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[Fic] La voie des élus

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
02 février 2008 à 18:21:00

[Chapitre 35] Le vent divin:

Le compte à rebours avançait à une vitesse désagréablement rapide. Déjà, les silos s'illuminaient de lueurs bizzaroïdes, des diodes indiquant que telle fonction était en état ou telle autre nécessitait un entretien, et on pouvait sentir qu'ils entraînaient les murs dans une vibration qui ne présageait rien de bon.
"T'en as pour longtemps ??? demandais-je inquiet à Silver.
-Nettement moins si tu ne me poses pas cette question toutes les 5 secondes.
-Bon d'accord, je me tais."
Et pourtant, je devais faire quelque chose. Je me sentais profondément inutile et celà m'était très désagréable.
Soudain, une grande lueur emplit la pièce. Des écrans, des projecteurs, des voyants, tout celà s'alluma et la pièce quitta son obscurité pour redevenir une salle de travail digne de ce nom.
"Ca y est, j'ai récupéré un semblant de système, fit Silver. Mais je n'ai que les fonctions basiques.
-Du genre ??? demanda Owen.
-Du genre caméras, systèmes de ventilation, alarmes, mais rien qui concerne de près ou de loin les satellites ou les missiles.
-Ca me suffit pour le moment, fit-il. Au moins, on a des yeux sur ce qui se passe à l'extérieur. Kim et Iris, vous surveillez ces caméras. Antoine, tu t'occupe des alarmes. Aurore et moi, on surveillera les abords de la salle. On va essayer de donner un maximum de temps à Silver pour qu'il puisse lancer ces missiles."

"Et moi, je fais quoi ??? demandais-je avec le désagréable sentiment d'avoir été oublié.
-Toi, tu pries, et tu aides Silver s'il en a besoin, c'est toi qui est le plus susceptible d'avoir les pouvoirs adaptés pour accélérer les choses. Et on ne peut pas prendre les risques de te mettre en première ligne vu que tu es notre ticket de sortie."
Aussitôt dit, il partit avec Aurore pour s'assurer que personne ne viendrait nous poser problème du côté des décombres de l'escalier. Les filles se postèrent devant les caméras et après un bref coup d'oeil à celles-ci, Iris m'informa de la situation:
"Ils sont au bas mot une centaine dehors, mais personne ne tente rien pour le moment."
De son côté, Antoine me fit un signe de tête négatif. Aucune alarme n'avait été déclenchée depuis que nous les avions remises en route. Il ne restait donc plus que Silver.
"On a quoi ??? demandais-je en me rapprochant de l'ordinateur principal qui trônait au milieu de la pièce.
-Le système est totalement opérationnel, du moins, je pense. Mais il me faut trouver l'accès aux logiciels qui repèrent les satellites, à ceux qui calculent les trajectoires des missiles et enfin à ceux qui ouvrent le toit des silos. Autant dire qu'il y'a du boulot."

La contre-attaque était lancée. Nous n'étions pas invulnérables, les silos nous réduiraient de toute façon en cendres d'ici 3 minutes 42, mais nous savions quoi faire.
"Ne t'occupe pas du toit des silos, je devrais pouvoir les ouvrir avec mes pouvoirs.
-Tu n'auras jamais le temps. Il nous reste tout juste assez de temps pour en ouvrir trois. Ce sont des verrins hydrauliques qui résistent à une pression importante.
-Je croyais que tu ne savais rien de ce qui concernait les silos ???
-Je ne sais pas comment m'en servir mais je fouille dans les données depuis déjà presque deux minutes et j'ai appris plein de choses. Quatre verrins hydrauliques maintiennent chaque silo fermé. La couche de métal du toit a une épaisseur de 20 centimètres, récita t'il."
Trois silos au maximum ??? Certes, c'était peu, mais ca nous laissait trois essais pour atteindre l'Aurore. Sauf que l'explosion des missiles dans leurs silos réduirait certainement les autres en cendres avant qu'ils n'aient pu décoller.
"Si seulement on était deux..."
Antoine se détourna alors un moment de ses écrans de contrôle.
"Mais tu peux avoir de l'aide si tu veux, fit-il comme s'il avait eu une illumination. Qaund tu n'avais pas encore tes pouvoirs, il y'avait déjà quelqu'un qui pouvait faire ce que tu fais aujourd'hui."
Mais bien sûr, comment avais-je pu l'oublier. Portant une main à ma ceinture, je pris la première ball et la lançais:
"Palkia, au boulot !!!"

Celà faisait longtemps que je n'avais pas eu besoin de mon vieil ami. A peine fut-il sorti de sa ball qu'il sembla me faire des reproches de ses grands yeux rouges.
"J'ai fini par croire que tu avais oublié jusqu'à mon existence."
Sa voix résonna dans ma tête. Je me demandais maintenant comme j'avais fait pour tenir sans sa présence imposante mais rassurante à mes côtés.
"Je rêve où... commença Iris.
-... Il a parlé, termina Kim."
Ah oui, j'avais oublié de les informer de ce léger détail.
"Lorsque nous nous sommes battus au sommet du Mont Couronné, nous avons découvert qu'on pouvait comprendre certains pokémons, uniquement des légendaires pour le moment. Mais bon, continuais-je à l'attention de mon compagnon des temps bénis où je n'était qu'un simple dresseur, si tu veux me faire des reproches, attends qu'on soit tirés d'affaire. Si on n'a pas réussi à ouvrir le toit de ces silos, ils vont tous nous exploser à la figure."
A peine eus-je fini ma phrase que des grandes lumières inondaient la salle, via les silos. Un crissement de métal plié se fit entendre. En quelques secondes, Palkia avait ouvert tous les silos de sa puissance incommensurable.

Je me croyais fort avec mes pouvoirs, j'avais cru, pendant ces mois de batailles et de quête que j'étais devenu un surhomme, l'égal de ce pokémon surpuissant mais je m'aperçus que je n'étais encore qu'une misérable petite bestiole comparé à lui.
"Alors çà, c'était du boulot, fit Silver.
-Retourne à tes claviers, fis-je brusquement, on a peu de temps."
En effet, nous avions dépassé la moitié du temps qui nous était imparti. Déjà, le chronomètre indiquait 2 minutes 23. Et ce n'était pas çà le pire.
Aurore arriva en courant dans la pièce, elle semblait affollée.
"Ils arrivent, ils arrivent.
-Du calme, Aurore, fis-je, qui arrive ???
-Les soldats, répondit Iris, je viens de les voir sur un des écrans, ils viennent de rentrer en masse.
-Oui, confirma Aurore, et ils sont en train de chercher à descendre, ils ont de quoi ouvrir le passage et une fois ce passage ouvert, ils vont nous déferler dessus."
Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, Palkia s'avança d'un pas lourd. Il n'avait plus combattu depuis longtemps et ca devait le démanger de lancer quelques attaques bien placées.
"Je m'occupe des trouble-fête, fit-il en pensée. Occupez-vous de ce que vous devez faire."

Ainsi partit-il avec Aurore sur ses talons. De leur côté, Antoine, et Iris avaient dégainé leurs balls et partaient les rejoindre.
"Kim suffira amplement pour surveiller les caméras, m'expliqua Antoine, et puis il n'y plus grand chose à y voir de toute façon alors autant aller se battre."
Il n'avait pas tort, mais si Palkia était quasi-invincible, Antoine était nettement plus facile à trouer de balles. Pourvu qu'il ne leur arrive rien, à tous...
"Lilian, j'ai l'accès aux commandes des missiles !!! fit Silver dans un élan de joie non contrôlé.
-Enfin !!! Tu peux les lancer ???
-Je peux les lancer oui, mais je ne sais pas encore ce que je dois chercher. Le ciel est grand, figure-toi."
Je me rappellais ce que Arno m'avait dit via le DS, tout satellite avait une identification unique. Et j'avais noté quelque part celle de l'Aurore. Après un bref moment de fouilles, je sortis un bout de papier:
"Satellite Aurore, nomination précise AUR-658, si on a du temps après, je te dirais où envoyer les autres missiles."
Silver tapa l'identification que je lui avais donné. En quelques secondes, la carte du ciel fut automatiquement repositionnée sur l'endroit où se trouvait l'Aurore. Un coup d'oeil au grand écran m'apprit qu'il nous restait moins d'une minute trente avant que tout n'explose.

"On n'aura jamais le temps de les faire décoller, fis-je. C'est fichu, ils vont exploser avant d'avoir atteint leur cible.
-Non !!! me corrigea violemment Silver."
A nouveau il prit une voix monocorde comme s'il récitait quelque chose.
"Une fois lancé, le système de sécurité du missile se désynchronise du compte à rebours de la base, et il n'explose qu'une fois la cible atteinte. Rapport 3526 sur le mode de fonctionnement d..."
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il s'effondra dans de violentes convulsions.
"Silver, qu'est ce qu'il se passe ??? Tu m'entends ???"
Mais il se contentait de répéter des séries de numéros et de noms de rapports sans aucun contrôle.
"Kim, cours chercher Aurore !!!"
La jeune fille partit en direction de la porte de la salle. Comme si ca ne suffisait pas, elle recula alors que j'entendais un bruit d'explosion. La bataille avait commencé.
"Merde !!! laissais-je échapper."
Mais Kim ne se démonta pas. En voyant Silver à terre, elle sembla retrouver du courage et se lança au coeur de la bataille pour récupérer Aurore.

Je me tournais vers le grand ordinateur. Qu'est ce qui avait bien pu mettre Silver dans cet état ??? Il semblait avoir emmagasiné un grand nombre de données d'un coup. Cela aurait-il pu mettre son cerveau dans un état pareil ???
"Bon sang, c'est pas le moment de flancher, fis-je à Silver. J'ai besoin de toi."
Mais mon ami était dans un état critique. Je le savais mais je refusais de l'admettre. Au milieu de spasmes, il arriva à articuler:
"Tu... tu ne peux rien pour... moi... Aurore... arrive... toi... lance... missiles."
Je ne voulais pas, je me refusais à le laisser seul. Mais il usa d'un argument très persuasif:
"Un seul essai... tu l'as dit toi mê... Un... seul..."
Il avait raison, je ne pouvais rien pour lui, et il nous restait moins d'une minute. Il fallait lancer les missiles si on voulait pouvoir s'en sortir.
A contrecoeur, je laissais Silver se débattre contre la foule de données qui se batttait dans sa tête alors que je ressortais le papier. Sur l'écran, AUR-658 clignotait toujours avec "Aurore: satellite multi-fonctionnel" à côté. je rentrais les autres données:
"APO-536: Apollon, satellite surveillance large spectre
ARE-435: Arès, satellite d'armement, laser d'attaque terrestre à bord.
GUL-698: Gulf Stream, satellite de contrôle du climat, stade expérimental.
ECH-419: Echo, satellite relais de communications sécurisées
OME-263: Omega, satellite Anti-satellite, laser d'attaque spatiale à bord"

Une fois toutes les données rentrées, un message de confirmation s'afficha. La destruction de l'oeil et de nombreux bras armés de notre ennemi allait nous rendre la vie bien plus facile, et cette destruction était à une validation de nous. Le compte à rebours allait atteindre le Zéro fatidique dans quelques secondes, il n'était plus temps de savoir si Arno avait choisi les meilleurs satellites à faire dégager. Appuyant sur la touche Entrée, le message "Erreur, Désynchronisation des satellites, compte à rebours annulé" s'afficha, pour mon grand plaisir.
"On a réussi les gars, hurlais-je en me retournant, on se ti..."
Et je vis le corps étendu de Silver, il ne bougeait plus et du sang coulait de ses oreilles. Aurore était à ses côtés et dehors, une grande lumière éclaira le couloir. Une attaque Spatio-rift. Palkia faisait le ménage dans les rangs adverses. Au même moment, les vitres qui donnaient sur les silos se fermèrent par un rideau blindé et la salle trembla. Les missiles décollaient.
Dans cette ambiance apocalyptique, n'importe quelle personne extérieure à notre groupe aurait pu croire que tout était perdu, mais seul Silver était vraiment en danger. Kim nous rejoignit alors que son corps en flammes s'étéignait, telle une bougie qu'on souffle. Immédiatement elle se porta au chevet de Silver.
"Aurore, tu peux le soigner ???
-Il n'est pas loin de la mort, et je sens que son cerveau nous a fait un black-out total. Mais son corps devrait récupérer. Je ne peux pas le soigner ici. Il nous faut du calme. Tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend ne fait que saturer encore plus son cerveau. On doit partir."

