[Chapitre 20 !! !] Rumeurs et délires:
La tempète passée, Sophie et ses matelots remirent vite le bateau en état et nous continuâmes notre route encore une bonne semaine sans encombres. Iris et Silver semblaient vivre un bonheur incomparable depuis qu´ils s´étaient enfin avoués leurs sentiments l´un à l´autre et rien ne semblait pouvoir les déranger.
En remontant dans la cabine où se trouvaient nos invités de la Nouvelle Armée, juste après la tempête, j´avais trouvé un petit mot disant:" Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous... On vous attend là-bas avec impatience." Le mot n´était évidemment pas signé car on ne pouvait prendre aucun risque avec ce genre de choses mais nous sûmes tout de suite de qui il était...
Finalement, le bateau atteignit le continent pour le Nouvel An, et c´est ici que je reprends le fil de mon histoire...
//// 16 jours après le début des opérations ////
Le soleil était déjà levé depuis plusieurs heures. A ma montre il était dix heures trente passées. J´avais terminé de m´entraîner avec Silver tôt dans la matinée et le froid ne me faisait plus aucun effet tellement ma peau était blanche et gelée. Sur le port du continent, la neige semblait être tombée en quantité dans la nuit, et tous les toits étaient recouverts d´une couche de poudreuse de plusieurs centimètres...
Le bateau était à quai pour permettre aux voyageurs de descendre et de monter durant toute la matinée. Une partie des matelots descendait à terre pour trouver de quoi faire un repas du Nouvel An honorable. Sophie vint me trouver sur le pont et m´interpella:
"Lilian, ca vous dirait de venir avec moi ?? ?
-Les courses de Noël, c´est pas mon truc, surtout lorsque Noël est déjà passé...
-Je ne parle pas de ce genre de choses... Je vais à la pèche aux informations sur le quai...
-Aux informations ?? ? C´est à dire ?? ?
-Plusieurs matelots m´ont annoncé qu´à la télé ils passaient des choses qui ne sentaient pas très bon pour vous... Je vais vérfier ça par moi-même... Vous m´accompagnez ?? ?
-Dit comme ça, vous m´intéressez beaucoup !! !"
C´est ainsi que par le froid ambiant, je descendis du bateau avec la capitaine, chaudement emmitoufflé dans plusieurs épaisseurs. Nous descendîmes à la chasse aux ragots dans les rues de la ville. Le port semblait ne pas avoir de fin...
"Ca a l´air d´être un port très important, fis-je pour la conversation.
-En fait, tu as tout faux. Le port est le plus petit que j´ai jamais vu... Nous sommes entrés dans la ville quand nous avons quitté le bateau.
-Et le port ?? ?
-Le port, c´est les quatres digues de béton que tu vois en entrant et le quai sur lequel nous avons accosté. Nous ne sommes pas dans une ville portuaire à l´origine. Dès que la guerre a commencé à se rapprocher du continent, les habitants ont construit un port de fortune pour partir loin, loin des conflits. Mais vu que personne n´a sorti le porte-feuilles pour faire un port digne de ce nom, c´est ça qui sert depuis quinze années maintenant."
Si l´atmosphère était tendue depuis aussi longtemps que ce port de fortune existait, alors il ne faudrait pas compter passer éternellement inaperçu...
"Les soldats sont nombreux ici ?? ?
-Ils contrôlent les principaux postes importants et ils ont une petite force de frappe. A peine deux ou trois patrouilles de quelques gardes mais ca suffit pour entretenir la peur... Ils ne sont pas du genre à questionner avant de tirer si tu vois ce que je veux dire... Ah, voilà, c´est ici !! !"
Sophie montrait du doigt (enfin, de sa moufle) un bâtiment d´apparence crasseuse, délabré et dont j´aurais pu croire que c´était une ruine inhabitée tellement la poussière sur la fenètre était en quantité importante. Mais avec un petit coup de coude, elle réussit à ouvrir la porte rouillée et m´invita à entrer.
"N´aies pas peur, le côté "ruines", c´est pour que les soldats ne nous remarquent pas. C´est un haut lieu de discussion "non-officielle" si tu vois ce que je veux dire".
Lui faisant confiance, je rentrais à sa suite dans ce qui ressemblait à un bar une fois a l´intérieur. D´ailleurs, une fois à l´intérieur, il faisait chaud, il y´avait de l´ambiance, et une propreté régnait sur les lieux, qui tranchait radicalement avec les couches de crasse que nous avions vu sur les facades.
"On est où ?? ? demandais-je."
Avant que Sophie ne puisse me répondre, une voix tonitruante retentit.
"Pas possible, mais on dirait bien la petite Sophie ?? ?"
L´homme qui avait parlé se tenait derrière le comptoir. A son attitude, je supposais que c´était lui le tenancier de ce petit pub.
"Et on dirait bien que mon vieux forban de Tommy est toujours fidèle au poste, répondit Sophie.
-Alors,... "capitaine", toujours à voguer à travers mers et océans ?? ? fit-il avec un grand sourire.
-Toujours, qu´il pleuve, vente ou neige. Quoi de neuf ici ?? ?"
L´homme massif abaissa ses yeux sur moi...
"Oh, j´allais oublier, fit Sophie je te présente mon ami qui m´accompagne, Tommy, voici..
-Frédéric, enchanté !! ! fis-je en tendant ma main."
Le géant eut un regard méfiant envers moi, puis il regarda Sophie qui d´un signe presque imperceptible lui fit comprendre que j´étais un homme de confiance. L´homme changea radicalement de ton...
"Je t´appellerai Fred, c´est bien ça Fred. Et si je peux te donner un conseil, ne donnes plus jamais ton nom comme ça, c´est un coup à finir en taule en moins de temps qu´il n´en faut pour le dire.
-Frédéric, c´est le nom qui est sur mes papiers d´identité... Mais mon vrai nom, je le gardes pour moi et pour une poignée d´amis. Désolé pour vous, mais si Sophie a confiance en vous, je me dois de me faire une idée par moi-même.
-Jeune homme, tu es fort malpoli... mais tu as tout compris à la résistance..."
Le mot "résistance" me fit frémir... Dans les livres d´histoire, les résistants finissaient tous soit par être oubliés soit par être abattus froidement dès qu´ils n´avaient plus rien à avouer. Mais nous étions plus forts et surtout plus malins que les résistants des livres d´histoire... Du moins, je l´espérais...
"Ici, tu es le bienvenu, me fit Tommy. Ce petit bar n´en a pas l´air mais il est le plus grand lieu de rassemblement des résistants du continent.
-A ce propos, tu as des nouvelles fraîches du front ?? ? demanda Sophie... Surtout en ce qui concerne la nouvelle armée.
-Ma pauvre, j´ai peur que les nouvelles ne soient bien mauvaises."
A ces mots, je craignis le pire. Celà faisait une semaine que Marc, Damien et les autres étaient repartis à Hoenn. Pourvu qu´ils ne soient pas morts, sinon, je m´en serais voulu toute ma vie de ne pas les avoir convaincus de rester. Si, pour sauver ma couverture, je devais y laisser la vie de mes alliés alors autant courir tête baissée au milieu du champ de bataille, ce serait moins dangereux pour eux.
"Ils sont... morts ?? ? demandai-je...
-Non, la seule victime c´est Herr Général... enfin, la seule que nous ayons vu à la télé.
-Tu veux dire que... ca a été filmé en direct ?? ?
-Tu vois Sophie, fit le robuste gaillard, quand je te dis que sut ton bateau tu es dans un monde à part..."
Il se retrourna vers moi et expliqua:
"Le tyran a proposé un débat à la Nouvelle Armée... Un débat télévisé... J´ai tout de suite su que c´était un piège mais eux ils ont eu l´air de croire que ca pourrait peut-être épargner des vies. Et puis on s´est très vite aperçu que ce n´était qu´une vaste mascarade quand une balle a traversé la tête de Herr Général."
"Mais c´est qui, ce Herr Général à la fin ?? ?
-Peu de gens connaissent son nom, et ceux qui le connaissent sont bien souvent déjà morts. Il est avec Hoenn. Un maniaque des règles militaires, un peu agaçant sur les bords mais un tacticien de guerre hors pair... Enfin, tout ça c´était avant qu´il ne meure... En tout cas, ils vont être sacrément embêtés...
-Pour quoi ?? ?
-Ben pour écrire un nom sur sa pierre tombale pardi !! !"
Les autres personnes autour de nous éclatèrent de rire ("Imaginez la stèle: Herr Général, aussi raide une fois mort qu´il l´était déjà quand il vivait encore" lança un des clients) Une faillit même s´étouffer en riant dans sa bière... Mais devant mon air consterné, Tommy se ravisa.
"Désolé, mais on vit la guerre tellement souvent qu´on a appris à la tourner en dérision... C´est le seul moyen pour tenir.
-Sans doute, je vous comprends... Et pour les autres ?? ? Ed, Pierre ?? ?
-Pierre a réussi a se téléporter, on l´a tous vu en direct live, par contre pour ton copain Ed, ce nom ne me dit rien... Non, il n´était pas sur le plateau...
-Ouf, pas de pertes...
-Attends, me corrigea le géant, c´est pas fini... Le débat c´était que le début,... Depuis minuit, heure locale Hoennique, Sento a déferlé sur le continent... La guerre est repartie de plus belle, et on n´a aucun signe de vie de la Nouvelle-Armée depuis..."
Je m´affalais sur un siège sous le coup de la douleur psychologique... Disparus, tous... Celà voulait-il dire qu´ils étaient... morts ?? ? Tous ?? ?
"Je ne sais pas s´ils sont tous hors-course, termina Tommy, mais une chose est sûre, il y´a eu pas mal d´agitations et à leur place, je me cacherais, même si des gens doivent mourir pour ça... Parce que si ce sont eux qui meurent, Hoenn... non, pire, partout, tout sera fichu d´avance...."
Oui, c´était ce que j´aurais fait à leur place... Je n´étais peut-être pas dans leur tête, mais Pierre était un maître pokémon, tout comme moi... Il savait quand il fallait combattre et quand il fallait admettre sa défaite, pour mieux se relancer derrière...
"Tu veux qu´on reste là un petit moment ?? ? demanda Sophie... Le bateau ne partira que pour midi... et sans moi, il n´ira pas loin.
-Non, il faut que je partes tout de suite, on n´a pas...
-Oh là, ralentis, jeune homme... fit Tommy. Tu ne tiendrais pas deux mètres sur tes jambes. Reste là cinq minutes, c´est ma tournée.
-C´est pas de refus, vous auriez un chocolat chaud ?? ?
-Ah non, pas de ça maintenant, c´est pas ça qu´il te faut..."
Il nous laissa un instant et de dessous le bar, il sortit une bouteille pleine d´un liquide inconnu. Sous mon nez, il remplit un verre à moutarde à ras-bord.
"Tiens, ça, ca apaisera tes tracas."
Du verre émanaient des odeurs plus que fortes. C´était de l´alcool à brûler au bas mot... 400 degrés minimum... Et pourtant, quitte à me rendre malade, au tant que ce soit d´une bonne cuite plutôt que de mes doutes envers l´éventuelle survie de mes amis de là-bas. Je pris le verre dans ma main et d´un geste, je le renversais dans ma bouche.
"C´est ça, petit, cul-sec !! !"
Je n´ai jamais bu de détergents dans ma vie, mais ce verre a du avoir le même effet sur mon tube digestif. Brûlant tout d´abord mon gosier, il laissa ensuite une sensation de chaleur et de... propreté dans mon ventre...
"Ca vaut son pesant de cacahouètes, n´est ce pas ?? ? Fabrication maison, une demi-litre de vodka, un quart de wisky, et un autre de vin chaud. De la poudre de piment pour relever le tout et un dé à coudre de jus de pomme pour donner un peu de goût..."
J´avais bu ça ?? ? D´accord, je pense qu´il n´allait pas falloir tarder, sinon en plus d´oublier ma peine j´allais bientôt oublier comment marcher correctement...
"On sent bien la pomme... fis-je sans plus aucune voix tellement la mixture m´avait assomé sur le coup.
-C´est ça, mon gars, maintenant, tu fais partie des grands alors profites-en, l´alcool est, avec les femmes, bien sûr, le seul privilège que Dieu a donné aux hommes sur cette Terre.
-Bon, ben je crois qu´on va y´aller avant que notre nouvel "homme" ne soit assez ivre pour alerter les gardes, conclut Sophie."
Tommy nous remercia de notre visite et nous souhaita bonne chance dans notre aventure...
"Si tu es si costaud que je l´espères, repasses un jour par ici, je serais ravi de te payer un autre petit coup...
-On y pensera, Tommy, fit Sophie en me tirant presque derrière elle...
-Désolé, Sophie, fis-je avec le peu de conscience qu´il me restait encore, j´aurais du dire non...
-Moi aussi j´aurais du te dire non, mais un: c´est le boulot de tes parents et deux: je préfères que tu comprennes les effets d´un alcool bien corsé chez un ami plutôt que chez un ennemi qui pourrait te soutirer des informations une fois ivre.
-Et trois: me laisser découvrir par moi-même les effets de l´abus d´alcool, n´est ce pas cap´tain ??
-T´es peut-être raide mais t´as encore de la jugeotte toi."
Mes yeux marchaient encore correctement et j´arrivais avec l´appui de Sophie à avancer droit. Mais j´étais comme sur un nuage, loin du monde. Devant moi, les gens semblaient distants... loin...
Par erreur, je bousculais un homme un peu plus âgé que moi, en pull rouge. Je grommelais des excuses mais ma bouche me lâcha. Du coup, il me regarda d´un oeil mauvais... Il se passa ainsi plusieurs minutes et le bateau semblait toujours aussi loin...
"On arrive bientôt ?? ? demandai-je.
-Plus qu´une centaine de mètres. Il est temps, moi aussi je n´en peux plus."
Sophie me guidait, alors j´en profitais pour regarder derrière. L´homme au pull rouge était à distance de nous, mais il semblait qu´il m´en voulait pour tout à l´heure... Ou alors, il m´aurait reconnu ?? ? Oh non, pas maintenant.
"Sophie... Derrière... le garçon au pull rouge... Il nous suit.
-C´est ça c´est ça, j´y penserai."
Quelques minutes plus tard, j´entendis sous mes pieds un bruit métallique, preuve que nous avions atteint la passerelle du bateau. Sophie me confia ensuite au soin d´Antoine qui passait par là...
Elle s´éloigna de moi et en quelques secondes elle quitta mon champ de vision très réduit. Mais en regardant derrière moi, je reconnus le pull rouge... On nous suivait, c´était certain...
"Toine... arretoi !! !
-Oui, d´accord, je m´arrête, mais ne vomis pas sur mes chaussures, s´il te plaît.
-Nan, pas envie dvomir... Jdois tparler...
-Je t´écoute, mais je crains le pire.
-Le garçon avec le pull rouge...
-Y´a personne avec un pull rouge ici...
-Nan, sur les quais..."
Antoine se pencha par dessus la rambarde.
"Oui, le gars qui parle au soldat ?? ?"
Qui parle au soldat ?? ? Bien que j´étais passablement amoché, mes connexions neuronales firent leur travail avec certes plus de temps, mais le résultat qui sortit fut implacable.
"Kekun... Rah... Quelqu´un sait... Le gars en rouge, il sait qu´on est à bord... Et je crois qu´il m´a reconnu..."
J´avais utilisé mes derniers neurones encore non imbibés d´alcool pour cette phrase. Je ne tenais presque plus debout et ma vision se floutait par moment.
"Allez, arrête tes délires, tu sais que la parano c´est normal quand on est un peu dans les vappes, on comprend pas tout ce qui se passe autour de soi alors on se fait des films..."
Cependant, en me relevant, je jetais un dernier coup d´oeil derrière moi. Le pull rouge bougea... Un dernier effort de netteté... Là !! ! Maintenant, je voyais que le jeune homme en rouge indiquait notre bateau au garde et avait le doigt pointé sur moi...
"Et là, j´ai rêvé ou il m´a montré du doigt ?? demandais-je à Antoine.
-Je crois que j´ai vu la même chose que toi, fit-il inquiet... et c´est ça qui me préoccupe. Je vais demander à Sophie de partir au plus vite, mais d´abord, dans ta cabine, je ne veux pas te laisser seul dehors dans ton état."
Je me rappelle vaguement avoir grimpé des marches, avoir vu la porte d´une cabine s´ouvrir... Une cabine dans laquelle j´avais vu le visage de Silver... Et allongé sur mon lit, la matinée défila devant mes yeux comme, dit-on, celà se produit juste avant de mourir...
Dans ma petite mort, je revis un grand homme qui me versait un liquide dans un verre, je revis une scène dans laquelle un homme prenait une balle dans la tête, une autre, imaginée cette fois-ci, dans laquelle toute la Nouvelle-Armée était à terre... Je m´endormis avec l´image d´un pull rouge me montrant à un soldat... Le sens se comprenait vite. J´étais bourré, pas stupide... On avait été repérés...
vivement la suite
La suite, ce sera un triple châpitre (pour nowel)... Allez, dites-el que je vous gâte...
[Chapitre 21] Ce qui devait arriver...:
Je suis sur le pont du bateau, avec mes amis, et même plus, avec tous les passagers, et, chose bizarre, nous sommes tous à genoux. Alors que je cherches une raison à celà, je tourne la tête et remarque les soldats sur le pont. Ils sont entourés de plusieurs hélicotères desquels sortent le bout de fusils accompagnés des snipers qui vont avec... Ils nous menacent avec leurs armes... J´ai le temps de voir le visage de ceux sur le pont... Oh non, leur chef, c´est celui qui commandait l´escadron chargé de nous assassiner... Et il se rapproche de moi... Il vérifie les têtes de tous les passagers, une par une pour voir si elles ne correspondent pas à un des avis de recherche qu´il tient dans sa main. Ca y´est c´est mon tour. Il me demande de lever la tête. Je sais que tout est perdu mais je refuse de m´abaisser à ses menaces... Du moins, ça c´était avant qu´il mette son arme sous mon nez. Alors je lève la tête...
