là serait d'un précieux secours une fois sortis d'ici pour la logistique.
"Tu es du genre à trouver tout ce dont les autres ont besoin, n'est ce pas...
-Il faut pas avoir fait des études pour deviner ça."
Je fus un brin déçu. Je pensais que cette sensation qui me sautait aux yeux était subtile, mais il semblait que tout le monde savait que je que je disais était évident...
"Il ne faut pas avoir des diplômes, mais je te rassure, il faut quand même être spécial, rajouta-t'il avec un clin d'oeil.
-J'ai réussi le test alors ??? Vous avez la pruve que je suis un élu ???
-Un élu ??? Tu parles comme le vieux... Nous, on a jamais cherché à donner un nom à tout ça. Mais c'est encore un bon point pour toi, le vieux est très respecté...
-Le vieux pourrait bien t'apprendre deux ou trois choses, sale gamin", fit une fois derrière moi... Une voix que je n'espérais plus entendre...

Mon oreille avait entendu mais mon cerveau n'osait pas y croire. Etait-ce bien lui ???
"Eh, prof, comment ça va ??? Venez vous asseoir, y'a un nouveau... Je vais vous les présenter.
-Avec plaisir...
-Sauf votre respect, professeur, fis-je en me retrournant, ca ne sera pas nécessaire.
-Nom de... Je crois que je peux le dire en entier, cette fois-ci... Nom de Dieu !!! C'est bien toi ???"
Je lui sautais presque à la gorge, tellement j'étais heureux de le revoir en bonne santé.
"Professeur Sorbier, si vous saviez comme je suis content de vous savoir en vie.
-Permets-moi d'être plus pragmatique, mon garçon. Je suis aussi content de te voir, pour ma part, mais j'aurais préféré que tu ne viennes jamais ici.
-Ne me dites pas que vous n'espériez pas me voir à chaque fois qu'on vous a dit qu'il y'avait un nouvel arrivant ???
-Sacré nom d'un chien, bien sûr, mon garçon... fit-il, bien plus enthousiaste."
Le temps et l'isolement avaient certes fait son oeuvre sur mon ami et ancien mentor, mais il semblait n'avoir pas pris une ride. En tout cas, par rapport au Sorbier que j'avais quitté à Féli-Cité, il était bien identique. Peut-être était-ce son statut d'élu du temps qui le protégeait de tout celà, mais en tout cas, il semblait au moins bien vivant et c'était déjà ça.
"Alors, vous connaissez notre nouvel invité, fit Xavier un peu décu. Ca va faire des choses à raconter sur le réseau..."

Le réseau ??? Quelle était cette chose obscure ??? Pas le temps de poser la question que mon attardé favori et son jumeau aux mouvements furtifs rentrèrent finalement dans la salle avec le docteur. Je trouvais de plus en plus bizarre qu'on n'ait pas croisé plus de personnel dans cette immense base, mais celà ne me choquait pas tant que de voir tous les élus qui étaient arrivés entre temps. Parmi eux, un attira mon attention. Il avait un tête qui m'était familière, sauf que la dernière fois que je l'avais vu, il portait une capuche et un survètement au milieu de décombres...
"Il s'appelle Nero, il est retenu quelque part, et vous êtes les seuls qui semblez avoir assez de force pour le trouver et le récupérer." Telles avaient été les dernières paroles que Dante m'avait glissé au sujet de son frère... Serais-ce lui Nero ??? En même temps, je m'en voulus d'avoir été aussi naïf, bien sûr que oui, c'était lui !!! Dans les dossiers volés à Sento, on mentionnait déjà l'élu Psychique. Et pourtant Dante m'avait démontré qu'il possédait aussi des talents... La seule explication logique...
"Ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est leur association qui crée les pouvoir !!!
-Pardon ??? me fit Sorbier sans me comprendre...
-J'ai rencontré d'autres élus, depuis que vous avez disparu... Mais je crois qu'on tient enfin quelque chose de très lourd avec ce bonhomme. Mais je ne peux pas vous en dire plus ici."
Le médecin se rapprochait en effet de nous. Il distribua des pilules à chacun de nous pendant que les colosses donnaient des verres et de l'eau à chacun.
"C'est quoi le trip ??? J'ai du mal à comprendre...
-Je crois que c'est ça qui annule tous nos pouvoirs, m'expliqua t'il. On est obligé d'en prendre un tous les matins..."

Voilà qui expliquait beaucoup de choses. Pas de dispositifs Crépuscule, mais des pilules qui créaient le même trouble dans notre corps. Visiblement, ils préféraient traiter le mal à la racine plutôt que d'installer un matériel qui pouvait tomber en panne et les lâcher au moment où ils s'y attendaient le moins. On avait du m'en donner une à mon arrivée, où tout du moins son équivalent par perfusion, piqüre ou que sais-je encore. Depuis que j'avais quitté le bateau, je n'étais donc plus sous l'emprise de quoi que ce soit... Seul ce cachet me séparait du retour de mes pouvoirs.
"Et si on ne le prend pas ??? Si on attend délibérément que nos pouvoirs reviennent ??? On peut les retenir pendant que l'un d'entre nous recouvre ses pouvoirs...
-Si tu peux les retenir 24 heures... Pas de problème, m'expliqua Xavier. Il y'a dans ces pilules de quoi nous tenir en place pour deux jours... Et vu qu'on renouvelle le traitement tous les jours, c'est rêglé comme du papier à musique. Tu comprends pourquoi on est si encadrés, si surveillés. Il suffit que l'un d'entre nous trouve un coin où rester planqué et c'est la zizanie ici. On nous en montre le moins possible... Et même ça, c'est trop...
-Tu sais beaucoup de choses, fis-je d'un ton suspicieux..."
Il me regarda d'un air de défi. "Regarde-moi dans le fond des yeux et essaye de lire un doute dedans..." me disait-il de part sa posture. Oh que non, il n'était pas de mêche avec ces savants fous... Il semblait plutôt du genre à...
"Tu as déjà essayé de t'évader, n'est ce pas ???
-Et je te parie que tu n'arriveras pas à faire mieux que moi...
-Pari tenu... Je suis venu pour tous vous faire sortir d'ici, garçon..."
Il continua à me regarder d'un air presque mauvais... Mais je savais qu'il ne rêvait que de ça. Seul son côté joueur tentait de m'intimider.

Je regardais à nouveau la pilule verte que j'avais dans les mains. Une gélule oblongue qui semblait aussi dure à avaler que ces épées que les prestidigitateurs enfonçaient dans leur gosier sous l'oeil d'un public ébahi.
"Ca fait bizarre la première fois mais on s'y habitue... me fit le professeur en gobant la sienne... Il eut une grimace. Par contre ca a toujours le même goût amer...
-Et on ne peut pas la cacher ??? La dissimuler et faire croire qu'on l'a avalée.
-Ils te fouillent à la sortie, continua mon nouvel ami. Et ca ne serivrait à rien de te faire vomir, le cachet fond instantanément sous l'effet des acides gastriques...
-Ils ont du te faire une sacrée leçon pour que tu t'en souviennes encore maintenant, fis-je en gobant la gélule... Ah... mais c'est dégueu...
-Ils ont sans doute peur qu'on en redemande. Et pour la leçon, ne t'inquiète pas, j'ai assez vu de choses comme ça. Je dois être le seul à avoir visité la chambre froide...
-C'est quoi ce truc ???
-Une pièce, enfin plutôt une cage... grande comme un homme recroquevillé. Pas de chauffage, pas de lumière, pas de bruit. On te laisse là dedans une semaine et quand tu en sors, tu es comme lobotomisé. J'ai mis deux mois à m'en remettre."

Une question soudaine me traversa l'esprit:
"Tu es là depuis combien de temps ??? demandais-je.
-Moi ??? Je dirais six, sept mois. Mais de tous ceux qui sont là, c'est le givré qui a le plus d'ancienneté, fit-il en jetant un regard à l'attention de Nero. Ca lui a grillé le cerveau. Il cogite encore moins que Tito quand il est dans ses mauvais jours... Ah et si tu veux connaître tout le jargon du coin, ici, c'est la "bulle". Chaque porte du grand couloir extérieur donne sur une "face". Y'a la face "cantine du personnel", la face "infirmerie", celle-là, c'est la face "cachets". Comme sur un dé chacune des faces ne voit rien de l'autre, en particulier celles qui contiennent des élus.
-Tu vois, tu l'as dit, fit le professeur. Le mot "Elu" t'es venu à l'esprit pour nous décrire."
Xavier ne tiqua presque pas. Ce devait être un jeu entre eux.
"Et qu'est ce que vous appelez le "réseau" ??? demandais-je en référence au mot qui avait été employé plus tôt."
Xavier resta silencieux. Celà voulait-il dire "Ne pas en parler, oreilles sensibles aux alentours" ??? Il se contenta d'un laconique:
"Lêve-toi tôt demain, c'est à ce moment qu'on s'en sert.
-Vous pensez que Al pourra m'expliquer ???
-Al ??? Qui c'est ???
-Celui qui partage ma cellule, il était là hier matin..."
Xavier haussa les épaules: "Connais pas..."
"Il n'était pas là pour les cachets, hier, c'est ce qu'il y'a de sûr."

Un doute s'insinua dans mon esprit. J'avais pourtant bien entendu Al dire qu'il avait pris son cachet hier avec les autres ??? Est-ce que je me mettais à délirer ??? Etait-ce les effets secondaires du cachet ???
Alors que Igor et Tito raccompagnaient Xavier et ses amis silencieux, je restais stoïque sur mon siège. Je commençais effectivement à sentir les effets du cachet. Ma tête tournait... Est ce que ça avait détraqué quelque chose en moi ??? Lorsque ce fut mon tour de rentrer dans ma cellule, je ne me rendis compte de rien de ce qui se passait autour de moi. C'était comme si mon esprit n'avait plus de lien avec l'extérieur et que mon corps n'était plus une protection, mais une prison entre ma conscience et mes sensations...
Oh, bien sûr, les ordres basiques arrivaient toujours à mes jambes, mais cette sensation était bizarre,... et même très effrayante. J'entendis à peine la porte de la cellule se fermer derrière moi alors que je m'affalais sur mon lit, après un effort surhumain pour y grimper dedans. Je comprenais pourquoi Al prenait le lit du bas maintenant... Alors que la gangue paralysante du cachet engourdissait mon corps, je finissais par trouver refuge dans le sommeil. J'étais levé depuis à peine deux heures, mais cette pilule me rendait aussi fatigué que si j'avais couru un marathon. Laissant tomber toute envie de lutter, je finis par sombrer dans les méandres de cette petite mort.

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
12 mars 2008 à 20:23:54

[Chapitre 47] Le réseau:

"Lil... Lilian ??? Lilian ??? OH, LILIAN !!!"
Je me réveillais en sursaut, et déséquilibré, glissait de ce que je considérais dans mon état semi-comateux comme mon lit. Je tombais lourdement sur le sol, mais la chute fut bien plus courte que celle que j'aurais normalement dû faire du haut de ma couchette à deux étages. En ouvrant les yeux, je m'aperçus de ce détail sans doute anodin, mais qui pour moi avait beaucoup de sens. Mais ce ne fut qu'après avoir croisé le regard de Xavier que je me posais la véritable question ???
"Kezzque tu fais dans ma cellule ???"
Pour toute réponse, il se retira de mon champ de vision. Je m'aperçus alors que ma cellule avait changé de couleur, le moblier sommaire avait disparu au profit de confortables fauteuils, et surtout, les murs n'existaient plus. Autour de moi, plusieurs des personnes que j'avais croisé à la distribution des pilules, elles aussi confortablement assises sur des canapés.
"Comment vous êtes tous arrivés là ??? demandais-je abasourdi. Comment vous-êtes rentrés dans ma..."
Tout le monde eut un sourire autour de moi au moment où je me rendais compte de l'ineptie que je venais de sortir. Si tout dans ma cellule avait changé, c'était sans doute parce que je n'étais pas dans ma cellule. Du moins, mon esprit n'y était plus...
"Bienvenue sur le Réseau, me fit Xavier avec un grand sourire."