Je courus rejoindre Iris, Antoine, Owen et Palkia. Personne ne semblait blessé. Mais ca ne saurait tarder si le combat s'éternisait.
"Repliez-vous !!! criais-je pour couvrir le bruit des attaques qui fusaient de tous côtés. Il faut qu'on parte !!!
-Il ne reste plus grand monde en face, me répliqua Owen, on finit le travail, il ne doit pas rester de témoins.
-On s'en fout, Silver est à terre !!!"
La réaction ne se fit pas attendre. Tout le monde laissa Palkia se battre seul et ils partirent, Iris en tête, rejoindre le blessé. Je rappelais mon pokémon dans sa ball alors qu'une nouvelle vague d'assaillants se lançait dans les décombres de l'escalier. Mais avant qu'ils n'aient pu tirer un coup, j'étais déjà de retour dans la salle des ordinateurs. Silver était dans un état qui semblait toujours grave mais on ne pouvait pas s'attarder là dessus.
"Vous êtes tous prèts ??? On y va."
Alors que nous quittions enfin cette salle, mon attention était entièrement occupée par l'état de Silver. Allait-il s'en sortir ??? Nous avions exécuté une mission très dangereuse, voire même suicidaire, mais il semblait ridicule et surtout profondément injuste que notre ami meure maintenant, alors qu'il était hors de danger. Lorsque nous fûmes tous téléportés en sécurité, Aurore allongea Silver sur le sol herbeux de Bourg-en-Vol. Alors seulement, je vis notre oeuvre.

Dans le ciel, de longues traînées de fumée s'élevaient. A leur sommet, les six missiles. Dans quelques minutes, l'Aurore appartiendrait au passé. La seule chose que j'espérais, c'était que Silver ne l'accompagnerait pas dans son funeste voyage. Dans le ciel, de l'autre côté, les nuées du Mont Chimnée montaient aussi dans le ciel, tel un signe que les dieux étaient avec nous.
"On a réussi... fis-je d'un ton songeur.
-Et Silver devrait s'en tirer si on le ménage pendant les prochaines heures, fit Aurore. J'ai réussi à le calmer mais il n'y a que lui qui puisse faire le vide dans sa tête.
-Même le volcan semble être content de voir qu'on a réussi, fit Owen. Vous avez vu la fumée qu'il crache ???
-J'ai remarqué ça en effet. Dommage qu'il soit tout juste midi. Avec le coucher du soleil ca aurait été beau à voir."
Kim se glissa entre nous deux.
"Euh, croyez moi, je m'y connais en matière de feu, et donc aussi en matière de fumée... Celle-là, ce n'est pas la fumée d'un volcan. C'est un incendie. Une fumée noire comme celle-là, c'est même un incendie important, genre bâtiments.
Un sentiment d'horreur nous traversa avec Kim lorsque nous comprîmes ce que celà voulait dire.
"Vermilava, fis-je horrifié. Ils ont profité que nous étions occupés à lancer les silos pour attaquer Vermilava !!!"

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
02 février 2008 à 18:21:45

Un petit clin d'oeil à Halo 1 dans ce chapitre, je vous laisse le trouver

yom38
yom38
Niveau 3
02 février 2008 à 20:01:49

je crois que j'ai trouvé!

est ce que c'est le satellite ECH-419: Echo?
dans halo 1 y'a une IA que s'appelle Echo-419

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
02 février 2008 à 23:42:29

En effet, echo 419 est le nom de code du vaisseau de transport des humains. Il explose juste avant la fin du jeu.
"Allo Cortana, ici echo 419..."

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
03 février 2008 à 15:59:37

[Chapitre 36] Days of ruin:

A Bourg-en Vol, rien ne laissait présager un quelconque désastre. La vie était paisible, les oiseaux gazouillaient tranquillement dans les sapins verts et autres arbres bourgeonnants... Mais au dessus de ces arbres, une épaisse fumée noire emplissait un coin du ciel. Vermilava était en feu, et vue la taille de la colonne de flammes, il était trop tard pour y faire quelque chose. Ou peut-être pas encore...
Sans rien demander à personne, je me téléportais à Vermilava, alors que j'entendais dans mon dos:
"Attends, ne pars pas se...."
Mais déjà, mon corps n'était plus qu'un rai de lumière qui franchissait les montagnes et les bois sans me soucier de quelque satellite que ce soit. Si l'Aurore était sur le point d'appartenir au passé, rien ne disait qu'elle avait déjà explosé au dessus des nuages. Mais je m'en fichais. Tout ce que je voulais, c'était retrouver des survivants... Enfin, soyons honnètes, une survivante en particulier...
Lorsque j'atteignis enfin Vermilava, ce fut pour constater l'horreur qu'était devenu ce village. Des bâtiments brûlaient de partout, des cadavres étaient étendus sur toute l'avenue, certains dont les vêtements brûlaient encore, d'autres dont les tâches de sang indiquaient qu'une fusillade avait effectivement eu lieu.
Soudain, j'entendis un petit gémissement, SOS perdu au milieu d'un océan de flammes. Je me retournais. A mes pieds, un homme me suppliait. Il avait beau avoir le visage tuméfié et des pans entiers de bras brûlés, il n'en restait pas moins reconnaissable:
"Alan..."

Non, pas lui, impossible. Cet honorable homme ne pouvait pas mourir dans des circonstances aussi atroces.
"Alan, fis-je en m'agenouillant devant lui, vous allez bien ???
-A ton avis, jeune homme, me répondit-il en gémissant de douleur.
-Que s'est il passé ??? Ils sont venus ??? C'est eux qui ont fait ça ???
-Du calme... Il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre. Je dois te dire ce qui est essentiel. Je dois accomplir mon devoir jusqu'au bout.
-Ne dites pas ça, fis-je avec les yeux humides. Aurore va arriver, elle vous soignera. Restez avec moi.
-CA SUFFIT, tonna t'il malgré la douleur qui l'envahissait et la mort qui gagnait petit à petit du terrain sur lui. J'ai des choses à te dire. Et tu m'écouteras jusqu'au bout. Après, je mourrais s'il le faut, mais j'aurais fait ce que je pouvais faire de mieux.
-Je... je vous écoute, fis-je attristé.
-Bien, je préfère ça... Ils sont arrivés en masse juste après votre départ. Ils ont profité que nous vous ayons prêté les Airmures pour nous attaquer. Ainsi, la fuite était impossible. Ils vous ont repéré, c'est certain.
-Je suis désolé, nous n'aurions pas du venir ici, on les a attiré sur vous...
-Ne dis pas ça. Ils voulaient attaquer depuis longtemps. Toi et tes amis avez agi comme un revigorant sur la population. Tout le monde s'est battu fièrement à mes côtés comme je l'aurai espéré. Mais ils ont profité que nous n'avions pas encore récupéré toute notre cohésion pour porter le coup fatal."

Il continua, de plus en plus gêné par ses blessures. Je remarquais également des traces de balles sur son corps.
"C'est à cause de nous qu'ils ont su que vous vous étiez remis d'aplomb, fis-je. J'en suis désolé. On n'aurait pas du vous laisser seuls avant d'avoir reformé une faction cohérente.
-Ne dis pas ça. Si vous nous aviez aidé alors que l'Aurore était toujours en état de fonctionner, ils vous auraient instantanément repéré. A ce propos...
-Soyez tranquille, compris-je, nous avons réussi de notre côté."
Le vieil homme souria, un rictus de douleur, mais derrière lequel transparaissait une vraie joie.
"Bien joué, mon garçon. Tu es peut-être finalement plus apte à te battre que je ne le croyais. En tout cas plus que moi...
-Aurore arrive d'un moment à l'autre, mentis-je effrontément, sachant que sans moi, il leur faudrait sans doute une bonne demi-heure pour voler jusqu'ici. Vous livrerez bien d'autres batailles.
-Peut-être, fit Alan sans trop y croire. Mais en tout cas, la seuls chose dont je suis sûr, c'est que tu n'as pas utilisé tes pouvoirs quand tu étais avec nous. L'Aurore n'a pas pu nous trouver. C'est donc qu'ils ont entendu les rumeurs comme quoi nous faisions cette grande fête. Et il n'y a qu'une explication pour qu'ils soient au courant.
-Il y'avait un traître parmi les villageois... Un espion, n'est ce pas ???"
Alan me sourit une dernière fois, un sourire qui voulait dire "Tu as compris", avant de tomber à terre. En essayant de le relever, je m'aperçus que ma tête était lourde et mes mouvements peu précis. Sans savoir pourquoi, et sans m'en rendre compte, je m'effondrais à ses côtés.

"Il a cligné des yeux, non ???"
Flou dans ma tête, voix confuses. Je la connais celle là ???
"Il me semble. Il doit être tiré d'affaire."
Un peu plus net. Je connais cette autre voix, j'en suis sûr. Mais qui est-ce...
"Réveille-toi, Lilian, on a besoin de toi."
C'est la voix de Silver... Mais qu'est ce qu'il fait là...
"Lilian, debout, rapelle-toi, Vermilava, l'incendie, il faut qu'on se bouge, des gens vont arriver et s'ils nous trouvent au milieu des décombres il vont se poser des questions."
Vermilava ??? Incendie ??? Mais oui, Alan à terre, les habitants morts... et puis... Eva.
Je me relevais d'un coup. Ma tête tournait, mais ca pouvait encore passer.
"Oh là, du calme, me fit la voix d'Aurore.
-Il faut aller aider ces pauvres gens. Je ne dois pas...
-Tu ne dois pas t'évanouir comme tu l'as fait tout à l'heure. quelle idée aussi de courir au milieu des poussières en suspension. Tu aurais pu mourir asphyxié."
C'était donc ça la cause de mon malaise. Une mauvaise oxygénation qui avait failli me coûter la vie. Quelle tête de mule je faisais parfois.

"Et Alan ??? demandais-je."
Le silence de mes compagnons répondit à leur place. Il n'avait pas tenu jusqu'à leur arrivée.
"On l'a trouvé mort, expliqua Aurore, et pour tout te dire, on a cru que tu étais dans le même état. Heureusement, on t'as très vite ramené dans l'arène. Le temps que les cendres retombent, il fallait que tu sois dans un endroit bien aéré, à l'abri des gaz de l'incendie."
Je me sentais stupide. J'avais risqué ma vie aussi bêtement sans me soucier du devenir de mes amis.
"L'Aurore ??? et toi Silver ??? demandais-je maladroitement.
-Celà fait deux heures que l'Aurore n'est plus en état de dire quoi que ce soit à Sento, me fit Silver, et j'ai très vite récupéré une fois au calme. Mais le satellite a pu transmettre des données avant d'exploser, et Sento court sans doute jusqu'ici pour nous mettre la main dessus. Dès que tu seras en état de marcher, on repartira d'ici.
-Pas question, on doit aller chercher des survivants. On a pas le droit de laisser mourir ceux qui ont survécu.
-Antoine, Owen, Iris et Kim sont allé vérifier ça par eux-mêmes. Mais si tu y tiens, on pourra aller les rejoindre, me proposa Silver.
-Owen ??? Il n'est pas resté à Bourg-en-Vol ???
-Quand il a su que Vermilava était en flammes, il nous a accompagné. Il va avoir un beau rapport à faire à Pierre et aux autres."

Après avoir attendu quelques minutes, Aurore m'autorisa finalement à me lever. Pendant ce temps, je repensais à ce village plein de vie il y'a tout juste quelques heures. Nous avions laissé, non... J'avais laissé ces gens aux mains de l'ennemi.
En sortant, nous tombâmes sur le reste de l'équipe qui avait fini ses investigations.
"Alors ??? fis-je on ne peut plus anxieux...
-Aucun survivant, mais ca ne veut rien dire, fit Antoine. Je suis sûr qu'on n'a pas retrouvé tout le monde."
Malgré cette lueur d'espoir dans la phrase d'Antoine, je n'y croyais plus trop. Alors que tout le monde partait récupérer ses affaires dans l'arène avant de repartir, je jetais un oeil à quelques uns des cadavres. Eva faisait-elle partie de ceux-ci ???
"Elle n'est pas là, me fit une voix fluette derrière moi. Kim...
-De qui tu parles ??? fis-je d'un ton faussement innocent.
-Je t'ai vu, j'ai vu ton regard. Tu as changé depuis que tu l'as rencontrée. J'ai vérifié si elle ne faisait pas partie des corps qu'on avait retrouvé. Il n'y a rien dehors, et dans les décombres du magasin de plantes, on n'a retrouvé que la vieille dame. Je ne vois pas ce que ton amie serait allé faire ailleurs. Soit Sento l'a capturé, soit elle s'est enfuie. Dans les deux cas, il y'a de grandes chances pour qu'elle soit vivante."

