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[Fic] La voie des élus

Palkia_master
Palkia_master
Niveau 10
13 octobre 2008 à 21:04:19

snif tu ne répond plus, j'attend moi.
un ancien qui a disparu...

Palkia_master
Palkia_master
Niveau 10
19 octobre 2008 à 19:20:59

UP !

cette fic le mérite :ok:

Squelettator
Squelettator
Niveau 10
20 octobre 2008 à 19:37:37

et maintenant j'ai cru qu'il avait imhotep

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:04:18

Bon, ok, j'avoue, j'ai totalement oublié de mettre à jour... Voyons voir combien il manque de chapitres... Je m'y mets dès maintenant...

Palkia, je ne t'ai pas oublié, le bon vieux temps ou c'était Perle qui voyait grandir ma fic... SImplement, les études, ca prend du temps...

Allez, je me tais, j'ai du boulot de MAJ à faire...

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:08:59

[Chapitre 63] Retrouvailles mouvementées:

Hoenn, à feu et à sang... Nous volions depuis plusieurs heures déjà au dessus des flots et même si nous n'avions survolé aucune ville majeure, c'était le chaos le plus absolu... La maison du maître des baies, qui nous avait envoyé souvent des baies rares pour les protéger "du climat inadapté d'Hoenn", comme il disait dans ses lettres, cette maison n'était plus que ruines... Et les serres à baies avaient été depuis longtemps rasées pour permettre l'expansion de Lavandia de l'autre côté de l'embouchure du fleuve qui remontait jusqu'à la station météo...
Mais tout celà n'était rien, à côté du carnage qu'était Lavandia en elle même... Un camp militaire trônait dans l'ancienne arène de Voltère tandis que le centre pokémon avait été réquisitionné par l'armée. Des cieux, on voyait les troupes se succéder au fil des gardes de chacun, et l'ancien casino transformé en relais radio n'était pas étranger à tout celà... Les gens pillaient le matériel informatique, et les gardes ne nous voyaient pas survoler les lieux, trop occupés à poursuivre les voleurs de matériel qui allaient le revendre au marché noir. Celà faisait combien de temps que nous avions rendu le satellite principal de communication muet ? Une vingtaine de jours, peut-être d'avantage, selon ma mémoire flouée par son séjour dans la chambre froide...
Dans les recoins de campagne qui séparaient Lavandia de son homologue souterraine, on voyait s'affairer les bulldozers... Ce ne serait qu'une question de semaines avant que des troupes soient envoyées lorsqu'on découvrirait qu'une grotte probablement gigantesque existe en dessous de la ville même. Quelques semaines avant que la Nouvelle Armée n'ait à fuir à nouveau...
Encore une fois, fuir devant le danger, bientôt... Si tôt... Ou lui faire face maintenant. Avec ce que tout celà comprenait de risques... Mon choix était fait, et il n'avait guère changé depuis le premier jour... On meurt pour une cause où l'on vit pour rien...

Les Pokémon oiseaux se posèrent à l'entrée de la grotte, après avoir contourné celle-ci pour ne pas être vu par les éclaireurs, désormais de plus en plus aguerris et braves, osant s'aventurer bien au delà de ce qui était la Lavandia des jours anciens...
"On a récupéré tout le monde ? constatais-je en voyant que tous les Elus - Tous les Elus, quel sentiment bizarre d'inclure Antoine là dedans, lui qui était resté si discret tout ce temps - me suivaient avec la même appréhension que moi...
-On est là, fit Aurore avec sa voix fragile des mauvais jours...
-C'est moi où on a tous le même pressentiment ? demanda Silver alors qu'il rappelait son destrier volant...
-On s'apprête quand même à rejoindre les plus hautes instances de la résistance pour leur demander de déclarer officiellement à Sento que tout ça a assez duré, fit remarquer Iris, ça peut expliquer des choses."
Alors que tout le monde débattait sur le pourquoi du comment, je me dirigeais vers la lourde porte de fer qui donnait sur New Lavandia lorsque quelqu'un derrière moi posa sa main sur mon épaule.
"Je tenais à te dire que j'étais désolé pour Eva, dans le feu de l'action, j'ai oublié de...
-Accouche Antoine, fis-je en me retournant vers lui. Les condoléances, ça n'a jamais été ton fort... Tu veux savoir quoi ? Si je vais bien ? Si je ne nous précipite pas tous à la mort pour pouvoir la revoir plus vite ?
-Dis pas ça, fit-il presque vexé. Je sais que si tu avais du faire une connerie par amour pour elle, on t'aurait arrêté depuis longtemps... On te suit parce qu'on la veut, cette victoire... La question, c'est: "Est ce que TOI, tu la veux ?"