Ainsi, c'était celà le mystérieux Réseau ??? Enfin... "ça" était le seul descriptif que je pouvais lui donner vu que cet endroit immatériel était la seule chose que je voyais... Du moins que mon esprit me faisait croire que je voyais.
"On est où exactement ??? demandais-je après avoir compris mon erreur.
-Le Réseau est une invention d'Agathe, elle pourra sans doute t'en dire mieux que moi à ce sujet, répondit Xavier."
Il tourna sa tête imaginaire en direction de la fille que j'avais vu la dernière fois (hier ???) à la distribution des pilules. Elle était assise sur un petit pouf, les deux mains sur les genoux. Elle se leva pour moi:
"Content de te rencontrer, Lilian, fit-elle finalement."
Ca faisait bizarre d'entendre enfin sa voix... Du moins ce que mon esprit m'indiquait comme étant sa voix.
"En fait, c'est ma vraie voix, fit-elle de but en blanc. Et on n'est pas vraiment dans ton esprit si tu veux tout savoir."
Wow, elle faisait quoi là, elle lisait dans mon esprit ???
"Comment crois-tu qu'on discute, à ton avis ??? ssouria t'elle. La seule différence entre ce que tu crois penser et ce que tu crois dire, c'est que ton esprit fait l'effort d'imiter le mouvement des lèvres qui bougent.
-Alors, vous avez accès à toutes mes pensées ??? Et moi aussi ???
-En fait, le Réseau est créé de manière à ne transmettre que tes pensées en surface... Ce à quoi tu es en train de penser au moment précis où mon esprit se connecte au tien."

Les mots me manquaient pour exprimer ma surprise. Un véritable univers virtuel avait été ici créé par le talent d'Agathe.
"Vous faites quoi ici, au juste ???
-Tout et n'importe quoi. C'est un peu notre défouloir, reprit Xavier. Notre seul moment de liberté entre notre réveil et l'ingestion de ces foutues pilules.
-En fait, continua Sorbier, les pilules sont progressivement consommées par notre corps, et si la substance nous empèche toujours d'utiliser nos pouvoirs, elle laisse quand même assez de forces en nous pour créer le Réseau.
-Et tout ça, c'est grace à Agathe, réenchérit Xavier...
-Sans les pouvoirs des Elus, je n'aurais rien pu faire, fit-elle en rougissant."
La remarque me fit monter au plafond (enfin, c'est une expression, il n'y avait ni mur ni plafond dans cette pièce)
"Vous voulez dire que je suis en train de me servir de mes pouvoirs, fis-je ébahi ???"
Agathe se tourna à nouveau vers moi:
"Le Réseau fonctionne comme n'importe quel tchat sur internet. Chacun d'entre nous est en fait l'avatar imaginaire de la personne. L'originalité est que j'ai conçu le système pour qu'il prenne en compte chacun des participants comme un serveur de discussion. Du coup, plus nous sommes nombreux, plus la liaison est stable et plus elle porte loin. Ca prend un peu de temps pour se mettre en relation avec les autres, mais comme tu le vois, c'est très facile."

J'avais été rajouté au réseau alors que je dormais encore, et avec un peu de chance mon corps se reposait encore quelque part dans une cellule peut-être très loin d'ici, alors je voulais bien croire que c'était aussi facile qu'Agathe le disait. Mais un détail retint mon attention.
"Et vous êtes aussi peu à pouvoir vous connecter au réseau ???"
Tout le monde eut une mine un peu déconfite à ce moment. Ce fut Xavier qui reprit la parole.
"En fait, nous ne sommes pas tous "amis pour la vie"... Il y'a deux groupes de... enfin ... d'élus, comme le dirait le prof. On a eu de légeres divergences de point de vue...
-A quel sujet ??? demandais-je pourtant innocemment.
-Ca ne te regarde pas !!! Tu es libre d'aller voir ailleurs si ce que tu as là ne t'intéresse pas, s'énerva soudain mon interlocuteur..."
Sorbier se leva soudainement pour calmer le jeu:
"Mes amis, du calme... Je vais me répéter encore une fois, mais on n'a pas besoin que notre groupe se divise encore en deux... Ce sera déjà dur de contenter tout le monde au moment de partir...
-Mais bon sang, quel est le problème ??? fis-je. Ils ne veulent pas s'enfuir ???
-Au contraire, ils sont entièrement d'accord pour partir, mais ils ne veulent pas quitter la bulle sans savoir ce qu'il y'a au coeur..."

Le coeur... Mon cerveau fit revenir à moi l'image du pilier central de la bulle...
"Ils pensent comme toi que ce grand pilier est louche, relança Nathan osant sortir de sa timidité."
Décidément, ca ne me réussissait pas de me faire lire dans les pensées.
"Je devrais quitter cette conversation, je ne fais que dévoiler des détails sensibles. Ils vont commencer à se douter de quelque chose dans le labo s'ils voient le lien de particules entre nous...
-Je crois que tu ne comprends pas tout, fit Xavier. Tu peux penser ce que tu veux, ca ne quittera pas le Réseau, c'est un des atouts majeurs de cette invention... On ne se sert pas vraiment de nos pouvoirs pour tout ça...
-En clair expliqua Agathe, on est indécelables... Personne ne peut faire la différence entre une personne qui dort et une personne dont l'esprit est sur le Réseau... Ce système est inviolable, et crois moi, je m'y connais."
Entre Agathe et Nathan qui se mettaient soudainement à parler alors qu'ils étaient restés silencieux lors de la remise des cachets, et le nombre de détails importants qu'on avait révélé en parlant ici, j'aurais cru que nos corps éméttaient autant de particules Flash que possible... Mais si Agathe disait vrai, alors j'avais trouvé l'endroit idéal pour faire part de mon plan... Ce plan d'évasion qui se construirait bien plus vite que je ne le croyais si l'on pouvait discuter en toute liberté à la vitesse de la pensée...
"On se calme !!! fit Xavier... Tu veux t'enfuir ou bien savoir ce qu'il y'a dans ce fichu pilier ??? Dans un des deux cas, tu es de notre côté, de l'autre, tu es bien aussi têtu que les autres... Je ne te dirais pas de partir, sinon, on risque de perdre le prof avec, si j'ai bien compris... Et depuis que vous êtes là, le Réseau n'a jamais aussi bien fonctionné..."

La question était justifiée, cependant, j'étais venu pour sortir tout le monde d'ici et non pas pour déjouer les manigances de ces scientifiques fous. Quelque soit leurs expériences, il leur manquait encore Ed et des Elus dont nous ne savions nous même rien. Je me doutais que l'imperfection ne devait pas être acceptable... Ce labo resterait donc en place tant que les dernières recherches sur les Elus encore inconnus n'auraient pas abouti. On pouvait donc s'enfuir sans risquer de tout perdre au sujet de ce qui se passait dans la bulle...
"Donc, tu es d'accord avec les deux, mais tu préfères revenir plus tard une fois qu'on sera vraiment sûrs de pouvoir faire quelque chose avec une force conséquente, j'ai raison ???
-Une fois qu'on sera à la surface, on pourra repérer ce lieu sans aucun problème, expliquai-je et j'ai la logistique et les alliés pour nous couvrir en cas de besoin.
-Le Satellite est toujours en orbite ??? demanda Sorbier, on a entendu des rumeurs comme quoi des tirs de missiles Anti Satellites avaient été effectués... Je me suis dit que Sento avait du couler notre plus grand atout...
-Allons, professeur, fis-je avec un sourire... Vous ne nous avez pas pas si mal appris à nous débrouiller que ça... On a réussi à faire décoller ces missiles nous mêmes et c'est Sento est en train de recoller les morceaux à l'heure qu'il est.
-Je peux lire dans tes souvenirs... fit une voix jeune et timide venant de derrière un canapé... C'est vrai tout ce que tu dis... En tout cas, tu le crois."

Mon regard plongea en direction du canapé sur lequel Sorbier était assis.
"Alex, je présume ??? fis-je avec un sourire..."
Le jeune garçon se releva, laissant dépasser sa tête de derrière le meuble.
"Oups, encore découvert trop tôt... répondit le gamin.
-Désolé, fit Xavier honteux, on devait te tester, voir de quoi tu étais capable. Le professeur nous a bien dit que tu étais doué, mais on devait savoir...
-Si j'étais doué pour nous faire évader... Ne t'inquiète pas, j'ai un plan... Mais si on pouvait mettre nos souvenirs en commun, ca m'aiderait..."
A peine eus-je demandé celà qu'une foule d'informations jaillit dans mon cerveau. Les souvenirs s'agençaient dans ma mémoire comme des documents dans leurs placards... Structure de la base, personnel connu, habitudes,... et surtout un détail important... les zones inconnues de tous, à éviter scrupuleusement si on ne voulait pas tomber sur un os. Aussi facilement que les données me parvenaient, un plan se dessinait dans ma tête... C'était tellement évident que je me demandais pourquoi j'avais été le seul à y penser. J'allais mettre les autres au courant lorsque Xavier me fit:
"C'est possible... Ca a même de bonnes chances de réussir. On met tout le monde au courant et demain à la même heure, on tente le coup..."
Ah, les joies de la communication mentale... Pas de sous-entendus, pas de problèmes de compréhension... Et surtout pas besoin de tout répéter...

Je sentais dans mon dos une chaleur humide... Je me retournais instinctivement pour retrouver mon corps alors que les premières lueurs devaient sans doute se lever quelque part au dessus de nos têtes. La sensation étrange était en fait le contact de mon oreiller sous ma peau... J'avais dû dormir longtemps. Presque un tour de cadran complet.
Xavier avait clôturé ma première session sur le Réseau par ses propos... C'était faisable... Bon sang, ca me remplissait de joie tout ça. On prévenait tous les élus et dans deux jours, nous nous lêverions au chant du coq au lieu de se lever au bruit des cent pas de notre voisin de cellule.
Ma montre avait cessé de donner l'heure depuis la bataille au camp de réfugiés, cependant, mon horloge interne me faisait savoir que mon corps reprenait des forces psychiques... et que mes pouvoirs revenaient petit à petit... Dans quelques minutes, ce serait donc l'heure de la prise du cachet. Il fallait vite prévenir Al...
"Tu as bien dormi ??? me fit une voix sous moi. Tu as bougé et gémi toute la nuit..."
L'intéressé se leva de sa couchette et s'accouda sur le rebord de la mienne.
"C'est l'effet du cachet, ca m'a fait ça aussi le premier jour... Mais comme tu as pu le constater, hier, la pilule est nettement mieux passée, sans mauvais jeux de mots..."
C'est à peine si j'entendis sa remarque tellement j'étais plongé dans toutes les approches possibles de mon plan. Xavier avertirait les autres et on mettrait au point jusque aux infimes détails sur le Réseau demain. Tout serait rêglé comme du papier à musique...
"Al... fis-je en l'interrompant dans son monologue...
-Oui ??? fit-il surpris par mon manque d'intêret pour ce qu'il considérait comme une tentative de dialogue.
-Demain... On s'évade... Tous !!!"

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
15 mars 2008 à 17:19:17

Très bon chapitre, l'idée du Réseau est très originale. ^^

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
15 mars 2008 à 17:44:21

[Chapitre 48] L'heure du rassemblement:

Extrait des fichiers top secrets de Sento: Dossier 4685 Codename "Elus"

Elu: Combat
Nom: Xavier
Pokémon associé: Kapoera

Elu: Poison
Nom: Nathan
Pokémon associé: Nidorino

Elu: Insecte
Nom: Alexandre
Pokémon associé: Yanma

Elue: Spectre
Nom: Agathe
Pokémon associé: Teraclope

Elue: Glace
Nom:

"Oh, meeeeerde, j'en connais un qui va pas être content !!!"
Arno eut un moment de panique. Dans sa tête, la photo sur l'écran était fixée aussi profondément que les gravures des fresques de Celestia. D'un geste, il s'empara d'un des téléphones et hurla dans le combiné:
"Il nous faut une équipe d'urgence, on a un gros problème..."