Cette gamine n'en était plus au stade de la perspicacité, mais bien au stade de la voyance. Elle devinait les choses rien que dans un regard. Si elle était aussi douée avec des talents normaux, que nous réservaient donc les élus du Psy avec leurs pouvoirs ???
"Ca reste entre nous ??? demandais-je.
-Tu ne vas pas nous laisser et risquer ta vie pour la chercher ???"
Elle avait touché un point sensible. Mais rien d'insurmontable.
"Si je vais la chercher, ce sera avec vous tous. Je ne tenterai rien seul, promis.
-Dans ce cas, ton secret est gardé, ne t'en fais pas. Il est temps de partir maintenant. Sento doit être sur nos traces."
Elle rentra dans la tente. Pour ma part, je restais dehors, à contempler le carnage. Les dernières flammes s'éteignaient et la pluie commençait à tomber pour laver le sol du sang qui l'imprégnait. Presque sans m'en rendre compte, mes pas me dirigeaient là où j'avais rencontré Eva pour la première fois. C'était très bizarre de revenir dans ce lieu qui m'avait paru si sacré et secret hier au soir, et qui, aujourd'hui, détrempé par le sang et la pluie, ressemblait plus à une place publique, souillée par la guillotine qui devait trôner en son centre. Mais ici, point de guillotine. Seul le rouge teintant le sol rappelait ce qui s'était passé. Dans le ciel, la lune avait été remplacée par la fumée. Cependant, sur une branche basse située dans mon champ de vision, une tâche blanche apparaissait. En y regardant de plus près, je vis que c'était une bandelette de papier.

Je la décrochais immédiatement. Seul quelqu'un qui connaissait cet endroit savait que la lune se trouvait dans le prolongement de cette branche hier. Etait-ce un espoir ou au contraire la preuve que je ne m'accrochais qu'à des chimères qui disparaîtraient tôt ou tard ???
Sur le papier, la pluie commençait à attaquer l'encre, mais le message était encore bien lisible:
"Une personne et une seule a partagé cet instant avec moi. Si celà t'a marqué autant que moi alors tu n'as pas du avoir de mal à trouver ce mot. On a réussi à fuir, mais rien ne dit qu'on pourra le faire longtemps encore. Je serais chez ma tente, celle qui habite le plus près d'ici. Comprends bien que je n'ai pas pu mettre l'endroit exact de peur que les soldats trouvent ce message.
J'ai peur, mais je sais que tu viendras tôt ou tard. Maintenant, je sais pourquoi je peux te faire confiance, et pourquoi tu me retrouveras, parce que moi aussi, je ressens la même chose."
C'était signé "Je t'aime, Eva...". Une écriture fluide et manuscrite, belle et aux courbes aussi magnifiques que celles de son corps.
Je ne comprenais pas cependant comment j'étais sensé savoir où habitait sa tante. Etait-ce un des habitants du village qui devait me le dire ??? Alan n'avait-il pas eu le temps de me révéler cet ultime mais néanmoins vital détail ??? Dans ce cas, je devais me rendre à l'évidence, je ne la retrouverais pas de sitôt.

"Lilian, on y va !!!"
La voix claire d'Iris me sortir de ma léthargie. Il fallait faire quelque chose au lieu de bêtement pleurer sur mon sort. J'avais perdu une personne qui m'était chère mais c'était, semblait-il, l'apanage des héros. Ils devaient toujours laisser passer le bien-être de l'humanité avant le leur.
"Lilian, où es-tu ???
-J'arrive, je vérifiais un truc, répondis-je en revenant vers les ruines de l'arène."
Je regardais à nouveau le message. Cette missive était si attendrissante que j'en versais une larme. L'innocence subtile dans ces mots, dans cette écriture, cette petite faute à tante...
Mais, à y réfléchir... Etait-ce vraiment une faute ??? Elle savait pertinement que je ne connaissais rien de sa famille puisqu'elle avait soigneusement évité le sujet. Je devais retrouver la tente la plus proche, pas la tante... Elle s'était dirigée vers un endroit avec des tentes !!! Voilà l'explication.
"Owen !!! Owen !!!"
Je criais sans m'en rendre compte. L'ennemi pouvait se situer derrière un buisson que ca aurait été pareil.
"Que se passe t'il ???
-Un endroit, avec des tentes... Le plus proche d'ici...
-On peut savoir pourquoi ???
-T'occupe pas, il y'a certainement des survivants et si je ne me trompe pas, ils sont là bas."

Owen réfléchit un moment:
"Oui, dans ce cas, je vois bien... Ils sont certainement à Vergazon, dans un camp de rescapés. En coupant par les forêts, on y est vite. Mais la pente est importante, on ne peut pas y accéder à pied.
-Il y'avait plus d'enclos pour les Airmures que de bêtes qu'ils nous ont prêté, fit remarquer Iris. Il y'en avait peut-être d'autres qui sont restés.
-Dans ce cas, ca confirme la thèse des survivants... reprit Owen. En tout cas, ca vaut le coup d'aller voir. Mais je ne peux pas vous accompagner. C'est gardé par les soldats de Sento depuis que les rescapés ne peuvent plus partir. Ca évite les émeutes. En gros, on peut y rentrer, mais on ne peut plus en sortir.
-Ne t'inquiète pas pour ça, tu as déjà fait beaucoup pour nous. On t'en doit une sacrée...
-N'y pense pas, si on ne s'entraidait pas, il y'a longtemps que Sento aurait gagné cette guerre. Bon, il faut partir maintenant. Je dois informer Pierre. C'est un acte grave que d'attaquer des civils, il va y avoir des vagues de mutineries, des émeutes entre les civils des autres villes et les soldats, et on n'a pas non plus envie que des innocents soient tués à tout va.
-Encore merci pour tout, rajouta Aurore. On est de tout coeur avec vous."
Owen sortit un Héledelle de sa ball et s'envola vers Bourg-en-Vol en nous faisant un dernier signe de la main. Sento n'allait pas tarder à arriver. Il fallait quitter Vermilava maintenant. Avec un dernier regard sur la ville dévastée, je me jurais de venger ces hommes et ces femmes. Sento allait payer encore plus cher qu'ils ne le pensaient.
"On y va ???
-On y va. On va leur montrer qu'on ne s'attaque pas impunément à nous, ni à quiconque..."

yom38
yom38
Niveau 3
03 février 2008 à 18:25:17

Encore un superbe chapitre!

yom38
yom38
Niveau 3
09 février 2008 à 11:58:16

y'a plus personne ici?

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
10 février 2008 à 20:19:16

[Chapitre 37] Frappe chirurgicale:

La nuit était tombée depuis plusieurs heures, mais nous contiuions à observer le mouvement des gardes armés, la disposition des tentes, les endroits stratégiques. Du haut d'une arête rocheuse, nous étions à l'abri des regards, et, à une trentaine de mêtres au dessus de Vergazon, nous surplombions et le village et le camp, situé un peu plus à l'est.
La topographie des lieux allait certainement rendre cette bataille très singulière. D'un côté, le village et le tunnel Merazon par lequel une fuite était possible, et de l'autre Lavandia avec sa garnison de soldats qui pourraient être sur le terrain en quelques minutes.
"Tu vois ça comment ??? me demanda Antoine.
-On va faire deux groupes. Une partie attaquera du côté de Vergazon, l'autre du côté Lavandia. Le but, c'est de les empécher de contacter les renforts par un quelconque moyen que ce soit. Si on arrive à les maintenir isolés, ils n'auront qu'une seule issue...
-Se rendre ???
-S'ils ne sont pas suicidaires, c'est ce qu'ils feront... S'ils attaquent les réfugiés ou s'ils les prennent en otage, ils vont se faire des ennemis dans la population. Après le carnage à Vermilava, ils n'ont peut-être pas non plus envie de perdre totalement le contrôle des civils.
-Ok, on compte sur le peu de raison qui leur reste. On se lance à quelle heure ???
-Minuit. Après, on risque d'être trop endormis pour avoir de bons réflexes.
-Dans ce cas, fit Aurore derrière moi, j'ai une bonne nouvelle... On attaque dans trois, deux, un...

//// 84 jours après le début des opérations ////
//// 57 jours après l'arrivée à Hoenn ////

Les groupes furent rapidement constitués. D'un côté, Antoine, Aurore et moi, de l'autre, Silver, Iris et Kim. Nous assurions la partie Lavandia, eux le côté Vergazon. Une fois que Silver nous aurait donné le signal en faisant sauter les plombs avec une IEM, nous passerions à l'attaque.
"Dans la mesure du possible, on ne se sert de nos pouvoirs que le plus tard possible. Tant qu'ils nous sous-estimeront, on aura un avantage tactique.
-C'est ok pour moi, fit Aurore, mais dans ce cas, ça veut dire...
-Oh oui, interrompit Antoine. Ca veut dire qu'on va la jouer à l'ancienne !!!"
Il avait sa ball à la main. Certainement celle de son Etouraptor. Ce pokémon rapide et terriblement précis ouvrait souvent le bal et infligeait souvent de lourds dégâts avant de tomber K.O. Pour ma part, ce serait Léviator qui se lancerait en premier. Aurore semblait hésiter entre deux balls. Dans l'une d'elle se trouvait le pokémon qu'elle avait reçu au Mont Couronné, un Leuphorie d'une grande résistance.
Nous patientions dans l'ombre d'un bosquet, à une dizaine de mètres seulement des premières tentes. On voyait des réfugiés déambuler dans les allées. Je me demandais si Eva était bien avec eux, et dans quelle tente elle s'était installée.
"Vous ferez attention, il y'a des civils, n'oubliez pas.
-Je serais aussi précis qu'un chrurgien qui enlève une tumeur d'un cerveau, me rassura Aurore.
-Pareil pour moi, rajouta Antoine. Les frappes chirurgicales, ca me plaît beaucoup."

Tout à coup, toutes les lumières s'éteignirent brusquement. Le signal que Silver avait sécurisé l'entrée du village. Il était temps de passer à l'action.
"Leviator, go !!!
-Etouraptor, montre nous ce que tu sais faire !!!
-Leuphorie, à toi !!!"
Alertés par nos cris, une troupe de soldats se précipita à notre encontre.
"Vous êtes sur le point d'attaquer un camp de réfugiés, rendez-vous tout de suite, ou nous ferons feu !!! fit une voix grave. Nous protégerons ce camp jusqu'à la mort, s'il le faut.
-Vous le protégerez comme vos collègues ont protégé Vermilava ??? rétorquais-je. Ou bien quand vous parlez de la mort, vous parlez de celle des réfugiés ???"
Le soldat ne trouva rien à redire en face. Ses collègues sortaient des balls et armaient leurs fusils dans des cliquetis qui ne présageaient rien de bon.
"Leviator, attaque Surf !!!"
La vague d'eau alla coucher nos adversaires mais ne leur causa aucun dégât majeur. Cependant, lorsqu'ils voulurent faire usage de leurs armes, l'eau s'était intiltrée dans bon nombre d'entre elles et lorsque Etouraptor lança un piqué sur eux, seules quelques balles partirent, que l'oiseau évita avec une grande aisance. Nous attaquions, ils venaient de répliquer. La guerre était officiellement déclarée.

L'attaque d'Etouraptor visait les soldats, mais des pokémons s'interposèrent. La tactique défensive était assez intéressante, je la gardais dans un coin de mon cerveau en me promettant de la ressortir si un jour on voulait attenter à ma vie avec des pokémons.
"Rendez-vous, tonna à nouveau la voix. Nous sommes bien plus nombreux que vous et...
-Et ??? demanda Antoine. Et c'est tout !!! Vous n'avez pas de quoi avertir des renforts, vous ne pouvez pas vous échapper car on vous tient en tenaille.
-Ah ah ah, la vieille feinte pour nous faire regarder derrière nous... Non mais vous nous prenez pour des gamins ???"
A peine eut-il prononcé cette phrase qu'une puissante attaque Rayon chargé alla frapper l'allée à côté. Software et Silver faisaient du bon boulot.
"En fait, les gamins sont encore plus malins que vous alors j'éviterais la comparaison si j'étais vous..."
Dans le noir, il était difficile de savoir qui était qui, mais il était évident qu'une partie des troupes adverses était désormais occupée de l'autre côté par Silver et les autres. Ce qui nous laissait encore quelques adversaires à combattre pour le plus grand plaisir d'Antoine.
Un grolem sorti de nulle part lança une attaque Eboulement sur Etouraptor qui s'effondra à terre, pris par surprise. Le soldat en face rajouta:
"Je ne sais pas ce que vous voulez, mais il va falloir vous battre pour l'obtenir."
Ca tombait bien, j'étais plutôt d'humeur à castagner moi aussi.