"Je te croyais mort toi ?? ? Et bien on va arranger ça ici et maintenant..."
//// 17 jours après le début des opérations ////
Je me réveille en sursaut...
"Ouf, ce n´était qu´un cauchemar..."
Ses yeux noirs, inexpressifs refusaient cependant de laisser mon esprit tranquille. C´était tellement réel...
"Et vu ta tête, on dirait qu´il était particulièrement éprouvant..."
Je me retournais... C´était Iris qui avait parlé. Elle était assise dans un fauteuil de l´autre côté de la pièce.
"Oui, je sais, je n´ai rien à faire là mais Antoine m´a demandé de veiller sur ton sommeil. Il a dit qu´on n´avait peut-être rien à craindre mais il avait fort peur d´avoir tort."
Tout me revenait en mémoire, l´homme au pull rouge, mon état semi-comateux, mais ce rêve refusait de me quitter.
"J´ai dormi combien de temps ?? ?
-Tu as fait un bon tour d´horloge, il est presque midi. Tu as cuvé ta cuite magistrale en dormant comme un bienheureux et tu as du enchaîner sur un sommeil plus normal dans la nuit.
-A ce point ?? ?
-Heureusement, tu n´as pas vomi, sinon, il n´aurait pas fallu compter sur moi pour te tenir la tête au dessus des toilettes, j´ai horreur de ça...
-J´ai dit des choses pendant mon sommeil ?? ?
-Oh, tu as répété "pull", "rouge" et "danger" tout hier soir mais ça, Antoine avait déjà l´air d´être au courant. Alors tu n´a rien dit de neuf. Au fait, quelqu´un voudrait bien me mettre au courant de ce qui se passe ?? ?
-Oui, fis-je en recouvrant peu à peu mes esprits. Et tu n´es pas la seule à avoir besoin de savoir des choses. Rameute tout le monde, faut qu´on parle..."
En cinq minutes, ils furent tous là. Antoine, Silver, Kim, Aurore, Iris et moi rentrâmes tous dans la cabine.
"Sophie ne vient pas ?? ? demanidais-je.
-On traverse une zone de récifs, elle doit rester à la barre pour toute la matinée."
Dans ce cas, je fermai la porte à double-tour. Revenant vers mes amis, je leur expliquais tout. Tout ce que j´avais entendu chez Tommy, tout ce que j´avais vu à la télé et surtout tout ce dont j´avais déliré à propos de l´homme au pull rouge qui semblait m´avoir reconnu. Antoine m´aida pour cette partie de mon histoire, confirmant ce qui, sans l´appui de son témoignage n´aurait été que délires d´ivrogne.
"Et ben, mes enfants, j´espères qu´on sera arrivés à terre avant que les soldats ne nous trouvent, sinon, on est fichus, fit Silver.
-Il ne leur faudra pas longtemps pour nous retrouver, répondis-je plus pessimiste. Le bateau est facile à repérer sur les registres de la capitainerie, et une fois à bord, ils n´auront plus aucun problème. Surtout..."
Surtout qu´ils nous connaissent, faillis-je rajouter. Mais non, l´homme qui s´était occupé de l´attentat de Féli-Cité et les soldats qui viendraient sur le bateau étaient deux évènements séparés. Seul mon rève avait fait le rapprochement.
"Surtout ?? ?
-Rien, je n´ai rien dit..."
Silver proposa tout d´abord de partir en nous téléportant, mais je refusais, sachant que ce serait mettre Sophie dans une position délicate, la laissant seule face aux soldats de Sento.
"Mais on n´a pas tellement le choix, fit Antoine...
-On a toujours le choix, répliquais-je... Toujours. Seule l´audace nous permet d´en faire certains que d´autres qualifieraient de complètement fous. Et je n´ai pas l´intention de laisser Sophie et son bateau seuls alors qu´elle nous cache depuis toute la traversée. Vous vous rendez compte de tout ce qu´elle a fait pour nous ?? ?
-On a quand même sauvé son bateau et tous les passagers de la noyade alors qu´on aurait pu fuir lâchement, répliqua Silver.
-Et c´est ce que tu nous proposes de faire maintenant, répondis-je sur le même ton..."
Ma remarque fit mouche. Silver admit que fuir serait le plus stupide comportement au monde, surtout vu tout le trajet que nous avions déjà fait.
"En tout cas, moi, je vous suis, fit Kim du haut de son mètre 60 à tout casser...
-Moi aussi, continua Aurore.
-Et moi donc, conclut Iris. Et si Silver a l´intention de nous laisser, je te promets de lui en tourner une dès que possible...
-Bon, puisque c´est comme ça, je vous suis... fit finalement l´intéressé."
Un plan très calculé semblait être faisable... Mettre des sentinelles à certains points stratégiques... Choisir des zones spéciales pour tendre des traquenards... D´ici demain, nous serions prèts...
Mais nous n´avions pas jusqu´à demain car une explosion se fit entendre... Ils étaient déjà là...
"Déjà ?? ? fis-je... Ils n´ont pas tardé. Ils ont été plus rapides que je ne le pensais."
Antoine jeta un coup d´oeil dehors par le hublot.
"Tu m´étonnes qu´ils y soient allés vite. C´est bourré d´hélicos dehors. Y´a déjà des soldats sur le pont, ils descendent des hélicos avec des cordes... C´est pas bon pour nous..."
Avant qu´il n´ait pu rajouter quelque chose, une voix puissante sortit de ce qui semblait être un haut-parleur.
"Votre attention à tous... Nous sommes les soldats de l´armée de Sento, conformément à nos droits de contrôle et de disposition de tout appareil se situant dans notre territoire, nous montons sur ce navire au nom de Sento. Tous les passagers ainsi que le personnel, hommes, femmes enfants, doivent descendre sur pont et se ranger à genoux contre les barrières extérieures. Il ne vous sera fait aucun mal mais tout acte de résistance sera considéré comme rupture de cet accord et nous forcera à attaquer le bateau et ses occupants."
La nouvelle laissa un goût amer dans ma bouche.
"Ils ont tous prévu cette fois-ci... On ne s´en tirera pas comme à Féli-Cité, fit Iris. Il faut décider de partir maintenant ou de se battre. Après, on ne pourra plus revenir en arrière.
-On se bat, fis-je sans tiquer. Si tout se passe bien, on ne devrait pas avoir à se servir de nos pouvoirs. Nos faux papiers sont parfaits et si vous vous souvenez tous de votre nouvelle identité, personne ne nous reconnaîtra. Mais en cas de problèmes, on devra user de la manière forte alors tenez vous prèts..."
Le temps de poser nos balls au fond de la commode, sous les vètements, afin qu´on ne nous les vole pas "au nom de Sento, legrandlebeaulefort..." et nous descendîmes sur le pont comme l´exigeaient les soldats. Je restais en arrière afin de récupérer discrètement l´arme que Sophie m´avait prêté. On descendait sans pokémons, mais on ne decendrait pas sans rien... Et sourtout on ne mourrait pas seuls si ca devait se produire...
En quelques minutes, nous arrivâmes sur le pont où nous fûmes escortés par un groupe de soldats jusqu´à l´emplacement libre le plus proche. En même temps, d´autres soldats encadraient un groupe de matelots parmis lesquels je crus reconnaître Sophie. Si elle n´était pas trop loin de nous, peut-être pourrais-je la prévenir...
Car plus le temps passait, plus notre situation ressemblait à mon rêve, à supposer que c´en fut vraiment un... Heureusement, Sophie était proche de nous. J´essayais de capter son attention, et aux pris de maintes contorsions, je réussis à la rejoindre. Les soldats tentèrent de me rapeller à l´ordre mais je jouais la carte du passager indigné qui exigeait des comptes de la responsable du rafiot.
"Restez dans les rangs s´il vous plait...
-Je veux parler à cette pseudo-responsable du navire. Elle va m´entendre."
Les soldats semblaient ravis de nous vous nous entre-déchirer. Mais je m´en fichais, il fallait que je lui parle.
"Si vous voyez un homme brun, coupé court, au regard de tueur descendre d´un hélico, alors, je vous en prie, faites tout ce que vous pouvez pour l´empécher de me croiser, sinon, on aura fait tout ça pour rien."
Sur un ton plus audible, je rajoutais des insultes diverses et variées pour que les soldats croient qu´on s´était vraiment envoyés dessus... Avant de rejoindre mes amis contre la barrière.
"Alors, elle est au courant ?? ? demanda Antoine.
-Je lui ai dit tout ce que je pouvais lui dire en si peu de temps. Et je crois que j´ai des choses à vous dire."
En quelques mots, je leur expliquais ce dont j´avais rêvé ce matin. Pour le moment, tout semblait correspondre et la suite du rêve risquait ne pas leur plaire...
"C´était presque sûr qu´on se fasse prendre, fit Aurore, et puis pour le gars qui a voulu nous finir à Féli-Cité, tu as du mélanger le tout dans ton esprit et ca a fait ce rève.
-Sauf que les rèves prémonitoires c´est pas mon truc..."
Tout à coup, une idée germa dans ma tête. La prémonition, ce n´était pas de mon domaine, mais de celui de l´élu du temps, pourquoi pas ?? ? Sorbier pouvait me contacter en pensée, j´en avais déjà fait l´expérience au sommet du Mont Couronné...
"Je ne sais pas si Sorbier est en prison, mais en tout cas, il semble ne pas être tout à fait hors-jeu pour ce coup-ci.
-Tu penses que le rêve pourrait venir de lui ?? ? demanda son ex-assistante.
-Ca paraît logique. S´il voit tous mes mouvements en pensée, et s´il peut avoir développé un don de prémonition, il se sert des rêves pour me les faire passer.
-En tout cas, sur ce coup, j´aurais bien aimé qu´il se trompe... fit Antoine. Regardez..."
Un hélicoptère s´était posé sur le pont et il était descendu celui qui semblait être le chef. Et ce visage, je le connaissais... Certainement parce qu´il avait déjà essayé de me tuer...
Dans une grande cape, le chef dont je ne connaissais toujours pas le nom posa les pieds au sol et se dirigea vers nous. Pourvu qu´il ne nous ait pas déjà reconnu... Je lançais un regard désespéré vers Sophie... Je pus lire sur ses lèvres quelque chose du genre "C´est lui ?? ?" ce à quoi je répondis par l´affirmative en hochant la tête.
"Silence, larbin, respecte notre chef de guerre, on ne t´a jamais appris à te soumettre devant l´autorité ?? ?"
Je me fichais totalement de cette autorité abusive mais pour ne pas me faire repérer, j´étais prèt à tout...
Le grand commandant dans sa cape s´arrêta à une quinzaine de mètres de nous. Il prit un mégaphone en main.
"Bonjour à tous, bonjour à toutes... Veuillez excuser ce comportement un peu brutal mais rassurez vous, ce n´est que petite visite de contrôle et il ne vous sera fait aucun mal. Veuillez s´il vous plaît présenter vos papiers aux soldats qui vous le demanderont dans les plus brefs délais et posez vos pokéballs sur le sol. Qui est le responsable de ce bateau ?? ?"
Sophie se leva au milieu des officiers. L´inconnu se rapprocha d´elle et, par la même, de nous... Sa voix nous était désormais audible, même s´il n´avait plus son mégaphone entre les mains.
"C´est un honneur de vous rencontrer. Mademoiselle ?? ?
-Madame, mais pour ne pas remettre en question mon autorité devant mes sous-officiers, c´est capitaine..."
Le soldat sembla mal prendre cette remise en question de son autorité.
"Très bien capitaine, si celà peut vous plaire... fit-il sans se départir pour le moment de son attitude courtoise... Nous sommes à la recherche de dangereux criminels qui pourraient avoir emprunté votre bateau. Vous auriez des nouvelles pour nous à ce sujet ?? ?
-Je n´ai eu vent d´aucune incursion de ce genre sur mon bateau,... mais si vous m´y autorisez, monsieur, je demanderai qur le champ à un de mes matelots s´il sait quelque chose.
-Mais faites, faites, très chère. Au fait, laissez tomber les monsieur, je me nomme Mikhaïl."
Le commandant Mikhaïl semblait avoir un petit béguin pour notre capitaine. le fait qu´il lui ait donné son nom semblait confirmer qu´il était vulnérable à ce moment-là. Il fallait en profiter pour gagner sa confiance.
"Si quelqu´un a vu qui que ce soit se rapportant de près ou de loin à ce à quoi le Commandant Mikhaïl vient de faire référence, qu´il se manifeste sur le champ !! !"
Bien évidemment, Sophie avait auparavant ordonné à tous ses officiers de ne rien dire, aussi, personne ne se leva.
"Dois-je en déduire que personne n´est au courant de rien ?? ? fit l´homme au regard inexpressif.
-Je crains que non, monsieur... fit Sophie. On aurait presque pu croire qu´elle était vraiment désolée...
-Dans ce cas... Soldats, contrôlez-moi les papiers d´identité de toutes les personnes à bord !! ! conclut Mikhaïl sur un ton beaucoup plus sévère"
Aïe, ca se compliquait pour nous. Mais Sophie avait fait ce qu´elle pouvait. Il fallait maintenant espérer que le commandant ne s´occuperait pas de nos papiers précisément. Mais si Sorbier m´avait effectivement envoyé ce rêve alors il y´avait fort à parier que celà se produirait. Et en effet, le commandant demanda au soldat responsable du groupe de passagers dans laquelle nous étions de le laisser s´occuper de nous.
Le soldat acquiesça bien évidemment à son chef et mes espoirs de nous en sortir sans dommages s´envolèrent à ce moment.
"Vos papiers, s´il vous plaît. Nom et prénom..."
Ca y est, il avait commencé de contrôler les personnes présentes. Il n´y avait tout au plus qu´une dizaine de personnes avant moi. Il allait falloir trancher vite. Entre temps, un autre soldat qui ramassait les balls dans un sac nous demanda de mettre les nôtres à terre, surpris qu´il n´y en ait aucune devant nous. Antoine lui répondit qu´aucun de nous n´avait rien. Et pour preuve nous montrâmes tous notre ceinture, aucune ball évidemment. Sauf que dans mon dos, le pistolet menaçait de tomber... Et ça ca risquait d´être plus problématique. Le soldat resta un moment à fouiller Antoine pour chercher des balls un peu partout, fit de même avec Iris et Silver mais il ne chercha pas à faire tous les autres, convaincu de la véracité de nos dires.
"De toute façon, du moment que vous vous ne en servez pas, moi je m´en fiche, marmonna-t´il. Vous devez savoir qu´on ne rendra pas ces balls et ca se comprend de ne pas vouloir se faire faucher ses potes de vadrouille. Mais ne tentez rien, ou mes collègues et moi, on vous abat."
Dans ces moments là, on espère que tout se passera bien, surtout parce qu´on ne peut rien faire d´autre qu espérer... A ce moment précis, je pensais que le grand Mikhaïl passerait devant nous sans nous voir, vu qu´un autre soldat s´occupait de nous. A côté, le pistolet qui penchait dangereusement dans mon dos n´était rien. Mais malheureusement, quand on en a besoin, la chance n´est jamais avec nous. En militaire bien ordonné, il attendit que l´autre soldat ait ramené les balls pour faire son interrogatoire derrière sans oublier personne. La tête tournée vers le bas, j´espérais qu´il ne nous reconnaîtrait pas.
"Nom, prénom, papiers d´identité.
-Frédéric Gauthier, fis-je en montrant mon passeport."
Il allait voir ma photo sur le passeport, c´était fichu. Mais avant de l´ouvrir, il m´interpella.
"Tu sais, petit, ca ne me sert à rien d´avoir tes papiers si je peux pas vérifier quelle tête tu as... Si tu savais le nombre de gens qui ont des faux papiers de nos jours... Alors montre-moi ta belle tête."
Tout comme dans mon rêve, je refusais, sachant pourtant que cela serait inutile... Et tout comme dans mon rève, il pointa le canon de son arme sur moi...
"Ton nom !! ! tonna-t´il
-Mikhaïl, attendez, je crois savoir où sont les gens que vous recherchez !! !"
[A SUIVRE]
Allez, un chapitre bonus avant Noel si j´ai un comm avant 6h
Ouf, pile à temps. ![]()
A deux secondes près, mais dans les temps quand même, je poste donc mon chapitre...
[Chapitre 22] Sacrifice:
La voix était celle de Sophie, quelques mètres plus loin. Allait-elle vendre la mèche pour sauver son personnel et ses passagers ?? ? Le commandant sembla intéressé.
"Comme quoi, on peut toujours s´entendre, n´est ce pas ?? ? fit-il à l´attention de la capitaine. Expliquez-moi ce que vous savez...
-Il se peut que j´ai entendu certaines choses et... disons, vu certaines personnes. Mais je vous en conjure, ne menacez personne... Vous savez comme moi que certains ont forcément des armes, quoi qu´ils en disent, et je ne veux pas avoir une fusillade sur mon bateau... Pas ça sur la conscience s´il vous plaît."
Je ne voyais que les pieds de l´homme vu que je m´obstinais toujours à regarder le sol le plus bas possible. Cependant je sentis la pression du canon du pistolet se relâcher.
"Si vos informations sont de qualité alors, vous avez ma parole..."
Pour preuve de sa confiance, il rangea son arme dans son étui et s´éloigna de nous.
"Je vous écoute... fit-il.
-Ils nous ont fait promettre de ne rien vous révéler sinon ils nous tueraient... Les gens de la Nouvelle Armée... Une qui ressemblait à une vahiné, un grand silencieux et l´autre qui semblait être leur chef. Ils escortaient un prisonnier mal en point... Il portait le même uniforme que vous..."
Elle semblait savoir mentir aux autorités. Elle faisait passer Damien, Marc et Spectra pour les intrus, et en celà elle proposait une cible de choix...
"Mmm, je vois. Il se peut que je vois de qui tu parles et même que je connaisse effectivement un des nôtres qui ait été blessé et pris en otage. Ils t´ont dit comment il s´appelait ?? ?
-Ils ont parlé de Christophe, mais je ne sais pas si c´était lui.
-Ding dong, bonne réponse. Ils sont toujours là ?? ?
-La femme les a téléporté dès qu´ils vous ont vu arriver.