Les autres nous rejoignaient enfin, encore quelques secondes pour répondre à cette question existentielle sans être dérangé... Ca faisait peu quand on voyait le poids que la réponse aurait sur Antoine:
"Je vais bien Antoine, et si je voulais en finir, j'aurai eu la politesse de le faire seul, dans les eaux froides d'Atalanopolis. Je l'aurais rejoint à l'heure qu'il est... Le problème, c'est que je suis avec Sorbier l'un des guides, alors si je dois mourir, c'est pas pour autant que ça arrangera les choses... Je vous aiderai jusqu'au bout, je ne craquerai pas avant que Sento soit à nos pieds...
-La question est de savoir si tu craqueras quand même après, fit-il, je le savais, retenant ses larmes pour ne pas rajouter encore plus de poids à cette discussion.
-Je..."
Il était trop tard, tout le monde nous avait rejoint, et de toute façon, j'aurais bien été gêné pour répondre... Son visage hantait encore mon esprit... Elle n'était pas morte depuis vingt-quarte heures, en même temps. Et tout le monde, moi y compris, qui évitait de l'appeler par son nom. Je croyais avoir fait son deuil, prétentieux que j'étais. Je ne faisais que remonter une pente savonneuse petit à petit.
"Bon, on appelle quelqu'un où on rentre en force ? Même si on est des amis, j'ai peur que leurs réflexes ne nous coûtent chers si on voulait leur faire la surprise, demanda Silver..."
Personne ne sut jamais ce qu'on aurait fait. La lourde barre qui maintenait la porte fermée pivota de l'intérieur, du seul côté où l'on pouvait l'ouvrir, et le joint de caoutchouc siffla, laissant passer subitement un courant d'air entre New Lavandia elle-même et l'entrée. Le courant d'air portait un cri de terreur:
"Booooooooooommmmmmbe !"
Mon regard croisa celui d'Antoine.
"Comment ça, bombe ?"

Le flash de lumière fut aveuglant. Pendant la demi-seconde qui sépara le cri de l'explosion, une forme petite et rapide sauta à mes pieds... Je ne pus que la voir une infime fraction de seconde avant que tout ne saute, un temps hélas pas suffisant pour la reconnaître. Mes yeux avaient mal. Adaptés à l'obscurité de la grotte, et tournant le dos au soleil, ceux-ci avaient les pupilles dilatées au possible, rendant la sensation de regarder le soleil lui-même en face plus douloureuse encore... Et puis, il y'eut le bruit... Un bruit assourdissant... L'explosion en elle-même s'était réverbérée sur les parois de la grotte, créant un écho formidable dirigé vers notre direction, heureusement atténué par la porte immense. Lorsque celui-ci se calma, et que mes yeux s'étaient un peu accommodés, je pus les rouvrir en plissant, constatant que la forme que j'avais vu n'était autre que Kim, se servant de son corps comme d'un aimant pour les flammes, celles-ci ne le brûlant pas le moins du monde, contrairement à nous...
Les flammes ne l'empêchaient pas le moins du monde de voir tout ce qui l'entourait, et ce fut d'ailleurs elle qui nous avertit d'un danger encore plus sournois que les flammes...
"La porte, elle est sortie de ses gonds ! Elle tombe..."
Un crissement métallique se fit en effet entendre, mourir écrasé alors que nous avions survécu aux flammes de l'enfer, ça paraissait bizarre.
Une autre silhouette alla rejoindre la première, Silver...
"Je m'en occupe..."