Ce que nous avions vu n'était qu'un petit aperçu de la puissance de notre adversaire. Des Alakazams, des Grolems, des Aéromites sortirent de nombreuses balls. La surprise vint des Pharamps. Ils étaient très nombreux. Sans doute pour pouvoir assurer l'autonomie en courant du camp au cas où. Mais vu que nous avions tout grillé, ils n'avaient rien d'autre à faire qu'à combattre. Ce qui était plutôt mauvais signe pour nous quand on connaissait la puissance dévastatrice que pouvait avoir ce pokémon. Ils m'en firent la démonstration en infligeant de sérieux dommages à mon Léviator. Au bord du K.O., celui-ci pourrait cependant peut-être placer une dernière attaque. A moi de choisir la bonne. Je connaissais un combo dévastateur, une attaque apprise par un bon ami.
"Antoine, sors Pingoléon, j'ai une idée. Aurore, couvre nous avec Leuphorie.
-D'accord, Leuphorie, attaque E-coque sur Leviator."
Le pingoléon d'Antoine sortit de sa ball alors que Leuphorie soignait mon Léviator.
"Antoine, fais comme moi. Leviator, attaque Hydrocanon."
Au même point d'impact, se rencontrèrent l'Hydrocanon de Pingoléon et celui de Léviator. En un mot, l'Hydrobazooka, by Ed (tous droits réservés).
Ce à quoi je ne m'attendais pas, ce fut la défense de l'ennemi. Les Alakazams se postèrent en première ligne, et au moment où nous relâchions la puissance de L'Hydrobazooka, je compris qu'il allait lourdement s'écraser sur une défense d'acier sans causer le moindre dégât à quiconque. Juste avant le contact entre les deux jets d'eau, quelqu'un hurla en face:
"Combo Hydrobazooka, A mon commandement, attaque Mur Lumière !!!"

Sento connaissait l'attaque ??? On ne s'en était pas servi souvent pourtant. Moi-même, je ne l'avais utilisé qu'une fois au Mont Argenté, et comme d'habitude, la Nouvelle Armée avait fait le ménage dans les rangs ennemis une fois la bataille finie. Enfin, à y réfléchir, pas cette fois-ci... Et justement parce que j'avais eu la faiblesse de ne pas tuer des soldats à terre. Un acte que j'avais trouvé plutôt noble sur le coup, mais qui, je le comprenais maintenant, était surtout très stupide. Il y'avait certainement des soldats qui avaient participé à cette bataille et qui avaient eu largement le temps de mûrir leur contre-attaque. Le temps sembla s'arrêter. Alors que les deux jets étaient à une poignée de millimètres l'un de l'autre, je compris que les Alakazams allaient contrer l'attaque, et que tous les pokémons situés derrière nous feraient bien plus de mal une fois les nôtres vidés par ce combo. Alors que la tornade d'eau n'avait pas encore frappé, je savais que nous avions perdu. Mais quelqu'un d'autre ici semblait encore avoir de l'espoir.
"Attaque Eclats Glace !!!"
Et le temps reprit alors son cours normal sans que rien ni personne ne comprenne ce qui se passait. La voix était celle d'Aurore. L'attaque rapide comme l'éclair rattrapa vite les deux jets d'eau et les gela sur place en minucules aiguilles acérées de givre. Les Alakazams avaient prévu une défense contre une attaque spéciale et voilà que c'était une attaque purement physique qui leur arrivait dessus. Les pokémons Psy en première ligne furent fauchés net et tombèrent K.O. en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Derrière les dégâts furent moindres, mais on avait au moins démoli la défense.
En me retournant, je vis Aurore aux côtés d'une vieille connaissance, un Blizzaroi Shiney qu'elle avait capturé sur les flancs du Mont Couronné et qui était resté avec elle une fois la meute de ses semblables libérée.
"Avec les compliments du chef !!!" lança t'elle d'un air de défi.

"Comment as-tu su ??? Comment as-tu pu deviner ce qu'il fallait faire en un laps de temps si court ???
-Je t'expliquerai tout plus tard. Pour le moment, nous devons finir cette bataille."
Elle rappela son Blizzaroi et fit sortir son Torterra. Pingoléon était déjà sur le terrain, je comprenais ce qu'elle voulait faire.
"Simiabraz, go, attaque Rafale feu !!!"
Le singe sortit de la ball alors que dans les rangs adverses, l'ultime attaque allait être lancée collectivement.
"Pingoléon, attaque Hydroblast !!!"
En première ligne, les Aeromites et leur poison léthal. Puis les Grolems à la force physique destructrice. Et enfin les Pharamps à la puissance dévastatrice.
"Torterra, Vege attak !!!"
L'assaut était fin prèt, et la troupe des pokémons adverses était lancée sur nous. Nous ordonnâmes tous en même temps:
"COMBO DERNIERE CHANCE !!!"
Nous n'avions en tout et pour tout utilisé ce combo qu'une seule fois. Ce jour là, une lueur incandescente aux reflets irisés avait décapité le sommet du Mont Couronné et avait illuminé tout Sinnoh pendant un bref instant. Ici, l'attaque serait plus terre à terre, mais le rayon précis et ravageur n'en serait pas moins efficace.

Arriva le moment critique où la mélée brutale de pokémons rencontra la puissance apocalyptique du combo. Et pour tout dire, je n'étais même pas sûr que cette ultime attaque suffise. Je sentais presque dans l'air l'odeur des premières spores toxiques. au moment où enfin, le rayon destructeur fut relâché. Il sembla tout d'abord stagner face au mur invincible de pokémons, mais le feu infernal enflamma les Aéromites, l'eau purificatrice noya les Grolems et la vie végétale eut bien peu à faire pour mettre les dernières résistances des Pharamps à bout. Peu à peu, le mur se désagrégeait et la puissance destructrice de l'attaque repoussa les pokémons en arrière avec une violence inouïe. Je ne vis que l'horreur sur le visage des soldats, soudainement illuminé par le rayon de l'attaque, quand ils s'aperçurent que la masse pokémon leur fonçait dessus, ne leur laissant aucune chance de survie. Dans un craquement sourd, les pokémons rencontrèrent des hommes et les os cassèrent, les cous se brisèrent, et ces hommes moururent, sans qu'à aucun moment le sang n'ait eu à couler de nos corps. La puissance avait triomphé du nombre.
La bataille me laissa pourtant sur le coup un étrange sentiment de honte. J'avais tué de sang froid, et quoi qu'en disent certains qui se prétendent experts de la mise à mort sur champ de bataille, ca me rendait malade. Aurore vint me rejoindre lorsque elle vit que je restais désespérément immobile devant les corps encore fumants de nos défunts adversaires.

"Quand j'ai vu que le soldat en face répétait la même chose que toi, je me suis dit qu'il connaissait l'attaque. Il savait la contrer. C'était donc à ça que servaient les Alakazams. L'attaque Mur lumière ne servait à rien contre une attaque physique, j'ai donc eu l'idée de transformer ton duo d'attaques spéciales en trio d'attaques physiques.
-Qu'est ce que tu dis, demandais-je hagard ???
-Rien d'important, j'essayais juste de changer de sujet parce que toute cette boucherie ca me rend malade.
-Moi aussi, rajoutais-je.
-On va voir les autres ???
-Je crois en effet que c'est la meilleure chose qu'on ait à faire."
Antoine, Aurore et moi récupérâmes nos pokémons, puis une fois nos balls rangées, nous rentrâmes dans le camp proprement dit, avec toutes ces tentes alignées tel un campement militaire. Il n'y avait aucun doute que si à, la base, cet endroit était un lieu fait pour les civils, l'armée en avait très vite fait un camp pour ses soldats. Il prenaient le prétexte de protéger le camp, et on les nourissait, on les logeait parmi les civils pour ça.
Mais à en juger par l'état des campements, c'était plus pour créer une atmosphère de peur et de tension parmi les civils. Par terre, traînaient des formulaires avec "Engagez-vous" en en-tête. Voilà quelle devait être la seule porte de sortie de ces camps d'accueil devenus camps de travaux forcés. Pour quitter cet enfer, il fallait retourner dans l'enfer de la guerre en tant que soldat cette fois-ci. Les exactions des soldats ne devaient pas s'arrêter à celà. On voyait des gens par terre qui tremblaient de froid, des hommes et des femmes pour qui l'aide humanitaire n'avait jamais du parvenir, détournée et revendu sur le marché noir par l'armée.

"C'est horrible... fit simplement Aurore.
-Je crois que tu as tout dit, lui répondit Antoine."
De l'autre côté du campement, le silence était le seul à se faire entendre. La bataille avait aussi du finir de ce côté-là. Silver n'allait pas tarder. Un attroupement de personnes se forma peu à peu autour de nous, allée après allée, tente après tente. En me retournant je vis qu'ils étaient plusieurs dizaines à nous suivre. J'espérais qu'ils n'avaient aucune intention hostile à notre égard ou nous allions devoir filer en quatrième vitesse.
"Ne faites aucun mouvement brusque, murmurais-je entre mes dents, ils ont beau ne pas avoir d'armes, ils pourraient nous tuer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
-Je vois ça, fit Aurore sur le même ton."
Ce fut donc en silence que nous continuâmes notre traversée du camp. Petit à petit, nous nous rapprochions de l'autre extrémité du camp, et déjà, on pouvait voir les premières maisons de Vergazon à la lumière des lampadaires de la ville qui n'avaient pas subi l'IEM de Silver. Mais, alors que j'allais continuer tout droit, l'attroupement nous barra le chemin, et un homme nous fit signe de tourner sur la gauche. On avait peut-être fait une erreur en voulant libérer ces gens. Peut-être que les soldats avaient fait d'eux des animaux en les brutalisant et les affamant tout le temps. Peut-être était-il trop tard pour eux... Je repensais à Eva pour me donner du courage, mais cette fois-ci, ca ne réussit pas à me remonter le moral, après tout ce que nous avions fait aux soldats et tout ce qui se bousculait dans ma tête.
Au milieu du camp, un feu était dressé et de l'autre côté, un homme encapuchonné nous accueillit.
"Ah, voilà nos invités. Bienvenue... Bienvenue dans le camp de la mort...."

[A SUIVRE]

yom38
yom38
Niveau 3
13 février 2008 à 10:11:12

superbe comme d'hab!

yom38
yom38
Niveau 3
15 février 2008 à 20:11:27

OUAIS!!!!!!!!
Les vacances = plein de chapitres!

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
17 février 2008 à 22:13:35

[Chapitre 38] Les enfants du chaos:

Autour de nous, l'atmosphère rendait vraiment mal à l'aise. Des corps jonchaient le sol, certains morts, d'autres presque au bout du tunnel psychédélique, l'aiguille encore plantée dans le bras. Certains avaient les habits en lambeaux, d'autres encore étaient amputés d'un membre... C'était vraiment là qu'on voyait toute l'horreur de la guerre, et comment physiquement et mentalement, elle pouvait ruiner la vie de nombreux hommes.
"Bienvenue, mes chers, répéta à nouveau l'homme à la capuche face à nous. Asseyez-vous, je vous en prie."
Pour les gens qui nous encerclaient, l'hygiène ne semblait pas être le principal souci, pourtant notre interlocuteur avait tous ses membres, n'était guère plus vieux que nous et en plus semblait rasé de frais et portait des habits presques propres, un miracle ici...
Derrière nous, une voix familière lança:
"Roh, ça va, lâchez-moi."
C'était Silver, solidement escorté par les réfugiés, et accompagné de Kim et Iris. Nous voyant, il sembla un peu rassuré, mais notre situation n'était guère enviable à la sienne. Notre "hôte", remarquant les nouveaux venus, les invita à s'asseoir à côté de nous. Mais aucun de nous ne voulut s'asseoir près du feu, pourtant accueillant, mais entouré de morceaux de chair putride et d'autres matières suspectes.
"Vous êtes maintenant tous là, reprit l'homme, alors procédons aux présentations..."