-C´était donc bien Spectra... Sophie, je crois que vos informations viennent de sauver vos passagers."
Sous le coup de tonnerre que procura la nouvelle, certaines personnes commencèrent à respirer. Et comme pour un être humain normal, se sentir bien sous-entend ouvrir sa grande bouche pour discuter, un brouhaha emplit vite le pont.
Un coup de feu retentit. Tout le monde se calma d´un coup. C´était Mikhaïl qui avait tiré en l´air. Sans quitter Sophie des yeux, il cria pour qui voulait l´entendre:
"On n´est pas vos copains, que je sache alors tant qu´on est là, vous fermerez tous vos grandes bouches, c´est clair ?? ?"
Vu le silence qui succéda à sa demande, il en déduisit que c´était effectivement clair. A nouveau, il discuta calmement avec Sophie.
"Une question se pose tout de même. S´ils peuvent se téléporter, pourquoi sont-ils venus sur votre bateau ?? ?
-Il se peut que j´ai convoyé des colis un peu spéciaux pour eux, leur chef, celui dont je vous ai parlé. Il s´appelle Damien. Je crois qu´il fait partie de la ligue...
-Je sais qui est Damien," coupa sèchement Mikhaïl.
Plus délicatement, il rajouta:
"Rassurez-vous, les colis spéciaux, comme vous dites, c´est de bonne guerre. On esssaie tous de subsister comme on peut dans ce climat un peu apocalyptique. Donc bref, il vous connaissait et ?? ?
-En tant que capitaine de bateau, je voyage beaucoup, et j´entends pas mal de rumeurs. Ils voulaient savoir si j´avais entendu..."
La capitaine eut un moment d´égarement:
"Oui ?? ? fit le Commandant de Sento en s´impatientant.
-C´est à dire, j´ai peur que vous ne me croyiez pas...
-J´ai vu bien des choses durant ma vie que je ne croyais pas possible alors dites toujours...
-Ils ont parlé de jeunes gens avec des pouvoirs puissant. L´un d´eux pourrait soigner les blessures selon eux. Des personnes qu´ils connaissaient de réputation. Mais l´endroit où ils étaient supposé se trouver à Sinnoh à été rasé dans une explosion, d´après ce qu´ils m´ont dit. Ils voulaient donc savoir si on avait croisé des gens un peu partout qui avaient vu ce genre de personnes, ou des évènements un peu spéciaux."
Mikhaïl joua faussement celui qui ne croyait pas trop ce qu´on lui disait. Mais vu que nous savions tous qu´il était à l´origine de l´explosion dont parlait Sophie, c´eut été hypocrite de sa part de dire que tout était faux. Surtout que certains passages étaient vrais et que ceux qui étaient faux semblaient tout de même possibles. Avec un sourire, il fit à Sophie:
"Encore bien répondu, capitaine. Vous savez que vous êtes en bonne voix pour que tout le monde s´en sorte sans dommages ?? ? Peut-être même qu´on laissera repartir ce bateau sans dommages. Mais ils ont du avoir besoin de vous, s´ils n´ont pas trouvé cette personne qui soigne les gens ?? ?
-Le docteur vous renseignera mieux que moi là-dessus. Il a dit aux gens de la Nouvelle Armée qu´il avait fait ce qu´il pouvait et que leur prisonnier s´en sortirait peut-être. Mais il ne jurait de rien."
Ledit docteur s´avança en entendant parler de lui.
"Leur prisonnier était dans un état critique, j´ai du me servir d´un oeuf de Leveinard pour le maintenir dans un état viable. Habituellement, ces oeufs ont un effet bénéfique pour les pokémons, mais pour les humains, c´est différent. J´ai fait au possible avec ce que l´on avait et cet homme a l´air d´avoir bien supporté l´oeuf et les soins se sont passés sans trop de difficulté. Je n´ai rien pu faire pour les blessures les plus graves et ils ont du repartir en dirction d´un hôpital de guerre pour soigner les entailles.
-Vous pensez qu´il s´en sortira, demanda Mikhaïl ?? ?
-Dieu seul le sait."
A nouveau, Mikhaïl sembla un peu plus énervé.
"Capitaine, d´ici à Hoenn, y´a t´il des obstacles dangereux pour le navire ?? ?
-Sur la route que l´on suit habituellement, il n´y en a que très peu.
-Et vos officiers sauraient se débrouiller sans vous pour les passer ?? ?
-Euh,... oui, je crois, pourquoi ?? ?
-Dans ce cas, je vous embarque vous et le Docteur Frankenstein.
-Mais, vous m´aviez promis... s´insurgea Sophie.
-J´avais promis de laisser ce bateau et ses passagers, mais pour vous et le doc, je n´ai rien dit. Vous avez respecté votre parole, je respecte la mienne."
Ca ce n´était pas prévu au programme. Ils ne pouvaient pas l´embarquer avec eux... Ils n´avaient donc aucune pitié ?? ?
"Ne craignez rien, si vous nous dites tout ce que vous savez, on ne vous fera aucun mal. Ce n´est qu´un interrogatoire de routine, mais on ne peut pas vous laisser courir alors que vous avez des informations capitales en votre possession.
-Et sous quel motif ?? ? La loi existe toujours, que je saches, s´insurgea un des matelots.
-Pour le capitaine, elle nous a avoué devant témoins qu´elle transportait des colis pour une guerilla hostile au pouvoir en vigueur. Quant au docteur, il a pratiqué des expérimentations avec ordre de l´ennemi sur un haut-gradé de l´armée Sentonienne. Quand à vous, estimez-vous heureux que je ne vous coffre pas pour insubordination. Vous voyez que je suis gentil ?? ? Vous tous, rajouta-t´il pour ses soldats, on se tire..."
Un mouvement de colère traversa la foule comme une vague sur la plage. Il appuyait ses exactions par une loi abusive, mais dans quel monde était-on ?? ? Sur le coup, j´avais envie de tout laisser tomber juste pour pouvoir lui mettre une balle dans la tête. Mais Sophie s´adressa une dernière fois aux passagers et surtout à nous, sans le dire:
"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous en prie, calmez-vous. J´ai pleine conscience de ce que je fais et si j´ai fait ça, c´est uniquement pour que vous puissiez tous arriver à bon port à Hoenn. Je paie sans doute un prix un peu cher mais je ne veux surtout pas que tout celà n´ait servi à rien.
-Ecoutez bien votre capitaine, réenchérit Mikhaïl. Vous avez une chance immense que je sois dans un bon jour. J´ai eu ce que je voulais, à savoir des informations, et vous aurez ce que vous voulez, à savoir la liberté. Pour plus de sécurité, le bateau sera entièrement fouillé par une équipe d´experts une fois arrivé à Hoenn. J´espère que personne n´a prévu d´aller plus loin, car sans capitaine et sans mon accord, vous n´irez nulle part."
Evidemment, il nous laissait libre, mais uniquement libres d´aller se jeter dans les bras des soldats Sentoniens pour finir embrigadés ou réfugiés de guerre. Ce bateau était rempli d´otages potentiels. Mais alors que Mikhaïl repartait avec la capitaine à sa merci, il passa devant nous à nouveau, et, heureusement sans baisser son regard vers nous, il fit à Sophie:
"Entre nous, Spectra et Damien, ce sont du menu fretin, celui qui m´intéresse vraiment, vous le connaissez bien plus que ça.
-Ah bon, et de qui s´agirait-il ?? ?
-Allons, n´allez pas me dire que vous ne connaissez pas..."
Il était trop loin pour que j´entende le nom de la personne dont il parlait. J´espérais juste que Sophie saurait survivre avec son secret, qui apparement avait l´air d´intéresser beaucoup les soldats de Sento.
En cinq minutes, tous les hélicoptères étaient partis. Les matelots se dirigèrent vers moi, certains en colère, d´autres attristés par la capture de leur capitaine.
"Monsieur, nous savons que Sophie avait toute confiance en vous et...
-Une minute, Silver, fis-je à voix basse, tu peux sentir la présence de micros ici ?? ?
-Le bateau en est bourré. Les soldats ont pensé à tout. Mais avec une IEM...
-Une quoi ?? ? demanda Antoine...
-Impulsion électromagnétique, fit l´élu de l´acier. Et avec Porygon, je devrais pouvoir m´en sortir pour ça. Et ca ne grille que les circuits électroniques en fonctionnement, donc comme le bateau est à l´arrêt, aucun système vital ne sera touché."
En cinq minutes, Silver amena Software au milieu de nous, et, lui ordonnant de décharger une attaque élextrique sur lui, il mit fin à toute possibilité d´espionnage.
"Maintenant qu´on est sur qu´il n´y a plus de micros, vous pouvez parler librement, fis-je au remplaçant de Sophie.
-En tant que plus haut-gradé en dessous de la capitaine, je suis la personne habilitée à reprendre le commandement de ce navire. Je suis le Lieutenant Charles Davidson. La capitaine m´a longuement parlé de vous. C´est à cause de vous qu´elle va finir sa vie dans un cachot."
Nous étions seuls, nous les élus avec les matelots. Tous les passagers étaient retournées en cabine, pour vite faire disparaître le goût amer de cette défaite et de la perte de leur pokémons. La colère était palpable au sein de l´équipage. Je savais que de toute façon, ils n´allaient pas me glorifier vu que leur capitaine, celle qui veillait sur eux et sur ce bateau avait été emprisonnée par ma faute.
"Et j´en suis le premier désolé.
-Peu importe, me coupa l´officier, ces choses sont passées et on ne peut plus rien y faire. Je saurais maintenir ce rafiot à flots mais nous avons besoin de vous pour deux choses.
-Tout ce que nous pourrons faire, nous le ferons, fis-je avec persuasion, je le jure sur ma vie.
-Très bien, fit l´officier, j´ai confiance en votre sens de l´honneur. Je n´oublie pas que vous nous avez aussi sauvé la vie au milieu du banc de Léviators. Mes demandes sont les suivantes. Jusqu´à notre arrivée à Hoenn, la personne qui a soigné l´otage de la Nouvelle-Armée devra soigner toute personne qui se présenterait à l´infirmerie. Celà remplacera le docteur, du moins pour un temps. En échange, nous vous promettons que sa couverture ne sera pas gâchée par un des passagers qui se seraient fait soignés. Et la deuxième...
-Oui ?? ? demandai-je, craignant le pire...
-Nous vous conduirons jusqu´à Hoenn, pour notre capitaine, mais vous devez nous promettre une chose.
-Laquelle ?? ?
-Vous sortirez le capitaine de ce bourbier vivante et vous me ferez le plaisir de mettre une balle dans la tête du salaud qui l´a embarquée."
L´ordre était clair, concis et surtout terriblement tentant.
"Vous auriez pu de demander autre chose... Parce que ça, je compte bien le faire pour sauver mon honneur.
-Sauvez le capitaine, ca sera suffisant pour moi et pour mes hommes. Et si vous avez du temps à perdre après, vous nous aiderez à repartir du port de Poivressel en toute sécurité, au nez et à la barbe de ces imbéciles."
La tension était palpable au sein de l´équipage. Et même si j´avais promi de les aider, je sentais qu´il restait une impression de trahison dans le fait que Sophie ne soit plus là.
L´officier dissipa vite ce malaise en parlant à ses hommes.
"Et le premier d´entre vous qui m´amoche un de ces jeunes par pure vengeance, il condamne et la capitaine, et l´avenir de cette guerre. Par conséquent, je serais intraitable avec lui. C´est clair ?? ?
-Oui, Lieutenant, firent tous les hommes au garde-à-vous."
Se retournant vers nous, il termina:
"Ah, et concernant la personne à laquelle faisait allusion le commandant Mikhaïl, c´est un dénommé Edouard Barson qu´il cherche..."
Ainsi, c´était Ed, mon Ed, celui que je cherchais à rejoindre depuis plusieurs semaines déjà, c´était lui qu´ils cherchaient tous. Je le savais important dans la hiérarchie de la Nouvelle Armée, mais de là à dépasser Pierre... A moins qu´il ne fut important pour autre chose...
Dans tous les cas, nous allions bientôt arriver à le rejoindre, et presque sans dommages pour nous. Le lieutenant Charles coupa court à toutes nos réflexions en annonçant.
"Allez, les gars, on a un navire à faire avancer. Tous à vos postes et en avant toute !! !"
Comme je l´avais promis, voici le premier de vos chapitres de Noël.
Combien y´en a t´il au total ?? ? Hmmm, disons, à raison d´un chapitre par jour... UNE SEMAINE NON STOP !! ! Et oui, vous aurez un chapitre par jour jusqu´en 2008, c´est pas merveilleux ?? ? On dit merci qui ?? ?
PS: En plus, retrouvez après le chapitre 23, une surprise, qui n´est autre qu´un making-of parodique de la fic (ou en clair, comment on a fait une fic du tonnerre avec des personnages trèèèèèèèèèèèès casse-bonbons...)
[Chapitre 23] Au bout du monde:
Le bateau continua sa route sans encombres et même sans Sophie au commandement, son remplaçant assura cette charge avec brio. Aurore, comme convenu, passait pas mal de temps à l´infirmerie pour soigner des malades. Finalement, cette occupation avait du bon car elle avait acquis la sympathie des gens. Elle leur faisait croire que leur guérison, quasi-miraculeuse pour certains patients, venait de médicaments qu´elle leur administrait. En fait, ce n´étaient que des placebos mais conjugués à son pouvoir, ils avaient des effets quasi-magiques sur les patients. Elle avait entendu pas mal de rumeurs alors qu´elle soignait des gens et ca nous faisait d´autant plus d´informations au final.
Une semaine plus tard, le bateau arriva en vue de Hoenn...
//// 24 jours après le début des opérations ////
Il devait être aux alentours de treize heures, treize heurs trente au maximum. J´étais sur le pont supérieur quand je crus voir un scintillement au loin, sur la ligne d´horizon. Tout d´abord, je pensais à un simple reflet, et puis quelques minutes plus tard, je n´eus plus aucun doute.
"Bon sang, c´est Hoenn... On est arrivé, c´est Hoenn !! !"
Courant au travers des coursives, je criais ma joie en frappant à toutes les portes et en répétant à tout va:
"Réveillez-vous, c´est plus l´heure de la sieste, on est en vue de Hoenn !! !"
Finalement arrivé dans notre cabine, je sortais Antoine de sa léthargie digestive et le poussais à se bouger un peu, pour une fois. Je fourrai toutes mes affaires dans mon sac, et bientôt, nous fîmes tous la même chose, dans l´espoir de quitter ce bateau au plus vite. En quelques minutes, nous étions prèts, j´avais récupéré mes balls, mes habits et j´avais fourré le 9mm de Sophie au fond de mon sac. J´eus un moment une pensée émue pour la capitaine, qui, si elle avait eu ce pistolet aurait peut-être pu s´en sortir, vu que ce grand imbécile de Mikhaïl semblait croire qu´elle était trop apeurée pour tenter quelque chose.
Lorsque nous ressortîmes tous, fin prèts pour partir, bien plus de gens étaient sur le pont et l´île d´Hoenn s´était encore rapprochée de nous. Déjà, on discernait des immeubles, et les flancs du Mont Chimnée dont la fumée qui sortait le rendait toujours aussi imposant au milieu du paysage.
Je repensais avec nostalgie à tous ceux que nous avions laissé, les membres de l´Alliance, Mars, et les autres que nous avions un peu trahi même ("Tu devrais bien t´en tirer, si tu as à t´enfuir, du côté du Mont Chimnée." m´avait conseillé Sophie. Voilà que j´avais cette montagne en face de moi, mais Sophie, elle n´était plus là.)
"Je crois que nous avons honoré les termes de notre accord, fit une voix derrière nous."
Je me retournais, c´était le lieutenant.
"Et j´ose espérer que la qualité des soins d´Aurore vous aura satisfait.
-De ce côté là, je n´ai rien à vous reprocher. Nous arrivons à Sinnoh, comme promis, et j´aimerai être sûr que vous tiendrez votre promesse à votre tour.
-Vous avez ma parole, fis-je.
-Venant de vous, ca me suffit. Notre équipage a pensé qu´il pourrait accueillir sur le cargo des réfugiés de guerre, comme il sera coincé au port. Si vous nous ramenez notre capitaine, nous essaierons de les faire partir d´ici. Pensez-vous qu´à Sinnoh, on nous accueillera ?? ?
-Il faudra qu´on prévienne la Ligue Pokémon mais une fois celà fait, ils vous prendront en charge.
-Très bien, nous vous remercions. J´aurais aimé vous rencontrer dans des circonstances plus calmes, vous tous, mais la guerre empèche souvent celà. J´ai été heureux de pouvoir vous aider, fit-il en tendant sa main.
-Et nous de même, répondis-je en la serrant."
Le bateau fut vite à quai, et une fois immobilisé, seuls les passagers qui descendaient à Hoenn partirent. Les autres restèrent bien au chaud dans leurs cabines alors que le lieutenant Charles et son équipage me faisaient un dernier signe de la main.
"Papiers, s´il vous plaît !! !"
L´injonction du garde me rappella à la réalité. En lui tendant mes faux-papiers, je notais que je ressentais une certaine tension. Même si les papiers étaient irréprochables, si ca ne suffisait pas, on serait arrêtés tout simplement. C´était ca la guerre...
"Tout est en ordre, fit-il en me les rendant. Bienvenue au bout du monde..."
Récupérant tous mes amis, nous descendîmes dans le port alors que je comprenais finalement le sens de la phrase sybilline du soldat. Ici c´était une zone de non-droit. Des gens crevaient de froid au sol alors que d´autres leur faisaient les poches, d´autres encore, ivres morts, racontaient des choses incompréhensibles. Les drogués étaient légions également, et vu le nombre de seringues qui traînaient, je me dis qu´il y´avait bien des gens qui, faute de partir d´Hoenn, etaient déjà partis ou partiraient rejoindre la mort dans un dernier trip sur un nuage moelleux.
"Restez tous groupés, fis-je. Et si l´un des ces gars s´approche de nous, vous me prévenez illico."
