[Chapitre 14] De vieux amis:
Je décidais de nous téléporter à Voilaroc. Vu que les yeux de notre ennemi seraient tous braqués sur les restes du bâtiment à Féli-Cité, à constater notre mort plus que discutable, nous bénéficiions de quelques heures de liberté supplémentaires.
"On fait quoi à Voilaroc ?? ? demanda Antoine.
-Comme je te l´ai dit à Féli-Cité, on va voir de vieux amis.
-Ici, je ne connais que la Team Galaxie et la championne de Voilaroc, et je doute qu´elle puisse tous nous cacher, même peu de temps.
-Je ne pensais pas à Maylene, figures-toi.
-Alors, je reposes ma question, on fait quoi ?? ?
-Comme tu l´as si bien dit, on connait la championne ET la Team Galaxie.
-Donc ?? ?"
Antoine sembla chercher un moment le sens plus ou moins caché de ma phrase. Lorsqu´il comprit, il m´arrêta tout de suite:
"J´ose espérer que tu ne penses pas à ca.
-Et pourquoi donc ?? ? demandais-je à mon tour
-Mais... On ne peut pas leur faire confiance.
-Confiance ou pas, ce sont les seules personnes que je connaisse qui possèdent assez de ressources et d´informations pour nous aider. Alors, à moins que tu ais eu vent d´une société secrète aussi enracinée que celle-là, on n´a pas d´autres choix."
Prenant les devants, je me lançais avec les autres élus à l´assaut de la colline sur laquelle se trouvait le Bâtiment Galaxie. Derrière, Antoine doutait encore:
"Tu viens ?? ? lançais-je, ou tu attends que les satellites viennent prendre ta trombine en photo pour ensuite t´envoyer les gorilles aux trousses ?? ?"
Ni une ni deux, Antoine râla autant qu´il put mais daigna nous suivre. Au même moment, Silver me demanda:
"Qu´est ce qu´ils ont fait pour que vous les détestiez autant ?? ?
-Mon vieux, fit Aurore un peu surprise, t´as passé les six dernières années dans une grotte ou quoi ?? ? Ces gars là étaient les plus grands voleurs de pokémon de Sinnoh et ils ont en plus causé tous ce fatras au Mont Couronné.
-Oui, je sais, j´ai quand même vu le dossier et je lis les journaux si tu veux tout savoir. Mais Lilian leur fait bien confiance...
-A vrai dire..." commencais-je. Je m´interrompis, sachant que ce que j´allais dire concernait Aurore et son petit ami. Mais la jeune fille me donna sa bénédiction pour continuer.
"A vrai dire, à cause de Mars et de ses collègues, Aurore a failli perdre la vie il y´a quatre mois. Et même si Antoine ne s´en est pas rendu compte sur le coup car nous avons réussi à empécher ca en remontant le temps, il a gardé une grande rancoeur contre Mars, dont la seule faute a été de survivre depuis lors.
-Ouille, fit simplement Silver."
Il eut la politesse de ne pas enfoncer le clou alors qu´Antoine nous rejoignait et que nous atteignions tous ensemble l´esplanade devant le bâtiment.
"Ca a bien changé depuis la dernière fois qu´on est venu, tu trouves pas ?? ? me demanda Aurore.
-Va savoir, y´a peut-être toujours une bombe cachée quelque part... plaisantais-je.
-Tu as très bien compris ce que j´ai dit. Ils ont reconstruit tout ce qu´on avait soigneusement démoli la dernière fois..."
Il était vrai que les antennes flambants neuves tranchaient avec le champ de bataille que nous avions vu il y´a quatre mois. Elle semblaient même plus grandes. C´était d´ailleurs pour ça que je voulais demander un coup de main à Mars. Parce que toute la Team Galaxie, aussi dangereuse soit-elle avait cette faculté à trouver des fonds, des informations et bien d´autres choses en un claquement de doigt.
"En effet, ca a changé, mais c´est justement ça qui me rassure."
Nous entrâmes donc dans le hall du bâtiment sans autre forme de procès. La dame de l´accueil ne me sembla pas familière... Remarque, c´est tant mieux, quand on sait que la dernière personne à qui j´ai eu affaire derrière ce bureau nous a laissé une magnifique bombe en témoignage de son affection.
"Bienvenue dans le bâtiment Galaxie. Je peux faire quelque chose pour vous ?? ? demanda poliment la secrétaire.
-On aimerai voir Mars, si c´est toujours elle qui dirige le navire... demanda Antoine.
-En effet, mademoiselle Mars est toujours la directrice de l´institut mais elle est en réunion et elle refuse d´être dérangée.
-Et bien appellez-là, je suis sûr qu´elle fera une exception pour nous..."
Loin d´en démordre, la secrétaire se renfrogna et commença à nous suggérer gentiment mais tout de même avec insistance d´aller voir ailleurs si elle n´y était pas...
"Ecoutez, je ne vous menace pas du tout, fis-je avec la voix la plus calme au monde mais si vous ne passez pas ce coup de fil, je le ferais moi-même."
La jeune femme attrapa alors le combiné et, d´un coup sur ses jambes, propulsa sa chaise à roulettes en arrière pour s´éloigner de nous. D´un signe de tête, elle donna un ordre aux gardes qui pourrait s´apparenter à "dégagez-moi ces fous d´ici..."
"Ca m´énerve à la longue, personne ne me crois quand j´en ai besoin."
Abrégeant toute forme de discussion, je me servis de mes pouvoirs pour récupérer le téléphone des mains de la secrétaire. Au même moment, Silver sortit l´épée de son fourreau pour calmer les gorilles. Après un moment d´hésitation, les gardes continuèrent tout de même leur avancée malgré la lame les menaçant, croyant sans doute que les techniques apprises à l´école de combat leur suffiraient pour mater ce gamin. Silver souffla quelques mots à l´oreille de Kim et elle enflamma la couche d´huile protectrice qui se déposait naturellement sur la lame quand on la rangeait dans son fourreau. N´en croyant pas leurs yeux, les gardes reculèrent devant l´arme de feu alors que la tonalité du téléphone était enfin remplacée par un "allo" salvateur.
"Mars ?? ? C´est Lilian, oui le Lilian de la ligue pokémon... On a besoin de toi."
Succéda alors dans le haut-parleur de téléphone une série de hurlements incompréhensibles pour moi mais qui eurent l´effet de faire changer du tout au tout le comportement des gorilles et de la secrétaire, cette dernière nous gratifiant même de ses "plus plates excuses" et nous indiquant l´ascenseur.
Quelques secondes plus tard, nous étions au sommet du bâtiment. La porte automatique s´ouvrit sur un large bureau sur lequel Mars était appuyée, l´air perdue dans ses pensées. Néanmoins, lorsque nous arrivâmes, la réaction ne se fit pas attendre:
"Tu sais que je pourrais tous vous faire prisonniers dans la seconde ?? ? me demanda-t´elle pour toute forme d´accueil.
-Tu sais que tu n´y aurais aucun intérêt vu que nous sommes pour le moment la seule chance de liberté pour Sinnoh... Et ce sont de toutes façons des méthodes que seule l´ancienne Mars s´autoriserait à pratiquer."
La jeune femme eut un sourire.
"J´ai appris par mes équipes de surveillance ce qui s´était passé à Féli-Cité... Je suis contente que tu ais pensé à nous. Ca me fait plaisir de te voir...
-Moi aussi, j´étais sûr qu´on pourrait s´entendre."
Même si les buts de Mars dans cette affaire restaient encore flous, il était certain que nous avions un intérêt commun. Nous devenions donc par le fait des associés...
Mars, dernière personne à qui j´aurais fait confiance il y´a plus de quatre mois, acceptait donc de nous aider.
"Comment es-tu au courant de ce qui se trame en ce moment ?? ? demandais-je.
-Figures-toi que j´ai moi aussi un bon réseau de renseignement. Et depuis ce qui s´est passé au Mont Couronné, je n´ai pas envie de répéter la même erreur que..."
Mars eut un regard soudainement plus grave. Elle s´était sans doute remise de la mort de Jupiter et Saturne qui, paix à leur âme dépravée, étaient aussi mauvais que la peste et le choléra réunis mais il ne fallait pas oublié qu´elle avait perdu en même temps que nous Hélio, son ancien mentor...
J´aurais pu lui raconter combien Hélio me manquait à moi aussi mais ce serait remuer le couteau dans la plaie. Je me tus donc, la laissant reprendre d´elle-même le cours de ses idées.
"Je n´ai pas envie d´en laisser d´autres derrière moi, finit-elle par dire.
-Et ca peut se comprendre, fit Iris qui avait partagé une peine similaire.
-Tu as toujours tes pouvoirs ?? ? demandais-je à mon tour à Mars.
-Pourquoi ?? ? Tu as l´intention de me mettre hors-course si c´était le cas ?? ?
-Ce n´est pas moi que tu as à craindre. Sinon je ne serais pas là à implorer ton soutien..."
Ma réponse sembla satisfaire Mars, en même temps c´était la stricte vérité.
"Si tu veux savoir, au petit matin, une fois que le vortex a disparu, je n´avais plus rien... Mais on ne va pas pleurer pour ça hein ?? ? Que peut-on faire pour toi ?? ? demanda t´elle.
-Il me faudrait un appui logistique pour notre satellite. Notre couverture a beau être super depuis qu´ils ont rasé toute l´usine, elle ne fera pas long feu s´ils repèrent les transmissions entre la ruine et l´espace. Pire, ils pourraient trouver quel satellite est le nôtre et le détruire, nous rendant aveugle.
-Tu veux faire passer le signal par nos antennes, en fait ?? ? Tu sais que je tu n´es pas le premier, des tas d´entreprises de Sinnoh se servent de mes nouvelles antennes surpuissantes. Mais ca coûte cher, très cher...
-L´argent n´est pas un problème, j´ai l´aval de la ligue pour...
-Tu n´en auras pas besoin, je t´offre un acces gratuit et illimité. J´ai une dette envers vous et comme tu dis, vous oeuvrez pour la liberté de tous alors...
-A vrai dire, garde cette dette pour autre chose, si ca ne t´embète pas... J´ai de l´argent, mais pour la deuxième chose que je veux te demander, ca ne s´achètes pas.
-Ouh, toi, tu vas me demander quelque chose de dangereux..."