//// 86 jours après le début des opérations ////
//// 59 jours après l'arrivée à Hoenn ////

"Et voilà comment on va faire, tu as des questions ???"
Je venais de finir de tout expliquer à Al, et dans la cellule, je le sentais visiblement plus détendu.
"C'est si simple que ça ??? Et tu dis que tous les élus sont arrivés par là eux aussi ???
-Tous ceux à qui j'ai pu parler, mais apparement, il y'a une certaine tension entre les élus. Il y'a deux "groupes"..."
Enfin, groupe était un bien grand mot vu que hormi le frère de Dante, qui semblait mentalement très diminué, il n'y avait qu'un seul autre élu opposé à cette évasion. Mais sur les six qui étaient là avant que Al et moi n'arrivions, une seule personne, ca faisait déjà beaucoup. C'était comme lorsque Silver avait manqué de partir au tout début de notre rencontre. Nous n'étions pas encore conscients du contexte dans lequel cette guerre se déroulerait. Mais aujourd'hui, j'aurais du mal à imaginer notre équipe amputée d'un de nos membres.
J'avais senti leur puissance à tous dans ma tête. Ils avaient beau avoir perdu tout usage de leurs pouvoirs, il leur restait les souvenirs les plus poignants qu'ils avaient eu. Le jour où leurs pouvoirs s'étaient manifestés.
"Il est de type sol, c'est ça ??? demanda Al.
-Je crois oui, Et c'est d'ailleurs d'autant plus étonnant qu'il ne doit pas être dans son environnement ici, sous la mer, confirmais-je. Il doit vraiment tenir à savoir ce qui se passe dans ce foutu pilier.
-Et pas toi ???
-On sort d'ici et on reviendra quand on aura toutes nos forces recomposées. Là on cherchera à savoir."

Notre plan était très clair. Nous étions tous arrivés au même endroit, c'était donc là que nous avions le plus de chance de trouver la sortie la plus pratiquable.
"Ca me paraît faisable réenchérit Arno. Et tu veux faire ça demain ???
-Il me faut le temps de regarder les derniers détails. Et demain, on sort de cette cage."
A peine eus-je fini de parler que la porte se déverrouilla dans un couinement électronique. Nos chers gorilles de service nous attendaient derrière la porte. Sagement, nous nous laissâmes conduire jusqu'à la salle où nous prendrions la petite pilule verte au goût si désagréable.
Je regardais cependant furtivement derrière moi pour voir la porte de chacune des cellules. Un bouton à droite de chacune d'elle, permettant l'ouverture à quiconque avait la clé appropriée. Cette fois-ci, ce furent les gardes que je regardais avec attention. L'un d'eux portait forcément cette clé sur lui. Une chaîne autour du cou de Tito attira mon attention. Il la portait sans doute en sautoir. Tout celà semblait si facile. Etrangement je me mis à penser qu'on nous sous-estimait une fois que nous n'avions plus de pouvoirs. Tant mieux pour nous.
Puis nous arrivâmes finalement dans la salle. Nero se tenait tout comme la dernière fois avachi sur une chaise, le regard vide. J'aurais tellement voulu savoir ce qui se passait derrière ces yeux vitreux. Il ne semblait pas avoir conscience du monde, comme s'il était en permanence dans l'état dans lequel j'avais vécu lorsque j'avais ingéré la première fois ce fichu cachet.

C'était à se demander s'il y'avait vraiment quelqu'un dans ce corps. Il semblait très lié à Dante. Aucun des deux ne semblait pouvoir faire quelque chose sans l'autre. Et pourtant, Dante avait réussi à se servir de pouvoirs psychiques. Leur lien devait donc être très fort.
Je me demandais si ce lien pouvait permettre à Dante de nous localiser. Mais pour savoir celà, il aurait fallu pouvoir percer la coquille qui maintenait son frère prisonnier de lui-même. Et autant essayer de brosser les dents d'un alligator sans vouloir se faire mordre. Mais il n'était pas le seul à m'intéresser dans cette salle.
Dans le coin de la pièce, j'avisais un jeune homme aux cheveux courts. De dos, il semblait perdu dans ses pensées. On n'avait vraiment pas l'impression qu'il cherchait à se faire des relations. C'était peut-être ça qui le maintenait d'ailleurs éloigné des autres Elus. Il regardait fixement le pilier central. Constatant que les autres n'étaient pas encore arrivés, je décidais de lui proposer tout de même l'évasion. Après tout, qu'est ce qu'on risquait.
Me dirgeant vers lui, je tentais d'engager la conversation.
"Bonjour, moi, c'est Lilian, enchanté."
Pas de réponse...
"Ecoute, je sais que c'est un peu le froid entre toi les autres. Mais moi, je suis prêt à t'écouter."
Toujours un silence obstiné.
"Je n'ai pas encore fait mon choix et si ca se trouve, je préferais peut-être rester avec toi et le légume qu'avec les autres."

Il resta obstinément silencieux, fixant un point loin devant lui que je ne pouvais pas voir. Puis, sentant que je n'arriverai à rien sans prendre des risques, je me lançais.
"On s'évade demain, chuchotais-je à son oreille. Et si tu veux, tu peux venir avec nous. On a les moyens de revenir et de savoir ce qui se passe ici plus tard."
Il sembla frissonner un brin. Mais il ne réagit pas vraiment... Je laissais donc tomber. Au moment où j'allais me retourner et discuter avec Nero, qui lui au moins semblait être raisonnable malgré sa carapace, une voix féminine, semblant sortir de nulle part me répondit:
"Tu n'as pas à faire de choix, on l'a fait pour toi quand tu es arrivé ici..."
Je me retournais à nouveau vers l'Elu de la Terre.
"Tu as entendu la même chose que moi ??? Cette voix...
-Non seulement je l'entends mais je peux te dire que tu l'entendras encore souvent si tu t'adresses à moi, fit-il en se retournant."
Tout du moins, le mot "il" était un peu prématuré. Je savais désormais d'où venait cette voix si peu masculine. Mon interlocuteur avait une coiffure à la garçonne, des habits mettant très peu en avant sa féminité, mais le fait était qu'une fois vue de face, on ne pouvait plus en douter...
"Ca surprend toujours la première fois, fit-elle en me regardant de ses petits yeux éteints. Mais ce n'est pas le moment de jouer à la guerre des sexes. Tu dis que tu vas t'évader, mais qu'est ce qui va changer par rapport à la dernière fois ???"

Je restais encore sous le choc. Elle semblait pourtant être si masculine de dos. Devant mon hésitation, elle sembla s'impatienter.
"Bon, tu as l'intention de me dire quelque chose où tu veux vérifier si ma poitrine n'est pas une fausse ???"
Ces paroles me remirent à ma place. J'avais vu les choses les plus incroyables et je restais quand même pantois devant cette révélation. Comme quoi, tout était relatif.
De la même manière qu'on m'avait alpagué sur le réseau, je décidais de faire la même chose à mon échelle pour lui parler à l'abri de toutes les caméras et micros qui devaient pulluler dans la pièce.
"Eh, c'est quoi, ce trip ??? Encore une de vos manigances pour me foutre les jetons, fustigea t'elle.
-Du calme, on sera à l'abri pour parler ici. Et tu es libre de partir quand tu le souhaites. Mais si tu veux des détails sur cette évasion, il faut au moins ça.
-Bon, d'accord, fit-elle résignée. Quel est votre plan foireux pour passer une semaine au frais ???"
Dans ma tête, tous mes souvenirs défilèrent, entrant par la même dans la sienne. A la vitesse d'une connexion neuronale, elle sut tout.
"Bizarrement, ca semble faisable, s'inclina t'elle. Mais je serai toi, je m'inquièterai plus pour ce pilier. Vous semblez le négliger, comme s'il n'y avait rien dedans. Et tu oublies que dehors, on sera pieds et poings liées du temps que nos pouvoirs daignent réapparaître.
-Peu importe, tu en es où pas ??? Mon plan est comme ça, et si tu n'y crois pas, libre à toi de rester là.
-Alors, je restes là, partez... Vous viendrez me récupérer quand vous l'aurez, votre "super force de frappe" !!!"

J'étais en train d'halluciner ou quoi ??? Elle coupa brutalement la communication entre nous et se remit à scruter le pilier avec attention pendant que je retrouvais mon corps. Plus têtue, tu meurs...
"Très bien, c'est ton choix, mais je ne suis pas sûr que tu comprennes l'enjeu.
-En fait, je ne cherches pas à le comprendre... Tout simplement parce que je m'en fiches royalement. Sur ce, au revoir..."
Bon sang, que cette fille était énervante. Elle voulait donc toujours avoir le dernier mot ???
"On reviendra d'ici une petite semaine, deux tout au plus, fis-je pour l'inciter à s'intéresser un peu à mon plan.
-Ah, très bien... fit-elle sans conviction."
Je laissais tomber définitivement. D'ailleurs, la porte s'ouvrit à nouveau laissant entrevoir le professeur et Xavier. Le temps des alliances était fini, il fallait se mettre en route.
Durant toute la distribution des pilules, je gardais néanmoins le secret espoir qu'elle daigne m'approuver d'un coup d'oeil furtif. Mais rien. Comme si cette fille ne voulait pas partir d'ici.
La pilule me laissa un sale goût dans la bouche, mais mon corps ne me lâcha pas cette fois-ci. Mes neurones étaient trop occupés par cette énigme pour daigner se reposer. Après avoir regagné ma cellule, je mis un moment à laisser tomber. Lorsque finalement, par une petite ouverture dans le bas de la porte, deux plateaux repas arrivèrent.

Je n'avais pas eu l'occasion de les remarquer hier vu que j'étais occupé à comater. Si celà avait eu une quelconque valeur nutritive, en tout cas, ca n'en n'avait aucune gustative et aucune forme connue. Sans doute était-ce dû à mes papilles qui ne sentaient plus rien... Ou tout simplement la nourriture était-elle dégueulasse... On n'allait pas non plus chipoter.
Mais il était vrai que je sentais la pilule commencer son oeuvre insidieuse dans mon organisme. C'était comme si des fourmis me marchaient au détour de mes organes. Cette sensation qui était agréable quand une seule vous grimpait sur la jambe, le devenait nettement moins quand, et c'était mon cas, la fourmi ramenait ses copines pour que vous leur serviez de quatre heures...
Au milieu de l'après-midi, les gardes revinrent dans la cellule, pour s'occuper de Al. Il semblait intéresser les scientifiques ici et nul doute que quand ils auraient fait toutes les expériences possibles sur lui, ce serait mon tour. Je me laissais donc aller à somnoler, sachant que de toute façon, je n'arriverai à faire passer le temps que par ce moyen. Mais j'étais tellement excité à l'idée de repartir demain que le sommeil ne vint pas. A la place, j'essayais donc de me connecter au Réseau. Comme me l'avait fait remarquer Agathe, il était impossible de tenter quoi que ce soit à cette heure-ci. C'était comme si une foule faisait entendre son bourdonnement dans ma tête.
L'après-midi se passa donc sans évènement notable. Al revint pendant mon sommeil et, tous les deux, nous nous mîmes d'accord pour nous réveiller le lendemain au moins une heure avant la distribution des pilules.

//// 87 jours après le début des opérations ////
//// 60 jours après l'arrivée à Hoenn ////

"Vous avez bien le plan en tête ??? répétais-je aux avatars de Sorbier, Alexandre, Xavier, Agathe et Nathan. On ne pourra plus faire marche arrière une fois que ce sera commencé."
Tout le monde acquiesça. Je savais ce que nous devions faire, et eux aussi. Il ne restait donc plus qu'à entrer en action. Je regrettai de ne pas avoir pensé à parler à Al du Réseau, il aurait certainement compris plus vite toutes les subtilités du plan. Mais ce n'était plus l'heure des regrets. On aurait largement le temps de lui en parler une fois dehors, surtout qu'on n'en aurait pas besoin d'ici là.
A l'heure prévue, Al me réveilla comme je le lui avais demandé.
"Tu es prèt, me demanda-t'il.
-On va faire des étincelles, répondis-je. Et toi, tu es comment ???
-Plus que prêt. J'attends ça depuis le début, fit-il avec un sourire fort peu dissimulé. On est bientôt au bout du calvaire."
Je ne trouvais rien d'autre à faire que de faire les cent pas dans ma cellule. Dans ma tête, je refaisais notre cheminement. D'abord attraper la clé au cou de Tito, pendant que Al aurait attiré l'attention de Igor, puis partir en courant vers les cellules. Il faudrait faire vite, car nous perdrions des secondes vitales en déverouillant les serrures. Ensuite, on filait vers l'escalier, et on remontait les coursives que j'avais parcouru quelques jours auparavant, et là haut... La sortie...
Le bruit de la serrure électronique me tira de mes rêveries. J'étais devant la porte avant même de voir paraître la figure des deux frères gardiens.
"Allons-y, fit Al comme pour narguer nos opposants. On n'a pas que ça à faire..."