Mais finalement, nous réussîmes à quitter les abords du port sans encombre et je reconnus le paysage dévasté qui s´offrait à moi, le paysage de la guerre. Une escouade de soldats faisait sa ronde dans les alentours alors que plus loin, on entendait le bruit des marteaux frappant le fer de quelque chose qui deviendrait certainement un canon ou un mortier, le tout sur fond d´explosions et de longues colonnes de fumée en arrière plan.
"Bienvenue au bout du monde, répétais-je pensif.
-Clair, à côté, le Mont Couronné, c´était peace and love, fit Antoine... On va où ?? ?
-Lavandia, fis-je en reprenant conscience du rôle que nous avions à jouer ici. C´est là, d´après Sophie, que se trouvait le QG de la Nouvelle-Armée la dernière fois qu´elle était venue ici.
-Dans ce cas, fit Silver, c´est tout droit."
Les panneaux de direction étaient pour la plupart désarticulés quand ils n´étaient pas complètement détruits ou à terre.
"Comment sais-tu où il faut aller ?? ? demandai-je. Y´a plus aucun panneau potable ?? ?
-Le Nord magnétique, fit-il... je fonctionne comme une boussole en me basant sur le Nord magnétique. et comme, aux dernières nouvelles, Lavandia était au nord de Poivressel, c´est par là."
Sans un mot, nous le suivîmes, traversant des quartiers peu recommandables. Des gens essayaient tant bien que mal de voler de l´argent, de la nourriture ou d´autres choses vitales, mais je vis que ce qui était le plus important pour eux, c´était de trouver des papiers d´identité. En les modifiant, ils espéraient sans doute quitter le front au plus vite. S´ils s´avaient seulement que le seul bateau qui pouvait les sortir de là était consigné au quai...
Puis nous quittâmes finalement la ville et le bruit laissa la place au silence, un silence de mort. Nous n´avions aucun vélo, et je ne savais pas où dire à mon Nostenfer d´aller, donc nous ne pouvions pas voler non plus. Il ne restait plus que la marche dans les herbes hautes. En chemin, nous croisâmes ce que je crus reconnaître comme étant les ruines de la maison du maître des pièges. Même ce lieu de divertissement, loin de tout, avait succombé.
En chemin, les pokémons ne semblèrent pas vouloir nous causer de tracas. Soit ils avaient tous été capturés par les soldats, soit les survivants les craignaient trop pour se montrer.
"C´est mort ici... fit Iris.
-J´ai cru remarquer ça, confirma Silver. Ca doit te déstabiliser, non ?? ? Les plantes, habituellement c´est la vie, la beauté, et tu dois te sentir un peu mal dans cette ambiance."
Silver voulait absolument protéger sa petite amie de ce fléau qu´était la guerre. D´ailleurs, à trop vouloir la couver, il allait finir par l´agacer. Cependant, pour le moment, Iris se laissa faire et s´enveloppa des bras protecteurs de l´éu de l´acier.
Nous continuâmes notre chemin. L´absence de bruit me stressait de plus en plus et me mettait sur le qui-vive. Kim brisa ce silence morbide:
"On a bien fait de ne pas prendre la piste cyclable, regardez."
Du doigt, elle montrait la piste qui se tenait au dessus de nous. Enfin, qui devait s´être tenue... car entre deux poteaux, il y´avait un grand vide. Plus de piste à cet endroit, probablement à cause d´un bombardement ou autre joyeuseté.
"Plus ça va, moins je me sens bien, fit Aurore.
-C´est le métier qui rentre, fis-je pour détendre l´atmosphère."
Tout le monde a ri, mais d´un rire forcé qui revélait bien l´extrème tension à laquelle nous étions sujets. Sur le chemin, nous croisâmes les restes d´un arbre sur lequel une baie semblait perdue dans cette dévastation comme une étoile au milieu d´un ciel noir.
"Oh, tu t´es perdue toi ?? ? fit Iris à la plante. Tu sais que tu es très belle ?? ?"
Parler aux plantes pouvait sembler bizarre mais en tout cas, c´était mieux que de ne rien dire. Iris la cueillit et la ramassa dans son sac. En tant qu´experte des plantes, je savais qu´elle pourrait faire des vergers entiers avec cette baie. C´était déjà ça d´acquis et celà sembla lui remonter le moral.
Un tournant plus loin, nous étions à Lavandia...
Une fois arrivé dans la ville, la même impression d´apocalypse que dans Poivressel régnait sur cette ville. De mémoire, je me rapellais que les appartements de la Nouvelle-Armée étaient derrières l´ancien casino. Problème, en contournant le casino en question...
"Oh non, c´est pas vrai, ne me dites pas qu´on a fait tout ça pour rien ?? ?
-Qu´est ce qui se passe ?? ? demanda Antoine.
-C´était là que se trouvait le bâtiment de la Nouvelle-Armée quand j´étais venu."
Et à la place du bâtiment, il n´y avait qu´un champ de ruines. Des pans de murs entiers s´étaient effondrés sous le coup des bombes et les soldats faisaient leurs investigations en toute impunité dans les décombres.
Nous nous éloignâmes des débris, et surtout des soldats, et je pus enfin lâcher tout ce que j´avais sur le coeur.
"Ils étaient tous là,... Il y´a tout juste plus d´un mois. Et si Sento est en train de fouiller ces décombres, ca veut dire qu´ils savent qui habitait ici. Et dans ce cas,... ils sont tous morts. Tous ceux qui étaient là."
Dans ma tête, je passais en revue tous les gens que j´avais croisé ici. Bien évidemment, Pierre et Ed, mais aussi Blanche, Bastien, Voltère, Marc... Tous avaient du y passer.
Tout à coup, un bruissement se fit entendre dans les fourrés. Une voix le suivit:
"Psssttt... Par ici !! !"
Tout le monde se retourna vers les buissons. A quatre pattes, des enfants en sortirent, un garçon et une fille
"Ne craignez rien, on est pas armés, fit le garçon."
En effet, il disait vrai. Il aida sa jeune amie à s´extraire des fourrés et s´adressa à nous.
"Nos parents ne savent pas qui vous êtes mais ils sont prèts à vous faire confiance. On sait que vous n´êtes pas du côté de Sento.
-Mais, qui sont tes parents ?? ? demandai-je.
-Ca c´est pas important continua la fille. Ici à Lavandia, on connaît tous Voltère, c´est lui qui a donné vie à cette cité. Les gens d´ici ont accueilli la nouvelle armée et c´est pas parce qu´ils ne sont plus là qu´ils sont tous morts..."
La nouvelle enleva un gros poids de mon coeur. Peut-être avaient-ils survécu, finalement.
"Continue, fis-je impatient.
-Les soldats ont lancé des assauts à Eternara et ici il y´a une ou deux semaines. Mais ils ont raté leur cible. C´est pour ça qu´ils ont proposé ce débat à Pierre et aux autres, pour les faire sortir de leur trou. Mais ils ont réussi à s´en tirer encore une fois.
-Et toi, tu sais où ils sont ?? ?
-Evidemment, fit le petit garçon avec un rire. C´est la ville qui leur fournit la nourriture. Ils sont... Ils sont à New Lavandia, continua t´il, un ton moins fort. La petite île sous la piste cyclable."
Disparaissant aussi vite qu´ils étaient arrivés, les gamins s´enfuirent dans le fourré au moment où un garde sortit de derrière un mur.
"Qu´est ce que vous faites là... Et pourquoi vous êtes en larmes, vous ?? ?"
Maintenant que je savais que Ed et les autres étaient toujours en vie, ca allait bien mieux. Mais il fallait continuer à jouer le jeu encore un peu.
"Je viens d´apprendre que grand-mère que je croyais disparue a été recueillie dans un camp de réfugiés, fis-je larmoyant. Et le batîment qui devait l´abriter est en ruines derrière nous alors je pense qu´elle est morte..."
Je fondis en larmes devant le garde qui était face à nous. Il posa sa main sur mon épaule et me fit:
"Jeune homme, le camp de réfugiés est à Poivressel, ici c´était le siège d´une cellule terroriste. Votre grand-mère est toujours en vie si elle est là bas..."
J´avais réussi à le berner, et en plus à l´apitoyer sur mon sort. C´en était presque risible. Le remerciant de tout mon coeur pour son aide incommensurable (enfin, n´exagérons rien...), je courus avec mes amis vers la route qui menait à Poivressel (et surtout à New Lavandia) en lançant un dernier "Merci !! !" au garde qui me souria bêtement en nous faisant un signe de la main.
Quittant la ville et traversant l´étendue d´eau, nous arrivâmes finalement à New Lavandia, dont le nom était écrit sur une pancarte branlante. C´était en fait un tumulus, duquel s´ouvrait un trou qui faisait penser à une grotte. A l´intérieur, une lourde porte nous empéchait de passer.
"Bon, on y est, fis-je. Maintenant, comment on rentre ?? ?
-Qui va là, répondit une voix féminine derrière la porte.
-Nous sommes de votre côté, fis-je à cette voix que je n´avais jamais entendu.
-C´est ça, et moi, je suis la reine d´Angleterre."
Antoine se mit à côté de moi.
"Toi, tu ne connais sans doute pas cette voix, mais moi, il se trouve que je l´ai déjà entendue une fois."
Derrière la porte, la voix féminine fit:
"Partez tout de suite, ou j´appelle des renforts !! !"
Antoine, sans se sentir inquiété le moins du monde, lança:
"Et si je te dis que c´est grâce à nous que tu as retrouvé la mémoire, tu nous remets ?? ?
-Non, ce... c´est... impossible.
-Allons Flora, je sais que j´ai l´habitude de toujours raconter n´importe quoi, mais j´aurais du mal à faire croire que je suis quelqu´un d´autre. Et Aurore ne serait certainement pas d´accord pour que je sois autrement que ce que je suis."
La serrure tourna dans un cliquetis, et la porte s´ouvrit en grand.
Derrière, une jeune fille se tenait, aux cheveux mi-longs, couverts d´un bandana rouge et aux grands yeux, écarquillés de nous voir ainsi.
"Antoine, Aurore, c´est vraiment vous ?? ?
-Je ressemble à la reine d´Angleterre ?? ? demanda Antoine..."
Je n´avais pas reconnu cette fille tout simplement parce que quand j´étais ici, elle était à ma place à Sinnoh. C´était Flora, la fille du professeur Seko. Elle sauta dans les bras d´Antoine le déstabilisant presque, puis elle enchaîna avec Aurore.
-Laisse-moi te présenter celui sans qui on ne se serait pas connus, fit Antoine en me montrant. Voici Lilian, l´incompétent de la téléportation sans qui tu serais toujours amnésique... Et nos nouveaux alliés, Iris, Silver et la petite Kim.
-Enchanté, fit-elle. Le professeur n´est pas avec vous ?? ?"
Un silence succéda a ces paroles.
"Plus de nouvelles de lui depuis qu´on a quitté Sinnoh, fis-je attristé. On pense qu´il est dans une geôle à Sento avec d´autres personnes comme lui. Mais on est quasiment sur qu´il était vivant il y´a une semaine.
-Oh, je suis désolée pour vous, répondit-elle avec compassion. mais ne restez pas là, entrez donc !! !"
[Chapitre Hors-série] Comment faire une fic ?? ?:
[Lilian] Bon, tout le monde est là ?? ?
[Aurore] Non, on attend toujours ce fainéant d´auteur...
[L.] Bordel, on se casse le derche pour arriver à l´heure et lui, il nous laisse en plan... On voit que c´est pas lui qui se casse le cul à vivre ces aventures pourraves...
[Hélio]Et encore, toi t´as de la chance, c´est toi le héros, moi, je suis mort depuis pas mal de temps...
[L.]Ouais, ca craint,... Au fait, pourquoi il t´a fait venir ?? ?
[H.]Je sais pas, peut-être qu´il à l´intention de me faire ressuciter un jour ou l´autre...
[L.]Ressuciter... Mais ca devient n´importe quoi, ce coup ci... Et sinon, il est où l´autre là, le mec avec son humour à deux balles...
[Aurore] Ah, Antoine ?? ? Il doit cuver ses bouteilles dans une ruelle pourrie...
[L.]Quand il est bourré, quelle plaie ce type, le pire c´est qu´il se croit vraiment drôle dans ses répliques.
[A.] Te plains pas, en plus, il fouette quand il est raide. J´ai failli m´évanouir en l´embrassant dans le dernier chapitre.
[L.] Bon, je vois, et Sorbier ?? ?
[H.] Viré, il a piqué une crise parce qu´il en avait marre de se taper toutes les répliques stupides du genre "dis-je" ou s´exclama-t-il..." et l´auteur l´a jeté. On bossera avec lui sur quelques scènes et puis il disparaîtra pour d´obscures raisons. Peut-être même qu´on le reverra plus s´il continue à être en froid avec l´autre simplet d´écrivain.
[L.] Cool, tu te sentiras moins seul si l´autre le fait mourir...
[H.] Attends, c´est pas dit encore... Parce que le père Sorbier, il avait un gros contrat pour "La légende des deux orbes" et il a demandé à être payé d´avance pour la nouvelle. Alors du coup, l´auteur sait pas s´il le fait revenir plus tard, vers la fin, voire même pas du tout...
[La porte s´ouvre, un autre personnage rentre.] Bonjour, je suis en retard désolé...
[L.] Euh, c´est pas là, Ed, tes collègues sont à l´étage au dessus, Flora râlait qu´il faisait trop froid ici.
[Ed] Ah, ok, désolé, bon, on se reverra plus tard de toute façon.
[L.] Ouais, à plus, une bise à Nyarno si tu le vois...
[E.] Ouais, ah, au fait, il est où votre scénariste ?? ?
[L.] Scénariste serait un bien grand mot... Il est pas foutu d´aligner trois répliques sur le papier une fois qu´il a quelques grammes dans le sang. Regarde moi ce script, c´est bourré de mots tordus: Tiens, "Omagua", "Mikhaïl", "Herr general". Y´a même une recette d´alcool maison...
[E.] Ouais, je vois, bon, s´il se pointe, vous lui dites qu´ils doivent causer avec mon boss. A plus...
[L.] On en était où, nous ?? ?
[A.] A Sorbier...
[L.] Oui, donc, il s´est fait cirer tu disais ?? ?
[H.] Cirer, cirer, c´est un bien grand mot. Même pas de prise de tête à ce qu´il m´a raconté. Il a suffit qu´il conteste un peu et il est reparti à grands coups de pompes du bureau...
[A.] Pffff, ca vire vraiment au n´importe quoi...
[L.] Carrément, c´est comme ce titre à la con... "La voie des élus", ca veut rien dire... J´ai parcouru une centaine de pages du scénar, j´en suis arrivé jusqu´au moment où la capitaine se fait choper par le grand benèt, et jusque là, j´ai rien vu qui pourrait s´apparenter à une quelconque voie... Pour "La légende des deux orbes" on savait au moins de quoi ca parlait...
[H.] Ecoute, ca plaît au public, tant mieux. Mais bon, j´aurais cent fois préféré jouer dans Cellule Break ou dans La Destinée de Lisa. Là, au moins, t´as des vrais fans.
[L.] Clair, je comprends pas comment les gens peuvent aimer cette histoire de merde.
[La porte s´ouvre à nouveau trois personnes rentrent, un grand gominé avec du gel Vivelle Dop Argent, une bombe sexuelle et une gamine]
[L.] C´est l´étage au dessus pour les acteurs de Nyarno.
[La bombe] En fait, on cherche la salle de réunion de "La voie des élus"
[L.] Dommage pour vous, vous auriez mieux fait de choisir l´autre. Vous vous appelez ?? ?
[La bombe] Moi, c´est Iris, la petite c´est Kim et le grand c´est Silver.
[Silver] ´Lu !! !
[Kim] ´Tin, je savais que c´était pas une bonne idée ce truc...
[L.] Et encore, petite, t´es loin du compte, c´est un désastre cette histoire.
[K.] J´suis pas petite, merde, j´ai l´âge de sortir maintenant...
[L.] Ouais, désolé, c´est juste que tu fais un peu petite par rapport à nous.
[Lilian distribue des scénarios aux trois nouveaux] Bon, vos rôles sont décrits. Vivelle Dop, tu joues une espèce de gamin prétentieux, à moitié sentimental, à moitié guerrier berzerk avec son épée d´ours.
[Silver] Bof, ca aurait pu être pire, je pourrais être attardé mental.
[L.] Ouais vu comme ça, ca peut aller. Donc, tu tombes amoureux de la grande là... Iris, c´est une grande sentimentale, elle aime les fleurs, la nature, et tout les joulis zoziaux... Bref, une fille comme il en existait sans doute fin XIXème siècle, mais plus maintenant.
[I.] Et merde, je suis allergique au pollen. Enfin, le gars aurait pu être plus moche c´est déjà ça, et puis ca me changera de mes rôles hards...
[Tout le monde] ........................
[L.] T´es actrice de... enfin de films de... enfin... [Regard géné vers la petite]
[Kim] Ca va, pas besoin de jouer les effarouchés, je sais ce que c´est une actrice de hard...
[L.] Oui, bon, dans ce cas... alors tu es vraiment une actrice de porn ?? ?
[I.] Ben avec un cul comme le mien, j´allais pas finir vendeuse chez carrefour non plus...
[Silver] Tu vas voir ce que je vais te mettre, sale traînée...
[Tout le monde]........
[Hélio] Génial, le grand héros sentimental est un gros vicelard, la nana peace and love, fleurs colorées et drogues diverses est une actrice de X et la petite fille sensible, elle est quoi ?? ? Psychopathe multi-récidiviste ?? ?
[Kim] Ca va, ca va, si ca vous fait tant chier que ca de me voir, je me barre...
[A.] Désolé, il est un peu sur les nerfs, comme nous tous, ca fait trois mois qu´on bosse sur ce truc affligeant. Et au fait, essaye pas de te tirer, maintenant que t´as signé le contrat, c´est foutu... le dernier qui a essayé est en taule...
[K.] Il est vraiment si con que ça votre scénar ?? ?
[L.] Pire que ça, et l´auteur est encore plus zarb...
[K.] Jvais y saigner son caniche pendant la prochaine cérémonie vaudou, ca lui apprendra...