Mars m´avait percé à jour, autant y aller franchement:
"Tu sais que les méchants, dès qu´ils croient qu´ils ont gagné en disent un peu trop sur leurs plans... fis-je en plaisantant.
-Et lorsqu´on a le malheur de survivre, ca fout tous leurs plans bien huilés en l´air.
-Justement, l´équipe chargée de nous faire disparaître en a trop dit. Je pense que les autres personnes comme moi... enfin comme nous tous...
-Je n´ai plus de pouvoir, je t´ai dit...
-Bref, tu vois ce que je veux dire... Il semble qu´il y´ait des élus, comme nous les appelons, qui aient été enfermés dans une geôle à Hoenn.
-Et tu voudrais que je te largues là-bas ?? ?
-Si possible...
-Hors de question, c´est bien trop dangereux pour notre couverture. S´ils venaient à prendre des membres de mon équipe en otage, je ne donne pas cher de votre couverture... Et s´ils attrapent l´un de vous... Ca sera pire... Par contre, je peux te fournir de faux papiers à toi et à tous tes amis. Et j´ai un contact sur un bateau, je peux te faire embarquer pour un qui part pour Hoenn d´ici ce soir..."
"Tu pourrais faire ça pour nous ?? ?
-Oui, mais je trouve que je paye un peu cher ma dette... N´est ce pas."
Je fus tout à coup gêné par la situation,... il était vrai que je profitais un peu...
"Ne t´inquiètes pas, j´aurais besoin de toi, je pense. Comme ça tout le monde sera quitte..."
Aïe, je craignais tout à coup le pire.
"Rassures-toi, rien de grave... Je ne vais pas te demander de cambrioler une banque. Mais tu as bien parlé d´élus tout à l´heure ?? ?
-Oui, fit Antoine un peu énervé, pourquoi ?? ?
-Avez-vous entendu parler du livre des élus ?? ?
-Et voilà, je vous l´avais dit, les gars, s´emporta notre ami, elle ne nous suit que parce qu´elle veut quelque chose qu´elle a la trouille d´aller chercher là bas toute seule..."
Mars sembla à son tour gênée. J´insistais cependant:
"Disons que j´ai eu vent d´un tel livre, je dois en faire quoi ?? ?
-Tu peux en faire ce que tu veux, mais j´ai une exigeance... Je crois qu´il y´a dedans un moyen de faire quelque chose qui me tiens à coeur...
-Du genre ?? ? demandais-je même si je commençais à rejoindre le point de vue d´Antoine.
-Du genre à pouvoir ramener Hélio parmi nous..."
La nouvelle me fit ouvrir, je pense, des yeux gros comme des soucoupes...
"D´où tu tiens ça ?? ? fis-je avec une grande émotion dans la voix.
-Ce serait trop long de tout vous expliquer. Nous n´avions déjà que trop perdu de temps. Mais crois-moi, pourquoi te mentirais-je alors que moi aussi je ne rêves que de ça depuis quatre mois ?? ?"
La raison que Mars m´avança me suffit amplement. Iris, qui avait vécu la même chose, me fit un signe de tête pour me confirmer qu´elle avait l´air honnète en disant çelà.
"Dans ce cas, je suis entièrement d´accord, marché conclu, fis-je en tendant ma main...
-Soit, fit-elle en tendant la sienne."
Mes amis commençaient déjà à partir vers l´endroit que leur avait montré Mars pour concevoir les faux-papiers. En me serrant la main, elle me rajouta dans le creux de l´oreille:
"Tu t´es fait arnaquer en beauté, tout ce que je t´offre ne vaut pas la vie que tu m´as laissé vivre...
-Dans ce cas, pourquoi m´en parles tu ?? ? fis-je sur le même ton.
-Parce que j´ai bien l´intention de payer ma dette un jour ou l´autre..."
En descendant rejoindre les autres élus, Antoine me demanda ce que l´ancienne commandante m´avait chuchoté:
"Elle nous a dit de faire attention... Il va y avoir du grabuge là-bas...
-Alors c´est sûr ?? ? On ne revient plus en arrière ?? ?
-Oui Antoine, ce coup-ci, c´est la bonne... On part pour Hoenn..."
On va devoir parler, vieux. ![]()
Super chapitre sinon ![]()
la vache,c´est génial super chapitre
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[Chapitre 15] Le grand départ:
Mars nous avait finalement dégoté des papiers de grande qualité et après quelques ultimes recommandations, nous avait laissé partir pour l´embarcadère de Joliberges, solidement escortés par quelques personnes expertes en la matière, dont à ma plus grande surprise faisaient partie les deux sbires qui voulaient nous mettre dehors à l´accueil il y´avait à peine quelques heures.
Arrivés à Joliberges, j´embarquais sans trop de problèmes avec mes amis. Au moment où Kim allait nous rejoindre sur le bateau, un douanier s´interposa cependant:
"Désolé, mais ce bateau est à destination d´une zone de guerre, et les personnes agées de moins de seize ans ne sont pas autorisées à voyager seules. En plus, même agés de seize ans, vous n´êtes pas autorisés à voyager sans adulte.
-Je suis majeure, fit Iris en montrant à nouveau sa fausse carte d´identité à l´agent.
-Désolé, je n´avais pas fait attention. Mais ca ne change rien au fait que je ne peux pas laisser monter cette jeune fille.
-Laissez Tony, ils sont avec moi, fit une voix féminine derrière le douanier.
-Mais madame, les règles de sécurité...
-Je les connais par coeur, ces règles, Tony, je les ai rédigé moi-même. Laissez monter cette petite fille sur le bateau, j´en prends l´entière responsabilité.
-Bien capitaine..."
Capitaine ?? ? Notre contact était-il la capitaine du bateau ?? ? Rien que ça... Mars avait vraiment des relations très influentes. Une fois l´agent écarté, la jeune femme nous prit à part.
"C´est vous, le contact de Mars ?? ? demandais-je.
-Contact, disons ça... Mais sachant que nous avons toutes deux le même père et la même mère, disons que je suis surtout sa soeur. Enchanté de vous rencontrer, je m´appelle Sophie."
La capitaine nous accompagna vers nos cabines. En chemin, elle nous expliqua comment elle s´était engagé dans la marine et dans la résistance, transportant souvent des réfugiés hors des champs de bataille et au contraire ammenant tant bien que mal des provisions quand des hommes armés dans des hélicoptères ne lui volaient pas tout dans l´autre sens.
"Quant aux personnes comme vous, c´est des petits "extras" que je m´autorise. Et quand c´est si gentiment demandé par ma soeur chérie, ca me fait d´autant plus plaisir."
Elle continua à nous parler de tout et de rien, glissant ça et là des allusions très bien calculées à son activité de résistance. Mais comme elle nous le dit à un moment avec un clin d´oeil:
"N´allez surtout pas dire que vous connaissez de près ou de loin des résistants, ne prononcez même pas ce mot, sinon, c´est la prison assurée. Et c´est le genre de prisons dont on ne revient pas..."
Alors que le bateau s´apprétait à amarrer, et que la capitaine nous eut laissé pour effectuer ces manoeuvres, j´eus un dernier coup d´oeil pour ce pays que je n´avais jamais quitté que quelques heures, et encore, par la force des choses... pour me prouver que je pouvais aller où je voulais par la force de la pensée. Soudain, je songeai au professeur. Avait-il compris la menace qui planait sur lui ?? ? Ou était-il déjà sur un autre cargo, inconscient et solidement gardé par le commando de choc qui avait tenté de mettre fin à nos jours... Voire même déjà dans une prison... qui sait.
"Il devra se débrouiller seul, ce coup-ci... me fit Kim en s´appuyant à côté de moi sur la rembarde.
-Je ne me demandes même pas comment tu as deviné que je pensais à Sorbier... fis-je en souriant.
-Je ne savais pas de qui tu parlais, je savais juste que c´était quelqu´un... Tu as fait le reste... J´analyses des choses en te regardant faire, et tu me dis tout parce que tu crois que j´ai tout deviné alors qu´en fait je sais juste le début. C´est toi qui finis les phrases..."
C´était la première fois que la jeune fille se confiait à moi. Au premier abord, elle m´avait semblé vraiment gamine, mais déjà, une grande maturité semblait se trouver en elle. A y regarder de près, on verrait peut-être apparaître les premiers signes de la puberté sur sa poitrine naissante. C´était sans doute ce grand état de changements que provoquait l´adolescence qui la rendait aussi émotive,... et aussi perspicace.
"Très perspicace, jeune fille, si tu es aussi battante que tu es intelligente, ca va être une partie de plaisir cette guerre.
-Si seulement les Dieux pouvaient t´entendre..."
Le bateau n´avait pas quitté le quai depuis une demi-heure que déjà Sinnoh se trouvait à l´horizon. J´avais contemplé cette scène avec Kim tout en disctutant un peu avec elle. Elle était à la fois déconcertante quand elle jouait les Madame Irma et pourtant tellement attendrissante. Elle aurait l´âge d´être ma soeur et je crois que c´était ce qu´elle était effectivement devenue dans le coeur de tous...
Une fois les manoeuvres terminées, la capitaine nous rejoignit, laissant le boulot à ses marins. Elle nous montra nos "chambres", deux cabines pour trois personnes chacune. Il fut décidé conjointement que les filles iraient dans l´une et nous dans l´autre, au grand dam d´Antoine.
"Je suis juste à côté de toi, le rassura Aurore, et puis rien ne t´empèche de venir nous voir... si tu frappes avant d´entrer, bien sûr..."
Alors que mes amis préparaient leurs lits, je m´aperçus que dans notre fuite, nous n´avions pas pris d´affaires de rechange. Heureusement la capitaine avait tout prévu...
"Si vous saviez comme Mars est dure pour ce qui concerne le porte-monnaie, alors le fait qu´elle m´ait laissé carte blanche, enfin carte bleue, pour vous habiller, j´en étais presque trop heureuse... Bon, d´accord elle va me tuer quand elle saura que j´ai pris pour moi ces chaussures hors de prix que je reluques dans la vitrine depuis deux semaines mais bon... Tout est dans les placards."
Malgré la bonne humeur de la capitaine, je savais que nous partions pour un voyage dont certains d´entre nous ne reviendraient peut-être jamais... Aussi fallait-il en savoir un maximum sur nos adversaires.