Etrangement, sous son sweet à capuche et son survetement de sport, cet homme paraissait irradier une classe certaine. Les autres portaient sur lui un regard admiratif, presque craintif. Aucun doute à avoir, ce que je lisais dans leurs yeux était un profond respect.
"Dois-je vous appeller Général ??? Ou bien Sa grandeur suprème ??? demandais-je ironiquement."
Je me demandais tout à coup si je n'avais pas blessé mon interlocuteur par mes paroles, mais il ne sembla pas s'empourprer ou même tiquer à ma remarque. Il se contenta juste de nous contempler de la tête aux pieds,... avant d'éclater d'un rire à glacer le sang.
"Appelez moi tout simplement Dante, c'est mon nom ici.
-Dante, fis Iris songeuse, comme Dante Alighieri, La Divine Comédie ??? Avec entre autres un livre entier traitant...
-... des Enfers, termina le dénommé Dante. Je vois que vous avez de la culture, jeune demoiselle. En effet, ce serait très approprié de me surnommer ainsi dans un tel apocalypse, mais c'est mon vrai nom. Puis-je m'enquérir du vôtre et de celui de vos compagnons ???"
Iris fit les présentations, et en quelques minutes, nous comprîmes que nous avions à faire à un personnage plus que particulier. Tout le monde accueillait les paroles de cet homme comme un homme assoiffé accueille l'eau fraîche dans son gosier meurtri. Ce n'était pas un homme, c'était un demi-Dieu. Ce n'était pas une personne aux habits propres et au discours plein de fioritures, c'était le plus haut placé pour diriger cet enfer. Ce n'était pas un guide, c'était un messie...

Une sensation étrange s'emparait de moi. J'avais l'impression que par son regard, cet homme essayait de percer mon intimité et de fouiller dans mes souvenirs pour savoir qui j'étais vraiment. J'étais bien loin de me douter de ce qu'il pouvait faire. Pour le moment, il sondait chacun de nous, mais d'un regard pénétrant. Je devais le déconcentrer avant que je ne puisse plus tenir.
"Vous êtes donc le chef de ce campement, n'est ce pas ???"
Sans me quitter des yeux, il répondit:
"Depuis que vous avez éliminé toute présence militaire ici, effectivement. C'est à dire,... depuis environ dix minutes, plaisanta-t'il. Excusez-moi donc, je vous prie si je ne maîtrise pas encore toutes les finesses du protocole."
Au hasard, je lançais une autre question plus poussée pour le forcer à se concentrer sur la réponse.
"Vous êtes ici depuis longtemps ??? Pour en être arrivé à ce stade, vous devez être très apprécié...
-Mais pas forcément très ancien ici, répondit-il. Les plus vieux sont là depuis les débuts de la guerre, parce qu'ils refusent de quitter la terre qui les a vu naître. Pour ma part, je ne suis là que depuis que les liaisons entre Hoenn et le continent ont été annulées. Ce qui fait quand même deux mois, seize jours et... quatre heures, je crois."
Il était imperturbable, et je sentais que mon esprit luttait pour garder ses secrets. Il agissait vraiment sur moi, et cette sensation m'était familière.

Soudain, dans ma tête, ce fut comme si une main avait passé le grillage de ma volonté. La sensation se fit des milliers de fois plus puissante. Peu agréable, pas douloureuse, mais très déconcertante. Je sentais cette main fouiller dans mes souvenirs et par réflexe, je laissais tomber toute idée de cacher ma vraie nature. Si quelque chose pouvait ôter cet homme de ma tête, c'était bien mes pouvoirs.
"Repousse-le, murmurais-je à moi-même."
Instantanément, comme mon bouclier mental se formait sur le champ de bataille, un bouclier se formait dans ma tête et repoussa violemment la main. Instantanément, Dante se trouva mal et eut un étourdissement. Mais j'avais repris le dessus sur la situation. Et chose plus étrange, la sensation que j'avais ressenti était toujours là, et je la reconnaissais, c'était le frisson que j'éprouvais quand je me servais de mes pouvoirs. Dans l'assistance, des "Oh" de stupeur se firent entendre, alors que déjà, je comprenais la vraie nature de l'homme à la capuche. Aussi improbable que celà puisse paraître, lui aussi était un élu.
Des bras nous saisirent. Je sentais que j'avais commis un sacrilège en mettant mal à l'aise Dante, et bien que les réfugiés ne comprennent pas comment, ils savaient que c'était dù à notre intervention si leur grand gourou avait eu ce moment de faiblesse.
"Lilian, ca commence à sentir le roussi, fit remarquer Antoine pour une fois intelligemment."

Avec l'aide de quelques uns de ses "sujets", Dante se releva et me regarda d'un oeil mauvais.
"Tu as une très grande force mentale, mais rien ne m'a jamais résisté. Ne lutte pas, ta tête n'est qu'un livre pour moi."
A ces mots, il sauta mentalement sur moi. Des mains tentaient de rentrer de partout dans ma tête. Mon bouclier cérébral tenait le coup pour une attaque, mais pour de multiples, il commençait à présenter de dangereux signes de faiblesse. Je relançais une autre protection derrière, mais les mains la démolissaient presque intantanément. Encore une autre, puis une autre,... Puis je trouvais la solution à mon problème. Il ne fallait plus seulement se défendre. Il fallait aussi contre-attaquer.
Les vagues d'énergie dans ma tête se succédaient toujours, mais elles avaient maintenant des pointes à l'extérieur, des lames acérées, des pièges et autres délicatesses que mon cerveau imaginait. Les mains n'aimèrent pas ça, et sans délivrer totalement mon cerveau, je sus cependant que Dante ne progresserait pas plus. C'était un élu, comme moi, et, en faisant abstraction de la supériorité naturelle d'un type sur un autre, deux élus avaient la même puissance mentale.
Du moins, deux élus à la fin de leur initiation. Aucun de nous deux n'avait fini son ouverture aux pouvoirs c'était certain, mais Dante avait certainement du plus potasser le sujet que moi, et, petit à petit, il regagnait du terrain.

Une véritable rafale de mains psychiques s'abattait sur le livre de mon cerveau, essayant d'en arracher des pages pour les lire, et elles se rapprochaient dangereusement de la couverture. J'étais maintenu solidement, je ne pouvais pas m'enfuir. Et si je me concentrais sur une téléportation, Dante aurait immédiatement l'accès qu'il voulait. Il fallait donc se battre. Mais avec quelles armes ???
Je cherchais, apeuré, autour de moi. Kim, Iris, Silver, aucun ne pouvait bouger. Antoine, Aurore, pas de possibilité non plus. Ma respiration devenait courte, je ne respirais même plus !!! Il m'empéchait de me servir de mon corps pour me faire céder.
Tout à coup, comme une évidence, les braises incandescentes m'apparurent. Je ne pus que prononcer deux mots, mais la personne à qui ils étaient destinés les comprit tout de suite:
"Kim... FEU !!!"
La fillette ne pouvait pas bouger son corps, mais la matière incandescente existait déjà ailleurs. Une explosion se produisit dans le petit feu de camp, le transformant en un brasier de plusieurs dizaines de mètres de haut. Les flammes touchèrent Dante et cette fois-ci, il ne put faire autrement que de laisser tomber son emprise sur moi pour éteindre l'incendie comme il le pouvait.

Dans l'assistance, des mots violents fûrent profanés: "Bûcher", "maléfices", "sacrilège". Il fallait partir maintenant ou on ne partirait plus jamais. Mais déjà, Dante se relevait et il nous montra un visage particulièrement déterminé, mais plus du tout haineux. Y'avait il un espoir finalement ??? Ma garde se baissa une demi-seconde et on m'asséna un coup violent à la tête. Je tombais à terre et bien évidemment, là, plus personne ne me retenait. Lorsque j'eus touché le sol, l'odeur fétide qui s'en dégageait me fit l'effet d'un électrochoc. incapable de sombrer dans l'inconscience qui aurait normalement du arriver, je restais désespérément éveillé et je vis...
Dante se pencha sur moi. Il allait m'achever... Mais au lieu de ça, il demanda aux hommes qui me tenaient:
"Qui a frappé ce gamin ???"
Dans la foule, le ton changea instantanément. A la place de la cohue des hommes désireux de vengeance, un silence profond emplit la nuit.
"Qui a fait ça ??? fit Dante avec un ton nettement plus accusateur, mais pas encore sorti hors de ses gonds."
Un homme se dénonça. Manifestement, tout était préférable à la colère de notre hôte. Magnanime, celui-ci me tendit une main amicale pour m'aider à me relever et demanda à l'homme de me présenter des excuses. Je ne comprenais plus rien au film.

L'homme me murmura un vague gromellement. Il avait l'âge d'être le père de Dante, mais il n'avait pas envie de se dresser face à lui.
"Vous avez entendu quelque chose ??? demanda Dante à l'assistance. Pas moi."
Cette fois-ci, l'homme prononça à haute et intelligible vois un "Toutes mes excuses, jeune homme."
Sous sa capuche, Dante me demanda:
"Tu acceptes ces excuses comme ça ???"
Un filet de sang avait perlé sur ma lèvre lorsque je fus tombé, mais j'arrivais tout de même à prononcer un "oui" à haute voix.
A nouveau, l'homme qui me tenait regarda le fautif.
"A sa place, j'aurais demandé qu'on te mette sur le bûcher que tu voulais lui construire, mais c'est ton jour de chance. Allez, vas t'en."
L'homme, tout penaud, se retira dans un semblant de salut révérencieux. Dante, qui m'avait menacé il y'avait à peine quelques minutes, venait de prendre ma défense face à un de ses "concitoyens". Mais pourquoi ???
"J'ai encore un peu d'honneur pour ne pas achever un homme à terre, répondit-il avant même que je n'ai pu poser la question. Et puis, je sens que toi et tes amis êtes très particuliers.
-Alors, je crois bien qu'on est pas les seuls dans ce cas, rétorqua Silver."

Dante avait une petite tente non loin du feu. Bien que très sobre, elle devait paraître absolument luxueuse pour les autres réfugiés. Il nous invita à entrer, pour nous parler en privé. Notre démonstration de force l'avait apparemment impressionné. Mais il restait cependant le maître de ce lieu si sombre, et il nous le fit comprendre.
"Je me fiche de savoir comment, où et pourquoi vous avez eu ces pouvoirs. Tout ce que j'ai besoin de savoir, vous me l'avez montré. Mais le fait est que vous avez tué des soldats. Des pillards, des vandales, certes, mais qui portaient l'uniforme de Sento. Les vivres qui arrivaient ici vont donc être remplacés par une armée d'hommes semblables qui vont nous mater pour cette "rébellion".
-Mais nous...
-Oui, je sais, vous pensiez bien faire. Mais le fait est que les habitants de ce camp sont furieux après vous. Certains pensent que vous avez fait le bon choix mais ils ne sont qu'une minorité. Le plus grand nombre cherche seulement à manger ce qu'il trouve, pas à regagner sa dignité. Il n'y a que ma présence ici qui les calme un peu. Sans ça, ils vous auraient découpés en morceaux.
-On pensait bien faire... expliquais-je. Et puis...
-Et puis quoi ??? Vous avez de quoi nourrir cinq mille personnes ??? Vous avez de quoi les loger, les habiller, les soigner ??? J'ai la moitié de ces hommes qui souffrent de maladies plus ou moins graves, et avec le rationnement imposé par les soldats, ca n'a pas arrangé les choses. Quand je vais leur dire qu'ils n'auront plus rien à manger, ca va être la cohue. Dans deux semaines, on aura perdu un bon tiers de ces gens."

Je n'avais pas envisagé le problème sous cet angle. Nous étions le bouc émissaire dans l'histoire, et Dante nous couvrait... Il n'y avait pas d'autres mots. Il nous couvrait parce qu'il savait qu'on était un peu comme lui, mais pas parce qu'il nous respectait. D'ailleurs, ca risquait de sérieusement entâcher sa réputation de chef spirituel s'il devait nous laisser nous sortir de là.
"Je suis désolé, m'excusais-je platement.
-J'espère bien, fit-il, en tournant dans tous les sens. Vous vous rendez compte dans quel pétrin vous me mettez ??? Pour une fois que je trouve quelqu'un qui pourrait m'aider, il faut qu'il pourisse toute mon organisation...
-Qui pourrait t'aider ??? On doitt faire quelque chose pour toi ???
-Evidemment, vous croyez que je leur ai demandé de vous amener ici par plaisir ??? rétorqua Dante. J'aurais pu les laisser vous tuer, laisser libre cours à leur vengeance, mais non, parce que j'ai besoin de vous. J'ai su que vous étiez particulier dès que je vous ai senti arriver vers moi...
-Senti ??? C'est à dire...
-Je ne l'explique pas, mais le fait est que je sais que vous êtes les personnes qu'il me faut, tout comme je sais que ca ne va pas tarder à virer à l'émeute dehors s'ils ne vous voient pas ressortir vite. A ce propos, vous avez un moyen de fuir ???
-On a ce qui faut, mais que veux-tu qu'on fasse, bon sang ???
-Sauvez mon frère, c'est tout ce que je vous demande."