Par dessus les dernières flammes, une aura bleue apparut, faisant le tour de la porte, et rendant ainsi ses contours visibles au travers des flammes. La porte commençait tout juste à se déséquilibrer, et elle tombait de plus en plus vite... elle était à mi-parcours lorsque le mouvement s'inversa, ralentissant tout d'abord, puis s'arrêtant totalement...
"Tenez vous prêt, c'est pas fini... lança l'élu d'acier... Kim, prépare-toi à balancer tout ce que t'as sur cette porte...
-Tu comptes faire quoi au juste ?"
Sans répondre à ma question, il laissa Kim se placer derrière lui, et d'un jet ciblé, elle propulsa toute l'énergie qu'elle avait emmagasiné sur la porte, au dessus de nos têtes, la faisant voler à l'extérieur de la grotte à plusieurs dizaines de mètres...

Lorsqu'elle atterrit dans le lac dans un grand bruit, je ne pus que retenir mon envie de frapper Silver...
"T'es complètement barge, les démonstrations de pouvoirs à tort et à travers, on s'en passe...
-Désolé si Kim a brûlé quelques uns de vos cheveux au passage, mais c'était nécessaire...
-La force de l'explosion aurait du faire sortir la porte de ses gonds, constata Kim... En la faisant voltiger à l'extérieur, tu laisses croire à notre ennemi qu'on était sur son passage quand elle a volé non ?
-Exactement... Quoi ? Vous allez me reprocher quoi ? C'est pas la première qu'on se fait passer pour morts... Personne ne nous a vu, on était à l'abri des regards dans la grotte... Par contre, si on reste ici, on va pas tarder à ressucciter très vite...
-Ca suffit, fit Sorbier, Silver a bien fait... Même si je doute qu'on passera pour morts aussi facilement que vous l'avez fait la dernière fois... Le plus important pour le moment, c'est de retrouver des survivants là dedans, fit-il en montrant l'ouverture béante désormais dans notre dos."

Kim, qui regardait la porte couler lentement dans les flots du lac, fit avec tristesse:
"Sans vouloir être défaitiste, un souffle de flammes qui peut faire tomber une porte aussi lourde n'a pas du laisser grand chose de vos amis s'ils étaient là dedans..."
Le silence qui suivit fut étonement long...
"Ca veut dire que... commençais-je sans oser finir ma phrase."
Décidément, la mort devait faire son choix parmi mes relations en ce moment...
"Ca veut dire qu'ils sont...
-Morts ? Non, pas aujourd'hui, pas envie..."
Dans notre dos, la voix familière me sembla aussi irréelle que la mort à laquelle nous avions échappé encore une fois... Me retournant, je fis face à Ed, ainsi qu'à tous les membres de la Nouvelle Armée, sains et saufs...
"Bon, Dieu, Ed ? C'est toi ?
-Ben non imbécile, c'est le tyran, ca se voit pas ?
-Mais je veux dire, comment as-tu réussi à t'en sortir ?
-Tu sais, rajouta Voltère derrière, on n'est pas encore morts, tu peux nous inclure dans le "vivant".
-Ca va Voltère, fit Pierre, il y'a des choses qui nous échappent dans cette histoire qu'il vaut mieux laisser aux professionnels..."

"Quand j'ai vu qu'aucun pokémon ne réussissait à se téléporter, j'ai vite capté qu'on avait été découverts... commença Ed. Heureusement, même si c'est pas le point fort des pokémons ténèbres, j'ai réussi à faire quelque chose d’à peu près pareil qui a marché. Je suppose que c'est aussi en vous téléportant que vous êtes toujours là ?"
Tout le monde me regarda d'un air accusateur, avant que l'un deux pose la question critique, Antoine:
"C'est vrai, ça aurait été nettement plus simple si tu nous avais téléporté, Lilian.
-Ca va Antoine, ça fait un peu plus de vingt-quatre heures que j'ai arrêté de prendre les pilules, et vu les doses que j'ai eu, je suis pas encore à 100% de mes possibilités."
Pierre se retourna vers Ed, espérant une traduction sensée de ce qu'on avait dit. Haussant les épaules, ce dernier ne put que lui renvoyer son incompréhension...
"Vous avez des choses à savoir, mais pas ici, pas maintenant... expliquais-je. D'après Silver, on est encore tous morts aux yeux de Sento. Autant partir très vite avant qu'on ne se rende compte qu'il n'en est rien...
-Du nouveau ? demanda Ed...
-Oh que oui, et du très lourd, mais on a déjà fait le tri de notre côté...
-Chanceux va, fit Spectra, nous on n'a pas eu..."
Elle n'alla pas plus loin. Entendre ce mot, "chanceux", réveilla en moi une envie irrépressible de mettre les points sur les i au sujet de que ce qui s'était passé... Mais je me retins, conscient que l'esprit très ouvert de Spectra lui permettrait de comprendre, même à moitié tout ce que j'avais enduré...
"Qui y est passé de votre côté ? demandais-je, serrant les dents"