"Capitaine ?? ? Vous pourriez m´en dire plus sur le bazar qui règne là-bas ?? ?"
La jeune femme ne sembla pas, contrairement à tous ceux que j´avais vu jusque là prendre un ton grave avec la guerre, c´était un peu comme si elle la cotoyait tous les jours (imbécile, bien sûr qu´elle la cotoie tous les jours...), m´autorisant même à l´appeler par son prénom...
"Le trajet d´ici à Hoenn dure un mois pour l´aller et un peu plus pour le retour. On passe un peu par le continent et on file droit sur la guerre ensuite. Vous arriverez donc là-bas vers la mi-janvier si tout va bien. On débarque à Poivressel, et d´après les dernières rumeurs qui commencent à dater, le QG de la Nouvelle Armée se trouve du côté de Lavandia. Mais certaines rumeurs comme quoi ils auraient été forcés de se retrancher me sont parvenues aux oreilles. Après, je n´en saurais plus qu´en même temps que vous, une fois que nous aurons atteint notre port d´arrivée. Une fois que vous les aurez trouvé, vous pourrez vous estimer heureux. Mais je ne comprends toujours pas ce que des gamins comme vous vont faire dans ce bazar... J´espère ne pas avoir fait monter cette petite à tort.
-Sophie, si vous me permettez, fis-je en faisant léviter en même temps son collier au dessus de sa tête, nous sommes un peu plus que des ados irresponsables qui partent là où on se tape dessus.
-Mon Dieu, et moi qui prenait ma petite soeur pour une folle quand elle me disait que des gens avec des pouvoirs avaient détruit ce qui restait de l´ancienne Team Galaxie... C´est à vous que je dois ce miracle ?? ?
-Disons que la Team Galaxie se porte au mieux, mais qu´elle a changé de cheval de bataille, et il se pourrait qu´on n´y soit pas étrangers, mais ne nous remerciez pas, on a fait plus de mal que de bien à Mars pour qu´elle ait cette illumination..."
Alors que je me promenais toujours dans les couloirs avec Sophie, celle-ci continua de me remercier de lui avoir rendu la Mars avec laquelle elle avait vécu toute son enfance. Vivement que je sois au milieu du champ de bataille... Au moins, là bas, on ne passerait plus le temps à me congratuler car j´étais le maître de la ligue ou le sauveur de telle ou telle personne. Non, ils seraient sans doute trop occupés à me tuer pour ça...
"Si on a des problèmes là-bas, vous savez sur qui on peut compter ?? ? Je ne connais que la Nouvelle-Armée là-bas...
-Oh, vous devez bien connaître le professeur Seko et sa famille... mais c´est vrai qu´hormi eux, il n´y a pas beaucoup de personnes de confiance. Tu devrais bien t´en tirer, si tu as à t´enfuir, du côté du Mont Chimnée. Même si notre grand dictateur qui n´a peur de rien affirme qu´il ira partout... les patrouilles sont quand même rares du côté du volcan, trop chaud pour eux... Enfin, ce ne sont que des rumeurs..."
Je remerciais chaudement Sophie pour ses conseils avisés... Même si elle n´en savait pas beaucoup, elle m´avait appris quelque chose que je me devais de prendre pour règle numéro 1, voire numéro 0, là bas, sous aucun prétexte, il ne fallait faire confiance à personne... Ce sur quoi, elle nous invita tous au banquet du réveillon de Noël demain soir (mon Dieu, nous sommes le 23... déjà...). Avant de partir, elle me demanda si j´avais des pokémons avec moi... car ca risquait d´être très dur de se battre seul là-bas si nous voulions garder nos pouvoirs secrets...
Je portais instinctivement la main à ma ceinture... Tous mes fidèles compagnons étaient là... Je rassurais donc la capitaine et la laissais vaquer à ses occupations.
Je ressortis sur le pont. Sinnoh était déjà loin derrière la ligne de l´horizon... Mes contrées natales disparaissaient de mes yeux en même temps que le soleil derrière la mer. Sauf qu´au contraire de ce dernier, je ne les verrai pas à nouveau demain à l´aube. La croisière durerait donc un long mois... Quand je penses qu´il m´avait fallu à peine quelques secondes pour me téléporter la dernière fois... renoncer à ses pouvoirs devenait dur quand on avait appris à vivre avec. Mais ce qui était le plus dur, ce soir, c´était de laisser mon pays... La traquillité de Bonaugure, la modernité de Féli-Cité, la silouhette imposante du Mont Couronné, les lacs si purs, la neige de Frimapic... Je crois d´ailleurs qu´une goutte d´eau salée tomba de ma joue pour rejoindre ses congénères de l´océan. Ce n´était pas de partir qui m´attristait, c´était de ne jamais revenir.
"Saloperie de guerre, si tu me mets dans des états pareils maintenant, qu´est ce que ca va être quand je vais devoir me battre..."
Cachant du mieux que je pus ma faiblesse passagère, je rejoignis mes amis dans la chambre, ils étaient tous dans la même cabine, la nôtre, les filles à aider Antoine et Silver à finir de s´installer, et sortant des placards forces vêtements qui même si, on le voyait, étaient prévus pour ne pas faire déplacés dans une ambiance de guerre, donnaient pourtant une certaine élégance. Même si moralement et physiquement je n´en pouvais plus de cette journée de folie, je le cachais bien... Je ne devais pas désespérer mes amis alors que c´était moi qui devait les mener entre les bombes et les tirs ennemis... Nous nous couchâmes heureusement tous très tôt et je pus sans problème prendre un bon repos... Malgré mon état assez attristant (et attristé), je ne pus m´empécher de sourire en me rendant compte qu´après avoir échappée à la mort, nous courrions derrière elle, avec la stupide mais néanmoins ferme intention de gagner cette course...
j´ai bsoin d´faire un comm quan c´est parfait? ![]()
Aujourd´hui, ce ne sont pas moins que 2 chapitres qui vous attendent...
Plus un troisième si vous les méritez vraiment, alors vous savez ce qui vous reste à faire...
[Chapitre 16] La guerre vient à nous:
////8 jours après le début des opérations////
Le lendemain, je me réveillais apaisé. La nuit avait toujours cet effet là sur moi... Elle calmait mes peurs et me remettait dans mon état normal. Antoine dormait encore et Silver n´était déjà plus là. Sans doute était-il parti s´entraîner comme il le faisait assiduement depuis quelques jours. Vu que j´avais assez dormi, autant le rejoindre. Le temps de mettre quelques unes de nos affaires neuves et je sortis de la cabine sur la pointe des pieds.
Comme je le pensais, Silver était en pleine communion avec son épée. Aussi bizarre que celà pouvait paraître, il semblait autant lié avec elle qu´on pouvait l´être avec une personne. Aussi silencieusement que je pus, je m´appuyais contre la rembarde afin de ne pas le géner dans cette intense méditation...
"Bonjour Lilian, bien dormi ?? ?"
Manifestement, pour ce qui était de la discrétion, c´était raté...
"Je ne voulais pas te déranger, fis-je un peu gêné.
-Ne t´inquiète pas, je préfères te savoir là que d´être surpris par ta présence. Quand ce sera un soldat armé derrière moi, il faudra que je sois très rapide pour réagir car ma lame ne me sert à rien si je suis tué avant.
-Tu penses vraiment qu´on a tous une chance de s´en sortir ?? ?"
Pour toute réponse, il se retourna, regardant au loin... et d´un coup précis et mortellement rapide, il lança vers moi son épée. Bien que surpris au début, je la contrais ensuite sans trop de difficultés.
"Si tu réagis toujours aussi vite à l´avenir, tu n´auras pas de soucis pour t´en sortir."
Bien que très violente, la réaction de Silver me fit comprendre ce qu´il voulait que je saches. C´est en forgeant qu´on devient forgeron et c´est en cotoyant la guerre qu´on apprend à la connaître.
"Lance moi autre chose pour voir ?? ?"
Sitôt dit, sitôt fait, Silver trouva sur le pont des morceaux de ferraille bons à jeter qu´il m´envoya dessus. Des poutres très lourdes aux capsules de bouteille, aussi mortelles que de vraies balles lorsqu´elles étaient lancées à la même vitesse par la force mentale de Silver. C´est ainsi que je commençais mon rituel d´entraînement avec mon ami, une habitude que je ne perdrais plus avant longtemps.
Au bout d´un moment, Aurore nous rejoignit et sans crier gare (enfin, surtout en criant en fait) poussa un hurlement en voyant que Silver lançait sur moi un projectile de la taille d´une bille, mais qui, lancé à un telle vitesse était bien plus dangereux que cette dernière. Sous le coup de la surprise, je ne me concentrais plus sur ledit projectile qui alla finir sa course au niveau de mon épaule...
En posant ma main sur mon cou, je m´aperçois que le sang gicle à grand flots... Finalement, la balle a peut-être touché plus haut que mon épaule... La carrotide ?? ? En tout cas, je m´écroule à terre alors que la dernière image nette que mes yeux me donne est celle d´Aurore à mes côtés, tentant tant bien que mal d´attirer mon attention alors que je suis déjà loin... Alors je sens cette douce chaleur blanche qui m´avait déjà envahi une fois au Mont Couronné, lorsque j´avais failli perdre la vie en me noyant dans mon propre sang. Aurore me soigne...
Après avoir recouvert les sens basiques de tout être humain, a savoir vision stable et audition correcte, Aurore décida de tester cette dernière en me sermonnant à juste titre:
"On peut savoir pourquoi tu joues les Monsieur Indestructible ?? ?
-Je te signales juste qu´on a une guerre à mener et que j´aimerais bien ne pas être pris au dépourvu, alors je m´entraîne figures-toi...
-Oh, vraiment tu t´entraînes ?? ? On n´a pas la même vision de l´entraînement alors,... parce que pour moi, s´entraîner n´inclut pas risquer sa vie...
-Je te signales au passage que j´aurais évité sans problèmes cette bille d´acier si tu ne m´avais pas déconcentré en criant à la mort...
-Parce que ca va être ma faute maintenant ?? ? fit Aurore en haussant le ton... Ok, la prochaine fois que quelqu´un te visera avec une arme, je ne dirais rien... J´ai peur de te déranger..."