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
23 mars 2008 à 16:38:19

[Chapitre 49] Les ailes brisées:

Cette porte qui s'ouvrait... La porte vers la liberté ??? C'était tout du moins ce que je croyais. Quand Igor s'est dressé face à moi, je m'étais dit que cette masse ne serait que trop gauche pour pouvoir me mettre en échec. Al les taquina, mais pas un regard furtif vers moi, il semblait sûr de lui... Trop sûr de lui. Son regard haut et fier, alors que personne n'aurait jamais osé faire face à ces colosses, me sembla tellement rassurant sur le coup, mais une fois la porte passée, je sus tout de suite que quelque chose allait se passer... Quelque chose de pas normal. Notre plan d'évasion était parfait, de A à Z, aucun doute à avoir là dessus. Et pourtant, il est toujours un facteur que personne ne peut prévoir. Le facteur humain...
Nous étions dans le grand couloir qui bordait toutes les faces de la bulle. Igor derrière, Tito devant comme à leur habitude. Ce temps divin, cette infime fraction de seconde après laquelle la panique s'emparerait de tous les docteurs et des scientifiques de ce projet maléfique passa devant mes yeux sans que je ne pus en saisir la signification. Il passa aussi vite qu'il était arrivé. Il passa, amenant avec lui une odeur que je ne reconnus pas... Aujourd'hui, je serais encore capable de me remémorrer cette fragrance si soutenue... L'odeur de la défaite.
Nous arrivions devant la salle. La porte s'ouvrirait dès qu'Igor s'en approcherait. C'était le moment. Je jetais un dernier regard à Al. Il essaya de me rendre un sourire forcé, mais je voyais qu'il tremblait tout autant que moi. Alors il se mit à genoux, freinant brusquement toute la cohorte et feinta de faire son lacet... Je crois que c'est réellement là que tout a basculé. Une grande inspiration, et je sautais au cou de Tito pour lui arracher la clé qu'il portait en collier.

Les sirènes beuglaient déjà depuis cinq bonnes minutes dans la bulle. Après une petite esquive, il avait été facile de distancer les gardes et d'ouvrir les cellules. Nous étions tous là, tous ceux qui voulaient partir, j'avais même ouvert les cellules mitoyennes de Nero et de notre mystérieuse élue de la Terre (de qui, je m'en rendais compte, je n'avais même pas été fichu de savoir le nom), mais je ne m'étais pas retourné pour vérifier s'ils avaient sauté sur cette occasion.
Dans les escaliers, je pus enfin constater qui m'avait suivi. Au sommet, je voyais le professeur, en première ligne, malgré son âge vieillissant, suivi du quartette Agathe, Nath, Alex et Xavier et enfin d'Al, qui avait du lui aussi user d'une magnifique pirouette pour échapper aux bras d'Igor. Pas de coquille vide, pas de garçon manqué, aucun des deux n'avait sauté sur cette occasion. Bien que tout le reste sembla avoir duré si peu de temps, ce souvenir marqua mon esprit comme s'il avait été mon quotidien pendant des années, alors que je ne m'étais attardé qu'une fraction de secondes sur eux. Peut-être était-ce parce que, à partir de ce moment, le piège s'était refermé sur nous, et que nous étions au meilleur de notre forme...
...avant d'entamer lentement notre descente aux enfers. Je fermais désormais la marche, ayant laissé passer mes amis, le temps de reprendre ma respiration. Déjà en bas, tout le monde s'agitait. Igor et Tito nous rattrapaient petit à petit. Il fallait repartir. D'un bond, je repris ma folle course. Le tortueux couloir par lequel j'étais arrivé, le premier jour, semblait plus près que jamais.

Remontant les couloirs, je sentais un désagréable pincement aux côtes. Le point de côté n'était pas loin. Mine de rien, cette base était grande, et le couloir semblait interminablement long quand on devait le parcourir en courant avec les molosses aux trousses. Je me rappelais quand j'étais passé devant ces portes la toute première fois. Des minutes interminables qui me semblaient maintenant pas plus longues que des secondes alors que je courais comme un dératé. Au détour d'un couloir, j'aperçus enfin la porte verte qui tranchait avec le blanc du couloir. La porte par laquelle j'étais arrivé. Le couloir continuait encore, mais j'avais une idée de la distance que j'avais déjà parcouru.
Continuant néanmoins à courir sans ralentir, nous avançions dans ce couloir aux portes sans poignées, des trompe-l'oeil sans aucun doute possible. Lorsque l'un d'entre nous verrait la porte de la liberté, il la reconnaitrait certainement par la présence d'une vraie poignée. Et nous ne tardâmes pas à la voir.
"On y est, elle est là."
Je ne savais pas qui avait parlé, je m'en fichais à vrai dire. Je ne vis que cette porte si près... Manifestement, je ne fus pas le seul. Agathe, fixant celle-ci avec tellement d'attention s'emmêla dans ses mouvements et tomba. Sa cheville forma un angle bizarre avec le reste de son corps lorsque elle tomba. Elle heurta le sol dans un cri lancinant.
"Agathe, ca va ??? fis-je en m'arrêtant.
-Aïe... Punaise, ca fait mal... Aïe... fit-elle, les larmes aux yeux.
-Ca va passer, tu arrives à marcher, fis-je en l'aidant à se relever."
Elle essaya, en s'appuyant sur moi... Un échec cuisant. Elle retomba, s'évanouissant presque sous la douleur, alors que déjà derrière nous, des cris se faisaient entendre. La chasse à l'homme continuait. Et nous étions désormais une proie bien plus fragile.

Ils devaient être au plus à une dizaine de mètres derrière nous. Une bouffée d'adrénaline s'empara de moi. On n'aurait pas droit à un autre essai.
"Appuies-toi sur moi...
-Ca sert à rien, partez... fit-elle résignée, les larmes aux yeux.
-C'est pas le moment de laisser tomber... On y arrivera tous ensemble, où on n'y arrivera pas...
-Vous y arriverez et vous viendrez me rechercher, j'ai confiance en vous... fit-elle haletante.
-C'est bien ma veine, il faut que tu joues les héroïnes, maintenant... Pas de pot, je ne suis pas du tout du genre à rester passif."
Sans lui laisser le temps de protester, je la pris à bout de bras. Derrière, je voyais les ombres de nos poursuivants qui me rattrapaient. Mais ce n'était pas tant mes yeux qui me disaient qu'un colosse me tenait en joue, mais plutôt cette étrange aura de danger qui émanait de lui. Décollant dans un effort dont je ne me serais pas cru capable, je bondis littéralement, échappant aux griffes d'Igor qui se refermèrent dans le vide où je me trouvais une fraction de seconde plus tôt. Agathe tremblait dans mes bras et se refusait à croire qu'on pourrait s'en sortir vivant.
"On passera pas, Lilian."
En effet, vue l'encadrure de la porte, et vue l'envergure que j'avais avec la jeune fille posée sur mes bras, il serait impossible de passer. Plus que trois mètres... Soudain une illumination me frappa.
"T'as déjà été poursuivie par des gens qui en veulent à ta vie ???"
Deux mètres... "Jamais pourquoi ???"
Un mètre... "Moi si... Et j'ai toujours survécu pour le moment. Tiens toi bien ca va secouer..."

La porte de la liberté était devant moi. Encore un petit mètre... On pouvait le faire... Non, on allait le faire.
Pivotant sur moi-même, je fis face au garde, ce qui sembla le surprendre, me laissant juste le temps de pousser violemment sur mes jambes et de glisser vers l'arrière, vers la porte. Je lâchais la taille d'Agathe pour l'attraper par les bras. Le choc de mon dos contre le sol était certes douloureux, mais j'aurais tout le temps d'exprimer ma douleur une fois à l'abri derrière cette porte. Nous étions tous les deux dans le bon sens cette fois-ci. Et nous passâmes la porte sans aucune difficulté. Derrière nous, le visage menaçant d'Igor semblait plus prêt que jamais.
"La porte, bon sang !!!"
Réagissant immédiatement à ma supplique, Xavier poussa violemment la grosse porte d'acier avant de laisser retomber la lourde barre de métal qui la verrouillait. Le visage de l'homme laissa place à la vue du métal tout aussi froid que son regard, mais bien plus rassurant.
Le temps de reprendre ma respiration, je laissais Agathe se relever avec l'aide de nos compagnons d'évasion avant de finalement laisser échapper un soupir de soulagement.
"On a fait le plus dur, on l'a fait bon Dieu... On est libres..."
Cependant, Xavier et Agathe regardaient fixement derrière moi, comme s'ils avaient vu un fantôme.
"Qu'est ce qu'il y'a ??? demandais-je. Ne vous inquiétez pas, on peut tout faire après ça..."
"Tout, peut-être, fit la voix infiniment déçue de Sorbier, mais pas ça..."
Me relevant péniblement, je fis face à ce que je croyais être notre issue, pour tomber face à face avec une grande verrière, similaire à celle qui ornait le toit de la bulle. Une grande verrière qui donnait sous la mer, avec aucune autre sortie possible que celle par laquelle j'étais entré. On était piégés...

Dans mon esprit, quelque chose se brisa. Dans d'autres circonstances, contempler ce vaste océan au dessus de nos têtes aurait eu quelque chose de reposant, et au vu du mobilier de la pièce, fauteuils confortables et canapés moelleux, c'était bien le but de ce lieu. Mais en cherchant à sortir, nous nous étions piégés nous-mêmes dans ce lieu clos, loin de toute civilisation, et surtout à une profondeur qui ne nous aurait laissé aucune chance de survie si nous avions essayé de fuir en cassant cette grande baie vitrée. Tous bien conscients de ce que cette grande vitre nous promettait comme avenir, aucun d'entre nous n'osa pourtant admettre la chose... Nous avions perdu la partie, et avec un score plus que pitoyable.
"Et merde, lâcha finalement Xavier en donnant un grand coup de pied dans un des fauteuils. Merde merde merde..."
De toute part, je ne vis que visages déconfits et larmes coulantes. Alors que je portais ma main à mon visage, sans doute pour espérer cacher ma honte derrière celle-ci, je m'aperçus que mes joues étaient aussi mouillées des gouttes de pluie du désespoir. Nous avions fait fausse route tout le long et nous en payions le prix. Maintenant, il serait strictement impossible de s'enfuir. Je voyais déjà les lourdes chaînes, dont on nous affublerait pour aller prendre ces foutus cachets, me peser sur les bras. Et comme si celà ne suffisait pas, une voix grave, une voix sadique qu'un certain dictateur sanguinaire aurait reconnu pour avoir souvent discuté avec elle, nous harangua de derrière la porte.
"Les rats ont quitté leur cage pour s'en trouver une autre plus confortable, dirait-on. Mais j'ai comme l'impression que ce n'était pas ce que vous souhaitiez faire..."

Sa voix sourde et sifflante faisait vibrer les S de ses mots comme autant de serpents s'affrontant ensemble. Il continua:
"J'ai l'impression que vous cherchiez à fuir. Et la fuite est lourdement punie ici... Aussi, je vous laisse le choix. Vous me trouvez un coupable, où vous finissez tous à la chambre froide."
Xavier frissonna. Il savait ce que cette voix si dérangeante voulait dire quand elle parlait de chambre froide...
"Vous avez cinq minutes... Après, nous défonçons la porte." clotura-t'elle.
Le silence qui suivit fut presque plus assourdissant que les paroles qui le précédaient. Ce qu'il nous demandait était clair. Il fallait que l'on se trouve un bouc émissaire. Agathe avait besoin qu'on s'occupe de sa cheville, il fallait donc que l'on fasse quelque chose. Et bien évidemment, j'étais celui qui était tout désigné pour ce boulot encore...
"Xavier, je compte sur toi pour comprendre ce qui a foiré. On en reparle dès qu'on peut.
-On n'a pas réussi cette fois, on ne réussira pas mieux la prochaine fois. C'était le seul endroit où la sortie pouvait se trouver...
-C'était l'endroit où l'on pensait la trouver, nuance. Il y'a forcément une sortie.
-Tu veux dire que tu te dévoues ??? comprit soudainement le professeur."
Le silence pesant revint à nouveau dans la pièce.
"C'est le meilleur moyen pour en apprendre plus. Et peut-être que ce ne sera que de l'interrogatoire... On reste en contact de toute façon."

