[Epilogue] La paix des âmes:
Il fallut plusieurs jours pour retrouver le cadavre du Tyran. La mer le rejeta comme un déchet sur les plages de Poivressel, créant la stupeur parmi ceux qui croyaient encore que cette mort n'était qu'une ruse pour porter le coup final à l'armée de Sento. Pierre eut à peine le temps de venir constater sa mort comme il le souhaiter, de regarder son corps, que les habitants de la ville avaient dressé un bûcher et brûlé ce qu'il restait du dictateur mégalomane. L'océan ne rendit jamais le corps de Raphaël, lui offrant peut-être asile dans ses abysses chaudes à l'abri des regards comme récompense à son sacrifice.
En retournant sur l'île Fondmer, je trouvais sans peine le corps d'Eva, sans vie. Elle était toujours aussi belle, comme endormie pour quiconque ne regardait pas l'auréole de sang qui ornait son dos. Elle n'avais pas bougé, ni la furie de la mer ni les agents sous les ordres d'Al n'y avaient touché. Un véritable miracle... J'avais même demandé à Arceus s'il avait eu un quelconque rôle. Il ne m'a jamais répondu. En même temps, certaines questions humaines sont vraiment stupides parfois.
Puis vint l'heure d'enterrer nos morts. Ce fut Pierre qui lut la longue liste des défunts, des maris, des femmes, des enfants, des pères, des amies, des compagnons. Ils reposent aujourd'hui là où la Bulle n'est plus. Le complexe disparut, "détruit comme par magie" d’après les informations, et il ne resta plus qu'une terre meuble où le dernier séjour devait être bien paisible, bercé par la mer et par les zéphyrs... On y enterra Aragon, Eva, Herr General dont j'ai oublié le nom mais dont personne ne se souciait. On y transporta le cercueil de la princesse de Glace, Glacia la superbe, et parfois Marc contemple sa dernière demeure, quand il regarde du sommet du cratère d’Atalanopolis et que le ciel est clair.
Kim ne retrouva jamais ses parents, pas vivants en tout cas. Les seules personnes qu'il lui restait aujourd'hui, c'était nous, et si elle n’était plus innocente maintenant, elle goûtait cependant aux plaisirs de la vie et de sa jeunesse sans se soucier du lendemain, comme nous tous. La famille s’agrandit avec le retour d'Hélio. Jamais je n'aurais cru le revoir... Mars non plus apparemment. Elle s’empressa de le demander en mariage avant qu'il ne disparaisse encore. Je n’aurai jamais cru que leur sentiments l’un envers l’autre étaient de cette nature. Aujourd’hui, ils vivent comme tout le monde, sous une fausse identité, attendent un heureux évènement, et il paraîtrait que le professeur a été choisi comme parrain, et Cynthia comme marraine, " en souvenir du temps passé" avait dit Hélio. Comme quoi, même après la mort, la vie reprend ses droits.
Et les affaires aussi. Les affaires du peuple surtout. Après avoir du faire face à des assauts politiques incessants, le reste du monde dut se faire à l'idée que c'était un mauvais choix que de venir étudier les Pokémon, et aucun d'eux n'eut la sottise de croire qu'il pouvait nous attaquer. Sinnoh se remit en question, et le départ temporaire de tous les champions confirma ce que je pensais. Au bout de quelques mois, ils revinrent, acclamés par tous alors que les quelques tentatives de coup d'état avaient fondu comme neige au soleil. Le Conseil de Sinnoh, lui, resta encore quelques années dans l'ombre, les deux seules personnes pouvant prétendre au titre de maître étant toutes deux très particulières... A Hoenn, Pierre procéda différemment. Offrant la place de Glacia à Marc, et proposant celle d'Aragon à un jeune dresseur apparemment très doué... Un certain Ed Barson, sympathique, paraît-il. Il reforma Hoenn, aida Kanto à remonter la pente. Blue, le gardien du Mont Argenté s'en retourna "chez lui"... là où nombre de dresseurs rêvent de parvenir...
A Sento aussi, la vie repartit. Megan fit un discours dont je ne l'aurais jamais cru capable. L'île redevint paisible, et des relations commerciales étroites se tissèrent avec nous. Un industriel, un certain Versili, sauta sur ce nouveau marché pour construire une économie puissante et durable. Loin de ces considérations matérielles, Seko retourna à ses recherches, alors que Flora délaissait de plus en plus souvent le domicile familial... Apparemment un certain dresseur du Conseil d'Hoenn ne la laissait pas indifférent.
Quant aux Elus, me direz-vous... Les Elus n'existent pas... Vous y croyez vous ? A ces ragots qui dsent que des adolescents dotés de pouvoirs surnaturels auraient terrassé un dictateur qui possédait lui aussi des dons en plus d’une véritable armée ? Les Elus, s'ils existaient aujourd'hui, feraient bien de se cacher du monde, vivant à part, sortant sous de fausses identités... Mais pour ça il leur aurait fallu une logistique imparable, et on sait tous que quelques adolescents et un vieux savant ne peuvent pas se payer de telles choses... Il n'y a que dans les romans que ça arrive ça...
[FIN]