[H.] Ah, je me disais aussi, la gamine hyper-sensible est en fait une gothique suicidaire.... Bon à savoir
[K.] T´as quelque chose contre les gothiques ?? ?
[H.] Rien, rien c´est juste que l´autre autiste nous colle à chaque fois des rôles complètement à l´opposé de nos trucs habituels. Par exemple, moi, je suis employé chez Auchan, et je suis catapulté Mégalomane démoniaque repenti...
[K.] Ca craint...
[L.] Bon, apparement, l´autre feignasse va pas venir donc autant en finir vite.
[A.] Et en plus, il nous manque l´autre poivrot d´Antoine...
[L.] On parie que demain, on les retrouve mort dans le caniveau ?? ?
[H.] Arrête, Antoine est sympa quand il est sobre... Par contre pour l´auteur, ca me gènerait pas plus que ça en effet.
[I.] Quelqu´un m´accompagne ?? ? Je descends au bar...
[K.] Pas moi, le satanisme impose d´avoir l´esprit clair sinon les esprits peuvent prendre possession de ton corps...
[L.] Ouais, c´est ça. Si on allait plutôt prendre une pizza chez moi, c´est pas interdit par ta religion ?? ?
[K.] Non, pas de problème, mais oublie pas les bières...
[L.] T´es pas un peu jeune pour les bières...
[I.] Et puis t´as pas dit que tu devais être sobre pour ta cérémonie machin-chose ?? ?
[K.] Ouais, mais la bière c´est différent, une bouteille ca t´ouvre l´esprit. Une bouteille de vodka ca te couche par terre. Et vu qu´on ne laisse jamais des bouteilles à moitié pleines... C´est pour éviter que les esprits se cachent dans les bouteilles décapsulées et puis qu´on les boive... On rigole pas avec ça.
[S.] Si tu le dis. Bref, y´a des chambres d´amis chez toi Lilian ?? ?
[L.] Ouais, une ou deux...
[S. (regard vicieux vers Iris)] Cool, je vais pouvoir essayer mes nouvelles capotes tutti frutti...
[L.] Allez, on se tire...
[Tous le monde sort, la lumière est eteinte et on ferme la porte à clé....]
Voilà, chers lecteurs, en voyant le caractère de merde qu´ont mes personnages dans la vraie vie, vous pouvez aisément imaginer combien c´est dur de les incorporer dans un truc cohérent et agréable à lire. J´espère donc qu´à l´avenir vous me pardonnerez mes quelques innatentions et que vous prendrez toujours autant de plaisir à lire cette fic que je vous concocte, toujours avec amour, gentillesse (et cérémonies vaudoues).
Joyeux nowel à tous... (ceci était mon cadeau de noël)
[Chapitre 24] Retrouvailles et disparitions:
Nous avançâmes dans un escalier qui descendait sous le lac avec Flora. En bas, une voix que je reconnus, cette fois-ci, comme étant celle de Voltère, héla notre amie:
"Flora, il y´a un problème là haut ?? ?"
Je répondis à sa place:
"Non, Voltère, c´est juste la cavalerie qui est enfin arrivée."
Voltère eut un moment de silence. Puis il s´esclaffa dans un de ses rires légendaires.
"Oh oh, la dernière fois que j´ai entendu cette voix-là, on s´est bien amusé !! ! Venez tous !! ! Sinnoh vient de nous rejoindre dans la guerre !! !"
Un branle-bas de combat succéda à cette injonction. Le temps de finir de descendre l´escalier, et je fus entouré de têtes connues: Voltère, Marc, Damien, Spectra, bien évidemment, mais aussi Alizée, Aragon, Levy et sa soeur Tatia, Sandra et la famille Seko au grand complet.
Dans cette ambiance festive, je sentais cependant un malaise. Et j´en compris la raison quand je demandais:
"Où est Ed ?? ?"
Le peu de bonne humeur que nous avions réussi à insuffler ici fut très vite terni par ma question. Flora me répondit cependant.
"Ed est porté disparu depuis une semaine. Ainsi que Bastien et Blanche."
Flora continua sur sa lancée. C´était dur pour elle et pour nous tous:
"On pense qu´ils ont tous été fait prisonniers, mais c´est le genre de prisons dont on ne sait rien, alors... alors on ne peut qu´espérer qu´il soit toujours en vie.
-Mais mieux vaudrait pour lui qu´il soit mort, fit Pierre, car ils le tortureront jusqu´à ce qu´il crache le morceau, et il n´a pas l´intention de le faire."
Nous étions à peine arrivés que l´ambiance était déjà à la déprime. Mais Voltère, avec sa bonne humeur inaltérable, changea de sujet:
"Et ben, vous verriez vos têtes, on dirait pas que c´est vous qui allez sauver le monde... Allez, je propose de boire un coup pour féter la venue de nos amis."
En quelques minutes, nous fûmes assis devant une table pleine de mets et de boissons qui semblaient délicieuses mais le coeur n´y était pas.
"Allez, mangez, et plus vite que ça, fit Voltère.
-Pourquoi vous avez amené des gens aussi jeunes avec vous ?? ? demanda Pierre en faisant allusion à Kim.
-Parce que cette personne est très particulière, expliquais-je.
-Particulière comme toi ?? ?
-Particulière comme nous tous, mais je ne compte pas faire de démonstration. C´est en se servant de nos pouvoirs qu´on a été repéré à Sinnoh."
Je commençais enfin à me détendre un peu. Mais Pierre, lui, semblait plus dubitatif.
"Vous avez été repérés ?? ? Et vous êtes sûrs qu´on ne vous a pas suivi jusqu´ici ?? ?
-Pas de risque, officiellement, on est morts depuis un peu plus de quinze jours, je crois."
Je racontais tout notre périple à Pierre et aux autres depuis que nous avions décidé de nous lancer dans l´aventure de L´Alliance, en passant par la découverte de certains élus, notre supposée mort, et tout le voyage que nous avions fait jusqu´ici. Quand Pierre sut que Sophie avait été faite prisonnière pour garder notre secret, il eut un regard un peu courroucé, voire francement accusateur.
"Ce n´est pas comme ça qu´on fonctionne ici. On ne se cache pas pendant que les autres se font capturer, fit-il d´un ton moralisateur.
-Et on se bat dans le but de tuer l´ennemi, répliquais-je, pourtant, c´est bien vous qui nous avez envoyé Christophe pour qu´on le soigne ?? ? Et à ce propos, où est-il lui aussi ?? ?"
A nouveau, le silence. Je compris ce que ca voulait dire.
"Vous avez du mener une rude bataille récemment, fit Silver qui semblait aussi avoir compris ce que sous-entendait ce silence. Y´a t´il d´autres personnes tombées au front avant qu´on ne fasse d´autres boulettes ?? ?"
Flora, encore une fois, fut chargée de nous annoncer les pires nouvelles.
"Ed a retrouvé sa mère... fit-elle.
-C´était elle qu´on a retrouvé attachée au sommet de la tour Pokémon, précisa Damien.
-Oui, effectivement, tu m´avais parlé de celà sur le bateau. Mais c´est merveill..."
Tout à coup, je compris ce qui était tragique dans cette histoire. La mère d´Ed, si elle était toujours en vie, serait avec nous autour de cette table.
"Oh, mon Dieu,... il l´a connu combien de temps ?? ?
-Deux semaines au maximum... Elle est morte dans la bataille dans laquelle on a perdu Ed et les autres... Elle est morte sous ses yeux... Il n´a rien pu faire."
Tout à coup, je me sentis mal... Mal de fêter notre arrivée alors que pendant ce temps, Ed crevait au fond d´un sombre cachot avec l´image de sa mère mourante... Je me relevais immédiatement.
"Il faut que j´aille l´aider... Que je le sorte de là au plus vite. On a pas le droit d´être là alors qu´il....
-Le plus dur dans la guerre, me coupa Pierre, ce n´est pas de mourir ou même de souffrir, c´est de voir les autres souffrir à ta place. Ca te révolte tellement que tu as envie de te jeter tête baissée dans la mêlée pour sauver ces gens. Mais c´est précisément ce que l´ennemi attend. Et même si c´est nous qu´il cherche à atteindre, je suis sûr que si toi, tu pointes là bas, tu ne feras pas long feu."
Les paroles de Pierre étaient dignes de sagesse, mais, trop têtu pour les écouter, je me précipitais dans l´escalier.
"Qui m´aime me suive."
Alors, une voix s´éleva dans l´assistance. Je m´attendais à tout venant de la part de la Nouvelle-Armée qui croyait connaître cette guerre comme moi je connaissais le livre de la Prophétie, mais cette voix était celle d´Antoine:
"D´habitude, c´est moi la tête brûlée, et même moi je la sens mal cette histoire. Alors si tu veux te faire démolir, libre à toi... Mais tu auras ma mort sur la conscience, parce que je viens avec toi..."
Antoine crevait d´envie d´aller au casse-pipes d´habitude. Là, il était loin de faire exception à la règle, mais la manière dont il avait dit les choses était déstabilisante. Je le savais,... oh oui, je le savais que cet imbécile me suivrait jusqu´en enfer s´il le fallait... Mais j´étais loin de vouloir sa mort. J´avais mes pokémons, dont un ou deux mastodontes... j´avais mes pouvoirs, mais lui, il ne ferait pas long feu. Et Dieu savait que pourtant, il serait capable de me suivre.
"Antoine, t´es chiant, fis-je honteux en me résignant à me rasseoir à la table.
-Oui, je sais, mais le fait est que ca marche, fit l´intéressé.
-Je suis content de voir que tu as mûri depuis notre dernière rencontre, me congratula Pierre.
-Parce que c´est mature de laisser crever ses amis dans un cachot ?? ? C´est pas vous qui me disiez que ce j´avais fait à Sophie était pas terrible ?? ?
-Non, mais savoir quand on ne peut pas gagner, c´est intelligent. Et se résigner à attendre le moment propice, c´est même de la sagesse."
Là, il marquait encore un point. Mais de toute façon, je ne le reconnaîtrai sans doute jamais...
"Si ca vous ne vous embète pas, je vais trouver un coin où être tranquille et je vais méditer sur les paroles du vieux guerrier."
Je me levais de la table, et Pierre me lança:
"Tu peux prendre la chambre d´Ed. C´est la dernière à gauche. Et si tu ne veux pas toucher à ses affaires, on te trouvera un matelas et des draps pour dormir sur le..."
La porte claqua avant que j´eusse pu entendre la fin. J´en avais marre, déjà arrivé, on me traitait comme un gamin irresponsable. Bon sang, ca me manquait presque de ne plus être vu comme un vrai maître de la ligue. J´avais presque envie de disparaître d´ici et de les laisser tous en plan. Non, ce n´était pas ce que je voulais. Tout ce que je voulais, c´était qu´on me fiche la paix... Devenir invisible, si seulement ca pouvait arriver... Eh ?? ? Mais ca doit pouvoir se faire, ca non ?? ?
Je m´étais trouvé une occupation. Essayer de me servir de ces pouvoirs, si puissants et si inutiles quand on ne pouvait pas les utiliser, pour devenir invisible. Si j´arrivais à dévier la lumière, ca devait être possible... Alors, je me servis de cette technique que le professeur m´avait si souvent enseigné, la visualisation. J´imaginais les rayons se courber et me contourner... Je m´imaginais tout d´abord comme une ombre, puis comme un simple trait... Et enfin plus rien, comme si une gomme divine m´avait enfin effacé du tableau.
Quand j´ouvris les yeux, ma main était toujours là, devant mes yeux, ca n´avait donc pas marché... Peut-être que je présumais de mes forces finalement. Ou peut-être que les dons devaient apparaître un par un quand c´était leur heure. Finalement, je voulais être libre de mes actes, mais peut-être que c´était les pouvoirs qui décidaient à ma place de ce que je pouvais faire...
"J´en ai marre, fis-je à moi-même. Je suis même pas sûr de servir à quelque chose..."
Habituellement, on faisait ce genre de réflexions devant un miroir, pour bien se dire qu´on était le dernier des imbéciles à se parler à soi-même. Instictivement, je cherchais une glace dans la chambre. j´en trouvais finalement une, et rien que pour avoir le plaisir de me dire que j´étais nul, je me mis devant pour voir ma tête décrépitée de looser invétéré. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que je n´avais pas de reflet dans la glace.
"J´ai... j´ai réussi ?? ?"
En effet, dans la vitre, on ne voyait rien d´autre que la pièce. Me concentrant à nouveau, j´essayais de me faire réapparaître. En cinq secondes, j´étais à nouveau visible. Décidément, cette technique de visualisation était vraiment efficace... Encore un coup... Cette fois-ci, je me convaincquis de tout faire disparaître. Je ne devais plus voir mon bras, ni dans le miroir, ni en le regardant directement. En ouvrant les yeux, j´eus la sensation bizarre de flotter en l´air. Je ne voyais plus mon corps...
Je n´étais peut-être pas si mauvais que ça, finalement. Cette bouffée d´espoir (et sans doute d´auto-satisfaction) me rendit un peu plus heureux. En promenant mon regard dans la pièce, je tombais sur une photo d´Ed... La femme à côté avait les mêmes yeux que lui... Je n´eus pas à faire des efforts monumentaux pour comprendre...
"Ta mère était très belle, Ed..."
Malheureusement, mon moral redescendit aussitôt. Si je n´avais eu le privilège de connaître ma mère que quelques jours, je serais sans doute en train de chercher comment en finir définitivement au fond de ma cellule. Heureusement, il n´était pas seul... Il avait un groupe de personnes dont il était sans doute le leader charismatique, et ca lui donnait l´énergie pour survivre. Enfin, je disais ça, surtout parce que ca m´avait toujours donné l´énergie pour survivre... mais là, je commençais à en douter.
J´éteignis la lumière, je me posais dans un coin, et je profitais de mon invisibilité toute récente pour enfin m´exclure totalement de ce monde de fou et vivre ne serais-ce que cinq minutes uniquement pour moi...
Là, agenouillé dans ce coin dans le noir, je passais en revue tout ce que nous devions faire: retrouver tous les élus, Ed, les parents de Kim, Sophie, défaire le Tyran et ses sous-fifres, ramener la paix sur les continents, et après uniquement, nous pourrions vivre en paix. On avait du boulot et je ne me sentais plus à la hauteur...
"Vous verriez vos têtes, on dirait pas que c´est vous qui allez sauver le monde..." avait dit Voltère.... Et bien peut-être était-ce le cas. Peut-être qu´on n´était pas ceux qui devaient sauver ce monde.
[Chapitre 25] Croisade:
Au fond d´une grotte qui n´existe sur aucun plan, dans la toute dernière pièce au fond, dans un coin, dans le noir et invisible... Je crois qu´il était difficile de faire plus sûr comme cachette. Et pourtant, c´était au fond de l´endroit le plus sûr au monde pour moi que germaient les plans les plus dangereux et les plus risqués. Si c´était pour me faire charrier à longueur de journée par ces grands meneurs d´hommes qu´étaient les dresseurs de la ligue d´Hoenn, autant faire cavalier seul et partir dans la plus grande discrétion.
Cependant, avant que je ne puisse tenter quoi que ce soit, la porte de la chambre s´ouvrit, laissant entrer un rai de lumière dans la pièce sombre.
"Lilian, tu es là ?? ? demanda la voix fluette de Flora..."
A quoi bon répondre, de toute façon, c´était inutile, elle me remettrait à ma place comme tous les autres. Pierre était un grand leader et il n´y avait aucun doute que tous dans cette pièce ne pouvaient que lui obéir au doigt et à l´oeil. Flora comme tous les autres devait sans doute suivre à la lettre les préceptes de ce grand chef de guerre, et en retour lui vouer une obéissance sans limites. Du moins, c´était ce que je croyais.
"La dernière personne que j´ai vu dans cet état là, c´était Ed, juste avant qu´il ne parte dans une mission-suicide pour Sento. Et où que tu sois, je sais que tu es toujours dans cette pièce en train de te poser les mêmes questions que lui. Si, au bout de tes tergiversations, tu décides de partir... alors je viens avec toi."
Peut-être que ce n´était qu´un coup de bluff destiné à me faire sortir de ma cachette et à me rendre innofensif ensuite. Ou peut-être qu´elle disait vrai. Mais je ne voulais rien tenter avant d´en être sûr. Flora alluma la lumière et continua:
"Antoine m´a raconté comment vous êtes arrivés jusqu´ici. Tu ne veux pas te téléporter de peur qu´on te repère... Mais moi, j´ai un pokémon capable de nous téléporter sans laisser aucune trace. Et je connais mieux le terrain que toi."
La proposition devenait intéressante. Je me devais de la tenter. Laissant tomber mon invisibilité, je posais une seule question.
"Et pourquoi tu m´aiderais à faire ça ?? ?
-Parce que je ne fais pas ça pour toi, mais pour Ed. Et puis, la dernière fois que j´ai vu Ed dans cet état là,... j´étais amnésique et même si je ne savais pas ce que je faisais, j´ai bien failli le perdre, perdre son amour en me comportant comme la dernière des gourdes.
-Et en quoi ca me concerne, tout ça ?? ?
-J´étais amnésique, et je ne le suis plus aujourd´hui, grâce à Sinnoh, grace à vous. J´ai donc une dette envers toi, et je compte bien la payer."
Flora était sincère, j´en étais sûr désormais. Alors autant passer au côté pratique.
"Des armes ?? ?
-Aucune de préférence, ils ont des détecteurs de métaux et on ne ferait pas dix mètres sans se faire repérer, même si ton camouflage est assez surprenant, je dois l´admettre.
-On prend des balls alors ?? ?
-J´ai mon Gardevoir pour nous téléporter, et j´emmène les autres mais j´espère qu´on aura pas à s´en servir.
-T´inquiète pas, on ne fera qu´une mission de reconnaissance, pas un attentat. Après, on se fera copieusement engueuler par Pierre mais il aura les informations capitales qui lui manquaient... Et on pourra attaquer avec des effectifs plus nombreux.
-J´aime cette idée. Mais si on trouve Ed, on le ramène, promets-le moi...