Après l'annonce de la mort d'Aragon, je sus que nous avions perdu un atout précieux dans la lutte contre Sento, un vieux de la vieille qui connaissait toutes les ficelles, y compris les plus traîtres, du métier. Avec lui, c'était une partie de l'histoire d'Hoenn qui mourrait. Et ne parlons pas de la ligue Pokémon qui perdait encore un de ses membres...
"Quand je pense qu'on a fait l'école de dressage ensemble, fit Sorbier, lui aussi anéanti par cette nouvelle."
Une fille, peut-être un peu plus vieille que moi, traversa la grotte vide pour réconforter le professeur...
"Je crois qu'il aurait aimé qu'il vous revienne... Vous le méritez plus que moi...
-Quelque soit le cadeau qu'il vous a fait, Aela, vous le méritez...
-Ouvrez-la avant de dire ça..."
Sur la ball, un symbole étrange était gravé...
"Pas la peine, fit-il en la reconnaissant... Leviator... Quand je pense que c'est moi qui l'ait convaincu d'utiliser une honor ball pour ce Magicarpe tout penaud...
-Justement, elle vous revient de droit, fit la jeune femme nommée Aela..."
Sans un mot, Sorbier prit la ball, avec un regard plein de larmes vers la dresseuse.
Au vu des larmes de tout le monde, la mort d'Aragon était récente... Il n'était pas mort dans les flammes comme je le croyais, mais juste avant, du poison mortel qu'il avait inhalé accidentellement au cours d'une bataille...
"Il faut en finir, il faut passer à l'attaque... murmurais-je. C'est le mort de trop."

Ed me rejoignit silencieusement sur mon point de vue, et nombre des gens présents ici pensaient la même chose.
"Ce n'est pas à Ed de prendre cette décision pour Hoenn, fit Pierre. Les voies hiérarchiques ont encore un peu de signification pour nous...
-Et toi même, tu ne peux faire celà qu'avec l'accord du conseil, fit la voix de...
-Cynthia ?"
Je relevais la tête. Elle était effectivement là, sortant de la masse des dresseurs ici présents, accompagnée par le conseil de Sinnoh en guise de protection rapprochée.
"Pourquoi es-tu ici ? Qui garde Sinnoh ?
-Ne t'inquiète pas, je fais confiance à nos champions d'arène pour ça. Je suis là parce qu'on m'a demandé d'y être..."
Sans en rajouter plus, elle se tourna vers Pierre. Je songeais au Carchacrok qu'elle avait toujours eu sur elle, et je compris le lien qui l'avait poussé à venir ici...
"C'était pour Aragon, toi aussi, tu as été l'une de ses élèves...
-L'une des meilleures après moi, si tu veux tout savoir, fit Pierre, mais l'heure n'est pas à la nostalgie... Tu viens quand même de suggérer qu'on déclare officiellement la guerre à Sento...
-Techniquement parlant, ils ont déclaré cette guerre il y'a longtemps, fis-je remarquer.
-Mais tu nous demande de faire une offensive majeure qui, si elle ratait, mettrait Hoenn, et même Sinnoh, Kanto et Hoenn à la merci de Sento...
-Et qui si elle marchait mettrait fin à tout ce cirque qui dure depuis trop longtemps, me permis-je de rajouter."