Ne laissant le temps à personne de contester, j'enlevais la lourde barre et ouvrais la porte pour me trouver face à notre mystérieux interlocuteur. Un homme au regard froid et pénétrant, avec une once de folie que distillait un rictus équivoque au coin des lèvres. Bien que semblant jeune, il avait des cheveux blancs et une espèce d'uniforme bizarre qui le rendait d'autant plus particulier.
"Nous avons un gagnant, je crois, commenca t'il, toujours ce sourire mauvais au coin des lèvres. Emmenez-le dans la chambre froide..."
Ma bonne humeur, déjà très entâchée, finit de se recouvir de la patine de la déception:
"Vous aviez dit que...
J'avais dit que j'y mettrais tout le monde, mais je n'avais jamais dit que celui qui se porterait respondable y couperait... Je regrette que vous ayiez mal interprêté mes paroles jeunes homme."
Lourdement escorté, je me préparais à quitter ces lieux lorsque le grand manitou en décida autrement:
"Quoi que, conduisez-le dans mon bureau. Ce serait intéressant de discuter un peu avec lui."
Igor et Tito me prirent chacun un bras, qu'ils empoignèrent fermement. Décidément, ces deux là, ils étaient partout... Je n'avais pas eu le temps de discerner les têtes des autres vigiles. Ca aurait pu être un autre renseignement intéressant...
Mais à ce moment précis, je n'avais plus le goût à rien. Distinguer les alliés des ennemis ??? A quoi bon. Mon cerveau émettait des hypothèses que mon corps refusait obstinément de mettre en application. Aurais-je eu huit fois l'occasion d'échapper à mes deux gardes que huit fois je l'aurais manqué... On avait raté notre évasion... Non...

J'avais raté notre évasion...

siph07
siph07
Niveau 7
25 mars 2008 à 02:50:17

toujours aussi bien mais j'en ai marre de le voire en taule lol

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
29 mars 2008 à 00:35:45

[Chapitre 50 !!!!!! :fete: ] Les arcanes de la bulle:

Je savais que la punition serait lourde, mais je savais aussi que si le grand manitou m'avait convié à partager ce privilège, apparement encore plus rare que ce que je pensais, de lui parler, c'était sans doute le moment de dévoiler quelques mystères au passage. Alors qu'Igor et son jumeau débile me conduisaient vers le nid d'aigle, par des escaliers tortueux dont je ne soupçonnais même pas l'existence, je sentais s'atténuer provisoirement le feu de la déception qui me rongait de l'intérieur. Tout était bon à prendre, même le plus petit détail.
Au bout d'un des escaliers, une porte différente des autres, là où l'on avait ailleurs que le souci de l'efficacité, avec les lourdes portes hermétiques en fer, ici, la fonction était autant décorative qu'utile. Une porte en bois, sculpté de petits motifs, avec une plaque au milieu, calligraphiée du nom du propriétaire du bureau, vraisemblablement notre grand manitou, alias "M. Karl deJones, responsable des opérations", sans doute le dernier vestige d'une ancienne famille illustre au vu de la particule qui trônait au milieu de son nom.
Tito lâcha provisoirement mon bras pour ouvrir cette oeuvre d'art que le commun des mortels aurait qualifié de porte, mais il n'entra pas. Il se contenta de me regarder d'un air fixe, vide, rappelant vaguement le ruminant en pleine phase de digestion. Igor crut bon de rajouter:
"C'est ici qu'on s'arrête. Toi tu rentres."
Comprenant que ce lieu était le Saint des Saints, je vis dans cette invitation de monsieur deJones, un honneur plus qu'un réel affrontement. A la diplomatie, je préférais l'action, mais j'avais quand même quelques notions en la matière. Laissant mes deux gardes, je pénétrais dans l'enceinte sacrée.

Le bureau était tout aussi sophistiqué que la porte qui permettait d'y accéder. Un bureau assez ancien trônait au milieu de plusieurs fauteuils tous aussi ornementés. La tapisserie au tons pastels tranchait avec le bleu de la Bulle dont on voyait d'ailleurs l'intégralité d'ici. Me penchant vers les vitres sans tain, je pus admirer la fourmilière qu'était ce lieu, surplombé par la verrière qui distillait cette atmosphère de tranquillité apparente.
Un chanteur lyrique interrompit brutalement ma contemplation. Me retournant, je vis le maître des lieux, une télécommande à la main qui donnait des ordres à une chaîne située sur un des meubles chargés de livres et d'années.
"Verdi, fit mon interlocuteur, une des rares choses que j'envie aux contrées du monde qui ne connaissent pas les pokémons."
Saisissant cette première occasion pour lier une conversation, je relançais.
"Que voulez-vous dire par "qui ne connaissent pas les pokémons" ???
Le grand manitou sembla apprécier cette initiative.
"Il faut un climat très particulier pour que les bactéries évoluent en pokémons. Les animaux classiques leur sont nettement inférieurs. Et pour ne pas que des armées de scientifiques débarquent, on tait leur existence, d'un commun accord entre toutes les îles. C'est sans doute le seul point que nous ayons en commun avec vous à Sinnoh."
Devant mon air intrigué, il continua:
"Ah, j'avais oublié, tu es trop jeune pour être au courant. Un maître pokémon doit être majeur pour prendre le contrôle de l'île dont il est responsable. Mais nous ne sommes pas là pour ça, je t'en prie, prend un fauteuil..."

Dans son grand costume, il avait un port altier qui le rendait particulièrement imposant malgré une carrure plutôt moyenne. Il fit le tour du bureau, semblant bercé par la musique qui émanait des grandes enceintes murales. Mais je savais que derrière ce sourire béat se cachait une volonté de fer. S'asseyant sur le trône royal, il se remit à parler:
"Si ca ne tenait qu'à moi, il y'aurait longtemps que je vous aurais laissé partir d'ici. Vous nous êtes inutiles. Une petite prise de sang et hop, on n'a plus besoin de vous. Vous n'êtes qu'un souci supplémentaire à gérer."
Il fit une pause, pour me laisser ingurgiter tout ce qu'il me lançait à la figure. Et il y'avait de quoi. Si ce n'était pas lui qui voulait cette rétention, qui donc la souhaitait ???
"Mais vois-tu, continua t'il comme s'il m'avait entendu penser, j'ai des ordres, et si je veux éviter de perdre ma tête, je dois les appliquer.
-Vous pourriez tout laisser tomber aussi facilement que j'ai réussi à filer entre les doigts de vos gardes. Il vous suffit de vous ranger de notre côté. A nous tous, nous sommes bien plus puissants que vous le pensez. Vous savez certainement des choses qui nous seraient vitales et...
-Je crois que tu me surestimes, jeune homme, je ne suis qu'un pion parmi tant d'autres.
-Mais rien ne vous empèche de...
-Partir ??? termina t'il. De toute laisser tomber ??? Je ne suis pas stupide au point de donner mon temps à un dictateur fou si je ne pouvais pas en retirer une très grande satisfaction. Tout ce qui se passe dans la base est entièrement sous mon contrôle. Je n'ai de comptes à rendre qu'au Tyran toutes les semaines.
-Mais je croyais que nous étions inutiles ??? Que nous vous génions plus qu'autre chose ???
-C'est de devoir vous surveiller qui est gênant. Tout le reste n'est que pur bonheur pour moi. Et à vrai dire, je ne comprends même pas pourquoi on ne vous libère pas. De toute façon, vous serez tellement impuissants une fois que mon travail sera terminé."

Arrivait-on au moment où le grand méchant, sûr de lui et de sa victoire écrasante, se mettait à dévoiler tous ses plans à son ennemi impuissant avant de conclure sur un rire démoniaque ??? Malheureusement, celà ne se passait ainsi que dans les romans de gare, deJones préférant changer de sujet:
"Mais si tu es ici, ce n'est pas pour que je te parle de moi. J'ai une proposition à te faire. Une proposition honnête et raisonnable.
-Je crains le pire, mais dites toujours.
-Tu sembles être un dresseur puissant, un stratège hors-pair et qui plus est un être doué d'un pouvoir important. Tu as autorité parmi tes semblables et parmi les habitants de Sinnoh. Ce que je vais te proposer va te paraître sans doute inhumain, contre tous les principes pour lesquels tu t'es battu jusque là, mais pourtant, tu verras que tu en sortiras gagnant.
-Allons-y, vous voulez que je balance qui ???
-Je crois que tu te trompes, jeune homme. Tu n'as rien à nous apprendre. Ce que nous ne savons pas, tu es loin d'être la première personne à qui nous le demanderions."
Celà me rassurait, il ne savait donc pas que nous étions en contact avec la Nouvelle Armée et, mieux, que nous connaissions un des Elus manquants.
"Non, ce que nous te proposons, c'est de déposer les armes au nom de la nation de Sinnoh. En échange, tu auras la tutelle de cette île et tu pourras en faire ce que tu en voudras, du moment que tu respectes les volontés du Tyran."

Dans le genre "nouvelle épatante", celle-là avait la première place dans le classement.
"Et qu'est ce qui vous dit que je n'en profiterai pas pour m'enfuir ou pour rejoindre la résistance ???
-Tu es puissant et respecté parmi les tiens, c'est un fait, fit l'homme avec ce rictus si dérangeant. Mais face à la puissance que nous déploierons, tu n'es rien. Ni toi, ni les Elus, ni même les pokémons légendaires réunis ne pourront rien. Nous te proposons une alliance. Tu convaincras les Elus, j'en suis sûr, les Sinniens aussi. Tu en as le pouvoir d'après les lois du pays. Sois sûr que nous te protégerons en retour de toute tentative de coup d'état envers ta personne. Avoues que c'est tentant, avoir droit de vie ou de mort sur quiconque peuple Sinnoh. Et au vu de tes pouvoirs, tu rejoindras vite Dieu, Yahvé et autre Allah au panthéon des divinités."
Une offre comme ça ne se refusait pas. D'un côté, j'évitais les morts inutiles, et je limitais l'influence de Sento sur l'île sur laquelle j'étais né. De l'autre, je quittais cette prison de verre au plus vite et j'échappais au cauchemar de la chambre froide. Même si je devais laisser les clés du pouvoir au Tyran, j'en conservais les serrures, en somme. Je pourrais convaincre tout le monde. Les Elus emprisonnés ici gagnaient leur liberté, mes compagnons de route me faisaient confiance et...
Ed... son visage remplit de honte mon esprit. Comment pourrait-il accepter tout ça ??? Comment pourrait-il tolérer que je m'allie avec l'armée qui a tué sa mère, et Glacia, et cet homme de valeur qui avait partagé sa vie dans la cellule, Isaac au coeur bouillant de révolte mais aujourd'hui froid de la mort injuste qui l'avait frappé ??? Lui, je ne le convaincrais jamais, pas plus que Voltère, Aragon, Pierre, Owen, Norman, Spectra... Pas plus que ces héros qui, n'ayant en main que leurs balls et leur courage se sont toujours défendus de laisser tomber.