D´un côté, elle avait raison,... De l´autre, si je ne m´entraînais pas maintenant, je n´avais aucun espoir là-bas... Celà dit, mourir bêtement pendant un simple entraînement n´était fraiment pas malin. Ce fut en tirant cette conclusion que je décidais de m´effacer face à Aurore, alors que nous amis nous rejoignaient, certains en pyjama, d´autres habillés à la va-vite, pour comprendre d´où venaient ces cris. On avait du réveiller la moitié des cabines des alentours. L´entraînement était donc de toute façon fini...
Plus tard, dans la journée, je petit-déjeunais avec mes amis quand la capitaine fit irruption, essoufflée, dans notre cabine:
"Vite... Besoin d´aide... blessé... dans ma cabine... VITE !! "
Bien que Sophie eut le souffle court, j´avais compris l´essentiel. Quelqu´un avait besoin de notre aide... et au plus vite si possible.
S´ensuivit donc une course effrénée dans les coursives du bateau. Nous croisâmes au passage des passagers mécontents qui sortaient de leurs cabines pour signaler à la capitaine que de telles nuisances sonores (encore heureux qu´ils ne sachent pas que tout ce bruit venait de nous) étaient intolérables... Ce à quoi Sophie répondit qu´il y´avait eu un accident et qu´en tant que jeunes secouristes, nous allions justement nous occuper de ce petit désagrément. Les éventuels râleurs furent bien obligés de se mettre en retrait face à nous.
Encore une fois, je me maudissais de ne pas pouvoir utiliser mes pouvoirs... Tout aurait été si simple si j´avais pu nous téléporter dans l´autre partie du bateau... Mais non, il ne fallait plus compter que sur nous et sur les petites boules accrochées à notre ceinture.
Enfin nous attegnions le pont. Il fallait maintenant remonter de l´autre côté pour atteindre le bureau de Sophie et juste à côté sa cabine. Nous passâmes devant le poste de pilotage (Comment ça s´appelle déjà ?? ?) et devant d´autres cabines aux noms plus que surprenants... "Psychologue"... "Infirmerie"... "Armurerie ?? ?". Décidément ce bateau recelait bien des surprises... On se croyait peut-être sur une croisière de plaisance mais l´équipage avait de quoi répliquer en cas de besoin !! !
Finalement Sophie entrouvrit la porte de sa cabine, et j´aperçus un spectacle plus qu´effrayant... Tout comme je l´avais fait tout à l´heure, un homme blessé se vidait de son sang sous nos yeux...
Aurore se porta immédiatement au chevet du blessé et commença à le soulager de ses blessures.
"Comment dialbe avez-vous su que l´un de nous pouvait faire quelque chose pour lui ?? ? demandais-je à Sophie.
-A vrai dire, moi, je ne sais rien mais eux ils avaient l´air de savoir où vous étiez..."
Par eux, elle désigna trois personnes que je n´avais pas vu en rentrant, car cachées derrière la porte. Et quelles personnes...
"Spectra, Damien... Marc rajoutais-je plus gêné... Qu´est ce que vous faites là ?? ?"
Je ne les avais cotoyé que quelques heures, une demi-journée tout au plus... Mais leur nom, leur visage resterait gravé dans ma mémoire à vie...
"On dirait que tu n´es pas content de nous voir ?? ? me fit Spectra.
-Si... Bien sûr que si, fis-je un peu gêné... C´est à dire qu´on est sensé être morts alors je m´étonne que vous m´ayez trouvé si facilement.
-Spectra s´est téléportée à Féli-Cité et elle a vu les décombres de ce qu´on prenait pour ton agence ultra-secrète... Et pour tout te dire, on t´a cru mort aussi, mais on a voulu en avoir le coeur net alors on a fait le tour à la seule autre agence qui pourrait nous donner des renseignements fiables...
-La Team Galaxie,... et Mars vous a redirigé ici. Mais et Sophie ?? ? Elle avait l´air aussi surprise de vous voir que moi...
-A vrai dire, je transporte parfois quelques paquets, expliqua Sophie disons... un peu spéciaux pour la Nouvelle Armée. Du coup, on se connaît en peu..."
Tout s´expliquait maintenant. Finalement, tout le monde se connaissait ici... Il n´y avait que moi pour n´être au courant de rien ou quoi ?? ?
"Comment vous avez su pour Aurore ?? ? Que je saches, elle n´avait pas de pouvoirs la dernière fois qu´on s´est rencontré ?? ?
-A vrai dire, le bruit circule dans les rangs ennemis qu´il existe une personne capable de soigner les gens... expliqua Damien. Le Tyran la recherche d´ailleurs activement... On ne savait pas que c´était Aurore mais ca ne m´étonne pas de savoir qu´elle est dans ta fine équipe.
-Apparement le taré a changé ses plans, il voulait faire sauter Aurore et Iris en plus de nous..."
De tels propos semblèrent faire reculer mes amis...
"Voyons, vous n´allez pas me dire que vous avez peur de lui...
-Non, mais le traiter de fou c´est le sous-estimer gravement...
-Il n´y a pas que lui qu´il faille sous-estimer, corrigeais-je..."
Mais ce n´était pas le temps de discuter de ça...
"Comment c´est arrivé ?? ? Comment il a été blessé ?? ?"
Mais surtout un autre problème se posait...
"Pourquoi êtes vous aussi nombreux d´ailleurs... On a besoin de vous sur le front non ?? ?
-On est là pour escorter Spectra... Parce que celui qu´Aurore est en train de soigner n´est pas de notre côté... C´est même un haut-gradé de Sento."
La nouvelle me coupa le souffle d´un coup...
"Aurore, arrêtes tout... Garde tes pouvoirs pour plus tard.
-Non, surtout pas... s´interposa Spectra, s´il meurt, on perd une source d´informations primordiale...
-Et s´il survit et qu´il vous échappe, c´est moi qui perd ma couverture plus que primordiale... Amener un général ici... Et pourquoi pas me mettre directement une balle dans la tête ?? ? Au moins, je serais sûr que ce ne sera pas douloureux.
-On risque tous notre vie tous les jours, c´est comme ça la guerre... fit Damien d´un ton moralisateur."
Marc commença à s´enerver.
"Tous les jours je joue ma vie, et je m´en suis bien sorti, non ?? ?
-Si tu as aussi joué la vie de Glacia de la même manière, alors excuse-moi de ne pas avoir confiance en ta technique..."
Dans les yeux de Marc, je vis que j´avais brisé quelque chose, un grand silence s´en suivit... Le calme avant la tempète...
-Aurore pourra maintenir votre super-soldat dans un état à peu près viable autant qu´elle le veut, mentis-je effrontément, en espérant qu´Aurore serait à la hauteur de ce défi. Mais croyez moi, elle ne fera rien tant que je n´en saurais pas plus."
C´en était trop, Marc craqua:
"Tu veux en savoir plus ?? ? Glacia est morte depuis un mois et je n´arrive toujours pas à passer une nuit sans que son image hante mes rêves...
-Parce que tu crois que je n´y pense pas moi ?? ? Je te rappelle que ca fait plus de quatre mois que je le supporte... Et tu sais ce qui est le plus dur ?? ? C´est de se dire que si on ne veut pas changer irrémédiablement le futur, il faut la laisser mourir une nouvelle fois... Non... Excuse-moi, le plus dur c´est de se dire que j´ai changé le futur en voulant sauver Aurore d´une mort tout aussi violente que la tienne et que pour ça, j´ai condamné ton amie à mourir de la même façon, tout ça parce que ce foutu univers se débrouille toujours pour rattraper le temps perdu !! ! Tu crois que je n´ai pas vécu ça moi ?? ? Que je ne sais pas ce que c´est que de voir mourir son amie devans ses yeux parce qu´on a eu une fraction de seconde d´innatention ?? ? De la savoir morte avant même qu´elle n´ait touché le sol ?? ? De contempler l´impact du rayon qui lui traverse presque tout le corps ?? ? Et contrairement à toi, je ne vis pas cette guerre tous les jours..."
D´un même geste, Damien et Aurore hurlèrent "Stop !! !" J´étais allé trop loin, je le savais dès que j´avais parlé de Glacia à Marc mais il fallait qu´il sache qu´il n´était pas question que je me laisse marcher sur les pieds sous prétexte que la guerre que je menais n´était pas la mienne.
"On va être clair, fit Damien, soit tu dis à Aurore de soigner ce gars, soit on s´en va tout de suite... C´est gagnant-gagnant, tu ne nous vois plus, et si ta copine est aussi douée que tu le dis, on trouvera bien un hôpital pour réparer ce qu´elle n´a pas encore recollé. Moi aussi je risque ma vie... mais j´ai confiance en ce que je fais..."
D´un autre côté, si je mourrais d´envie de les envoyer se faire voir, ce ne serait pas malin de partir sur des bases aussi malsaines pour une relation d´alliance martiale qui pourrait s´avérer vitale. Il fallait donc que je fasse le premier pas.
"Aurore, soigne-moi cet imbécile au plus vite s´il te plaît, qu´on en finisse."
Je n´entendis même pas claquer la porte de la cabine de Sophie. J´étais trop obnubilé par ma rage du moment. Il me fallait de l´ait pur ou cette atmosphère électrique allait finir par me rendre fou. Lorsque j´atteignis enfin le pont, je respirais un grand coup.
"C´est moche la guerre, n´est ce pas ?? ? Mais c´est comme ça..."
La voix de Damien derrière moi m´apprit que je n´étais pas aussi seul que je le croyais...
"Dura Bellum, Sed Bellum, c´est ça ?? ? demandais-je.
-On m´avait appris ça avec Lex dans mes cours de latin mais ca pourrait se résumer à ça...
-Stop, j´en ai marre, maintenant, tu vas m´écouter une minute. Je ne suis pas là parce que j´aime cette guerre, je suis là pour retrouver tous les autres élus, tous les gens avec des pouvoirs comme les miens, on lance l´assaut sur l´autre frappadingue... Happy End, et tout le monde se tire chez soi... Enfin, tous ceux qui ont survécu.
-Ca fait quinze ans que je l´attends ce Happy End comme tu dis. Mais même si je sais que toi et tes amis vont accélérer les choses, je ne vois pas encore le bout du tunnel. Mais après tout, qu´est ce qu´on pourrait faire d´autre que se battre encore et toujours ?? ?"