_______________________________
Cut & paste spotted

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:10:22

Pierre commença à hausser le ton:
"Que es-tu pour comprendre tous les intérêts de cette guerre ?
-Il a raison, confirma Cynthia. Les meilleurs dresseurs tombent au fil des jours... Nous ne sommes pas assez puissants pour mener une attaque frontale..."
Le silence et le sang me bourdonnaient aux oreilles. S'il fallait perdre son sang froid, c'était maintenant...
"Professeur, s'il vous plaît..."
Un Nirondelle qui volait par là fut instantanément stoppé en plein air. Quitte à crier, autant crier fort pendant que nous étions à l'abri de cette pause temporelle.
"Maintenant, tu vas m'écouter Pierre. Et tu vas m'écouter jusqu'au bout. Tu viens de perdre un autre dresseur talentueux, un dresseur qui faisait partie du conseil, ce qui le porte à trois dresseurs au lieu de cinq. Tous mes dresseurs sont là, tous ceux qui ont le pouvoir de décision ici. J'ai réuni presque tous les élus, et à nous tous, on a un pouvoir immense. Et je veux faire quelque chose avant qu'ils meurent tous à leur tour, l'un après l'autre. Je veux faire ce que tu n'as pas fait, parce que suis impulsif, adolescent et borné, mais aussi parce que je suis un maître de ligue doublé d'un élu qui veut faire quelque chose...
-Tu ne connais pas cette guerre, fit Pierre en soupirant. Tes aspirations sont magnifiques, mais tant que tu n'as pas connu la mort, tu n'es rien qu'un idéaliste de plus parmi tous ceux qui veulent en finir..."
"Tant que tu n’as pas connu la mort…" Je crois que c’est là que j’ai vraiment perdu le contrôle de moi-même.
Assis sur un rocher, Antoine fit juste:
"Là, Pierre, t'aurais pas du..."

[A SUIVRE]

[Chapitre 64] Incidents diplomatiques:

"Tu n'es qu'un idéaliste de plus..." "Tu n'as pas connu la mort..." Autant de phrases assassines qui revenaient dans mon esprit. Mes mains bouillonnaient, mais toujours aucun pouvoir à l'horizon. Là où d'autres se seraient inquiétés d'un tel silence, je me contentais de serrer les poings, vides de toute force surnaturelle si ce n'est d'une haine profonde. Et c'était tant mieux pour le maître de Hoenn, qui aurait pu finir décapité dans cet accès de colère soudain. Mais même sans capacités, je restais un humain, et un humain frustré...
Mon poing vola vers la figure de Pierre. Avant même qu'il n'arrive à proximité, je sus que le maître allait l'arrêter, mais peu m'importait, il fallait que tout sorte:
"C'est tout ce que tu me donnes ? continua t'il à provoquer, mon poing coincé dans sa main. Je suis donc si insignifiant pour toi ? On m'avait dit que tu pouvais être bien plus fort."
Dans l'entrée de la grotte, personne n'osait interrompre le silence de la discussion, même pas Antoine, conscient que tout ce qui se passait dépassait le stade même du "potentiellement risible".
Il voulait me provoquer ? Très bien, ca se ferait ici et maintenant.
"Mon pouvoir est bien plus grand que celui que tu m'attribues, fis-je sans même essayer de retirer ma main. Si tu ne veux pas déclarer cette guerre, je le ferais moi-même, au nom de Sinnoh.
-Et tu t'écraseras comme une mouche contre le pare-brise de Sento, parce que tu seras seul et impuissant. Tu te crois fort, mais tu n'es même pas capable de me mettre en danger, moi, un "simple" dresseur, un de tes homologues."
C'en était trop. L'homme devait laisser la place au manipulateur dans cette affaire. Plus le temps pour les nécociations, il fallait, ne m’en déplaise, passer aux menaces.
"Je te tue en trente secondes, toi et toute ta cliquaille de dresseurs.
-Pari tenu... fit le maître du monde en guerre, pari tenu."

Le silence fut brisé par le choc de cette révélation: un défi à mort, sans doute pour éprouver mon "bluff".
"Je te laisses le choix des armes, fit Pierre. Fais attention, comme tu l'as vu, le contact, ca me connaît."
A sa grande surprise, je restais calme, impassible. Dans mon dos, je fouillais dans la poche latérale pour en sortir ce bon vieux DS.
"Tu comptes me battre avec un joujou métallique ? demanda t'il."
Sans lui répondre, je lançais une communication avec Feli-Cité. Très vite, Arno s'afficha sur mon écran:
"Ah, ca tombe bien Lilian, je voulais...
-Pas maintenant Arno. J'ai besoin de toi... J'ai un plan du tonnerre, ne discutes pas mes ordres, c'est clair ?
-Bien monsieur... fit-il plus par surprise que par réelle convenance."
Je lâchais le DS des yeux pour les porter sur mon adversaire:
"Il n'a nullement été question de se battre à la loyale, Pierre.
-Je le sais bien, tu n'es qu'un lâche.
-Mais un lâche qui peut faire très mal. Je ne veux pas te battre Pierre, je veux te tuer, t'anéantir."
Retournant sur le DS, je proférais la plus terrible menace qu'il m'ait été donné de faire dans ma vie:
"Arno, tous les dossiers que nous avons sur la Nouvelle Armée à Sento. Je veux qu'ils sachent tout..."