Mais comment pourrais-je les regarder dans les yeux, si moi, et les Elus dont j'étais responsable, avec des pouvoirs bien plus puissants que ceux entre les mains de la Nouvelle Armée, je ne faisais pas face au despote qui me tenait entre ses mains ??? Qui étais-je pour essayer d'éviter la souffrance alors qu'elle était omniprésente. Se rendre était un acte raisonné pour le bien de tous, mais je ne me rendais pas, je jouais l'avenir de Sinnoh pour me permettre un confort doré. Si j'acceptais, quelque fut l'or qui en ornerait les barreux, ce serait dans une cellule que je vivrais à tout jamais.
"Quelle est ta réponse ???, me fit deJones comme pour trancher au plus vite. J'en informerai le tyran au plus vite. Tu peux être dehors d'ici demain si tu le souhaites."
Bien que sachant ce qu'elle comprenait comme conséquences, ma décision était prise. Aussi claire que l'eau, aussi irrévocable que la mort:
"Vous avez perdu cette bataille des nerfs, monsieur deJones, et quelle que fut votre arme suprème, vous perdrez la guerre. Vous direz au grand despote à qui vous êtes aussi fidèle qu'un chien à son maître que je ne participerai pas à la trahison des miens. Maintenant appelez vos gardes qu'on en finisse et collez-moi dans cette chambre froide que vous me promettez depuis si longtemps."
Visiblement peu impressionné par ma réaction, le maître es "opérations bizarres et propositions douteuses" se contenta d'appuyer sur l'interphone qui trônait sur sa table:
"Il me faudrait une escorte pour la chambre froide... On verra si une semaine en enfer ne te fera pas changer d'avis."

Sans attendre d'y être invité, je quittais mon fauteuil et attendais les gardes devant la porte, tournant le dos à mon interlocuteur. Une dernière fois, il tenta de me convaincre:
"Tu n'as aucune chance de t'évader, tu le sais ???"
Une furieuse envie de lui coller ma main dans la figure me prit, mais j'avais mon idée sur la manière dont celà se finirait. En revanche, ma diplomatie progressait de plus en plus:
"Tout le monde commet des erreurs,... même vous et toute votre cliquaille de savants fous. Nous n'avons fait que commettre la première. Durant toute cette petite semaine, j'aurais tout le temps de trouver comment vous piéger. Et lorsque l'on sortira d'ici, soyez sûr que vous aurez commis votre dernière erreur. La dernière avant très longtemps."
Dans mon regard, la flamme de la déception s'était transformée en un brasier intense réclamant la chair d'un certain Karl deJones pour nourrir son feu.
Sans un regard vers lui, je sus que j'avais ouvert une voie vitale pour nous. Il doutait, et rien ne pourrait plus l'en empêcher, jusqu'à ce que nous soyons morts et enterrés.
La porte s'ouvrit sur les visages désormais familiers des deux géants au coeur de pierre. On ne le devinait pas comme ça, mais ma détermination était bien plus forte qu'il n'y paraissait. Laissant derrière moi le bureau du grand manitou, je redescendais à l'étage des simples mortels, dans la bulle que tout le monde connaissait. A l'opposé des cellules se trouvaient des portes. Empruntant l'une d'elle et decendant dans des couloirs tous plus tortueux les uns que les autres, je finis par arriver dans une pièce sommaire, agrémentée de quelques néons à la lumière blafarde. Un caisson trônait au milieu de la pièce, large comme un cercueil et encore moins long que ce dernier. Nul doute que c'était là que je passerai la prochaine semaine.

Dans ma tête, une voix se fit entendre, un choeur de voix endolories par la défaite. Un choeur de voix répondant au doux nom de Agathe, Nathan, Xavier, Alex... et le professeur, derrière eux reprenant cette plainte lancinante:
"On est avec toi, Lilian. On est avec toi..."
Dans la pagaille, personne ne leur avait donné leur cachet. Ils avaient donc encore un peu de liberté sur le Réseau. Mais je compris que dans ce groupe, Xavier n'avait rien dit. Et pour cause, lui et lui seul savait que rien de ce qu'il dirait ne serait utile ni même soulagerait cette épreuve d'une quelquonque manière que ce soit. Se contentant d'un signe de tête imaginaire, il me transmit toute son affection avant que la liaison soit brutalement interrompue.
Cherchant la raison de cette interruption, le vis une longue seringue plantée dans mon bras. Le même médecin qui m'avait fait la prise de sang à mon arrivée ici s'acharnait maintenant à faire rentrer un liquide bleuâtre dans mon corps. Décidément, il aimait bien enfoncer les trucs qui piquaient. Cherchant le but de ce produit, je compris dans un sursaut que c'était l'équivalent des sept jours de cachet que je n'ingérerais pas durant mon sejour dans cette caisse. Autant dire une dose bien plus importante que le petit cachet qui m'avait mis KO quelques jours plus tôt. Ressentant désormais cette sensation d'emprisonnement que je connaissais déjà malheureusement, j'eus à ce moment là un regret vis à vis de ma décision, sans doute héroïque, mais certainement stupide, avant que la douleur ne me transperce de part en part...
Je me rappelle seulement avoir été transporté dans ce mini-cercueil à même le sol avant qu'on referme le couvercle sur moi, comme pour symboliser cette petite mort. Ce qui se passa après, je n'en eus conscience que bien plus tard...

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
29 mars 2008 à 20:37:51

[Chapitre 51] Rêve éveillé:

//// ??? jours après le début des opérations ////
//// ??? jours après l'arrivée à Hoenn ////

Il fait noir, il fait froid. C'est tout ce que je sais. Je ne vois rien, je n'entends plus rien, et par dessus tout, je ne sens plus rien. Mon corps engourdi par la drogue ne réagit plus à aucune sensation. C'est à la fois bizarre et tellement terrorisant. A force de ne plus rien sentir, on en vient à se dire que ce sont nos sens qui sont malades. Je me crois aveugle, sourd et prisonnier d'un corps qui n'est plus le mien. Et j'ai peur... Peur du jour où l'on ouvrira cette fichue boîte et où je m'apercevrais que rien n'a changé, que je suis vraiment coupé du monde, sans yeux, sans oreilles, sans rien pour le contempler. Si ca se trouve, je suis déjà dehors, et tout celà s'est déjà produit.
A vrai dire, depuis combien de temps suis-je ici ??? Je n'en ai pas la moindre idée. Celà pourrait faire cinq minutes comme cinq années que je n'en saurais rien. On m'a peut-être oublié. Peut-être que la guerre est déjà finie, que tout le monde est mort.
Ou peut-être au contraire, est-ce moi qui suis mort.
A y réfléchir, la dose de médicaments dont on m'avait gavé avait du me laisser dans cet état depuis au moins la moitié de la semaine, si on en jugeait par l'effet déjà important que m'avait procuré une dose normale la première fois que je l'avais ingérée. C'était donc une bonne nouvelle. J'avais logiquement passé la moitié de mon calvaire, même si je n'avais plus aucune raison de croire que tout fut aussi logique qu'avant.
Si quelqu'un avait su ce qui se passait dans ce cercueil, il n'aurait sans doute pas parié sur ma stabilité mentale après celà. Mais personne ne savait ce qui se passait ici, et personne ne pourrait me tenir compagnie dans cette épreuve.
"Presque personne !!! Ne me sous-estime pas."

La voix semblait venir de partout et de nulle part à la fois. Une voix puissante, grave et mélodieuse, posée et en même temps capable de la plus grande colère si elle le voulait. Mon corps sembla tomber à la renverse, ce qui était un peu paradoxal au vu du peu d'espace que j'avais dans cette prison morbide.
Lorsque je me relevais, je compris que quelque chose de bizarre s'était produit. C'était comme si la caisse avait disparu, comme si tout avait disparu. Tout était toujours noir, non plus de l'obscurité d'une pièce close, la lumière ayant été éteinte, mais bien du vrai noir de la nuit sans Lune. Le fond de l'air était frais et humide, mais plus comme cette eau croupissante qu'on sentait, plutôt à la manière des sols herbeux de Sinnoh couverts par la rosée du matin. Un moment, je crus être de retour chez moi, mais ce fut avant que la voix ne reprenne:
"Désolé de te dire ça, mais tu es toujours au fond des mers, dans ta prison. Du moins ton corps y est..."
La voix se tut, et devant moi, un point lumieux apparut, transperçant la nuit de sa brillance éclatante. Il semblait tout petit, comme s'il était à des années-lumière de moi, puis il se rapprocha, ou tout du moins il donna l'illusion de se rapprocher en grandissant. N'ayant aucune indication spatiale sur l'endroit où je me trouvais, je ne pus émettre aucune suggestion à ce sujet.
Cependant, cette sensation ne m'était pas inconnue. J'avais entendu parler comme tout le monde de ces gens qui, ayant frôlé la mort, avaient déclaré avoir été dans un tunnel au bout duquel une puissante lumière les attirait. Mais dans ce cas, je devais faire face à l'évidence. Si j'avais raison sur la nature de cette lumière:
"Alors, je suis mort ???"

Un puissant rire éclata dans ce que je croyais désormais être la dernière route que j'emprunterais avant de terminer cette vie. Pour toute réponse, la grande lueur jaune s'agrandit encore et commença à prendre forme. Un long cylindre tout d'abord, duquel émergèrent quatre longs appendices qui finirent par toucher le sol. De l'autre côté, une forme effilée se dessina, dessinant ce que je reconnaissais désormais comme une tête. C'était un être vivant qui me faisait face. Mais n'était-ce pas l'ange de la mort ???
Soudain, au niveau du torse, des tentacules émergèrent, s'enroulant autour de celui-ci en un anneau que j'avais déjà vu... Je connaissais la personne qui me faisait face... ou plutôt le pokémon !!! Alors que la lumière éclatante se fit plus douce, laissant apparaître les traits de celui-ci, je sus à qui j'avais à faire.
"Arceus !!!
-Lui-même, ravi de voir que tu vas bien, malgré tout ce que tu subi.
-Comment m'as tu retrouvé ???
-Tu te rappelles que ce que vous appelez le satellite Aurore arrivait à repérer la Poussière que votre corps émettait.
-La Poussière ???
-Ce que tu connais sous le nom de particules Flash. Le satellite avait les moyens de le repérer sans problème. J'ai simplement fait la même chose avec le poison qu'il ont insinué dans tes veines.
-Et vu la dose massive qu'ils m'ont injecté, je devais être aussi visible qu'un phare en plein mer."
Le pokémon se prit à sourire pour confirmer mes dires, avant de prendre une expression beaucoup plus grave.
"Si je suis là, ce n'est pas que pour te tenir compagnie. Nous sommes en train de perdre cette guerre."

A ces mots, je m'assis dans cette immensité brumeuse. Sorbier eut été ici, il aurait reconnu le lieu ou il avait rencontré Dialga pour la première fois, juste après l'explosion du Batîment Galaxie. Tout ouïe à ce que me disait mon interlocuteur, je le laissais exposer le problème.
"Tes amis sont dans une fâcheuse posture, et s'ils tombent, plus rien ne pourra empêcher Sento de mettre les Elus à genoux."
Il marqua une pause, me laissant constater par moi-même les conséquences de cette affirmation.
"Je ne me mêle jamais des affaires des êtres inférieurs, tu le sais, mais cette fois-ci, si vous tombez, nous tombons tous, moi y compris. Je ne peux pas t'en dire beaucoup, car notre temps est imparti, mais j'en viendrais à l'essentiel.
-C'est à dire ??? demandais-je.
-J'ai lu votre évasion dans tes souvenirs, et j'ai tout de suite senti que quelque chose d'anormal s'était produit.
-Nous avons échoué, si c'est à celà que tu fais allusion.
-Ca je le sais, vous deviez forcément échouer. Le problème, c'est qu'il n'y avait pas que moi qui le savais."
Une lueur rouge s'alluma dans mon esprit, un signal d'alarme. En effet quelque chose ne tournait pas.
"Oui, bien sûr, compris-je, tout le monde ici savait que nous allions vers un cul-de-sac. Tout le monde connaît cette base. Sauf nous. Mais dans ce cas, pourquoi tant de forces pour nous cueillir ???"
Arceus sourit à nouveau, avant de rajouter:
"Voilà la bonne question. Pourquoi vous a t'on fait croire que vous pouviez vous échapper ???"