La remarque de Damien était intéressante, mais sur le coup, trop fier pour reconnaître mes torts, je ne la notais presque pas.
"Cette guerre, souriais-je... Je l´ai découvert avec Ed, par la force des choses. Et le but était simple, c´était eux ou nous... Et maintenant, tu arrives la fleur au fusil, tu risques de ruiner notre couverture à tous et tu nous dis de réparer vos conneries ?? ?
-J´ai peur que tu n´ai pas compris... Les quarante-cinq centimètres de dard qui l´ont transpercé... Ce n´est pas un Dardargnan de notre camp qui l´a fait."
Damien continua:
"Christophe... Enfin, le gars que ta copine soigne, il a été blessé par un des siens, un membre du même conseil que lui. A la base, il voulait se rendre à la loyale parce qu´on avait mis tous ses pokémons au tapis et qu´il ne souhaitait pas mourir bêtement. Ca n´a pas plu aux autres et ils ont voulu le supprimer...
-Ca devient n´importe quoi cette guerre... concluais-je. C´est ça que tu veux me dire ?? ? Ils commencent à se taper dessus entre eux ?? ?
-Je crains qu´au contraire, ils soient de plus en plus rationnels. Ils durcissent juste leurs modes d´action... Et les traîtres ne font pas long feu. Il n´a pas tellement eu le choix...
-Ne me parles pas de choix !! ! J´ai passé une semaine à faire exactement ce qu´un bouquin vieux de mille ans avait prédit ce que je ferais... Et j´ai appris il n´y a pas longtemps qu´un autre bouquin du même style existait... Tu ne comprends pas ça toi..."
Devant sa tête un peu bizarre (Il est complètement fou le Lilian, c´est ça que tu penses ?? ?), je déduisais que non, il n´avait pas compris.
"Quand je mourrais sur le champ de bataille, je mourrais parce que je n´aurais pas pu faire autrement... Pas parce qu´un manuscrit vieux comme Hérode aura décidé que c´était mon tour de mourir, ici et maintenant... Telle est ma philosophie... et je compte bien l´appliquer jusqu´au bout."
Je me sentais maintenant vidé... Comme si parler de tous ces maux qui m´habitaient avait fait le vide dans ma tête. Mon premier contact avec la guerre s´était fait aujourd´hui, et, que je le veuille ou non, j´entrais à partir d´aujourd´hui dans un monde où beaucoup de choses m´échappaient. Beaucoup, mais pas toutes. Il y´avait au moins une chose dont j´étais sûr... Le seul qui déciderait de ce que je ferais à partir d´aujourd´hui, c´était moi... et moi seul.
[Chapitre 17] Dura bellum, sed Bellum:
Malgré ma colère, je me sentais comme calmé:
"Désolé pour tout ce que je t´ai dit... et pour ce que j´ai dit à Marc...
-Ne t´excuses pas, fit Damien... tes paroles étaient dures mais toutes vraies... Vous ne devriez pas avoir à vous battre. Vous êtes trop jeunes. Ed aussi d´ailleurs. Il devient de plus en plus incontrôlable en ce moment: on a trouvé une jeune femme attachée et apparemment souvent torturée dans la Tour Pokémon de Lavanville et ca l´a mis hors de lui... Il est comme toi... Il peut tout endurer, sauf la souffrance de ses amis.
-En parlant de lui, il va à peu près ?? ?
-Il tient le coup, mais ca devient dur... Et je ne sais pas si tu l´as remarqué pendant ton court séjour parmi nous... Mais il est très dangereux pour lui-même et pour les autres. C´est comme si Ed n´était pas seul dans son corps... Comme si un double démoniaque le remplaçait parfois et tuait tout sur son passage.
-Prends soin de lui... Et ne lui dis que le strict nécessaire. Tu as croisé Aurore à Sinnoh et elle a soigné Christophe. Tu ne nous a pas vu, tu ne sais pas ou on est et tu ne sais surtout pas qu´on arrive ici. C´est pareil pour tes amis et ton otage. Je sais que tu as confiance en lui mais s´il ne fait qu´émettre la supposition devant l´ennemi qu´on est toujours en vie, on va avoir de gros soucis.
Damien s´apprêta à partir. Cependant, come si une idée avait traversé son esprit, il rajouta:
"Lilian...
-Oui ?? ?
-Deux choses. La première c´est que me tête est placardée sur pas mal de murs un peu partout. Je ne suis pas la personne la plus recherchée mais si quelqu´un m´a vu discuter sur ce pont avec toi... Ils te demanderont peut-être des informations pour savoir où je me caches... J´espère que personne n´a eu cette idée mais si tel est le cas, je veux savoir si tu pourras...
-Ton secret le restera, rassurais-je. Et je pense qu´avant qu´on te retrouve, on saura qu´il y´a des gens qui ont de très grands pouvoirs et qui ont collé une rouste à Sento ici-même...
-Merci, je te revaudrais ça.
-Et l´autre chose que tu voulais me dire ?? ?
-Je ne sais pas si tu le sais... Mais la manière dont tu as décidé de ce qu´Aurore devait faire avec Christophe... C´était digne d´un vrai chef de guerre. Tu as ça dans le sang."
Je n´étais pas sûr d´avoir le même enthousiasme que Damien à ce sujet-là. Peut-être que j´étais effectivement un bon stratège... peut-être même que j´étais diplomate et un grand fan des coups tordus et autres traquenards... Mais de là à dire que je ferais un excellent chef de guerre, il y´avait de la marge.
Damien retourna à l´intérieur, rejoignant son prisonnier et les autres... Pour ma part, je voulais encore rester dehors quelques minutes... Profiter de l´air encore frais avant qu´il ne soit rempli de poussière, de fumées, de balles, de bombes,...
"Dans quel bazar t´es tu encore fourré ?? ? fis-je pour moi-même."
Ma question alla se perdre dans le vent et l´écume des vagues. Je trouvais absurde qu´un psychologue eut été dépéché spécialement pour s´occuper du bateau, mais je commençais à croire que si le contact avec la guerre avait été aussi dur pour tout le monde, il devait avoir du boulot. Seule mon expérience faisait la différence entre eux et moi, sinon j´aurais soit poussé la porte de la cabine du psy ou alors j´aurais directement sauté d´ici pour m´écraser sur le pont et m´offrir une mort sans douleur... Mais il semblait que la mort ne voulait pas encore de moi, alors autant lui obéir sagement sur ce coup...
Je rentrais donc à l´intérieur, dans la coursive. Sophie se trouvait dans l´encadrure de la porte.
"Ca fait du bien de craquer, hein ?? ? ma demanda-t´elle avec un ton compatissant...
-Craquer est encore au dessus de mes forces mais faire un peu de vide, ca fait pas mal de trucs en moins à gérer..."
Sophie souria... Elle semblait comprendre. Malgré le fait qu´elle côtoie la guerre tous les jours, elle ne semblait pas à l´abri d´un coup de blues... C´était bon signe, la guerre ne déshumanisait peut-être pas tant que ça... Elle rajouta:
"Viens par ici, je dois te donner quelque chose."
Sans un mot, elle m´accompagna jusque devant la porte marquée "Armurerie". Dedans, elle me montra une petite boîte dans laquelle se trouvait un pistolet. Elle le sortit et me le donna.
"C´est le mien. Mais tu en auras plus besoin que moi, je pense. Il est possible que je ne sois pas toujours là quand tu auras besoin de moi, alors ca me remplacera peut-être un peu.
-Mais je n´ai pas l´intention de m´en servir... Et puis, vous aurez quoi s´il faut vous défendre ?? ?
-J´espères que tu n´auras pas besoin de t´en servir. C´est d´ailleurs pour a que je te le donne, j´ai confiance en toi pour t´en servir avec parcimonie. Maintenant, laisse-moi t´apprendre à l´utiliser."
J´avais conscience qu´elle avait éludé la question "Et vous comment vous allez faire sans votre arme ?? ?" mais elle semblait très pressée de m´apprendre les bases.
"C´est un 9mm, le plus courant des pistolets. Tu devrais trouver des recharges sans trop de problèmes une fois à terre. D´ici là, tu peux te servir autant que tu veux dans l´armurerie, ce sont ces munitions, fit-elle en me montrant une grosse caisse notée "9MM ammo". J´ai rajouté un silencieux car sur un bateau, entendre un coup de feu provoque souvent la panique..."
Elle commença à m´apprendre les bases du maniement de l´arme. Comment la recharger rapidement et efficacement, où pointer son arme pour faire le plus de dégâts ainsi que la position idéale pour tirer et atteindre sa cible. Un pied légèrement derrière l´autre pour atténuer le recul, et surtout surtout, expirer juste avant de presser la détente.
"Je vais aussi t´apprendre l´astuce Sophie, l´astuce des cas désespérés, admires le maître."
Sophie se mit face à moi et m´expliqua:
"Imagines, je suis armée et tu es en position de force. Que va tu me demander ?? ?
-De lâcher ton arme... enfin, votre arme, corrigeais-je un peu gêné...
-Exactement. Regarde-bien ce que je fais."
Elle appuya sur le côté du pistolet et la recharge tomba à terre.
"Mon pistolet est toujours dans ma main, mais il est déchargé, tu es d´accord ?? ?
-Oui, bien sûr... Et alors ?? ?
-Alors évites-ça."
Elle pointa le canon sur moi. D´un seul coup, je songeai: "Une balle, il reste une balle dans le canon !! !" Sophie tira et le projectile alla se ficher contre une protection que j´avais largement eu le temps de préparer. Mais un soldat ennemi normal n´aurait pas cette chance.
Le seul bruit que j´entendis fut celui de la douille qui tombait au sol:
"Alors qu´est ce que tu en dis ?? ? me demanda Sophie...
-A garder précieusement en mémoire,...
-D´accord, j´aime bien cette attitude... Maintenant, allors rejoindre les autres..."
Je rangeais le pistolet dans mon dos, juste à côté de mes autres moyens de survie, à savoir mes précieuses balls...
Je rejoignis finalement Aurore, Antoine et tous les autres. Marc semblait encore me tenir rigueur de notre altercation de tout à l´heure... Pour ma part, je ne souhaitais pas relancer ce débat ô combien sanguinaire...
"Il s´en tirera ?? ? demandais-je à Aurore.