"Il s'appelle Nero, continua Dante, il est retenu quelque part, et vous êtes les seuls qui semblez avoir assez de force pour le trouver et le récupérer. En échange, je vous laisse partir. Décidez-vous vite.
-J'aimerais bien avoir plus de détails, quand même avant de m'engager, fis-je."
Dante n'eut pas le loisir de nous expliquer plus longtemps. A l'entrée de la tente, un homme parut:
"Ca va Dante ??? Pas de soucis avec les invités ???
-Je leur expliquais comment nous voyions les choses ici. Je vous les amène dans une minute.
-Merci Dante, Toi au moins, tu es un chic type, pas comme ton prédecesseur."
Il repoussa le rideau qui tenait lieu de porte. Nous étions à nouveau seuls.
"Il est arrivé quoi à ton "prédecesseur" ???
-Ils l'ont lapidé parce qu'il avait voulu jouer les héros et tuer un soldat. Je vous laisse deviner ce qui m'attend si je ne vous livre pas à eux illico."
Avec un brin d'angoisse, je déglutissais douloureusement. Mais avant de ressortir, je devais régler un dernier détail avec Dante.
"On est venu parce qu'on cherche quelqu'un, une réfugiée arrivée récemment.
-Restez loin d'elle si vous la croisez, c'est pour son bien... Il ne faudrait pas que la foule la prenne en grippe elle aussi, sous prétexte que vous la connaissez.
-Je crois que tu n'as pas compris. On est venu pour elle, et on ne partira pas sans elle..."

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
18 février 2008 à 23:37:51

[Chapitre 39] De Charybde...:

Dante eut un moment d'hésitation face à nous.
"C'est vous qui ne comprenez pas, je crois, tous ces gens vont vous dépecer avant même que vous n'ayez pu faire un pas. Je ne sais pas qui vous cherchez mais vous pourrez revenir un autre jour, plus discrètement cette fois-ci. Là, il n'y aura aucun problème.
-Comme tu l'as si bien dit, rétorquais-je, les gardes de Sento ne vont pas tarder à faire une descente ici pour corriger tout le monde. Il vaudra mieux qu'elle ne soit plus là. Donc non, on ne partira pas sans elle."
Notre hôte sembla réfléchir un moment, puis il accéda finalement à notre requète, non sans un soupir:
"Les nouveaux arrivants sont regroupés à l'Ouest du campement pendant quelques jours, le temps qu'on leur trouve une tente. Pour aller jusque là, par contre, vous devrez vous débrouiller seuls. Mais maintenant, il faut sortir..."
Je lui emboitais le pas. Il me fallait un maximum d'informations sur le terrain avant de nous téléporter vers Eva... Au risque de périr sous la colère des réfugiés, il me fallait pourtant une indication sur comment atteindre cet endroit.
"Bonne chance, me murmura Dante dans le creux de l'oreille. Content de t'avoir connu.
-Je ne suis pas encore mort, lui répliquais-je.
-Pas encore... C'est exactement ça. Pas encore, fit-il d'un ton songeur."
Il ouvra le petit rideau qui servait de porte. Et nous nous trouvâmes face à la foule qui n'attendait que nous pour commencer les réjouissances.

Sortant avec la plus grande précaution, sans faire de mouvements brusques, je me dirigeais avec mes amis devant le feu. Dante clôturait la marche. Il s'adressa à la foule ainsi:
"Mes chers, très chers amis. Comme vous le savez certainement, ces individus ne sont pas les bienvenus ici. Attaquer les soldats ne fut certainement pas une bonne idée, surtout que pour celà, ils ont détruit notre système électrique et en plus ils viennent se vanter devant nous de leurs exploits. Ces individus, même pas encore adultes, méritent-ils votre confiance ???"
Un grondement parcourut la foule. Dante voulait nous faire gagner du temps avec ses questions rhétoriques, et il y'arrivait plutôt bien. J'essayais de repérer l'Ouest, difficile au milieu de cette nuit noire. Une fois que nous nous serions échappés, nul doute que le campement serait retourné de fond en comble pour nous retrouver. Chaque seconde serait donc précieuse pour retrouver Eva. Dante reprit:
"Autour de nous, c'est la guerre, mais sans les lois de notre camp, ici ce serait l'anarchie. Soyons donc démocratiques. Que ceux qui veulent la mort de ces sales gamins lèvent la main."
Dante était fin psychologue. C'était d'ailleurs peut-être ce qui lui donnait ce respect si particulier parmi la foule. Habile manipulateur, il savait retourner sa veste quand il le fallait, et il ne se mouillait jamais trop.
De mon côté, j'avais repéré ce que j'estimais être les lumières de Vergazon. L'Ouest était donc de l'autre côté. Du côté où nous étions arrivés avec Antoine et Aurore. Il me semblait avoir remarqué un grand nombre de personnes quelques rangées après l'entrée du camp. C'était sans doute là qu'il fallait chercher.

Dante proclama un semblant d'accusation à notre encontre, et il ordonna une sentence adaptée à la situation. Comprenez par là: "Qu'ils meurent pour leur affront !!!" Ce qui pour nous voulait dire: "On se tire d'ici et vite !!!"
Alors que comme un seul homme, la foule se jetait sur nous, nous leur échappâmes de justesse en nous téléportant. Une fois sous forme éthérée, nous nous dirigeâmes dans les airs tout d'abord, puis une fois que j'avais une vue globale du camp (enfin, il est difficile de parler de vue alors que ses yeux sont de l'énergie pure comme tout le reste). Je voyais un rassemblement de personnes et de tentes autour d'un autre feu plus loin. C'était certainement là qu'il fallait aller chercher. Nous plongeâmes en piqué sur ces tentes avant de retrouver notre forme physique, légèrement à l'écart du feu, quelques rangées de tentes plus loin, pour ne pas se faire repérer. Cependant, en retrouvant mon corps, je m'aperçus de ma grande stupidité. Dans la nuit, les traits d'énergie qui nous portaient lors de la téléportaion brillaient dans le ciel comme des feux d'artifice. Les réfugiés ne mettraient pas longtemps à nous retrouver. Il fallait se séparer pour couvrir plus de surface.
"Tout le monde ne doit pas encore savoir que nous sommes la cause de ces émeutes. Les gens sont soit restés loin de la tente de Dante, soit ils sont devant la tente et ils attendaient notre exécution. Les deux groupes n'ont pas du communiquer sur notre identité, fit remarquer Aurore.
-OK, fis-je. Dans ce cas, on va faire deux groupes. Silver, Iris, Kim d'un côté. Kim, tu as bien vu quelle tête avait Eva ???
-C'est bon, acquiesca la jeune fille.
-Antoine, Aurore, avec moi. On fouille chaque tente, chaque recoin le plus vite possible, avant que cette foule de dingues nous tombe dessus."

Là, commenença une espèce de course-poursuite, difficile à décrire, car mélangeant à la fois la discrétion et la précipitation. Je ne pensais pas qu'il fut possible de telles choses avant de vivre celà. Nous entrions dans chaque tente, jetions un coup d'oeil et partions avant même que quiconque eut compris ce qui s'était passé. Il y'en avait qui étaient vides car certaines personnes étaient encore regroupées autour du feu. Antoine, Aurore et moi fouillions partout, aussi vite que possible car déjà, les cris des gens qui étaient partis à notre poursuite se faisaient entendre. Telle une chasse aux sorcières où nous étions les gens à faire monter sur le bûcher. Je jurais intérieurement, que plus jamais, je ne m'occuperais de la vie de réfugiés. Savoir comment aider ces gens était encore plus compliqué à comprendre que les raisons qui les motivaient pour me tuer.
Alors que nous nous rapprochions de plus en plus du feu de camp, je pris la décision stupide, certes, mais néanmoins irrévocable de partir seul là-bas alors que Aurore et Antoine foullaient encore dans les tentes. Quitte à chercher, autant chercher là où il y'avait le plus de monde. Je me jetais donc à corps perdu dans la foule ammassée près du feu de camp. Discrètement, je me glissais entre les gens, et je regardais tout autour de moi, mais je ne vis à aucun moment le visage tant recherché. C'était à croire qu'Eva n'était jamais venue dans ce camp. Un moment, je perdis tout espoir. Peut-être n'était-elle pas dans ce campement... Peut-être était-ce un piège laissé par Sento qui n'attendait que mon intervention ici pour se débarasser de moi au milieu des réfugiés...

Non, ce n'était pas le moment de virer à la paranoïa. Il fallait être efficace. J'allais quitter le cercle d'hommes autour des flammes quand d'autres réfugiés arrivèrent. Armés de torches et de nombreux ustensiles tranchants, je sus tout de suite que ceux-ci venaient pour nous. Dans ma grande hâte, je m'étais laissé encerclé, et tout seul qui plus est. Je n'avais aucun moyen de contacter les autres.
Les hommes armés demandèrent à tout le monde une minute d'attention. Toutes les têtes se tournèrent vers eux. J'en profitais pour regarder une dernière fois si Eva était parmi eux. Mais aucune visage qui ressemblait au sien n'apparut. Je restais donc légèrement voûté, la tête regardant avec attention le sol pour qu'on ne me reconnaisse pas. Tout ce que j'espérais, c'était que les autres étaient bien cachés, et qu'on ne les trouverait pas.
"Des intrus ont causé de grands problèmes au sein du camp. Ce sont des jeunes d'environ 16-17 ans. Si vous les voyez, ne tentez rien par vous-mêmes. Ils sont plus puissants qu'ils n'y paraissent. Je vous demanderais de rester autour du feu de camp en attendant qu'on les ait capturé. On va aussi chercher parmi vous, pour voir s'ils ne sont pas là... N'oubliez pas, ils sont dangereux."
Au début, je m'étais dit que les gens autour de moi allaient me dénoncer, mais je m'aperçus qu'il y'avait beaucoup de personnes de mon âge. Il n'y avait donc rien à craindre dans l'immédiat. Mais la descente commençait parmi les réfugiés. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'on me retrouve. Et je ne pouvais pas m'échapper sans faire usage de mes pouvoirs, alors que je devais rester discret avant d'avoir retrouvé mes amis. On était coincés.

J'en venais à espérer l'immanence divine. Même moi, je ne pouvais rien faire sans mettre l'un ou l'autre de nous en danger. Antoine, Aurore semblaient toujours fouiller aux alentours, en tout cas, je n'avais entendu personne crier, ni eux de douleur, ni d'autres de joie parce qu'on les avait attrapés. J'espérais qu'ils n'allaient pas se faire repérer, qu'ils avaient eu l'idée de se cacher dans une tente vide, et que les émeutiers n'avaient pas autant d'audace que nous en ce qui concernait la fouille des tentes.
A moins d'un miracle, c'en était fini de nous, des élus, de notre destinée si particulière. La puissance, les pouvoirs quasi miraculeux avaient été mis en échec par une inconscience... Non, par mon inconscience. Si on avait laissé Eva là où elle était, nous n'aurions pas ces problèmes. Si ca trouve elle n'était même pas dans ce camp là...
"Merde", laissais-je échapper d'entre mes dents.
Mon cerveau carburait à 200 à l'heure, mais rien n'y faisait... Bon sang, la seule issue que je trouvais, c'était de m'enfuir tout seul, en laissant mes amis périr ici.
Certains disent qu'il suffit de croire très fort à quelque chose pour que celà se produise. Je crois que je ne pouvais espérer plus fort que je ne le faisais en ce moment. Et finalement, comme si la personne qui écrivait l'histoire de ce monde de sa plume divine avait eu pitié de moi, il m'accorda mon miracle... Il prit la forme la plus surprenante qui soit: un homme, manifestement apeuré, déboula d'une allée en criant à tout va:
"Sento... La garnison de Sento arrive... Ils vont tous nous tuer !!! Ils viennent se venger !!!"