J'eus une nouvelle vision sur la chose. Je revivais notre évasion à l'envers, depuis la salle de repos du personnel, je revenais dans les couloirs. Mais aucune porte ne se trouvait sur nos flancs, hormi la grande porte verte par laquelle j'étais arrivé et dont je savais qu'elle ne menait que sur une pièce vide et sans autre issue. Je remontais donc encore le temps, sur la passerelle, il n'y avait que cette porte et un autre escalier qui menait au nid d'aigle. Pas d'issue encore. Revenant au pied des escaliers, je ne me remémorais aucune autre porte après avoir libéré les Elus de leurs prisons.
"C'était la seule issue, il n'y avait que cet endroit où nous pouvions espérer partir.
-Il n'y avait que cette PORTE, très cher, pas que cette issue."
Je ne comprenais pas la nuance qu'Arceus voulait me faire deviner. Et puis je revis la silouhette magistrale du tube central. Un tel mystère entourait ce lieu qu'on en oubliait presque qu'il pouvait cacher des secrets bien moins importants. Et dire que je n'avais rien voulu remarquer.
"Le tube est la sortie !!! éclatais-je soudain."
Ma voix résonna longtemps dans le vide alors qu'Arceus montrait sa satisfaction par un nouveau sourire sybillin.
"Et si ces gens veulent qu'on pense que la sortie est ailleurs, c'est parce qu'il n'y a pas qu'une sortie là bas."
Je venais de comprendre pourquoi nous arrivions tous à l'intérieur de la bulle dans la pièce dans laquelle je m'étais reveillé. On ne rentrait pas par là en fait, on ne faisait que se réveiller là-bas. Pendant notre sommeil, on nous faisait descendre dans le tube avant de nous laisser nous réveiller dans cette pièce. Je ne connaissais pas la version des autres, mais il y'avait fort à parier qu'ils avaient été aussi drogués. Et mon anesthésie leur avait épargné ce souci.

Il y'avait donc quelque chose de caché dans ce fameux tube, mais il y'avait aussi la sortie de ce lieu de perdition. Cependant cette question en soulevait une autre.
"Pourquoi ne nous ont-ils tout simplement pas arrêtés au moment où nous mettions notre plan en action ???"
Arceus sourit sans répondre. Son corps flottait désormais en l'air et il reprenait sa forme énergétique première.
"Attends, ne pars pas, tu as dis que tu avais besoin de moi, mais moi aussi j'ai besoin de réponses.
-Tu trouveras la réponse tout seul à cette question, répondit le Dieu pokémon. Mon travail est terminé. Bonne chance."
Il finit par disparaître, et je me retrouvais seul dans le noir de cette immense pièce...
Avant de me réveiller dans l'obscure froideur du cercueil.
Tout celà n'avait donc été qu'un rêve ??? Personnellement, je pensais à une version plus poussée du Réseau que Agathe avait (ou tout du moins croyait avoir) inventé, mais celà n'était pas mon souci. La question que j'avais posé à Arceus me revenait des centaines de fois dans la tête, tapant encore plus fort qu'une migraine dans mon crâne. J'avais une réponse cruciale au bout des lèvres mais elle refusait de sortir.
Pourquoi nous laisser espérer et ne pas nous attraper au plus vite ??? Pourquoi cette mascarade ??? Quel intérêt avait-on à être bloqué par un mur plutôt que par un garde qui aurait prévu notre évasion ??? Pourquoi se...
La réponse que j'attendais me frappa avec toute la violence qu'elle contenait. Un mur qui nous bloquait, on ne pouvait en imputer la faute qu'à une erreur de tactique de notre part, par contre si quelqu'un venait se mettre pile là où on ne l'attendait pas, là où nous étions les plus vulnérables, bien souvent, il n'y avait que deux possibilités. Ou bien il était meilleur tacticien que nous, ou bien il avait mis une taupe parmi nous... Et en matière de taupe...
"Un des Elus nous a trahi !!!" lâchais-je dans un murmure alors qu'un infime rai de lumière se propageait dans ma prison.

Arceus me confirmait-il cette version des choses par ce signe ??? Dans ma tête une voix résonna:
"Cette lumière n'est pas la mienne, mais j'y suis un peu pour quelque chose. Le temps passe tellement plus vite quand on l'aide un peu..."
Derrière ces paroles énigmatiques se cachait, je le comprenais, un petit coup de pouce de la part de la divinité supérieure. Les sept jours étaient finis, et ils n'avaient duré pour moi que bien moins.
"C'était la moindre des choses que je puisse faire. Après tout, comme je n'avais que ce moyen pour te contacter, j'ai du un peu brusquer les choses."
Le mécanisme se découvrait dans ma tête. Arceus avait manipulé les pensées des gens présents, moi y compris, pour que je me retrouve dans la chambre froide après mon échec. Je n'avais en aucun cas été courageux à outrance, j'avais simplement suivi sa volonté, ainsi que tout le monde ici. Une fois drogué par les médicaments, j'étais visible par lui comme le nez au milieu de la figure, et il m'avait retrouvé pour me faire part de son aide.
Le couvercle s'ouvrit enfin sur la lumière qui me semblait désormais tellement éclatante qu'elle m'en brûlait les yeux. Alors que de puissants bras me tiraient hors de là, une voix me demanda:
"Alors, comment s'est passé ton petit séjour ???"
Sans que personne ne comprenne tout ce qui s'était passé, j'éclatais d'un rire puissant, un rire nerveux qui emplit le vide de la pièce avec des résonnances de folie qui remontèrent jusque dans les couloirs. Si quelqu'un avait tendu l'oreille, il n'aurait pas traîné longtemps dans le coin.

Alors que mes yeux se réhabituaient progressivement à la lumière, je m'aperçus que l'on me portait vers ma cellule. Je ressentais à nouveau tout presque normalement, et en particulier une faim et une soif du diable. Sept jours dans cette pièce m'avaient mis dans un état pitoyable, mais à n'en pas douter, ca aurait pu être nettement pire sans l'intervention d'Arceus, la déshydratation aurait pu me tuer bien plus sûrement que toutes les balles qui fusaient dans les batailles sur les terres.
La lumière devenait plus supportable à mesure que je avançais vers ma désormais familière cellule. Les effets psychologiques de cette semaine avaient eux aussi été limités, mais je sentais comme un bourdonnement dans ma tête, qui ne m'avait pas quitté une seule seconde depuis ma sortie. Les effets pervers de cette drogue commençaient à me bouffer le cerveau. Comme un impotent, je me fis allonger sur ma couchette sans tout comprendre à ce qui se passait.
Je n'avais rien dit depuis ma sortie du cercueil, mais je n'en pensais pas moins. Simplement, depuis que j'avais compris que l'un des nôtres était une balance, je ne pourrais rien dire. Mais d'un autre côté, celà devenait une motivation pour moi... trouver celui d'entre nous qui avait voulu celà. Et lui faire payer cher...
Très cher...

siph07
siph07
Niveau 7
30 mars 2008 à 22:50:17

voila que l'instabilité du vent est révélé et que la brise va etre demasquer letre survolant les honnettes va etre eradiqué. :cool: . toujours aussi bien n'arrete pas

Nyarno_iz_back
Nyarno_iz_back
Niveau 10
31 mars 2008 à 12:08:34

Putain mais SIPH07 quand est-ce que tu vas t'arrêter de spoiler? Tu sais qu'à cause de tes conneries, il a failli arrêter sa fic? T'es lourd mon gars, mais t'es louuuuurd!
________________________
"Je crève
Parlez-moi, Parlez-moi
Si vous trouviez les mots dont j'ai besoin, vous me délivreriez de ce qui m'étouffe" - Charles Juliet, Lambeaux

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
31 mars 2008 à 20:21:00

Siph07 : C'est de l'irrespect de spoiler comme ça !
Tu te rends compte que tu mines le moral des lecteurs et de l'écrivain ?
Je trouve ça honteux. Garde tes réflexions pour toi !
Ca va pa te tuer !
Punaise... Mais c'que ça m'énerve !

siph07
siph07
Niveau 7
04 avril 2008 à 17:15:51

alors deja je m'excuse devoir deranger. apres niveau spoiler, faudrai deja que je sache ce qui va ce passer et etant donner que je lis la fic en meme temps que vous et que je ne voi pas dans lavenir ces n'est pas un spoil. mais désolé quand meme je le ferai plus

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
05 avril 2008 à 17:07:56

[Chapitre 52] Trahisons... [Partie 1]:

Les abysses de la mer... la mer bleu azur se reflétant à perte de vue... la vue qui me revient petit à petit... le petit détail qui me tracasse dans ma tête... la tête que va faire le professeur... le professeur qui pourrait très bien être le traître... le traître qui va finir au bout d'une corde longue et solide... la solide rancoeur que j'ai dans l'âme... l'âme dans un trop faible corps... le corps allongé sur cette maudite couchette... la couchette qui trône au milieu de cette cellule... de cette cellule dans les abysses...
Alors que cette boucle sans fin me fait sourire, je sens que le coeur n'y est pas. Peut-être parce que cette boucle est justement sans fin. Tel le pendule maléfique entraînant ses oscillations en faisant tourner toujours plus de rouages, l'impression que les choses n'avancent pas me trotte désespérément en tête. Je n'ai pas réussi à prendre contact avec les autres,... peut-être aussi parce que je n'ai pas voulu. En cette nuit sombre et si troublante, je suis obnubilé par cette question... Qui ???
Qui a osé trahir les Elus, ses frères d'armes, ses amis, les seules personnes qui pourraient vraiment le comprendre ??? Qui est la personne qui renseigne ces savants fous sur nos plans ??? Qui est la taupe prête à tout pour un semblant de vie meilleure ??? Pour la cage dorée que j'ai refusée, il y'a semble t'il une éternité, qui a pris ma place ???

Alors que dans ma tête, les rouages se dévoilent les uns après les autres, le dernier rouage, l'ultime, le nom du traître reste inconnu. La manipulation destinée à m'obliger à donner Sinnoh en pâture à Sento, l'espoir de fuite qui n'était qu'une raison comme une autre de me convoquer dans le nid d'aigle de ce cher deJones... Tout celà s'imbriquait maintenant avec perfection, la dernière pièce du puzzle restant cependant introuvable. Quel nom portait-elle ???
Xavier, qui aurait réellement voulu que je n'arrive pas à faire mieux que lui en matière d'évasion ???
Agathe qui aurait créé le Réseau pour que nous lâchions toutes nos confidences ???
Nathan, si mystérieux dont le silence reflèterait sa gène ???
Alex, trop jeune pour supporter ces conditions ???
Le professeur, qui aurait vécu bien trop de choses et qui ne souhaitait qu'en finir ???
Al, le seul à partager ma cellule et les informations dont j'étais le seul gardien ???
Nero, qui simulerait son inapétence pour mieux nous flouer ???
Ou bien cette mystérieuse élue du sol, qui voulait tout sauf partir sans connaître le secret du pilier ???
J'en venais à douter de tout le monde, même de moi-même. Après tout, ces docteurs savaient bien nous priver de nos pouvoirs, ils pouvaient aussi nous priver de la confidentialité de nos pensées.

Instinctivement, j'en venais au garçon manqué... A cette mystérieuse fille au caractère si bien trempé qu'il en devenait presque agaçant. Parmi mes théories, j'en avais énoncé des invraisemblables, je le savais... Mais elle, elle avait vraiment une raison. Tout le reste ne tenait que de suppositions hasardeuses, mais certes réalisables dans cet environnement malsain qui vous détruisait le cerveau à petit feu, tout comme cette drogue malsaine qui finissait de me consumer.
Cette fille avait quelque chose à cacher, ca se lisait dans son regard, dans sa manière de me rejeter à chaque question que je lui posais. Elle gardait une distance de sécurité pour ne pas être démasquée. Et son secret devait évidemment être fort lourd pour qu'elle n'en parle à aucun des Elus. Le genre de secrets qu'on ne révèle jamais sous peine de perdre la confiance de beaucoup de personnes.
Il était tard, tout du moins, c'était ce que je supposais au vu du sommeil de mon compagnon de cellule. Sept jours s'étaient écoulés ??? Je n'avais été conscient que du dialogue avec Arceus, alors rien n'était moins sûr. Cependant, une libération anticipée semblait fort peu probable. J'en venais donc à croire que les dernières paroles qu'on m'avaient adressé avant de m'enfermer étaient vraies. Si tout celà était vrai alors...