-C´était aussi mon intention..."
Ainsi fut réglée la plus stupide et la plus risquée des opérations tactiques jamais organisées, mais également celle qui nous offrirait sans doute le plus de renseignements.
"Tu es prète ?? ?
-On y va, me répondit-elle."
//// 31 jours après le début des opérations ////
//// 7 jours après l´arrivée à Hoenn ////
Une semaine... Une longue semaine que Flora et moi sommes au aguets dans les fourrés qui bordent l´île de Sento. L´endroit qui nous intéresse est en fait une toute petite péninsule, seulement reliée au reste de l´île par une étroite bande goudronnée, immergée à marée haute. Cette péninsule, toute droit sortie d´un film d´horreur, me rappelle cependant la guerre omniprésente. Une espèce de château immense, à flanc de falaise, taillé en partie dans celle-ci, d´ailleurs, et dont les tours pointues percent le ciel avec des gargouilles a l´air menaçant.
J´ai appris beaucoup de choses en une semaine. L´endroit est en fait comme un iceberg, la partie immergée est au moins dix fois plus grande que ce qu´on voit en surface, mais, comble de l´effronterie, le Tyran loge dans la plus haute tour, comme s´il narguait les troupes ennemies qui n´auraient aucun mal à le pilonner si elle arrivaient jusqu´ici... Si elle arrivaient jusqu´ici.
"L´entrée de service n´est pas très gardée, fit Flora qui arrivait derrièe moi. Un garde tout au plus, et il n´a pas l´air d´être insensible aux charmes du sexe opposé si tu vois ce que je veux dire.
-Tu veux qu´on tente d´entrer ce soir ?? ? demandais-je
-Le plus tôt sera le mieux, et je crois qu´on a vu tout ce qu´on avait à voir ici."
La nuit tout juste tombée, nous descendîmes dans le plus grand silence. En une semaine, j´avais appris à maîtriser mon nouveau pouvoir et à m´en servir pour inclure Flora sous le voile d´invisibilité. Mais cette fois-ci Flora marchait à découvert, et nous approchâmes de la porte, dont la garde avait été doublée:
"Halte, on ne passe pas !! !
-Excusez-moi, fit-elle, je me suis perdue. Vous sauriez où je peux trouver un abri pour la nuit ?? ?"
Les deux gardes, attirés par le côté "fille perdue donc fille facile à embobiner" de Flora s´approchèrent d´elle en lui murmurant qu´elle pourrait trouver un abri sûr ici, qu´ils leur prêtaient même leur chambre si besoin était et que...
Ils n´eurent pas le temps d´en dire plus que leurs têtes s´étaient déjà rencontrées dans un tintement qui rapellait vaguement celui des cloches... Un coup simple et efficace, et qui en plus avait le mérite de laisser l´individu sonné à son réveil, en proie à un mal de tête qui le rendait plus vulnérable. Merci Aurore, encore une prise à garder en mémoire.
"Bon, on rentre ?? ? demanda Flora.
-Le temps de te mettre à l´abri en te rendant invisible et c´est bon."
J´avais choisi de nous rendre invisible à tous ceux qui passaient devant nous, mais de nous laisser visibles entre nous, de façon à ce qu´on ne se perde pas. Dans les couloirs, une grande agitation rêgnait. Il fallait donc raser les murs pour ne pas heurter quelqu´un qui aurait trouvé bizarre de cogner quelque chose d´invisible. D´un autre côté, il était facile de se frayer un chemin avec toutes les indications qui jonchaient les couloirs. le bâtiment devait être tellement grand qu´il était impossible de se rapeller toute l´architecture et la disposition des pièces, rendant obligatoire l´usage de panneaux ou autres formes de plans.
Des plans !! ! Voilà qui nous rendrait la tâche plus facile. Il suffisait de trouver un terminal informatique quelque part et de rentrer dans le système. Avisant une indications "Salle informatique, Zone 5", je montrais à Flora ou nous devions aller. Elle sembla comprendre et me suivit vers une lourde porte fermée par un code.
"Mince, on rentre comment ?? ? demanda Flora."
A peine eut-elle demandé ceci qu´un technicien sortit de la salle, manquant de cogner la jeune fille. Se poussant au dernier moment, elle évita le drame. Elle voulut reprendre sa respiration après cette surprise mais sans aucun ménagement, je la tirais après moi afin de pouvoir rentrer avant que la porte ne soit refermée.
Ca y´est, nous étions dans la place. Devant nous, des ordinateurs dernier cri cotoyaient des machines informes et vieilles comme le monde, semblait-il. Au fond, des caisses et des sacs en plastique laissaient présager que l´installation du nouveau matériel était en cours, et que le technicien reviendrait demain à la première heure. Il n´allait pas falloir tarder.
M´asseyant devant un poste, j´allumais l´unité centrale. Au moment d´allumer l´écran, je vis quelque chose qui me déplut aussitôt, mon visage. Non pas que je me trouve laid à faire peur, mais si je me voyais, celà voulait dire que...
"Notre camouflage, il est HS !! !"
Aussitôt, je jetais un coup d´oeil au plafond. Aucune caméra. Heureusement pour nous, seuls les couloirs étaient surveillés. Seul un petit appareil semblait différent des néons accrchés au plafond ou des dispositifs anti-incendie. Silver saurait ce que c´était, il pourrait même le désactiver à distance si c´était dangereux, mais Silver n´était pas là.
"Essaye de te servir de tes autres pouvoirs, de demanda Flora, je fouille dans l´ordi."
Bien sûr, je devais faire celà. Vérifier si mes autres facultés marchaient encore. Le téléport était sans doute à proscrire mais mes dons de télékinséie étaient-ils encore en état ?? ?
Après plusieurs essais, je dus me rendre à l´évidence, plus aucun de mes pouvoirs ne fonctionnait. Je n´osais pas le dire à Flora, de peur de l´inquiéter, mais le fait était que j´étais aussi vulnérable qu´un adolescent ordinaire.
"Pourtant le seul astre n´étant pas lumineux,
On dit que je suis éclairé par la lumière des dieux,
Ultime conquète que l´homme ait fait,
Vous me contemplez tous durant vos romances étoilées,
On dit aussi que, moi pleine, les plus grandes transformations s´opèrent,
Il se peut que je sois douée des pouvoirs que vous m´octroyez,
Ronde et belle, qui sait ce que je peux engendrer.
-Qu´est ce que tu racontes ?? ? demandai-je après que Flora m´eut déclamé sa tirade longue et ennuyeuse.
-C´est l´indication que donne le Tyran pour trouver son mot de passe.
-Tu te connectes avec la session du boss ?? ? T´es pas un peu folle ?? ?
-Tant qu´on trouve son mot de passe, n´importe quelle session peut faire, mais seul le chef a droit d´accès au plus grand nombre de fichiers. Et je crois que j´ai trouvé ce mot de passe.
-Evidemment, fis-je, c´est la Lune, le seul astre qui n´est pas éclairé, la dernière conquète importante de l´homme, c´était la Lune. Mais je trouve ça trop facile, pas toi ?? ?"
Il était vrai, qu´aussi poétique fut cette énigme, elle n´en était pas moins facile au possible.
"Si ce n´est pas la lune, alors à quoi sert ce texte ?? ? Juste à nous leurrer ?? ?
-Effectivement, si on avait entré Lune comme mot de passe, je pense qu´on aurait eu du souci, mais je suis sûr qu´il y´a une autre raison... Sinon, pourquoi s´embéter à le versifier ?? ?"
Alors, avec Flora, nous cherchâmes tout ce que ce poème pouvait cacher, si en mettant les rimes bout à bout, on obtenait un mot, si le seul vers qui n´avait pas de vers rimant avec avait un sens seul, mais le constat était évident:
"Ca n´a aucun sens... Aucun compréhensible par un humain, me fit Aurore"
Voilà, la seule conclusion que nous pouvions tirer était que celà n´avait aucun sens. En regardant à nouveau le poème, je ne vis que des mots sans aucun lien entre eux autre que celui que l´on voulait nous faire trouver.
"Mais bien sûr, s´exclama Flora. Lilian, Ed t´a t´il parlé de ce poème qu´avait laissé sa mère.
-Oui, il m´a vaguement dit que les vers n´avaient aucun sens entre eux mais que... Eh !! ! Il avait dit qu´en prenant la première lettre de chaque vers..."
P O U V O I R. Les sept lettres qui commençaient chaque vers formaient le mot Pouvoir. Une fois que nous avions trouvé que le poème n´avait aucun sens s´il ne parlait pas de la lune, nous avions résolu l´énigme.
"C´était un codage couramment utilisé à l´époque de la mère d´Ed, et le Tyran doit être de la même génération qu´elle..."
Elle tapa les sept lettres dans la case "mot de passe".
"Tu es prèt ?? ? me demanda t´elle. On peut très bien se tromper.
-Auquel cas, on finira en cellule avant d´avoir eu le temps de dire "Ouf", je sais. Mais dans ce cas, tu seras certainement dans la même cellule qu´Ed. Ca donnerait presque envie de tromper non ?? ? Ca arrangerait notre affaire ?? ?
-C´est ça, on dira ça. Si on a un problème, tu peux nous téléporter en urgence ?? ?"
Aïe, ca tombait mal.
"Figures-toi que j´ai essayé tous mes pouvoirs, aucun ne marche.
-Dans ce cas, on dirait bien qu´on n´a pas le choix..."
Et Flora, coupant court à toute discussion, valida le mot de passe.
[A SUIVRE]
[Chapitre 26] Pirates:
"Accès autorisé, bienvenue."
Sur l´écran venaient de s´afficher les trois mots que je désirais le plus au monde voir apparaître.
"On est dedans, me fit Flora.
-Pas de case prison ce tour-ci, Ed, tu devras encore attendre un peu, répondis-je.
-Bon, j´ai beaucoup d´informations mais on n´a pas la nuit.
-Cherche des plans basiques, emplacement des principales prisons, plans à court terme,...
-Centre de dressage, rajouta la jeune fille, ils ont du y emmener les pokémons d´Ed ainsi que ceux de nombreux autres prisonniers.
-Si tu le dis, pendant ce temps, j´ai un coup de fil à passer.
-Quoi ?? ? Qui est ce que tu comptes appeler ?? ?
-T´inquiète pas, connexion sécurisée, aucun risque qu´on nous repère."
Sortant le DS du fond de ma poche, je l´allumais. Farfouillant parmi les options, je trouvais la visio-conférence.
"C´est quoi, me demanda Flora ?? ?
-Un petit bijou de technologie, et avec ça, on peut entre autres communiquer avec mon QG à Féli-Cité..."
A peine eus-je le temps de dire celà que sur l´écran s´afficha le visage d´Arno.
"A ton service boss, ca faisait longtemps qu´on t´avait pas vu..."
Arno et tous ceux qui étaient avec lui semblaient heureux de me voir. Je réalisais alors qu´ils n´avaient eu aucune nouvelle de moi depuis un bon mois.
"Ca faisait longtemps, hein ?? ? réenchéris-je.
-Trop, on commençait presque à désespérer. Mais je me suis dit que si vous aviez à mourir, la Terre entière le verrait aux infos tellement ce serait spectacculaire. Et vu qu´à la télé ils n´ont rien dit au sujet d´une explosion nucléaire qui aurait rasé la moitié de la planète, je me suis dit que vous alliez bien, plaisanta-t´il. Du nouveau ?? ?
-J´ai besoin de toi.
-Quel est le problème ?? ?
-Il me faut de la place, beaucoup de place, je vais t´envoyer via le Satellite une foule de données informatiques et je compte sur toi pour m´informer au plus vite de ce qui concerne l´Alliance. Le reste, pour la Nouvelle-Armée, on s´en charge avec Flora.
-Ton joujou peut faire ça ?? ? s´étonna l´intéressée.
-Et oh, le joujou, c´est moi qui l´ait inventé alors un peu de respect, s´enhardit Arno. Enfin j´ai bien reçu, je t´ouvre l´accès à nos serveurs. Tu peux brancher le DS à un ordinateur si tu as un port de libre."
Trouvant une prise adaptée, je reliais les deux outils informatiques.
"Alors, y´en aura pour combien de temps ?? ?
-Attends, il calcule... Oulà, mais c´est énorme, il y´a des Teraoctets de données là-dedans. Il me faudra au moins... disons une à deux minutes pour tout transférer chez nous..."
Flora laissa un moment ses tâches pour rejoindre notre conversation:
"Deux minutes ?? ? Il nous faudrait deux heures chez nous... C´est impossible.
-Ah, le joujou a l´avantage sur vos vieilles machines datant de la guerre, excusez-moi l´expression. Le miracle des ondes satellites. Tant que le Sat est à portée, on a un débit maximal. Je l´avais positionné en prévision sur Hoenn au cas où vous ayez besoin de ses talents rapidement.
-Bon, Flora, si ca ne t´embête pas,... interrompis-je.
-Ok, j´y retourne, désolé."
Le débit m´impressionnait moi-même. A ma connaissance, les civils n´avaient accès qu´à des débits de quelques mégabits seconde au maximum. On devait être à plusieurs dizaines de gigas d´un coup là-dessus. Nous avions vraiment bien investi en construisant ce satellite.
"Tu en profiteras pour nous envoyer des photos-satellites des principales prisons, on pourra se donner des idées de comment les aborder, s´il y´a plutôt de la végétation ou un accès maritime, et caetera.
-Ok, ce sera fait dès qu´on aura planché dessus."
Il se retourna et rajouta à l´attention de ses collègues:
"Bonne nouvelle les gars, on a du boulot !! !"
Au même moment, chez nous, une série de bips se fit entendre à la porte. Le codé était en train d´être tapé... Quelqu´un voulait entrer dans la salle informatique.
Ni une ni deux, je fermais le DS, ne laissant visible qu´une toute petite lueur clignotante j´éteignis l´écran du PC et je poussais Flora dans les caisses et autres papiers à bulle avec sa chaise à roulettes, attrapant un large bout de tissu, un grand rideau semblait-il, qui traînait sur une chaise et nous recouvrant avec.
"Mais tu es fo... fit-elle avant que je recouvre sa bouche de mon doigt.
-Chuuut..."
Flora, bien que surprise, accepta ma requète. De l´autre côté du grand tissu qui nous recouvrait, on entendait la personne qui était entrée. A sa voix, c´était manifestement un homme:
"Et en plus j´avais oublié d´éteindre la lumière en partant... J´ai vraiment besoin d´aller me coucher moi... Bon, ma sacoche et hop... bonne nuit les ordinateurs."
La lumière s´éteignit et derrière le rideau, ce qui était tamisé devint complètement noir. Mais le danger n´était pas écarté pour autant.
"C´est quoi ce truc qui clignote ?? ?"
La lumière se ralluma, mince, il avait repéré le DS... Se rapprochant de nous, il sembla s´arrêter devant, même si derrière un rideau, c´était très dur de voir quelque chose.
"Vous êtes qui vous ?? ? demanda l´homme."
Mince, nous étions repérés. J´allais me montrer lorsque j´entendis:
"Hein ?? ? Oh, moi, je suis un informaticien du service comptabilité. Le boss veut un rapport au plus vite sur les fonds qu´il nous reste pour construire de nouveaux bombardiers."
C´était la voix de Arno. Il avait l´air d´avoir compris la menace quand nous avions perdu le contact vidéo, et il improvisait très bien, comme à son habitude.
"Et qui vous a autorisé à entrer dans le système ?? ?
-Je sais pas, encore un nouveau, relança Arno. Il m´a même laissé en plan pour aller chercher un café. J´vous jure, tous des fainéants."
La réponse de l´homme allait nous faire savoir si on devait lui sauter dessus ou non, mais heureusement pour nous (et pour lui, car je peux être atrès agressif s´il le faut), il se contenta de répondre:
"A qui le dis-tu... Bon, ca me rassure, je suis pas complètement fou, j´avais bien éteint la lumière. Bon, je vous laisse. C´est quoi le fichier ?? ?
-Un livre de compte, c´est un peu lourd mais ca devrait vite être fini. Jette un oeil sur la barre d´avancement à l´écran du dessus.
-Ouais, je vois, pas mal ton système, ils équipent tout le monde avec ça ?? ?
-On est en phase de test, mais vers Juin, ca devrait être commun à tous les services, on pourrait même les emporter sur le front pour les communications à distance, fit Arno sans se démonter.
-Cool, j´ai hâte d´y être. Bon, à un de ces jours !! !"
La lumière resta allumée, mais la porte claqua définitivement. On était sauvés. Flora, un peu bousculée, remit de l´ordre dans ses idées et je l´aidais à se relever.
"Merci, me fit-elle, tu nous a évité un beau problème.
-Remercie Arno, il est sacrément doué pour l´impro.
-On croit toujours que les vrais méchants sont en face de vous. Les gens à 3000 km on ne s´en méfie jamais, fit la voix de l´intéressé derrière moi. Ah, au fait, j´ai tout transféré, d´autres questions chef ?? ?
-Je ne crois pas, tu peux...
-Attends, me coupa Aurore, j´étais en train de fouiller dans les dossiers quand le gars est arrivé, j´ai trouvé un nom qui pourrait bien t´intéresser."
Nous rallumâmes l´écran. Sous le pointeur de la souris, un dossier intitulé "Elus" trônait.
"Je peux ?? ?
-Vas-y, j´ai fini. J´ai ce qu´il me faut là-dessus, fit-elle en montrant une petite clé USB."
Dans le dossier, 17 sous-dossiers principaux, un pour chaque type d´élu, le mien et d´autres étant copieusement tagués de la mention "Eliminé" et puis un autre gros dossier, intitulé "Projet Crépuscule". En ouvrant le dossier, je tombais sur un plan complexe mais dont l´image de l´objet fini m´était familière. Et pour cause, c´était l´objet inconnu qui trônait sur nos têtes.
"Arno, changement de plan, pour l´Alliance, le dossier Projet Crépuscule est prioritaire. Priorité maximale, tu entends ?? ?
-Reçu, et on peut savoir pourquoi ?? ?