-Il devrait, mais c´était pas malin de me demander de m´arrêter au milieu de mes soins. Il a passé deux bonnes minutes conscient à souffrir comme c´est difficilement imaginable. J´ai demandé à Damien, il n´a aucune objection pour rester ici jusqu´à demain, pour qu´on puisse suivre l´état de Christophe.
-Désolé pour les souffrances que je lui ai fait enduré, mais je n´avais pas d´autre choix..."
Spectra, bien que réticente au début, sembla m´approuver. Damien avait du la convaincre qu´on ne ferait du chemin ensemble qu´en se faisant confiance.
"Il serait bon pour tous qu´on ne quitte pas trop la cabine... expliqua ce dernier. Si on ne veut pas se faire repérer, il va falloir prendre notre mal en patience. Une objection, Sophie ?? ?
-Aucune, je vais vous faire installer des matelas, je ne peux effectivement pas vous mettre en cabine avec tous les passagers qu´on a ce serait prendre des risques de vous voir être reconnus par quelqu´un. Quant à l´infirmerie, même si Christophe a besoin de repos, il vaudrait mieux que le docteur l´examine ici, loin des malades pour les mêmes raisons.
-Dans ce cas, on est bon pour passer la nuit ici, conclut Spectra, autant se mettre à l´aise..."
Je laissais donc nos invités se mettre à l´aise tandis que je rejoignais ma cabine avec les autres élus... Juste avant de quitter la pièce, Marc me saisit le bras:
"Je veux que tu saches que tu avais entièrement raison de dire que toi aussi tu as souffert... Mais je l´aimais... enfin, pas comme une simple amie, je ne vais pas te faire un dessin."
D´accord, et moi qui comparais la mort d´Aurore à celle de Glacia, j´étais vraiment hors-sujet...
"Excuses-moi, je ne savais pas...
-Laisse-moi finir. Je voulais te dire que si ce que tu m´as dit au sujet de la mort de Glacia est vrai...
-Ca l´est... confirmais-je en craignant le pire.
-Dans ce cas, saches que je ne te pardonnerais jamais d´avoir pensé sauver Aurore sans aucun souci pour Glacia... Mais saches aussi que j´aurais fait la même chose à ta place si j´en avais eu le pouvoir."
La remarque de Marc me fit longtemps réfléchir... J´avais une dette envers lui, envers toute la Nouvelle Armée même... Et il me faudrait la payer un jour ou l´autre... A mes risques et périls.
En chemin, je sentais le pistolet accroché dans mon dos. J´espérais qu´il ne se voyait pas trop derrière. Manifestement non car personne ne me fit de remarque. Une fois arrivé dans ma chambre, je m´étalais sur le lit. On était tout juste midi mais je n´avais envie que d´une chose, dormir profondément, dormir pour oublier... et aussi pour être prèt pour ce réveillon de Noël ce soir. Ca allait être bien, je le savais alors autant évacuer tout ce stress avant ce soir.
Quelques secondes après m´être posé sur le lit, j´étais déjà loin, loin au pays des rèves...
"Vous savez ce que vous avez à faire";genre ,t´acclamer te supplier d´écrire la suite,non?
Mais fait une secte Pokemon,comme ca au moins,tu sra sur d´avoir toujours des ovations et au moins tu cessera de demander des commentaires sur ta fic qui est,soit-dîte en passant,de plus en plus géniale(c´est vrai quoi y´en a marre,ta fic c´est comme le tabac tu peux plus t´en passer,mais elle c´est pour de bonnes raisons
)
PS:pour la secte,évite,car y´a un sénateur américain qui,si jamais il entends parler d´une secte pokemon,risque te te poser des problemes et qui ne te laissera guère le choix,Arnold Choixjenéguère ![]()
jadore ta fic
vivement le 18
En fait, si tu veux, Palkia, j´ai fini d´écrire le chapitre 18 et même le 19 mais vu que personne ne poste, ca ne sert à rien que je me casse le *** pour vous, lescteurs ingrats...
Non, en fait, c´est vrai que j´ai ces chapitres en entier enregistrés sur mon disque dur mais peu de gens semblent suivre mon rythme alors ca m´embète un peu de mettre 8 chapitres par page, ca donne pas envie de lire quand on voit une page qui fait 800 étages...
Et puis c´est vrai que je me sens un peu mal-aimé quand même
Mais si tu veux absolument ce double chapitre, je peux répondre à ta demande si tu me gratifie (toi qu un autre) juste d´un seul post supplémentaire, même un petit coucou, un truc qui change des chapitres longs de 50 étages chacun...
Oui! Un autre chapitre! ![]()
[Chapitre 18] Un réveillon mouvementé:
La fête commençait officiellement à 20 heures tapantes. Etaient conviés les membres de l´équipage et les passagers. Enfin, la grande partie des passagers vu que Spectra, Damien, Marc et leur prisonnier devraient passer ce réveillon dans une cabine tous seuls...
Pour ma part, j´enfilais un habit un peu plus habillé pour l´occasion. Sophie avait tout prévu et nous avait donné parmis les vètements des smokings et des robes pour les filles.
"Mince...
-Qu´est ce qui y´a ?? ? me demanda Antoine.
-Je ne sais pas où mettre mes pokéballs, et je refuse de partir sans.
-J´ai le même problème que toi, du coup j´ai mis les miennes dans le sac à main d´Aurore.
-Pas bête, tu penses qu´elle peut prendre les miennes ?? ?
-Elle n´aura peut-être pas de place mais je peux demander aux autres si tu veux..."
Antoine finit d´ajuster sa chemise pour ensuite partir en direction de la cabine de nos amies. Pour ma part, je réglais les derniers détails tout en sachant pertinemment que je ne porterais pas la cravate qui allait avec le smoking. C´était hors de question. Avoir l´air distingué c´était une chose, avoir l´air d´un pingouin, c´en était une autre.
"C´est bon, Iris peut te les prendre, m´informa Antoine. Silver ne prend pas les siennes.
Nous étions donc prèts et à ma montre, il était huit heures moins dix. nous étions pile à l´heure. Silver sortit de la salle de bain et nous nous présentâmes devant la chambre des filles.
"Mesdemoiselles, fit Antoine en frappant à la porte, vos cavaliers sont prèts..."
Le verrou tourna et je crus que je n´allais jamais m´en relever. La porte s´entrouvrit et nous laissa admirer les filles au meilleur de leur forme, parées et habillées comme des reines. Les robes aux tons pastels qu´on leur avait offert pour l´occasion étaient certes sobres mais elles mettaient leur beauté en valeur à un point tel que nous étions collés au mur devant elle comme des abeilles sur le miel.
"Ben quoi, vous n´avez jamais vu des robes ou quoi ?? ? nous demanda Iris.
-Non, non, ce n´est pas ça,... C´est juste que ca vous change sacrément des habits habituels.
-Je prends ça pour un compliment."
Une fois les filles avec nous, nous partîmes en direction de la réception. Dehors, la pluie commençait à tomber, heureusement, nous faisions tout le trajet à couvert des gouttes... Antoine tenait Aurore par le bras en vrai gentleman tandis que Silver et moi restions de côté, laissant Iris et Kim entre filles.
"Si tu vas avec Iris, avais-je expliqué à Silver, ca me laisse seul avec Kim, alors s´il te plaît, ne me lache pas..."
Nous fûmes accueillis dans le grand hall du bateau par quelques marins. Sophie remarqua immédiatement notre présence et nous rejoignit. Elle avait délaissé son uniforme de capitaine au profit d´une robe bleue nuit qui lui allait à ravir:
"Mes amis, je suis heureux de vous voir !! ! fit-elle avec enthousiasme. Elle nous embrassa tous et nous convia à la rejoindre à la table des invités d´honneur. A vrai dire, à cette table, hormi nous, il n´y avait que quelques membres d´équipage et...
"Non, je rève ?? ? C´est toi Dam...
-Chuuuuut, oui, c´est bien moi. Mais ne prononces pas mon nom aussi fort. Sophie nous a garanti qu´on ne nous reconnaîtrait pas ici. Elle a personnellement veillé à ce que nous soyons dos aux tables pour qu´aucun passager ne voit nos visages...
-VOS visages ?? ?"
En effet, à côté de lui, se tenait Spectra dans une robe blanche qui mettait sa carnation bronzée en valeur. Elle s´était lissé les cheveux et avait fait une longue natte.
"Je suppose que Marc surveille Christophe...
-Il n´avait pas tellement envie de venir alors il nous a dit de profiter pour lui."
J´étais heureux pour eux qu´ils puissent partager ce réveillon avec nous. Après tout c´était ça l´esprit de Noël.
La capitaine m´aborda:
"Hum, Lilian, j´espère que vous avez laissé mon petit... mon petit cadeau dans votre cabine ?? ?
-Ne vous inquiétez pas, je n´ai amené que mes pokémons. Je ne penses pas en avoir besoin mais je déteste être pris au dépourvu.
-En temps normal, je vous aurais dit de les laisser aussi en cabine parce qu´ici un pokémon est comme un soldat armé. Mais je crois que je vais faire une exception."
S´ensuivirent des discussions plus ou moins intéressantes sur les dernières modes vestimentaires à Sinnoh, le temps pluvieux qu´il faisait, le voyage qu´il nous restait à faire, et autres choses du genre.
"J´ai une question, fit Sophie, vous avez quels pokémons avec vous ?? ?
-Si je peux me permettre, capitaine, expliquais-je, c´est une mauvaise idée que d´en parler ici, moins vous en saurez, mieux vous vous porterez. Nous avons des pokémons puissants que l´ennemi aimerait bien contrôler.
-A ce point ?? ? Dans ce cas, si vous ne voulez pas me dire quelle est votre équipe, je vais vous demander de me raconter vos périples...
-Sophie, vous aimez les longues histoires ?? ?
-Il n´y a que ça qui m´amuse vraiment en mer.
-Dans ce cas, tout a commencé avec une valise que le professeur Sorbier avait oublié au Lac..."
Pendant la soirée, nous racontâmes à notre hôtesse tout notre parcours de dresseur, les évènements du Mont Couronné, la formation de l´Alliance et la découverte de tous les élus. Elle semblait charmée par cette histoire ponctuée de détails amusants et d´autres moins drôles. Ca la changeait de la guerre. Elle découvrait par mes paroles Sinnoh dont elle n´avait toujours vu que lesles docks de Joliberges. La soirée s´avança donc autour d´un repas de Noël somptueux.