Tout celà avait été trop loin, je le savais, mais maintenant, il était trop tard pour reculer, Pierre ne se ferait que plus de joie de voir que je n'avais pas pu porter le coup fatal:
"Je n'y crois pas une seconde.
-Pierre, il a les moyens de le faire, fit Antoine, brisant le dialogue, et pour la première fois vraiment inquiet. Mais je le suivrai jusqu'au bout. Je ne te connais pas, mais Lilian, il vaut mieux être avec lui que contre lui."
Il avait résumé le consentement silencieux de tous mes amis Sinniens. Trop déstabilisés pour m'en empêcher, et trop fidèles pour prendre le parti de mon adversaire.
"Pierre, stop, fit Spectra. Ton avis est primordial pour conserver la cohésion du conseil, mais on peut s'en passer avec Damien. Lilian a raison, et il est assez désespéré pour faire ce qu'il dit. Aragon le voulait, Marc parlera pour Glacia, et je me porte dans leur sens. On a trois voix.
-Quatre, fit remarquer Damien. C'est complètement dingue, mais à côté de l'agression que nous venons de subir, ce n'est qu'une juste réponse. Je veux plus me cacher comme un trouillard.
-C'est notre pays et on le défendra, fit Voltère.
-Au nom du conseil de Sinnoh, continua Lucio, nous approuvons la décision du maître du conseil. Cette annonce a valeur immédiate et officielle.
-Vous allez pas vous y mettre non plus, fit Cynthia, tentant de calmer le jeu comme elle le pouvait."
Sans un bruit, Pierre, pour la première fois déstabilisé depuis longtemps se tourna vers Ed. Sans plus de fioritures, il lâcha:
"Quel est ton avis là dessus, Edouard Barson"

Ed était recroquevillé entre les deux camps. Ne jamais prendre à parti un potentiel tueur en série était une des choses que je m'étais plutôt promis, mais en tant que seul "civil" à n'avoir pas connu tout celà, on ne pouvait rien lui imposer, au vu de tout ce qu'il avait déjà subi.
"J'ai perdu mon père, commença t'il. Et j'ai rencontré Grahyena. Ma mère était "morte" selon tout le monde. Je savais qu’elle était vivante, avant qu'elle meure une deuxième fois. cette fois-ci pour de bon. Tout ce qu'il me reste d'eux, c'est ces pokémons, fit-il en montrant les pokéballs à sa taille. Je pourrais mourir demain que personne, enfin... presque personne me regretterait, fit-il avec un regard vers Flora. J'ai laissé tomber l'idée de sauver tout le monde y'a longtemps, quand on y pense: quand j'ai vu mon père mourir, quand j'ai vu ma mère, quand j'ai vu Glacia, Isaac, Aragon... Quoi que t’en dises, Pierre, personne n'est irremplaçable dans cette guerre, y compris moi."
Il fit un pas... vers moi, en silence, et il se posa à côté de moi.
"Y compris TOI.
-Tu quoque, mi filii, fit Pierre avec un accent pathétique. Tu me poignardes dans le coeur.
-Mais tu n'es pas César, Pierre, rajoutais-je. Il avait été élu dictateur, si je me souviens bien de mes leçons. Et toi, tu n'es qu'un conjuré, j’ose espérer que tu ne diras pas le contraire. Mais tu préfères vivre dans l'idée que tu pourras sauver tout le monde un jour, plutôt que de sauver ceux qui peuvent l'être maintenant, libre à toi."
Dans le silence qui suivit, la voix d'Arno fut entendue par tout le monde:
"Je ne veux pas vous gêner, fit-il, mais je m'apprête à envoyer des dossiers vitaux à l'ennemi, alors vous vous décidez franchement, s'il vous plaît.
-A trois, Arno...
-Reçu !
-Un... Deux..."