-Dans le couloir, j´avais mes pouvoirs, ici, je ne les ai plus. Et cet objet bizarre se trouve précisément à la fois dans cette pièce et à la fois dans le dossiers des Elus. Je ne sais pas comment, mais je crois que ces machins neutralisent tous nos pouvoirs...
-On aura des choses à vous dire au sujet du gène, à propos. Mais si cet objet est bien ce que tu penses, alors ils sont bien en avance sur nous..."
Je ne comprenais pas comment Sento était au courant pour les Elus, mais il me semblait encore plus fort qu´ils aient des années-lumière d´avance sur nous dans ce domaine. A moins d´avoir eu depuis toujours un sujet d´expérimentation, ils ne pouvaient pas nous damer le pion.
"Bon, j´ai fait tout ce que je voulais, et toi ?? ? demandais-je à Flora.
-J´ai les plans de ce complexe, ainsi que le lieu des différents centres de dressage. Il nous faudra des informations complémentaires pour savoir lequel a hérité des pokémons d´Ed, mais on pourra faire ça chez nous. J´ai aussi le nom de la prison dans laquelle il est susceptible d´être. On y va ?? ?
-Quand tu veux..."
Flora sortit son Gardevoir de sa ball, et il nous téléporta à New Lavandia, pour profiter des fruits de notre travail et se faire louer comme il se devait.
"Mais tu es complètement inconscient ?? ? me sermonnait Pierre devant toute la nouvelle Armée réunie, ainsi que tous les élus. Ce n´est pas comme ça qu´on se bat... Et toi évidemment, tu le suis sans rien dire, rajouta-t´il pour Flora.
-Le meilleur moyen pour jauger ton ennemi, rétorquais-je, c´est de l´affronter face à face. Ca a toujours été une des bases du Combat pokémon et...
-Mais je ne te parles pas de combat Pokémon, je te parles de ta vie, de celle de Flora que tu as osé mettre en jeu. Imagines que tu ais été pris ?? ? Ils t´auraient torturé jusqu´à ce que tu parles, voilà tout.
-Et je n´aurais pas parlé, terminais-je.
-Et Flora, tu y penses ?? ? Avec Ed entre leurs mains, ils l´auraient menacé, elle aurait tout dit par amour pour lui !! ! Une semaine qu´on n´avait pas de vos nouvelles, on imaginait le pire"
Manifestement, dans cette affaire, ce serait celui qui gueulerait le plus fort qui aurait raison. Autant se lâcher.
"Un, je prends les risques que JE veux, deux, Flora est venue me porter main-forte d´elle-même, trois, on a des informations vitales et pour toi et pour moi, on sait notamment qu´ils peuvent bloquer tous nos pouvoirs, quatre, on sait où trouver Ed, quels sont leurs plans et où sont leurs bases stratégiques et enfin cinq, JE NE SUIS PAS TON CHIEN !! !"
Le topo était simple, soit je me faisais virer immédiatement, soit Pierre admettait que, aussi dangereuse fut mon initiative, elle avait été fructueuse et on n´avait rien perdu. Le silence qui suivit fut long... trèèèèèèès long.
"Tu dis qu´ils peuvent nous contrer ?? ? finit finalement par demander Aurore....
-Je n´en suis pas sûr, mais à un moment mes pouvoirs m´ont lâché et il y´avait un appareil bizarre dans la pièce où nous étions. J´ai demandé à Arno et à son équipe de s´en charger."
A nouveau le silence, et puis quelqu´un prit enfin parti.
"Pour une fois qu´on a un gamin qui nous montre ce qu´il a dans les tripes, tu ferais bien de le remercier, fit Voltère. La seule chose qui empèche les gens d´attaquer, c´est la peur !! !"
Ainsi fut relancée la machine. Flora alla imprimer les plans contenus sur sa clé et Pierre, dont tout le monde attendait la réaction, finit par s´avouer vaincu devant ces plans.
"Tu as été on ne peut plus suicidaire, mais il faut avouer que tu as eu des résultats. Mais à l´avenir, n´oublie pas qu´ici, JE commande.
-Tu commande TES hommes, je commande les miens et je me commande. Ca marche comme ça. Tu as de l´expérience, j´ai un satellite, quelques bêtes de combat et des pouvoirs à ta disposition. Considère ces plans comme un gage de ma bonne foi. On marche chacun de notre côté dans un but commun. C´est comme ça que je vois les choses. Ok ?? ?"
Je tendis une main vers Pierre, visiblement troublé. J´avais imposé mon style, soit il l´acceptait, soit on partait.
"N´oublie pas que dans ce cas, tu es seul responsable de toi-même. Je crois que tu n´as pas tout saisi à ce qui se passe ici ni à comment ça marche. Mais c´est d´accord."
C´est ainsi, sur une poignée de main franche que commença la plus grande coopération qu´il m´ait été donné de voir...
WHOAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
NOM DE D%ù*,j´ai pas encore tout lu je vi1 dariv et j´ai été niµ$¤ je trouvai plus la fic,donc mon messge va servir de point relai,pour la suite.
CA Y EST JAI TOUT LU et que dire datre que,
UNE P£*µ%ù DE BONNE ANNEE A TOUS.
[Chapitre 27] Sauvetage:
//// 80 jours depuis le début des opérations ////
//// 54 jours depuis l´arrivée à Hoenn ////
"Grâce aux informations récoltées durant... disons durant le suicide manqué de Flora et de Lilian..."
Je me pris à sourire devant cette boutade de Pierre. Il avait finalement bien accepté que nous ayons pris ce risque, sans doute parce que grâce aux ressources de l´Alliance, nous recevions de nouvelles informations tous les jours.
"Grâce à ces informations, disais-je, nous avons pu trouver où Sento retenait Blanche, Bastien et Ed. C´est une prison en forêt, à plusieurs kilomètres de toute côte. La zone est solidement gardée par des miradors et toute attaque par l´extérieur est impossible."¨
Pour preuve, il montra les photos satellite. Au coeur de la forêt, une grande clairière artificielle se dressait. Au milieu des troncs d´arbre coupés, les miradors se dressaient, couvrant une surface importante. Effectivement, une attaque provenant de l´extérieur semblait très dangereuse, et beaucoup de monde risquait d´y passer.
"C´est pourquoi nous passerons directement par l´intérieur. Grâce à ces plans, nous pouvons nous téléporter sans risquer de finir au travers d´un mur ou de tomber sur des gardes. Nous arriverons ici, fit-il en montrant une salle sur la carte marquée "Salle d´interrogatoire." A cette heure-ci, elle devrait être vide ou au pire, nous tomberons sur quelques gardes au maximum en train de faire tout autre chose. Une fois arrivés, nous nous séparerons en deux groupes. La Nouvelle Armée, sous mon commandement ira chercher Ed et les autres, tandis que Lilian et les Elus, accompagnés de Spectra, iront ouvrir un maximum de cellules et libérer le plus de gens possible. Tout est clair ?? ?"
Devant le consentement silencieux de tous, il déclara:
"Dans ce cas, l´opération de sauvetage est lancée !! !"
Comme prévu, nous fûmes tous téléportés à l´intérieur même du grand bâtiment, dans une salle d´interrogatoire vide, mais dont on se doutait qu´elle avait du servir récemment. Une chaise pleine de sang et des outils peu orthodoxes jonchaient le sol... De quoi faire froid dans le dos. Pierre devant ce spectacle, n´omit pas de nous rajouter:
"N´oubliez pas qu´il y´a une possibilité que je détesterais voir vérifiée mais...
-Il se pourrait qu´Ed et les autres soient morts... continuais-je. Je m´en doutais, d´où l´intérêt d´agir vite.
-Oui, mais dans ce cas là, n´oubliez pas que vous êtes des guerriers, pas des dresseurs pokémons.
-Aucune pitié, en tout cas en ce qui me concerne... répondis-je. On récupère les prisonniers et on fait tout sauter.
-On est d´accord !! !"
Nous nous approchâmes de la porte de la cellule, et Pierre nous gratifia d´un:
"N´oubliez pas, discrétion absolue..."
... juste avant qu´une sirène ne retentisse.
"On a été repérés ?? ? demandai-je.
-C´est pas vrai, plaisanta Antoine, si je peux plus bailler un peu sans que ca déclenche des alarmes mais où va t´on ?? ?
-Je ne crois pas que ce soit nous qui ayons déclenché cette alarme, fit Pierre plus sérieusement. Il doit y avoir une révolte, une tentative d´évasion.
-C´est bon signe, y´a qu´Ed pour foutre un bordel pareil !! ! concluais-je. Bon, foncez le rejoindre, on s´occupe des prisonniers et on vous rejoint au plus vite."
Après les éternels "Bonne chance", nous partîmes d´un côté alors que Pierre et les autres suivirent le chemin opposé. Je sortis mon DS de ma poche, pour afficher les plans de la prison. C´était un vaste complexe bâti sur plusieurs niveaux. Aux sous-sol, on trouvait, hum, on va dire l´administratif et la maintenance. Des salles de compte, les chaudières et aussi... les salles d´interrogatoire. Au rez de Chaussée, on trouvait les prisonniers sous haute surveillance, tels que, nous le supposions, Ed et ses amis. Il leur était impossible de partir directement par le toit ou par des souterrains sans tomber sur un autre étage, et on les tenait loin des principales issues. En fait si cette prison avait été un Colisée, les prisonniers comme Ed se trouveraient dans l´arène.
Les trois étages suivants étaient remplis de cellules plus classiques, pour les émissaires prisonniers, les soldats ennemis qui avaient survécus, ou certains criminels dont nous redoutions qu´ils fussent vraiment incarcérés pour les motifs qu´on leur reprochait. Il y´avait là, selon les derniers dossiers, des tueurs en série, des violeurs, des psychopathes et autres dégénérés mentaux qui ne méritaient pas qu´on les libère mais qui d´un autre côté ne pouvaient pas rester enfermés si on faisait tout sauter. L´ennemi de mon ennemi est mon ami, et même si cet ami était un peu fêlé, il fallait compter sur lui.
"On arrive à l´étage des Droits communs, Kim, ce sont des serrures en fer classiques, tu pourras nous les faire fondre ?? ?
-Depuis le temps que je rêve de me servir de ces flammes pour faire quelque chose d´utile, c´est comme si c´était fait."
En quelques secondes, les cellules furent ouvertes et des personnes en sortirent. Il semblait que malgré tout ce que j´avais entendu sur Sento, ces personnes fussent traitées avec le respect qui leur était du. Spectra les regroupa et à l´aide de ses pokémons, téléporta les quelques prisonniers en lieu sûr.
Nous montâmes ensuite à l´étage suivant. Aucun garde ne nous barra la route, ce qui sembla confirmer les hypothèses d´évasion, qui devaient accaparer tous les gardes présents. La situation à l´étage des militaires tranchait avec celle des émissaires de l´étage en dessous. Il étaient sans doute une vingtaine par cellule, en haillons et à moitié morts de faim.
"Non, pitié, ne nous faites pas de mal" fut la phrase que j´entendis le plus souvent. Ils devaient vraiment subir des tortures et des conditions de vie épouvantables pour être dans un tel état de stress. Quand j´annonçais que nous étions là avec la Nouvelle Armée, je crus qu´un raz de marée déferlait sur moi. On leur disait qu´ils allaient pouvoir combattre, mieux, se venger, et ca, ca valait de l´or pour eux. Kim ouvrit les cellules et lorsque Spectra nous rejoignit après avoir téléporté les Droits communs, elle eut une drôle de tête.
"Vous voulez que je téléporte tout ce beau monde comment ?? ?"
A raison d´une vingtaine de soldats par cellule, on se retrouvait vite avec 200 voire 300 prisonniers d´un coup, là ou en dessous, il y´avait tout au plus une dizaine de personnes.
"Sauf votre respect, madame, fit un soldat à Spectra, qui semblait assez gradé vu son âge et son assurance, en tant que plus haut gradé de cette pièce et vu que tous mes camarades sont d´accord, nous ne partirons pas sans avoir pris les armes pour venger cet affront."
Ca, c´était quelque chose de très bon pour nous. Ca bouleversait tous nos plans mais c´était très bon pour nous. Je pris la parole devant l´homme qui semblait commander cette expédition de la dernière chance.
"Je suis le maître pokémon de Sinnoh, je me nomme Lilian.
-Sergent Hervé Jobart, vous êtes donc un civil ?? ?
-Oui, sergent, mais j´ai là dessus des informations qui pourraient vous aider, fis-je en montrant le DS. Les armureries se trouvent à cet étage ici et à l´étage en dessous ici. Ils n´ont pas du tout prendre, vous savez comment c´est, il y´a toujours plus d´armes que d´hommes.
-Très bien, il faut défendre une position en particlier ?? ?
-L´idéal serait de dégager les extérieurs. Ils ne vont pas tarder à envoyer des renforts. Vous saurez vous repérer ?? ?"
Le sergent regarda longuement les écrans du DS et pour toute réponse il lança.
"Soldats, j´ai quelques pétoires en réserve pour vous, Suivez-moi.
-Oui, sergent, crièrent en coeur les autres soldats."
Une fois tout le troupeau de militaires descendu en quète d´armes, nous rejoignîmes l´étage au dessus. Et là, je sus ce qu´enfer voulait dire...
Une odeur de mort planait dans l´escalier qui menait au dernier étage. Nous étions loin d´imaginer à quoi correspondaient ces fragrances. Tout à coup, une petite boule de fer rebondit dans l´escalier jusqu´à nous. Je ne voyais rien dans ce sombre couloir, mais Spectra elle, savait de quoi il s´agissait, au bruit. Elle hurla:
"Grenade !! !"
Je ne voyais pas jusqu´où la grenade était tombée, mais Kim, elle, semblait l´avoir trouvée.
"Ecartez-vous, je m´en occupe !! ! fit-elle.
-Non, hurla Spectra, ne fais pas..."
Une explosion retentit, mais une explosion sourde, comme si elle avait lieu plusieurs salles plus loin. Lorsque le bruit s´étouffa, Kim tenait dans sa main les fragments de la grenade. Comme lors de l´attentat de Féli-Cité, elle nous avait sauvé la vie en aspirant la déflagration. Spectra fut soufflée de voir Kim toujours en un seul morceau. Mais si on recevait des grenades, celà voulait dire qu´en haut, quelqu´un nous les lançait. Rejoignant le plus silencieusement possible l´étage supérieur, nous vîmes alors l´origine de ces grenades. Plusieurs soldats étaient restés pour garder ces prisonniers dangereux. Lorsque l´un d´entre eux nous vit, il s´exclama:
"La première ne vous a pas suffi ?? ? Alors en voilà une autre."
Il dégoupilla une deuxième grenade et la lança vers nous. Cette fois-ci, je la voyais clairement, et je la téléportais de l´autre côté du mur, dehors. Par les fenètres à barreaux, les soldats purent voir l´explosion à l´extérieur. Je cherchais un moyen de les mettre hors-course sans nuire aux prisonniers. Les attaques de Kim brûleraient tout, y compris les prisonniers et Silver ne pourrait rien faire. Iris aurait peut-être pu ligoter les soldats avec des lianes mais on n´avait pas le temps d´expérimenter celà. J´eus donc l´idée de faire subir aux gardes le même sort que la grenade.
"Bon voyage, lançais-je...
-Hein, tu crois que..."
La fin de leur phrase se perdit dans un cri quand ils s´aperçurent qu´ils n´étaient plus dans la salle et que la gravité les rapellait à elle.
On aurait dit que les prisonniers n´étaient pas enfermés dans des cellules, ca ressemblait plutôt à des cages, des cages qu´on n´avait pas l´air de nettoyer. Et pour cause, pour faire rentrer quelqu´un qui nettoierait la cellule, il devait d´abord falloir sortir le dérangé qui l´habitait. Des odeurs putrides émanaient donc des cellules dans lesquelles habitaient des porcs, et même si d´autres avaient encore toutes leur dignité humaine, la puanteur se propageait d´une cellule à l´autre, mélangeant des odeurs peu ragoûtantes à d´autres, franchement dégueu.
"Les serrures sont électriques, lança Silver, je m´en occupe.
-Fais vite, fit Iris, où je vais tomber dans les pommes, ca pue la mort ici.
-Attends, Silver !! !"
Il fallait, avant d´ouvrir les cellules, s´assurer que les personnes à l´intérieur ne nous causeraient pas d´ennuis.
"Voilà, fis-je, le topo est simple. Nous avons un ennemi en commun, Sento. Nous allons vous libérer et vous ne nous devrez rien, la seule chose que nous voulons, c´est que vous ne vous en preniez pas aux autres. Vous pourrez fuir ou vous battre si vous le souhaitez. Il n´y a aucune autre clause. C´est clair ?? ?"
Aussi dangereux fussent ces gens, ils n´étaient pas tous fous. Et vu comment j´avais exposé mon problème, j´osais espérer que personne ne m´en voudrait, ou ne me prendrait pour son ennemi.
"C´est clair ?? ? insistais-je."
Devant les hurlements généraux, il devaient être d´accord. Je fis un signe à Silver qui balança une IEM à l´aide de Software. Les cellules s´ouvrirent toutes en un clic et les personnes en qui j´aurais été loin de faire confiance en temps normal déboulèrent dans l´escalier. Pour le moment, ils respectaient leur part du marché.
"Il est temps de redescendre !! ! me fit Antoine. Ici, ca pue, et on doit avoir besoin de nous en bas."
Il n´eut pas à me le dire deux fois. Iris semblait au bord de l´évanouissement et moi même j´avais du mal à supporter ces fragrances de mort. En une petite minute, nous avions redescendu les escaliers, et nous nous précipitions vers le rez-de Chaussée, là où les combats faisaient rage. Dehors, on entendait le bruit des armes qui servaient. Ca devait se battre aussi pas mal par là-bas.
Nous nous arrêtâmes un instant pour voir la situation. Les soldats, commandés par le capitaine, se battaient vaillament devant nos ennemis qui étaient certes plus en forme que nos troupes, mais nous avions un avantage certain. Nos forces elles, ne craignaient plus la mort après avoir subi tant de traitements horribles.
Nous arrivâmes finalement devant la porte derrière laquelle tout semblait se passer.