Ni une, ni deux, alors que tout le monde tournait la tête vers l'individu qui annonçait la mauvais nouvelle, je pris un élan dont je ne me croyais pas capable et tentais un saut suivi d'une roulade qui me projeta dans une allée sombre. Il fallait regrouper tout le monde. Mais comment les contacter ??? Dans ma poche, le DS faisait une bosse. Il m'apparut comme la solution idéale. Dans la cohue, j'avais sans dotue un peu de temps pour avertir les autres. Avisant une tente que je savais vide pour l'avoir fouillée à l'aller, je rentrais dedans et je lançais une communication avec Silver et Aurore. En quelques secondes, la connexion fut établie, et le moment qui sépara cette connexion du décrochage de mes amis me parut une éternité. J'espérais de tout mon coeur qu'il ne leur était rien arrivé de grave. Mais très vite, l'écran afficha leurs visages:
"Où diable étais-tu passé ??? me sermonna Aurore. On te cherche depuis je ne sais combien de temps.
-Pas le temps pour les reproches, fis-je. Silver, rejoignez-nous au plus vite, il va falloir se battre sur deux fronts. Aurore, je vous retrouve dans trente secondes."
Sans laisser le temps à mes interlocuteurs de répondre quoi que ce soit, je refermais le DS. C'était la panique dehors. Il fallait faire vite si on voulait retrouver Eva.
A peine mis-je la tête dehors qu'elle rencontra celle d'Antoine qui étouffa un juron:
"Bon sang, on est déjà assez poursuivis sans que tu nous amoches encore plus."
Aurore était sur ses talons, et elle ne semblait pas contente non plus. Elle avait tout autre chose à faire que de subir mes caprices, mais j'avais tout autre chose à faire que de subir ses remarques.
"Il faut faire vite, ca va pas tarder à devenir explosif ici."

Alors que j'allais repartir, la voix d'Aurore m'arrêta.
"Lilian, on n'ira pas plus loin..."
Bon sang, je rêvais où j'avais bien entendu ce que j'avais cru entendre ???
"Quoi ???
-Antoine est d'accord avec moi, même s'il ne dit rien. Si ta Eva est ici, elle n'a pas besoin de nous pour le moment, et si elle n'est pas là, on perd du temps et on risque notre vie à chaque seconde de plus qu'on passe ici. Alors soit on repart, soit on ne fera pas un pas de plus.
-Mais ils vont vous trouver... Et il n'auront aucune...
-Ils ne nous trouveront que si tu nous laisse ici. C'est à toi de choisir. On n'a vu personne qui ressemble à ton Eva. On est obligé d'appeler toutes les filles par ce nom, vu qu'on ne sait pas si c'est elle qu'on voit... Toi seul la connaît. A la limite Kim est au courant, ça ne fait que deux. Ca prendrait une éternité de fouiller ce camp. Et on n'a pas une éternité. C'est une mission suicide. Les évènements prennent une tournure qui nous échappe.
-Alors vous me laissez tomber ???
-Techniquement, si on meurt, c'est toi qui nous aura laissé tomber, vieux, rétorqua Antoine
-Ne me parle plus comme ça, m'énervais-je. C'est là que j'ai besoin de vous, alors si vous me lâchez, il n'y a plus de vieux qui tienne.
-Tu es particulièrment suicidaire, fit une voix derrière moi. Mais c'est vrai que si on se laisse mutuellement tomber maintenant, on est tous morts..."

En me retournant, je vis Silver. Il arrivait tout juste avec Kim et Iris.
"Je suis avec toi... jusqu'au bout. Je n'ai ni parents, ni personne d'autre que vous tous. Si c'est pour votre sécurité à tous, alors j'en suis..."
Accompagnant la parole par les actes, il dégaina son épée qui brilla d'une aura rougeoyante.
"Tirez-vous si vous voulez, je vous couvre...
-Aurore, Antoine, Kim, Iris, je vous téléporte à New Lavandia, si on n'est pas revenu d'ici ce soir, demandez à Pierre d'amener quelques personnes ici. Si on échoue, il y'a peu de chances qu'on s'en sorte vivants, mais...
-Tu vas la fermer oui ??? m'interrompit Antoine. Silver l'a dit, si on se sépare maintenant, vous êtes morts. Et même si je ne veux pas mourir, je ne veux pas avoir des remords parce que tu t'es battu et que moi, je suis resté au chaud à pleurer dans les bras de Voltère et des autres. Si tu nous laisse, on meurt, mais si tu nous téléportes, c'est toi qui meurs. Alors pour le bien de tous, je te suis, même si c'est la voie la plus suicidaire qui soit.
-D'accord avec Antoine, pour une fois, fit Kim.
-Moi, je ne laisse pas Silver se battre sans moi, continua Iris."
Tous les regards se tournèrent vers Aurore, désormais minoritaire.
Après un long soupir, ele ne put qu'acquiescer, en rajoutant cependant:
"C'est une mission suicide qu'on fait là, je me dois de vous le rapeller. Si on s'en sort tous vivants, on ne devra ça qu'à une chance insolente. Et si l'un de nous y passe, tu peux être sûr que je ne te le pardonnerais jamais, et même si c'est moi qui doit y passer, je te maudirai de là où je serais enterrée. Mais si tout le monde est toujours d'accord, on va chercher ta chère Eva..."

[A SUIVRE]

siph07
siph07
Niveau 7
20 février 2008 à 22:05:30

imothep si t connect j'aimerai savoir quand tu prevoi de poster la suite. j'ai adorer ta premiere et jattend la suite de la deuxieme...

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
21 février 2008 à 19:01:03

Normalement d'ici ce soir ou demain... J'ai attaqué d'écrire...

siph07
siph07
Niveau 7
21 février 2008 à 21:53:11

ok parfait jsui impatien de lire

pikachu84
pikachu84
Niveau 2
22 février 2008 à 09:59:21

hadrienB c'est ton vrais prenom :question: car moi aussi je m'appelle hadrien avec un H LOL

Palkia59
Palkia59
Niveau 7
22 février 2008 à 18:24:56

alors la suite c quand :question:
:merci:

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
23 février 2008 à 21:00:49

[Chapitre 40] ... En Scylla:

Je sentais dans le regard d'Aurore que quelque chose s'était cassé, quelque chose qu'on ne réparerait jamais. Oh, bien sûr, on pourrait le remplacer, le rafistoler, mais on ne pourrait rien faire pour le réparer sérieusement. Il y'aurait toujours une cicatrice qui balafrerait ce quelque chose, cicatrice que seul le temps pourrait refermer petit à petit.
"Quelqu'un sait pourquoi tout le monde s'excite dans le camp ??? demanda Silver en jetant des regards furtifs autour de lui.
-Sento n'a pas mis longtemps à arriver, expliquais-je, je croyais vous l'avoir dit.
-Effectivement, tu nous avais prévenu que ca allait devenir explosif, confirma Antoine, mais de là à nous annoncer ça, c'est autre chose.
-Vous êtes toujours avec moi ou est ce que ca change votre point de vue sur la question ??? fis-je avec un ton hautement sarcastique."
Aurore ne nota même pas ma remarque. Elle se contenta de me faire un signe d'approbation de la main, mais je voyais son visage brillant. Elle avait les larmes aux yeux. "Lilian, tu es un con fini." pensais-je. Mais en attendant de retrouver Sorbier, j'étais le seul responsable, chef de ce semblant d'armée, et je devais me faire respecter en tant que tel. Au moins maintenant...

"Je préconise une surveillance des deux côtés, commença Silver. Je vous protège des réfugiés déjantés et Kim s'occupe de Sento. Pendant ce temps, Lilian, Aurore, Antoine et Iris, vous vous débrouillez pour trouver cette fichue Eva."
Je voyais le regard maintenant clairement furieux que me jetait Aurore. Je ne devais pas risquer la vie des autres et Kim était bien trop jeune pour avoir un point de vue en toute connaissance de cause sur la question. De plus, la discorde entre Aurore et moi ne ferait que rallonger le temps de recherche.
"Je m'occupe de Sento, annoncais-je avec un ton on ne peut plus solennel. Kim connaît Eva elle aussi, et moi, je serais une cible plus intéressante pour eux.
-Très bien, je n'y vois aucune objection, fit Silver. Dans ce cas, on se lance. Une fois que vous avez trouvé Eva, vous nous contactez via le DS et on se retrouve tous."
Il partit de son côté, l'épée à la main, Aurore s'éloigna le plus vite possible, accompagnée d'Antoine, bientôt suivis par Iris et Kim. La plus vieille des deux me retint une seconde:
"Elle t'en veut maintenant, mais fais juste en sorte de revenir vivant et ce sera de l'histoire ancienne dès demain.
-Merci Iris... Maintenant, vas-y, on a peu de temps."
Dans son jean noir, elle paraissait nettement moins désirable que lorsqu'elle nous était apparue pour la première fois à Féli-Cité dans sa robe rouge carmin, son tablier de jardinière vert par dessus... Et pourtant, cette femme avait le caractère suffisant pour dompter les chevaux les plus emballés au monde. Mais ce n'était plus le moment des considérations. Tout ce beau monde comptait sur moi, je devais leur prouver qu'ils avaient raison.

Après un moment d'hésitation, je décidais de ma stratégie. Tant que Sento et les réfugiés s'occupaient mutuellement, tout irait bien. Mais une fois que l'un des deux camps aurait repéré l'un d'entre nous, ce serait la chasse à l'homme qui débuterait. Les deux camps nous voudraient du mal s'ils nous croisaient, mais Sento était la seule faction que je haïssais particulièrement. Je décidais donc de pilonner leurs défenses, et de privilégier ainsi les réfugiés, pour déséquilibrer la balance des forces en présence. Une fois la révolte matée (ou les réfugiés victorieux) un moment de flottement opérerait, et aussi infime fut-il, il nous permettrai, je l'espérais, de gagner les secondes qu'il nous manquait pour trouver Iris.
Légèrement en retrait sur une petite butte, je voyais la situation sous tous les angles. Des soldats se battaient de tous les côtés avec les réfugiés, tandis que les vagues rougeoyantes plus au Nord témoignaient de l'acharnement de Silver et de son épée. Je décidais de foncer tête baissée en me protégeant par un bouclier, doublé d'un camouflage optique. Une fois invisible et invincible, je ne craignais plus trop l'ennemi.
"Banzaï", murmurais-je pour me donner du courage.
Je courais sur le sol herbeux qui constituait la route. Sans aucun problème, je rejoignis vite le coeur de la bataille, et silencieusement, j'oeuvrais à la destruction en bon ange déchu que j'étais.

Un rocher surplombait le campement, l'idéal pour bien commencer. Au lieu de me jeter au milieu de la bataille comme je l'avais prévu, je m'éloignais au contraire pour gravir la petite colline en face. Un fois en haut, un grand coup de pied suffit à faire tomber les premiers gravats. Par effet boule de neige, ils s'accumulèrent sur le sommet du gros caillou qui, sous leur poids, s'inclina petit à petit pour finalement basculer hors du creux dans lequel il était fiché. Il roula lourdement avant de s'écraser sur les braises incandescentes du feu de camp autour duquel je me trouvais lorsque les réfugiés avaient été mis au courant de l'attaque de Sento.
Bien que n'ayant blessé personne, de quelque côté que ce soit, mon initiative eut un côté positif. Un des soldats, qui semblait plus gradé que ses homologues, ordonna à une partie de ses hommes de fouiller les alentours. Il pensait sans doute que la poignée d'hommes qu'il envoyait ne l'empécherait pas de mater la révolte avec les soldats qui lui restaient. Mais il ne pensait pas qu'il envoyait cette poignée d'hommes au casse-pipe.
Furtivement, je redescendais la colline, manoeuvre rendue délicate par la couche de petites pierres qui agissait comme un tapis roulant, me tirant implacablement vers le bas et manquant plusieurs fois de me faire m'étaler lourdement. Les hommes passaient à côté de moi, à quelques mètres à peine, sans me voir. J'avais presque envie d'en finir avec eux, mais j'étais encore trop humain pour tuer sans raison. Un soldat était un ennemi, mais tuer à tout va quiconque portait leur uniforme était pour moi une forme d'échec, la preuve que je n'étais guère mieux qu'eux sur le plan moral.