//// 95 jours après le début des opérations ////
//// 78 jours après l'arrivée à Hoenn ////

Alors en me réveillant le lendemain, je fêtais ainsi mes onze jours de captivité. Le temps avait passé à une vitesse étonnament lente. Dans ma tête, j'avais l'impression d'avoir passé des mois ici. Plus de soleil pour régler mon horloge interne, une routine sans aucune fantaisie, tel était mon quotidien désormais.
Je laissais tomber ces pensées philosophiques en posant le regard sur Al. Encore endormi, ce dernier me faisait un peu pitié. Poursuivi par Sento pendant tout ce temps, il avait finalement tout perdu en arrivant ici comme nous tous...
Comme nous tous... Lorsque cette pensée se formula, je compris que j'avais fait une erreur. Aucun élu n'oserait trahir les autres. Nous étions tous dans la même galère, aucun n'avait d'avantage sur les autres, et les conditions de vie étaient encore raisonnablement décentes pour qu'une cohésion existe entre nous.
A moins que l'un de nous ne soit pas celui qu'il prétendait être. A nouveau, je constatais la même chose. Agathe, Nathan, Xavier, Alex, tous ces gens étaient sur le réseau. Al avait fait la démonstration de ses pouvoirs, et Nero était lié à Dante par ce lien si particulier qu'on appelait la famille. Seule la soi-disant élue du sol n'avait pu me faire la démonstration d'un quelconque pouvoir. Et pour cause...
"Je savais que quelque chose ne tournait pas rond, fit une voix dans ma tête."

Mes yeux se brouillèrent, la cellule devint floue pour finalement être remplacée par les murs de fumée du Réseau. La voix était celle de Xavier, convaincue au possible. Sans le vouloir, j'avais laissé les autres me contacter. Un déclic s'était produit dans mon esprit alors que je rayais leurs noms de la liste des suspects.
"Tu es bien plus doué que je ne le croyais... me fit Xavier. A la sortie de ces 7 jours, j'étais aussi réactif qu'un légume, et toi, on dirait que tu résoud un casse-tête pour bébé avec un cerveau de mathématicien chevronné."
Conscient que toutes mes pensées leurs étaient parvenues, je crus bon de m'excuser pour les avoir soupsçonnés.
"Pas la peine, fit Agathe, on a compris. Après avoir passé une semaine là dedans, tu es capable de tout. J'ai vu bien pire quand Xav en est sorti. Ta suspicion était justifiée...
-Quand je pense qu'on le savait depuis le début... réenchérit Xavier. C'est toi qui lui a parlé du plan d'évasion ???"
Honteux, je rougissais presque... C'était mes stupides idées sur la bonté de l'être humain qui avaient tout fait planté.
"Peut-être qu'il a fait confiance à la mauvaise personne, fit la voix calme du professeur, mais ce n'est pas lui qui a choisi de condamner tous les autres. C'est elle."
Je lâchais un soupir de soulagement. Le professeur me connaissait bien, il pouvait me soutenir. Mais le procès semblait déjà gagné, pour ce que je voyais le sourire illuminer le visage des avatars de mes compagnons d'infortune.
"Tu n'as fait que te faire rouler comme n'importe lequel d'entre nous, conclut Sorbier. Rien de plus."

Alors que j'allais remercier chaleureusement mes amis pour m'avoir renouvellé cette confiance, un cri assourdissant déchira le Réseau.
"Bon sang, c'est quoi ce bazar, hurlais-je pour couvrir le bruit, sans succès...
-C'est l'autre demeuré, m'expliqua Agathe en se rapprochant de moi pour être audible. Quand il s'infiltre sur le Réseau, ca craint. Il est autant silencieux à l'extérieur que bruyant quand il pique sa crise ici. Je crois que notre session d'aujourd'hui va se terminer..."
Devant le boucan insoutenable que faisait l'importun, je comprenais bien qu'il serait dur de continuer à parler, voire même de tenir tout simplement sous les plaintes déchirantes. De quoi nous rendre fous... Me retournant, je vis la silhouette de Nero derrière, hurlant à pleins poumons...
"Et il n'y a pas moyen de le calmer ??? demandais-je à la conceptrice du Réseau. Ou de le faire dégager...
-Impossible, à lui tout seul, il a plus de poids que nous sur le Réseau...
-Tu m'étonnes... fis-je pour moi-même.
-De quoi ???
-Je dis TU M'ETONNES !!! C'EST L'ELU PSYCHIQUE, LA TRANSMISSION DE PENSEE, C'EST SON DOMAINE... fis-je plus qu'agacé de devoir m'égosiller pour être audible... BON SANG, NERO, TAIS-TOI !!!
-Ca sert à rien, il ne réagit même pas à... commença Xavier. Eh, mais..."

En effet, chacun de nous l'avait remarqué. Le silence était revenu. M'approchant de Nero, redevenu calme, je le vis soudain diffus, épars, un peu comme un programme télé avec une antenne mal réglée. Je compris que c'était son avatar qui reflétait ainsi un bouleversement physique profond...
"Comment t'as fait ??? me demanda Agathe, ca fait des mois qu'il nous hurle régulièrement dessus sans qu'on ne puisse rien faire..."
A vrai dire, je ne savais pas, ce fut Sorbier qui trouva la solution.
"Nero, c'est son prénom, c'est ce pas ???
-Oui, je le sais parce que j'ai croisé son fère avant de finir ici... expliquais-je.
-Hmm, je vois. Personne ici ne le connaissait, continua Sorbier. En l'appelant par son prénom, tu as prouvé que tu étais un allié. Un ennemi n'arriverait certainement pas à tirer quoi que ce soit de lui, même pas son nom.
-Je vois, fis-je avec admiration devant le stratagème des deux frères. Son esprit se verrouille quand il se fait capturer et Dante ne le repère plus. C'est pour ça qu'il avait besoin d'un intermédiaire.
-Oulà, je comprends rien, moi, c'est qui Dante ??? lança Nathan du fond d'un fauteuil de cuir..."
Ce que j'espérais de tout mon coeur était pourtant simple (pour ceux qui connaissaient Dante, certes). Si Nero avait réagi comme je le pensais à l'appel de son prénom, alors je n'avais pas réussi qu'à le faire taire. Il redevenait humain, et pleinement conscient de ses actes... Ce changement brutal expliquait certainement les difficultés qu'il avait à se maintenir sur le Réseau.
Soudain, sans même nous laisser le temps de lui parler, il disparut.

"Oh, ben mince alors, il est passé où ??? demanda Nathan.
-Ici, fit une voix derrière lui et Alex."
Un cri de stupeur retentit. Le temps de me retourner, il n'y avait plus rien derrière eux. Mais mon intuition de dresseur me disait que le danger n'était pas parti. Sans même laisser le temps à quiconque de réagir, je me retournai à nouveau. Il était bien derrière moi. Son visage s'était transformé. Ses cheveux longs et blancs viraient désormais au gris, puis à un noir de jais et ce, à vue d'oeil. Son visage ravagé par son abscence mentale retrouvait des couleurs et sa lèvre gauche reprenait enfin une place normale, comparée à celle d'où elle pendait, lamentable, habituellement.
Il disparut à nouveau de mon champ de vision.
"Nero, arrête de jouer les gamins, fis-je. J'ai l'impression que tu ne sais pas où on est là..."
Pour toute réponse, des bruits se succédèrent autour de moi. Il se téléportait dans ce lieu psychique avec aisance.
"Je te prie de m'excuser, fit-il au cours des ses trajets incessants, mais ce lieu est l'endroit rêvé pour exprimer mes talents. Et puis ce n'est pas tous les jours qu'on sort de plusieurs mois de léthargie comateuse... Ouah, j'avais presque oublié à quel point c'était amusant..."
Il était à son aise dans cet environnement immatériel, mais c'était Agathe qui en connaissait tous les secrets. Un lourd mur se matérialisa au milieu de nulle part, et Nero alla s'écraser lamentablement dessus.
"Aïe, ca fait mal, conclut-t'il après une série de déductions certainement très dures à trouver.
-Ce n'est qu'un produit de ton imagination, répliqua Agathe. Et tu ne sentiras rien à ta sortie du réseau si tu veux tout savoir."

L'avatar de Nero se releva, un sourire au coin des lèvres. Une sensation familière m'envoûta. Lui aussi voulait fouiller dans nos souvenirs comme l'avait fait son frère. Mais cette fois-ci, je ne me laissais pas faire, et sélectionnais uniquement les informations qu'il avait besoin de savoir.
"Vous faites une erreur monumentale, lança subitement le nouveau venu.
-Et peut-on savoir à quel sujet ??? demanda Agathe.
-L'espion que vous cherchez... Ce n'est pas Megan.
-Mais de qui il parle ??? se plaignit Nathan...
-De l'élue du sol. Elle n'a jamais dit son nom à personne, comprit Xavier. Mais comment peux-tu en être aussi sûr ??? Nous avons toutes les preuves qu'elle...
-Désolé, fit-il en hochant la tête, vous n'avez que des suppositions à son sujet. J'ai longtemps pu la cotoyer. Et pendant que vous vous amusiez sur ce "Réseau", c'est ça ??? j'ai passé des mois à la cotoyer. C'est une élue comme vous, et au fond d'elle, elle veut partir, comme vous. Elle a un lourd secret, certes, mais ce n'est pas celui-là.
-Et c'est quoi alors ??? continua Xavier, dubitatif.
-Elle a une volonté d'acier, et elle ne m'a pas laissé rentrer là. Mais ca ne concerne pas l'évasion.
-Mais dans ce cas, qui a pu nous trahir, fit Sorbier ???
-Aucun élu n'a pu faire ça, affirmais-je. Pourtant, si elle en est une... alors je n'ai plus de suspect possible.
-Allons Lilian, fit Nero, c'est évident. Quel est la seule personne à ne pas être ici hormi Megan ???"

La réponse me brûlait les lèvres, pourtant, lui, je l'avais vu utiliser ses pouvoirs.
"Tu as vu des pouvoirs, mais les pokémons en ont eux aussi, m'expliqua Nero en analysant les souvenirs auquels je lui laissais désormais un libre accès.
-Il n'avait aucune ball ce jour là. Et j'ai vu la marque sur sa main, c'est un élu...
-Tu as vu ce qu'il voulait que tu voies... conclua mon interlocuteur."
D'un coup, quelque chose en moi se cassa. Il y'avait bien un pokémon ce jour là. Un Mentali qui au lieu de s'enfuir courait vers le foyer de l'incendie. Et sa marque, son auréole... Il avait très bien pu se faire tatouer quelque chose de semblable. Je lui avais serré la main sans vérifier avant d'aller trouver Kim et au retour, il était plâtré... Il avait dit qu'il ne pouvait porter personne d'autre avec lui... Tout simplement parce que ce n'était pas lui qui volait. Bon sang j'aurais du le voir, j'aurais du deviner que c'était l'aura d'un pokémon psy et pas un pouvoir d'élu. J'en avais vu des milliers au cours de mes combats.
Tout devenait clair. Il ne m'avait pas abordé ce jour là à Bonville parce qu'il avait lu une des annonces, mais parce qu'il savait que je serais là... Pour s'introduire auprès de nous tous. Il ne quittait pas la cellule pour des examens, mais pour balancer ce qu'il savait sur moi. Il n'hésitait pas parce qu'il avait peur d'être entendu par des micros, il hésitait parce qu'il devait rendre son histoire vraisemblable, sans contradictions. Xavier ne l'avait pas vu pour son premier jour car il n'était pas là. On l'avait affecté à cette mission juste avant que j'arrive ici.
Ma stupidité me mit vraiment mal à l'aise. Je lâchais un nom, un seul avant de me réveiller.
"Al, cet enfoiré de Al... C'est lui le traître..."

[A SUIVRE]

Tu comprends à quel point ton spoil était malvenu siph ??? Bon, allez, je vais pas non plus faire chier tout le monde... On tourne la page, mais essaye de ne pas recommencer...

siph07
siph07
Niveau 7
05 avril 2008 à 19:43:17

oui je comprend mais je n'y peut rien je me suis dit que si on fesai un gros plan sur un pokemon psy lors de la presentation d'un elu du vol s'etai pas pour rien, ensuite comme par hazard un arbre trancher net leur tombe sur la gue... et des qu'il lui dise ou es le QG uils se font attaquer, deja jetai tres soupsonneux, ensuite c'est le seul "elu" a partager sa celule avec un autre et le plan foir... en plus il fait aucune apparition sur le reseau..... dc jetait tres soupconneux et es voulu exprimer mes idées mais je les garderai pour moi dorenavant.... promis

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