"Silver, Kim, Iris, Antoine, Aurore, Spectra, vous êtes tous là ?? ? vérifiais-je... Ok, on y va."
Dans un coin, la Nouvelle Armée était acculée par une poignée de dresseurs. Je ne comprenais pas pourquoi tout d´abord, alors qu´ils étaient en surnombre, puis j´aperçus les pokémons, l´armée de pokémons en face. Tous semblaient obéir à l´ennemi et même si les êtres humains étaient peu nombreux, ils agissaient comme de vrais soldats, groupés et prèts à faire beaucoup de dégâts.
Je sortis une ball de ma poche, et je sentis ce frisson qui accompagnait toujours un combat important. Me retournant vers mes amis, je leur demandais:
"Vous êtes prèts ?? ?"
Je fus content de voir que tous avaient aussi sortis de quoi se battre. Effectivement ils semblaient prèts.
"Ce coup-ci, on part à l´assaut du diable."
[A SUIVRE]
[Chapitre 28] Pouvoir relais (version Sinnoh):
Nous étions donc rentrés dans l´arène, et il n´était plus question d´en sortir. La horde de pokémons nous avait repéré mais, bien dressée, elle ne semblait pas nous prêter attention plus que ça. je ne savais pas comment mais c´était un gars dont l´uniforme ressemblait à celui de Christophe, mais avec encore plus de décorations, qui les commandait tous. Sans doute un membre du Conseil de Sento.
"Tiens, des nouveaux invités. C´est trop tard maintenant mais profitez du spectacle, vos amis vont mourir."
Il se retourna vers la Nouvelle-Armée. Ils ne semblaient pas être seuls d´ailleurs. Des gens que je ne connaissais pas l´accompagnaient, mais aussi, mais aussi une autre tête connue.
"Sophie ?? ?"
La jeune femme se tourna vers moi. C´était bien elle !! ! Je portais la main à ma ceinture et je sortis le pistolet qu´elle m´avait offert. Le prenant en main, je le lui lançais.
"Sophie, attrape !! !"
A nouveau, le dresseur en uniforme de Sento se retourna vers moi. Mais il ne réagit que trop tard lorsque le pistolet atterrit dans les mains de Sophie.
"A quoi bon vous battre ?? ? Vous êtes perdus, fit-il à la Nouvelle Armée."
Il ne semblait s´intéresser qu´à nos amis d´Hoenn. Nous, il s´en fichait. Et c´était une grosse, très grosse erreur. Je lançais la ball que j´avais dans la main et la silhouette massive de mon vieil ami se dressa devant nous. Avec un petit sourire au coin des lèvres, j´ordonnais:
"Regigigas, Surpuissance !! !"
Le golem n´avait pas combattu depuis longtemps. Et pour cause, sa puissance destructrice le rendait dévastateur. Et surtout, c´était un pokémon unique. Donc, quiconque savait que c´était moi son possesseur, saurait que je suis toujours en vie. Mais il y´avait peu de chances pour que notre couverture survive à un tel assaut alors autant s´en donner à coeur joie. Le pokémon prépara une des attaques les plus puissantes que j´ai jamais utilisé. Puis je sortis mon Simiabraz de sa ball et devant les yeux ébahis du Sentonien en uniforme qui portait enfin attention à moi, je rajoutais:
"Simiabraz, Regigigas, combo Super Nova !! !
-J´en connais un qui va galérer pour recoller ses morceaux, lança Antoine."
La puissance destructrice de la vague d´énergie fut relâchée. Au moment ou l´air surchauffé allait partir vers l´armée de pokémons, Simiabraz lança une attaque Lance-Flammes qui enflamma l´oxygène contenu dans cet air. S´en suivit une onde de choc enflammée qui ravagea les rangs adverses. Derrière les nuages de poussière, tous les pokémons avaient du souffrir, ou comme le dirait plus simplement Antoine:
"Ca a du dérouiller sévère par là-bas !! !"
Finalement, j´avançais avec mes amis en direction du Sentonien époustouflé. Lorsque la poussière retomba, je vis son visage en même temps qu´il découvrit le mien. D´ailleurs, il n´était pas le seul à m´avoir reconnu.
"Lilian, Lilian, c´est toi ?? ? me fit une voix que je n´espérais plus entendre.
-Ouaip, Ed, fis-je avec un large sourire, la cavalerie est arrivée.
-Excusez-moi d´interrompre vos petites retrouvailles, fit le gradé de Sento, mais avant de vous congratuler, il faudrait peut-être avoir gagné."
Son message sibyllin semblait n´être que l´ultime révérence d´un homme perdu, mais dans ses yeux, une lueur de victoire apparaissait. Ca ne trompait pas, il savait qu´il avait encore le contrôle de la situation. Il sortit une télécommande de sa poche et appuya sur un bouton.
"Regardez ce que font les miracles de la technologie."
De l´autre côté du nuage de poussière, des formes sombres se levaient. Les cris de pokémons se faisaient entendre.
"Et oui, toujours vérifier derrière soi, fit le Sentonien d´un ton moralisateur. C´est une base. Ces pokémons sont ceux de nos adversaires, munis d´un collier impossible à enlever. Avec des chocs électriques émis par le collier, on modifie leur vision des choses et on les rend dociles. Ce qui est intéressant, c´est que nous avons ajouté à ces colliers des rappels, qui sont automatiquement injectés en appuyant sur ce bouton dès que le pokémon est KO."
Il semblait heureux de sa trouvaille et de l´avantage tactique qu´elle lui procurait, et il fallait admettre que de mon côté, je n´avais pas la situation bien en main.
"Regi, tu peux encore lancer une Surpuissance ?? ?"
Le pokémon se tourna vers moi et de ses mutiples joyaux qui lui servaient d´yeux, il lança un regard attristé. On ne pourrait pas compter sur lui pour ce coup-ci.
"Alors, on se rend ?? ? demanda le Sentonien...
-Antoine, qu´est ce que t´en pense ?? ? demandai-je.
-Attends, laisse moi réfléchir.... Oui, je pense qu´il peut se carrer sa télécommande bien profond."
Notre adversaire semblait avoir très mal pris (oh, comme c´est bizarre) la petite boutade d´Antoine. Mais il resta impassible.
"Comme vous êtes puérils. Moi qui pensais avoir affaire à des hommes, on dirait que vous êtes aussi irrécupérables que vos aînés. Et dans ce cas, je ne peux que vous dire adieu."
Il appuya sur un autre bouton de sa télécommande. Les pokémons étaient maintenant bien visibles et ils n´allaient pas tarder à charger. Me retournant vers Pierre, je criais:
"Récupère Spectra, et tirez-vous au plus vite. Il y´a des soldats qui se battent dehors, il faut les récupérer avant de partir. Nous, on vous couvre."
Pierre acquiesça silencieusement. Il récupéra ses hommes alors que nous nous interposions entre les soldats de Sento avec leurs pokémons fous derrière, et la Nouvelle Armée.
"Vous ne partirez pas d´ici vivants, fit le Sentonien.
-On en reparlera plus tard, Sylvain, nous on a un rendez-vous urgent, fit Pierre."
Fuyant comme je l´avais demandé, la Nouvelle Armée s´éloigna peu à peu, en restant sur ses gardes alors que le dénommé Sylvain trouvait notre audace de plus en plus agaçante.
"Ecartez-vous !! ! fit-il aux élus. Ecartez-vous et vous serez peut-être épargnés.
-C´est ça, j´allais te le dire. Répète en Tchèque pour voir, je suis pas sûr d´avoir compris.
-Ecartez-vous, ou je vous jure que vous allez passer un sale quart d´heure !! ! fit-il en brandissant sa télécommande."
Mais déjà, la Nouvelle Armée avait rejoint la porte et quittait la salle avec leurs nouveaux amis.
"On dirait bien que mes amis sont partis, fis-je. Dommage pour toi. Bon, t´attends quoi pour nous pulvériser ?? ?"
Sylvain prit alors des couleurs très foncées, à la limite du pourpre. Sa voix restait cependant monocorde. Il était difficile à faire craquer, ce qui le rendait d´autant plus dangereux.
"Tu sais que tu vas souffrir, toi et tes amis ?? ? Tu sais que tu vas me supplier de t´achever pour apaiser tes souffrances ?? ?
-Et pour avoir un paquet de M&M´s, faut faire quoi ?? ?"
Les quelques soldats qui accompagnaient Sylvain se mirent à pouffer de rire. Voir leur chef se faire remettre en place par un gamin devait sûrement leur procurer un grand plaisir. Une veine se mit à palpiter sur sa tempe
"Et en plus, tu oses remettre mon autorité en question devant mes hommes ?? ? Je vais te garder en dernier et tu verras mourir tous tes amis devant tes yeux, lentement et avec beaucoup de souffrances. Là, tu as quelque chose à dire ?? ? fit-il en se rapprochant de moi.
-Oui, c´était une très mauvaise idée de venir menacer mes amis."
Aussi stupide fus-je de le menacer à mon tour, ca avait fait son effet. Gagner du temps pour que Pierre, Ed et les autres puissent s´enfuir.
De sa poche, il sortit une arme qu´il pointa non pas sur moi, mais sur un de ses soldats morts de rire. Il tira, faisant redescendre l´hystérie générale au plus bas. Il se retourna vers moi et dit:
"Toi, toi et tes amis, vous êtes morts, tu m´entends ?? ? MORTS !! !"
Sur sa télécommande, il enclencha un troisième bouton et les pokémons se mirent à charger. Là, on était mal.
"Mais dis-moi, fit Sylvain, où est passé ce petit sourire narquois que tu avais ?? ? Bon, je vous laisse, je viendrais ramasser vos cadavres plus tard."
Sur ce, il fit sortir un pokémon spectre de sa ball et il se téléporta plus loin avec ses hommes, nous laissant seuls.
Je repensais à ce qu´il m´avait dit au sujet des colliers. C´était un attirail électronique ?? ? Alors on avait peut-être une chance.
"Silver, IEM, la plus puissante que tu puisse nous fournir !! ! hurlais-je.
-Reçu !! !"
Silver se concentra, et Software à ses talons, il nous gratifia d´une impulsion particulièrement puissante. Les colliers des pokémons volèrent en éclat, des petits composants fusant dans la pièce sous le choc et telle une vague arrêtée par un lourde digue de béton, la furie des pokémons se calma. Arrêtant alors de nous foncer dessus, ils ne reculèrent cependant pas. Certains venaient même s´approcher de nous, mais mes craintes retombèrent vite quand ils commencèrent à nous renifler. Ils cherchaient simplement à savoir si nous étions dangereux pour eux ou non.
"Vous êtes libres, fis-je alors qu´ils me regardaient d´un air bizarre, presque amusé. Vous pouvez partir, ces colliers ne vous feront plus de mal."
D´ailleurs, lesdits colliers tombaient maintenant au sol. Le mécanisme qui les tenait verrouillés était sans doute un mécanisme électronique, qui avait trépassé en même temps que le reste du collier.
Peu à peu, les pokémons se succédaient et repartaient. Un Grahyena resta cependant un long moment à me humer la main, avant d´hurler à la mort. Ce pokémon avait du reconnaître en moi son dresseur, mais l´odeur avait du l´informer de son erreur. Il restait cependant à attendre dans les environs alors que la plupart des autres s´enfuyait peu à peu.
"Alors comme ça, tu as même réussi à déjouer mes colliers ?? ?"
La voix de Sylvain résonna à mes oreilles. Il était de retour avec ses hommes, s´étant sans doute téléporté alors que mon attention était occupée par le pokémon loup à mes pieds.
"Tu crois quoi ?? ? Qu´on est si nuls que ça ?? ? fis-je en me relevant.
-Justement, j´étais en train de me dire qu´avec ton sens de la tactique, si tu incorporais nos rangs, il ne te faudrait pas beaucoup de temps pour finir général. Qui sait, tu pourrais même prendre ma place à ma mort...
-C´est ça, j´ai pas envie d´être dirigé par des mauvais comme toi. Et t´as vu tes hommes ?? ? De vrais idiots.
-Dans ce cas, meurs en héros, sombre imbécile."
Il fit un rapide signe de tête à ses soldats. "Finissez-moi ces héros de pacotille." semblait-il dire. Mais alors que ceux-ci prenaient les armes, une voix se fit entendre:
"Sylvain, t´aurais pas oublié quelqu´un dans tes calculs ?? ?"
C´était Ed, sur le seuil de la porte par laquelle il était parti tout à l´heure. Avec lui, Bastien, qui se tenait plus difficilement contre l´encadrure. Il avait du en baver durant ces mois d´emprisonnement et là, tout ces efforts pour fuire devaient l´épuiser.
"Ed ?? ? Qu´est ce que tu fais là ?? ?
-Un vieil ami à moi m´a appelé, alors je viens le rejoindre et par la même, te filer un coup de main, si tu veux de moi."
Un ami ?? ? Bon sang, ce que je pouvais être bête parfois. Le Grahyena qui avait reniflé ma manche devait être celui de Ed. Il avait hurlé à la mort quand il avait senti son odeur sur mes vètements, non pas pour se plaindre, mais pour que son maître l´entende. Et apparemment, pas uniquement son maître, puisque d´autres pokémons revenaient de tous les côtés. Un Leviator, un Torterra, un Rapasdepic... les pokémons d´Ed le rejoignaient. Quand à Bastien, il siffla dans ses doigts et en quelques secondes, un Hariyama transperça le plafond, bientôt accompagné par des cris de pokémons autour.
"Semper fi, c´est ça ?? ? demandais-je à Ed.
-Entre mes pokémons et moi, c´est comme ça que ca marche, me répondit-il. Et maintenant, Sylvain, rajouta-t´il, tu comptes te battre ou laisser tomber ?? ? Rends-toi compte, je suis même d´humeur à te laisser partir vivant si tu es raisonnable."
Sylvain, pour toute réponse, laissa entendre:
"Soldats, lâchez les armes... On passe au plan B !! !"
Les hommes, pour qui tout semblait perdu, obéirent néanmoins à leur chef, tenant leur balls en main.
"Vous voulez vous battre ?? ? fit Sylvain, haletant, alors on va se battre à armes égales..."
Sylvain ne semblait pas vouloir partir sans avoir été fou jusqu´au bout. Il tenait toujours sa balle à sa main, se préparant à attaquer et il tournait en rond pour pouvoir faire face à ces deux fronts. Alors, le Grahyena hurla à nouveau, sur un ton beaucoup plus puissant, à la fois grave et majestueux. Il appelait à nouveau quelqu´un, et ce quelqu´un devait être très puissant.
Je trouvais que le trou qu´avait fait Hariyama en détruisant le plafond était une preuve de sa grande force. Lorsque ce plafond explosa sous le coup d´une charge surpuissante, je sus qu´à côté de ce pokémon, Hariyama était aussi faible qu´un bébé. Un Dracaufeu majestueux venait de passer au travers de ce trou, et il se redressait, dépliant ses ailes. Immédiatement, il se tourna vers Sylvain, et d´un pas lourd, il se dirigea vers lui, faisant trembler le sol à chaque fois qu´il avançait. Sa tête s´abaissa vers celle de Sylvain, et le souffle de ses naseaux faisait voltiger la chevelure du Sentonien tellement il était proche. Son regard était clair: "Tu bouges d´un poil, et tu fini rôti sur place."
Sylvain hésita longuement devant ce pokémon. Il devait être mort de trouille mais il ne le montrait pas. Finalement, il dut décider que sa vie valait plus que ça et il abandonna:
"N´oublies pas ta promesse, fit-il à Ed. Moi et mes hommes, on part d´ici sans bobos.
-Et je tiendrais cette promesse, contrairement à ce que tu as l´habitude de faire... répondit Ed sur le même ton."
Il demanda à Dracaufeu de s´éloigner tout en le gardant à l´oeil. Sylvain sortit un pokémon de sa ball, tout comme ses hommes, et il se téléporta. Juste avant, il nous lança un regard mauvais.
"Tu es un mort en sursis, rappela-t´il à Ed, tu m´entends ?? ? La mort n´a qu´un train de retard sur toi mais elle te suit. Quant à toi et à tes collègues, rajouta-t´il pour moi, si tu me passes encore une fois sous le nez, je creuserais ta tombe le jour même."
Et, sans autre forme de procès, il disparut avec ses soldats.
Le silence régnait désormais dans la grande salle vide. L´adrénaline retombait alors que mes compagnons respiraient enfin.
"Ca, ca, vieux frère, c´est fou, démoniaque, suicidaire, mais punaise, j´ai aimé ça, fit Antoine."
Lui rendant le compliment, je le félicitais pour son rôle de casse-pieds, toujours parfait dans ces cas-là. Puis, je laissais un moment les élus pour aller voir Ed et Bastien, qui s´étaient assis contre un mur entre temps.
"Alors, tu fatigues ?? ? plaisantais-je. Moi, je pourrais en faire un autre comme ça sans problème."
Ed sourit et me répondit sur le même ton:
"Oui, mais toi, tu n´as pas passé deux mois en prison à être torturé.
-Ca a du être dur, fis-je plus sérieusement. Je sais pas comment tu as tenu.
-On a souffert, mais je crois qu´ils ne pourront jamais me tuer comme ça. Ils auront beau nous enlever tout ce qu´on a, notre honneur, nos pokémons, nos amis, il nous restera toujours une chose.
-Laquelle ?? ?
-L´espoir, Lilian,... l´espoir..."
Devant ces paroles d´une grande sagesse, je ne pus que m´incliner. Je ne savais pas si c´était le temps qui avait fait son oeuvre, ou bien la prison, mais Ed semblait plus mûr, plus puissant, et donc bien plus dangereux pour notre ennemi commun.
Je tendis ma main, qu´il saisit pour se relever... Et là, là, je crois qu´il se passa la dernière chose au monde à laquelle je m´attendais. A la main d´Ed, une lueur brilla soudainement. Se fixant sur sa peau, un ovale noir de jais apparut. L´auréole... L´auréole des élus...
"Nom de... Ed, tu es des nôtres,... tu es un élu, toi aussi !! !"
maître imhotep43,je suis honoré de vous rencontrer...
alors le prochain chapitre!!!