Près des dernières braises du feu, le combat faisait rage. Des balles fusaient de part et d'autre, mais ne faisaient que rebondir sur la protection que mes pouvoirs fournissaient à mon corps. Me glissant entre les tentes écroulées, les corps de réfugiés et de soldats à terre, rarement morts, mais en tout cas dans des états peu enviables, j'arivais finalement à me retrancher vers leur chef. Je n'y connaissais rien en grades de l'armée, mais cet alignement de médailles et de distinction, je l'avais déjà vu une fois... sur le pont du bateau qui nous menait à Hoenn. Encore un commandant responsable d'un de ces escadrons punitifs...
Je n'espérais qu'une chose, que ce fut Mikhaïl, pour pouvoir mettre fin à sa misérable existence dans les plus brefs délais. De plus en plus près de ce commandant, j'avançais encore et encore, de plus en plus lentement à cause de l'attroupement des soldats en première ligne. Heureusement, l'uniforme que je cherchais se situait légèrement en retrait, courageux comme il était (le genre de personnage aux discours aussi beaux qu'il est lâche). Plus que quelques mètres, encore un peu...
Dans mon sac, j'allais me saisir du revolver que m'avait donné Sophie, mais je me rappelais soudain que je le lui avait rendu à la prison. Une soudaine envie de me frapper contre un mur m'avait envahi... Quel imbécile !!!

Mais non, il y'avait bien d'autres moyens de tuer un homme sans attirer l'attention. Dans son dos, une bosse dépassait, certainement un autre pistolet. Je le saisissais avec la plus grande délicatesse, relevant le pan de l'uniforme qui le recouvrait. Une fois dans ma main, je pris le temps de m'éloigner un peu et je répétai ce mouvement que Sophie m'avait appris. Un pied derrière l'autre. Le bras gauche soutient le bras droit pour atténuer le recul... Ce rituel funèbre me revint en mémoire comme si c'était hier que Sophie me donnait son 9mm. Lever le bras, le tenir droit, à hauteur de l'oeil,... Tout celà me donnait une intense sensation d'invulnérabilité.
Soudain, le commandant se retourna. Dommage pour moi, ce n'était pas Mikhaïl. Je cachais le revolver derrière mon dos, car si j'étais insoupconnable, mon arme n'était pas invisible pour autant. Cet homme semblait âgé, presque usé jusqu'à la moëlle par cette guerre absurde. Et pourtant, dans ses yeux, il restait toujours cette lueur dérangeante de satisfaction. Cette lueur qui justifiait ses actes, car il oeuvrait pour le bien de sa patrie. Il resta sans doute devant moi une demi-seconde, mais cette infime fraction de temps me marqua aussi sûrement qu'une heure à regarder les images de cette guerre atroce. Il avait tout vu, tout entendu, tout ordonné aussi. Des meurtres, des abus de faiblesses, des tortures, il avait tout vu. Et ce n'était pas le cynisme que nous autres avions que je voyais dans son regard. Non, lui prenait un malin plaisir à exécuter ce qu'on lui demandait de faire.
Il se retourna enfin de l'autre côté. Je ressortis le revolver rapidement, et je mettais à nouveau mon oeil au niveau du réticule. Garder l'oeil ouvert... et expirer... Soudain, aussi rapidement qu'une brise faisait s'envoler les feuilles mortes, une brusque douleur traversa mon épaule. Sans comprendre pourquoi, je souffrais, mais lorsque je laissais tomber ma cible, ce fut pour contempler mon bras... en sang.

[A SUIVRE]

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
23 février 2008 à 21:01:38

[Chapitre 41] La fin des héros ???:

Pourquoi mon camouflage avait-il été percé, ainsi que mon bouclier ??? A vrai dire, je connaissais la réponse. Un dispositif Crépuscule traînait dans le coin. Mais pourquoi ne s'était-il pas déclenché avant ??? En regardant derrière moi, je vis des soldats stupéfaits de me voir apparaître au milieu de nulle part, et derrière eux, au loin, une longue ligne de défense supplémentaire s'illuminait au clair de lune. La cavalerie arrivait, et le Crépuscule était à leur bord.
Il était encore loin, ce dispositif, heureusement pour moi. Je réussis en me concentrant sur mes pouvoirs à me téléporter à l'abri derrière un rocher au moment ou une fusillade éclatait à l'endroit où je me trouvais une seconde plus tôt. Il fallait vite que je contacte les autres avant qu'ils ne soient pris au piège. Mais en sortant mon DS de ma poche, je vis ma main en sang. Le sang qui coulait de mon épaule. Je n'avais pas pris conscience de l'étendue de la blessure, mais une fois assis derrière la roche, l'adrénaline retomba, et la souffrance éclata...
J'avais déjà vécu de telles sensations, mais jamais aussi fortes. Tout ce que j'avais subi m'avait mortellement blessé, et ma mort aurait été rapide si Aurore n'avait pas été pas là. Mais le coup, ici, n'était pas mortel, et j'étais au contraire bien plus conscient que d'habitude de cette douleur. Incapable de crier, par peur d'attirer les soldats sur moi alors que j'étais sans défense, mais aussi tout simplement car les larmes et la douleur refusaient de se laisser exprimer, je me roulais au sol dans la position d'un foetus au moment où de l'autre côté du rocher, un bruit se fit entendre. La cavalerie attaquait. Sento venait d'envoyer ses renforts dans la bataille et le Crépuscule s'approchait de plus en plus des autres élus.

J'arrachais la manche de mon mailot et je m'en servais comme d'un garrot, même si celà risquait d'être très peu efficace pour stopper l'effusion de sang. Ensuite, je cherchais le DS autour de moi. Un peu recouvert par la terre, je le trouvais finalement au prix de souffrances tout aussi violentes. Chaque mouvement, chaque battement de coeur propulsait dans mon épaule une douleur sourde et atroce. Me servant de ma main valide pour allumer le DS, je tentais une connexion avec Antoine. Après une attente de quelques secondes, qui me parurent une éternité, il me répondit.
"Qu'est ce qui se passe vieux ??? On a pas encore retrouvé Eva.
-Tirez vous, Sento arrive, ils envoient des renforts.
-Rien qu'on ne puisse démolir, je suppose... Ne t'en fais pas pour nous, si tu n'arrives pas à les contenir, on t'enverra Iris en renfort.
-Tu ne comprends pas... haletais-je. Ils ont un dispositif Crépuscule avec eux. Les pouvoirs ne servent plus à rien. Eloignez-vous au plus vite avant d'être dans sa zone d'influence. Filez à Vergazon et envolez-vous jusqu'à Clementi ou Bourg en Vol, il y'aura des gens qui pourront vous aider là-bas."
Antoine eut un moment de silence. Il regardait fixement un point que je ne voyais pas et semblait réfléchir.
"Je veux bien laisser tomber Eva si tu nous le demande, fit Antoine, mais Iris vient juste de me dire qu'on l'a peut-être trouvée... On fait quoi alors ???"

Voilà le choix cornélien que je me refusais à faire. Risquer la vie de mes amis alors qu'on atteignait le point de non-retour. Tout était perdu pour eux s'ils restaient, mais s'ils partaient maintenant, on perdrait sans doute Eva pour un bon bout de temps alors qu'on en n'avait jamais été aussi prèt. En plus de cette décision plus que dure, mon bras m'élança à nouveau, et je perdis connaissance un bref instant.
"...lian.... va ?? .... ian !!!...de Lil... répo... !!!"
La sensation était toujours douloureuse, mais sombrer à l'inconscience semblait tellement doux et facile. Mais la voix d'Antoine me poussa à me battre encore un peu contre la douleur.
J'ouvris les yeux, enfin.
"Tu es blessé ??? C'est quoi tout ce sang sur ton épaule.
-J'ai tué un soldat, mentis-je.
-C'est ça, ce sont ceux qui se font tirer dessus qui tournent de l'oeil, pas ceux qui tiennent le pistolet. On vient te chercher...
-Pas question... Tu veux me rendre service ??? Choisis toi-même si tu veux risquer ta vie pour trouver Eva ou pour fuir, et dis-moi ce que tu fais, je te rejoindrais s'il le faut. J'ai encore mes jambes et ma tête de valide..."
Je voysais bien qu'il ne me crouais qu'à moitié, peut-être que moi-même je présumais de mes forces, mais il acquiesça finalement:
"On va la chercher vieux, tiens bon !!!"

J'avais momentanément éloigné Antoine et les autres de l'armée de Sento. Mais j'aurais préféré qu'ils choisissent la solution de la fuite. J'avais encore peut-être une minute au maximum pour les rejoindre. Mais lorsque j'essayai de me lever, la douleur dans mon épaule augmenta de façon critique et je ne pus que me rasseoir par terre, une larme au coin de l'oeil. Un nouvel essai, m'appuyant sur le bras valide, mais rien à faire. Un effort me rendait fou de douleur. Je n'avais plus aucune solution que de rester ici et d'espérer que celà se calme. Soudain, mon DS capta mon attention, quelqu'un essayait de m'appeler.
"Oui, Antoine, je t'éc..."
Ma voix se brisa net. Antoine était apeuré:
"On a trouvé Eva... Elle est avec nous, mais plus aucun des pouvoirs ne marche. Ils sont trop près...
-Tirez-vous, ne m'attendez pas, fis-je avec un rictus de douleur... Je vous rejoindrais par mes propres moyens.
-Tu ne comprends pas, bon sang, hurla la voix d'Aurore, derrière. Ils nous ont encerclés. On a trouvé ta copine, mais on est tous pris au piège... T'es content ???"
Sa voix se perdit dans une effusion de sanglots. Elle m'en voulait c'était certain.
"Désolé vieux, reprit Antoine, mais je crois que cette fois-ci, on a livré notre dernière bataille..."
J'allais lui demander de me laisser un peu plus de temps, mais la communication coupa, et la dernière image fut celle de son visage grave. Je ne l'avais jamais vu comme ça. Tout devait être encore pire que je ne le croyais...

Les larmes me montèrent aux yeux. Pas des larmes de douleur, mais des larmes de honte, cette fois-ci. Comment avais-je pu risquer leur vie ainsi ??? C'était facile de se dire qu'on s'était à chaque fois tiré d'une situation impossible, mais là, je n'avais fait que jouer avec le feu encore une fois, sauf que cette fois-ci, c'était mes amis que je jetais dans les flammes en voulant jouer les héros. J'aurais du demander l'aide de la Nouvelle Armée. Ils se seraient occupés de Sento, et on aurait pu retrouver Eva. Là, je sentais que pour nous tous, c'était la fin. Ils nous captureraient tous et on finirait notre vie dans un labo, ou morts, si Sento ne voulait vraiment pas de nous.
Je repensais à ce que m'avait dit Aurore: "Si on s'en sort tous vivants, on ne devra ça qu'à une chance insolente. Et si l'un de nous y passe, tu peux être sûr que je ne te le pardonnerais jamais".
A moins que... Oui, il y'avait peut-être un moyen, audacieux, suicidaire même, mais qui était préférable à tout celà. Je relançais une communication avec Antoine alors que je décrochais les balls de ma ceinture.
"Quoi ???
-Il est temps de prouver que je suis digne de vous... Tu localiseras mon DS, mes balls sont avec.
-Tu vas faire quoi ???
-Quelque chose que tu ne vas pas apprécier. Récupère juste mes balls une fois la bataille finie... Bonne chance à tous."
Sans lui laisser comprendre le sens caché de ma phrase, je mis fin à la communication.

Je sortais de derrière mon rocher tant bien que mal, et je m'avançai au milieu de la foule. Le révolver toujours à ma ceinture, je le pris de ma main valide et je tirai un coup en l'air. Au loin, je vis les réfugiés qui prenaient mes amis, et devant moi les forces de Sento. La bataille s'arrêta un instant, et le temps sembla se suspendre. Avec la voix la plus claire que je puisse avoir dans mon état, j'annonçai:
"Vous allez laisser les réfugiés tranquilles, et en échange, les réfugiés vont relâcher mes amis...
-Et peut-on savoir pourquoi nous ferions ça ??? demanda leur commandant, intéressé ???"
Une dernière fois, je jetais un oeil à mes amis, et même loin d'eux, je vis la chevelure d'Iris, le regard pétillant de Kim, la mèche rebelle d'Aurore, le visage d'Antoine, l'épée de Silver et le sourire d'Eva qui disparut quand elle comprit ce que je m'apprêtais à faire.
"Elle t'en veut maintenant, mais fais juste en sorte de revenir vivant et ce sera de l'histoire ancienne dès demain." m'avait dit Iris à propos d'Aurore. Finalement, de nous tous, c'étaient elles qui avaient cerné le problème dès le début. On ne pourrait pas tous s'en sortir. Avec un sourire forcé, j'essayais de leur laisser l'image de quelqu'un qui savait ce qu'il faisait et qui ne regretterait rien, mais heureusement que j'étais loin d'eux, sinon, ils n'y auraient pas cru une seconde... Puis je me retournais vers le commandant, et je jetais mon pistolet à terre:
"Je suis le seul responsable de cette pagaille. Et je me rends..."

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
24 février 2008 à 16:27:33

:up:

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