A plusieurs reprises, un matelot venait annoncer à la capitaine les nouvelles de la navigation. Cette fois-ci, il était presque minuit lorsque son rapport sembla mettre Sophie dans une panique un peu inquiétante.
"Que se passe t´il Sophie ?? ? Les nouvelles ne sont pas bonnes ?? ? demandais-je.
-Plutôt, en effet. On a coutume de passer à proximité d´un banc de Léviators en cette période. Mais en temps normal, on est très loin de leur lieu de vie. Seulement, il semble que cette pluie les ait attiré dans le coin. On navigue sans y voir à dix mètres et seuls les instruments nous permettent de toujours suivre une route normale qui éviterait le désastre.
-A savoir ?? ? demanda Silver.
-Si on blesse un Léviator par accident, on risque d´avoir toute la meute à dos. Et ces bestioles sont rancunières. Mais tant que mes fidèles lieutenants sont au poste, il n´y a pas de soucis à se faire.
-On dirait qu´il y´en a, vu votre tête.
-Ce n´est pas ça, mais je n´ai pas envie de gâcher l´ambiance... Surtout à quelques secondes de minuit... Regardez l´horloge !! !"
La grande pendule du salon indiquait qu´il restait une minute avant Minuit. La trotteuse avait d´ailleurs entamé son dernier tour de cadran avant Noël. Sophie, malgré la peur qui semblait l´habiter, demanda l´attention de tous les passagers présents.
"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je voue prie de jeter un oeil à la grande horloge... Bientôt Noël, je vous souhaite de merveilleuses fêtes et, pour ceux qui nous laisseront une fois sur le continent, une merveilleuse année un peu en avance. Tous mes voeux de bonheur, de santé et de prospérité vous accompagnent."
Dans la salle, des appaludissements fusèrent et tous les regards se tournèrent vers les aiguilles. Déjà les passagers se préparaient au compte à rebours final. Nous tous à la table, avec le même regard d´enfant regardions le balancier osciller, la trotteuse continuer son chemin vers le XII du cadran alors que les autres aiguilles l´attendaient pour passer au jour suivant.
"10... 9... 8... 7... 6... 5... 4... 3... 2... 1 !! !"
//// 9 Jours après le début des opérations ///
Au moment où tout le monde cria Zéro, un éclair blanc transperça la verrière au dessus de nous et fit s´éparpiller des morceaux de verre sur notre tête. Mais celà ne sembla pas affoler les passagers pour autant. Ils y voyaient un signe du destin plutôt amusant et la bonne humeur générale ne fut pas atteinte... Jusqu´au moment où la coque trembla...
Un matelot fit un rapport au plus vite à Sophie:
"Madame, nous avons heurté un Léviator, le Lieutenant n´a pas pu l´éviter, il a changé de trajectoire au dernier moment..."
Sophie sembla atterrée. Ce qu´elle redoutait le plus venait d´arriver. Elle tenta de contenir la foule.
"S´il vous plaît... S´il vous plaît, hurla t´elle dans le vide.
-Silence !! !!! tonna une voix puissante." Cette voix était celle de Damien, qui retrouvait dans cette pagaille le même sentiment qu´au combat...
"La capitaine veut vous parler, termina-t´il en s´effaçant derrière Sophie.
-Votre attention. Rejoignez tous vos cabines, n´ouvrez aucune fenètre ou porte si le signal d´alarme n´a pas retenti. Tant que cette alarme sera silencieuse, il n´y aura aucun risque pour le bateau et pour vous. Nous avons la situation en main... Et maintenant... partez vite vous mettre à l´abri, nous nous occupons de tout."
La foule ne se fit pas prier pour obéir à la capitaine. Sous la bonne gade des matelots, la salle fut vidée en cinq minutes.
"On fait quoi, demanda Silver ?? ?
-On va mettre une correction à ces Léviators, dit Damien."
"Tout à fait d´accord, continuais-je... Mais sans vous. Toi et Spectra devez repartir dans la cabine. Vous récupérez Marc et Christophe et si son état est toujours stable, vous vous tirez de ce bateau au plus vite.
-Pas question, tu auras besoin de nous, surtout de Marc.
-Il faudra espérer que non... Vous devez mettre Christophe à l´abri, on s´occupe de ces Léviators.
-J´ai dit..."
Spectra le prit par l´épaule. Elle n´eut rien à dire. Juste en le regardant dans les yeux, elle l´avait convaincu.
"Ok, on va éviter de gâcher tout ce que vous avez fait pour sauver Christophe. Mais vous pourriez garder Marc avec vous ?? ?
-C´est ça, et si les gardes débarquent sur le bateau avant qu´on soit arrivé à Hoenn, on en fait quoi ?? ?"
Damien sembla chercher une issue pour ne pas nous laisser seul. Mais je savais qu´il n´y en avait aucune.
"Tirez-vous, en vitesse !! !"
Damien jeta un coup d´oeil vers Spectra. Elle sortit un Téraclope de sa ball qui les téléporta. Il n´y avait plus qu´à espérer qu´ils s´en sortent de leur côté. Car nous, nous avions du boulot.
"On se dépèche, vous tous, on a un bateau à sauver..."
[A SUIVRE]
[Chapitre 19] Dans la tempète:
Dehors, c´était le chaos. Des éclairs scintillaient dans le ciel alors que les nuages semblaient toucher le sol. Des formes sombres tournoyaient autour du bateau...
"Les Léviators, hurlais-je pour couvrir le bruit des trombes d´eau qui claquaient contre le pont.
-Ils sont trop nombreux pour une attaque frontale, me répondit Silver sur le même ton."
En effet, les silhouettes arrivaient à encercler le bateau tout en laissant un intervalle très mince entre elles. Ils devaient être une centaine au bas mot...
"Sauf si on utilise une attaque électrique puissante, expliquais-je. Tu as ton Porygon sur toi ?? ?"
Silver me fit un signe de tête négatif. Je me rappelais aussitôt qu´Antoine m´avait dit avant de partir au réveillon que Silver ne prenait pas ses balls. Cependant, il courut en direction des cabines alors que la tempète faisait rage, projetant des lames de plusieurs mètres de haut contre la coque. Je l´arrêtais tout de suite, on ne pouvait prendre le risque qu´il soit emporté par une de ces vagues gigantesques.
"On fait quoi alors ?? ? demanda Antoine...
-Comme d´habitude, vieux, on improvise !! !"
Nous étions sept sur le pont, les cinq élus plus Antoine et Sophie et les marins s´activaient somme ils pouvaient pour garder le rafiot à flot.
"En temps normal, ils nous auraient bien aidé, expliqua Sophie, mais d´habitude, on se bat contre des pirates en hors-bord ou des soldats de Sento. Là, c´est différent, ils doivent rester sur le qui-vive pour faire survivre ce bateau et ses habitants.
-On dirait bien qu´il faudra se débrouiller seuls dans ce cas."
Tout le monde sortit ses pokémons et essaya de se répartir pour couvrir une surface importante du bateau. Mais, pour éviter de se perdre de vue, nous avions un champ d´action limité. C´était tout juste si nous couvrions un quart de la surface...
"On ne couvre pas assez de rayon pour être efficace, hurla Silver, il vont mettre nos pokémons hors-course en moins de cinq minutes."
Dans ce cas, si nos pokémons n´étaient plus d´aucun secours, il allait falloir se servir du seul autre atout qu´on avait dans notre manche, nos pouvoirs...
"Je crois qu´on n´a pas le choix, criais-je à l´attention de tous les élus. Il faut qu´on...
-Si, il y´a une issue !! !"
Je me retournais, c´était Aurore qui me parlait.
"Il y´a une issue, j´ai emmené la flûte azurée avec moi...
-Tu es folle, ce serait pire... Si quelqu´un voit la flûte, on est fichu !! ! Tout le monde sur ce bateau va la vouloir.
-On a le choix peut-être ?? ? Ce bateau va couler si on ne fait rien !! !"
Comme pour confirmer les dires d´Aurore, un choc sourd mais déstabilisant se fit entendre. Les Léviators passaient à l´attaque. Aurore et moi nous retînmes à une pièce en métal pour éviter de basculer par dessus-bord. Quand le choc se calma, elle me demanda si tout allait bien. Je lui répondis que oui.
"Derrière, ca va ?? ?"
Pas de réponse. D´un signe de tête, Aurore apeurée m´incita à regarder derrière moi... Et je vis Iris, Antoine et Kim qui se tenaient dangereusement près du bord, agenouillés pour Dieu sait quelle raison.
"Bon sang, je ne vois même plus Silver..."
Tout à coup, je remarquai dans la main d´Iris une autre main qui était accrochée. Mon sang ne fit qu´un tour.
"C´est pas vrai... Silver, Silver est tombé !! !"
Nous rapprochant tant bien que mal d´Iris, Silver et des autres, nous réussîmes à les rejoindre après quelques frayeurs...
"Lilian, fit Iris en nous voyant, aide-nous, on n´arrive pas à le remonter..."
Elle rajouta ce que je craignais qu´elle dise.
"Sers-toi de tes pouvoirs, on n´a plus le choix...
-Tu es vraiment sûre qu´il n´y a pas d´autre moyen ?? ? demandai-je.
-A ton avis ?? ? Le pont est trop glissant pour que je m´accroche et toutes ces ferrailles sont aussi adhérentes qu´une peau de banane !! !
-Ok, je disais juste ça pour être sûr qu´on ne pouvait rien tenter d´autre... Ne t´inquiète pas Silver, on arrive."
Me tenant encore aux pièces de feraille, je me rapprochais le plus possible du bord. Il allait falloir tenter une manoeuvre risquée. Je devais lâcher ma prise pour aggripper la barrière. Mais si un Léviator avait la fâcheuse idée de donner un grand coup dans la coque, je passerais par dessus-bord en moins de temps qu´il n´en faut pour le dire...
"Quand faut y´aller... fis-je.
-Quoi ?? ? demanda Aurore.
-Rien, je maîtrise..."
Sans dire un mot supplémentaire, je m´élançais.
Aurore étouffa un cri. Maintenant, c´était quitte ou double. Je devais parcourir les quelques mètres me séparant des barrières... Mais la pluie rendait le pont aussi glissant qu´une patinoire. Je devais faire attention à ne pas me laisser emporter car certaines pièces de métal, légèrement saillantes, pouvaient me faire tomber si je me cognais contre...
Ce que je redoutais le plus finit par arriver. Un nouveau choc se produisit. Sans aucune autre forme de procès, je m´étalais à terre, glissant dangereusement en direction du bord. Il fallait me rattraper maintenant. Je levais les jambes, espérant ainsi attraper avec l´une d´elles une des barres horizontales de la barrière. Je ne réussis pas à toucher une barre précise mais un de mes pieds passa au dessus et l´autre au dessous d´une même barre. Ce ne furent pas mes pieds qui me bloquèrent mais une partie plus sensible...
"Je vous jure que ces Léviators vont m´entendre... fis-je à mi-chemin entre l´agacement et la douleur."
Mais j´avais réussi l´essentiel. J´étais à quelques centimètres d´Iris et à guère plus de Silver.
"C´est vrai que tu maîtrises... Pas trop blessé dans ton honneur ?? ? plaisanta ce dernier.
-Tais-toi ou je dis à Iris de te lâcher.
-Non merci, j´ai peut-être une autre solution...
-C´est pour ça que je suis là...
-Je ne pensais pas à ça. On va peut-être pouvoir se débarasser des Léviators. Ecoutez-moi bien."
Silver glissait sur le revètement de la coque. Plus il tentait de remonter, plus sa main descendait sur le bras d´Iris.
"Il faut que tu montes, d´abord.
-Non, il faut que je vous explique, sinon ca ne servira à rien.
-Fais vite alors.
-Tu as quelques notions de chimie ?? ?
-Je penses oui, développe...
-Ca se passe en deux temps. Tu sais ce qui se passe si on plonge deux électrodes dans une solution ionique ?? ?
-Il me semble que ca produit du courant, mais uniquement si les deux électrodes sont faites en métaux différents.
-Exactement. Et le bateau n´est pas fait en fer, sinon j´aurais pu m´y accrocher sans problèmes.
-Tu penses qu´il pourrait être la première électrode et toi la deuxième ?? ?
-Ca peut marcher, l´eau de mer, c´est de l´eau avec des ions chlorure et sodium et vu mon pouvoir, ca fera de sacrés étincelles... Et les Léviators ne vont pas aimer ça. Mais ça c´est la deuxième étape.
-Oui, mais ca ne marchera que si tu vas dans l´eau, donc si tu quittes le bateau...
-Ca... Ca ce sera la première étape..."
Sans dire un mot de plus, il tira sur son bras pour atteindre Iris à laquelle il vola un baiser court mais néanmoins sincère (Je ne saisis pas ce qu´il lui murmura au passage mais Antoine m´appris plus tard que c´était "Je t´ai aimé dès le premier regard") avant de prendre appui sur ses jambes et de lâcher sa main.
"Non", hurla Iris, comprenant trop tard ce que Silver s´apprêtait à faire. Mais il avait déjà lâché sa main depuis une fraction de seconde.
Silver bondit littéralement dans le vide. Il atterrit mine de rien à une bonne dizaine de mètres du bateau tellement il avait mis de la force dans ses jambes. Dans sa chute, il dégaina son épée pour augmenter la surface de contact de l´électrode qu´il jouait. Du côté du bateau, la surface devait atteindre des centaines de mètres carrés, il n´y aurait donc pas de problèmes. Au moment où il toucha finalement la surface de l´eau, rien ne sembla se produire. L´eau ne semblait pas avoir de réaction... Et puis je compris que nous ne verrions rien. Seuls les Léviators pourraient nous informer de la réussite où de l´échec de ce plan car l´eau n´émettait jamais d´éclairs. L´éclair était du à une différence de tension entre deux points.
Finalement, loin de mes considérations physiques, c´était surtout le fait que Silver se soit sacrifié pour rien qui me génait. Car pour notre ami, l´idée d´un éventuel retour parmi nous semblait très discutable. Mais il ne sembla pas avoir fait tout ça pour du vent. Un des Léviators s´illumina d´éclairs avant de retomber lourdement dans un "plouf" sonore. Des deux côtés, un autre subit le même sort, puis deux autres, et encore deux autres...
"Ca a marché !! ! Ils sont tous en train de prendre le jus !! !"
En effet, de partout maintenant, l´eau crépitait. J´osais espérer que personne d´autre sur le bateau n´était tombé à l´eau sinon, il perdrait tout espoir de survivre quelques minutes dans cette eau glaciale une fois que le courant l´aurait frappé... Tout à coup, je songeais à la capitaine. J´espérais qu´elle était à l´abri avec ses matelots, en train de maintenir le navire à flots, ou même en train de faire du tricot,... Tout du moment qu´elle n´était pas tombée à l´eau...
"Ca a marché !! ! répéta Antoine, prenez ça, bande de nazes, vous êtes tous aussi stupides que le pokémon dont vous êtes l´évolution !! !"
Pour ma part, l´euphorie de notre victoire certaine fut très vite dissipée lorsque je repensai à Silver. Me penchant par dessus la barrière, sans risques puisque tous les Léviators étaient trop occupés à griller vifs pour cogner le bateau, et je cherchais à voir Silver... Mais en vain. Il semblait invisible et à la surface, je ne voyais rien que les vagues qui frappaient encore le navire avec moins de violence et les pokémons HS (morts ?? ?) flotter sur l´onde. L´eau chargée d´électricité modifia la donne dans les charges électriques et l´orage disparut en moins de temps qu´il n´en fallait pour le dire.
Il devait être aux alentours d´une heure du matin. La pluie avait disparu avec l´orage et les passagers commençaient à oser ouvrir les portes de leur cabine. Sophie nous avait vite rejoint. Elle était, comme je l´espérais, partie s´occuper de la navigation, aussi lente et difficile fut-elle.
Antoine et Aurore avaient accompagné Kim dans nos cabines pour qu´ils puissent tous se reposer. Mais moi je savais que cette nuit je n´arriverai pas à dormir... Pas plus qu´Iris qui se tenait juste à côté de moi, emmittouflée dans une serviette de bain que les matelots nous avaient donnée pour nous sécher de la pluie torrentielle.
"Et bien évidemment, il me dit qu´il m´aime juste avant de sombrer dans les abysses, fit Iris comme pour se plaindre.
-Il n´a jamais pu faire comme tout le monde, tu le sais bien..."
Ma tentative désespérée pour redonner un semblant d´ambiance fut un désastre mais Iris ne m´en tint pas rigueur. Elle devait savoir que je n´avais pas fait ça par mauvais goût...
"Bien essayé, mais ca ne changera rien à mon état, me fit-elle, les larmes aux yeux. J´ai perdu ma famille une première fois, et la personne avec qui j´aurais pu en fonder une autre est au fond de la mer depuis un petit bout de temps déjà."
Elle éclata en larmes. Tentant tant bien que mal de la réconforter, je la pris dans mes bras, pour l´aider à soutenir sa peine. Dans d´autres circonstances, Silver n´aurait certainement pas aimé que je sois aussi proche d´Iris mais Silver dérivait certainement bien loin de nous maintenant et même si Sophie avait stoppé les machines pour lancer des recherches, je doutais qu´on retrouve quelque chose maintenant.
"Je crois qu´il aurait voulu que ses pokémons te reviennent... expliquais-je. Ils vont avoir besoin d´une dresseuse de confiance et je pense que de tous les élus, ce sont toi qu´ils connaissent le mieux. Moi, je n´ai encore vu que son Porygon-2... J´ai perdu son nom en plus.
-Software, il s´appelle Software. Et avant de me dépouiller de tout ce que j´ai, tu ferais bien de vérifier si je suis mort."
Je détestais ces voix dans ma tête. En plus d´être cynique, elles étaient très douloureuses à entendre, comme si Silver et son côté un peu casse-cou étaient encore parmi nous.
Je regardais Iris et je vis quelque chose au fond de son regard qui me redonna le sourire.
"Ne me dis pas que...
-Moi aussi, j´ai entendu sa voix, me répondit-elle."
Devant nous, une main se montrait se l´autre côté de la barrière, là où le pont cédait sa place à une grande étendue d´eau salée, et cette main nous faisait des signes... Se pouvait-il que...
"Silver, c´est toi ?? ?"
Nous courûmes aussitôt vers la main. En me penchant par dessus la barrière, je pus apercevoir la tête de Silver qui me regardait d´un air bizarre.
"Ca vous gènerait de m´aider, j´ai du mal pour les derniers mètres..."
Il était collé à la paroi comme si celle-ci l´aimantait, mais c´était pourtant impossible, il nous avait dit le contraire tout à l´heure...
"Oui, moi aussi ca m´a surpris, fit-il. Mais il semble qu´en créant un courant électrique, j´ai transformé le bateau en gigantesque électro-aimant. Il ne m´a pas fallu dix secondes pour traverser la mer et finir collé contre la paroi. Vous devriez essayer, on dirait du jet-ski sans bateau. Après, jouer à Spiderman, c´est bien beau mais ca fatigue. Et je n´ai pas tellement envie d´attendre que le champ magnétique se dissipe alors si vous pouviez m´attraper..."
Sans une hésitation, je plongeais ma main vers celle de Silver et avec l´aide d´Iris, je le remontai.
"Tu nous a fait une belle peur, fis-je avec émotion.
-Oui, je sais, mais si je vous avais prévenu, vous m´auriez remonté à bord et vous ne m´auriez pas laissé sauter. Et c´était le seul moyen de ne pas montrer nos pouvoirs. On dira aux passagers qu´on s´est servi d´une attaque électrique surpuissante et c´est tout, ils n´ont rien pu voir d´autre..."
Iris interrompit Silver.
"Il me semble que tu m´a volé quelque chose avant de sauter...
-Et quoi donc, je te prie ?? ?"
Pour toute réponse, elle posa ses lèvres sur les siennes pour un baiser langoureux. Très vite, je me sentais de trop...
"Bon,... ben moi je vais dire au capitaine d´arréter les recherches, hein ?? ? Amusez-vous bien !! !"
Owi ![]()
Génial chapitre ![]()
Le chapitre 20 tout de suite...
Enfin, dès qu´une nouvelle page aura été commencée... (message de demande d´aide pour finir la page
il vous suffira d´un seul message)
OK,c moi qui mi colle
ca va comme ca,en taille?