Pierre restait imperturbable. J'allais plomber nos chances de réussite aussi si je les trahissais. Mais je n'y pensais que maintenant, trop tard. Il avait perdu, il nous avait perdus, tous:
"Vous pouvez d'ores et déjà vider vos barillets dans vos têtes dès ce soir, ce sera la moins douloureuse des morts. Peut-être même se souviendra t'on de nous tous comme des héros qui n'en pouvaient plus de voir leur peuple souffrir."
Flora serrait fort la main d'Ed. Elle aussi nous avait rejoint, avec tous les dresseurs, maintenant. A vrai dire, tous les gens ici se tenaient, se soutenaient, sauf Pierre, qui restait de plus en plus seul.
"Content de t'avoir connu Pierre, je penserai à toi quand tout sera fini, finis-je. Arno...
-Ca suffit, fit Pierre avec une larme au coin de l'oeil."
De toute ma vie, c'était la première fois que je le voyais être ému. Sur les livres, il ne paraissait pas souriant, ni même heureux, il paraissait juste grand.
"C’est bon, puisque c'est ce que vous voulez tous, on a qu’à aller mourir maintenant au lieu d’attendre plus longtemps."
Un soupir de soulagement s'empara de nous. Pierre stoppa court à toute effusion de sentiments, mais la perle salée qui mouilla le sol de la grotte l'avait déjà trahi. Tout le monde se congratulait déjà dans un soupir de soulagement alors que je remerciais Arno, lorsque l'instinct se réveilla enfin.

Dans mon dos, Pierre avait lancé un poing vengeur à son tour. Les réflexes à nouveau aiguisés, je le saisis au vol avant qu'il n'atteigne sa cible, laissant tomber le DS au sol pour pouvoir mieux contrôler mes mouvements. Lorsque les mains se rencontrèrent au vol, ce fut à moi de lui dire:
"N'oublie pas que quelque soit le jugement que tu aies sur moi, je suis AUSSI un maître."
A terre, je ramassais le DS avant de faire signe à mes amis. On partait, cette fois-ci, on avait enterré les derniers cadavres qui traînaient dans les placards, enfin... presque tous.
"Et toi, n'oublies pas que tu m'as humilié devant mes subalternes, tu as une dette envers moi", commença t'il alors que le soleil frappait mon visage. Sans me retourner, les yeux fermés devant sa puissante chaleur qui me chauffait le corps, je répondis:
"Vue la dette que tu avais envers Cynthia, on va dire que Sinnoh et Hoenn sont quittes."
L'ancienne maîtresse de Sinnoh sembla tiquer:
"Comment tu sais que...
-Oh, je ne sais rien de cette dette, mais je sais qu'elle existe. Il n'y a qu'a voir comment vous vous regardez avec Pierre. Au minimum, c'est une brouille entre bons amis qui date d'il y'a tellement longtemps que vous ne voulez plus vous parlez que le strict minimum. Mais pour moi, même les brouilles avec tes meilleurs amis ne te murent pas dans un tel silence. Et ca correspondait à ta période "post-Hélio" alors si c'était pas le grand amour, ca le remplaçait bien.
-Comment tu peux dire ça ? Tu n'as aucun respect pour les choses dans la vie ? Même pas les plus nobles ?
-J'ai perdu ma raison de croire en ces choses hier, alors que lui là-haut pointait exactement au même endroit, fis-je en regardant le soleil."

Cynthia mit un petit moment avant de comprendre. Lorsqu'elle se rappela quand, elle, elle avait cessé de croire en celà, elle me prit la main d'un air désolé:
"Je... commença t'elle.
-Tu ne diras rien, parce que ce serait réveiller les douleurs du temps passé. Et qu'on a décidé de faire table rase du passé, tu te souviens ?"
Gênée, elle retira sa main, alors que dans l'autre, Arno beuglait maintenant:
"Quelqu'un va m'écouter ? A la base, je cherchais à vous contacter, moi aussi.
-On t'écoute, fis-je.
-Tu as devant toi l'élite de Sinnoh, alors vas-y, réenchérit Cynthia.
-Quand tu étais enfermé Dieu sait où, commença l'expert informaticien, on a revu tout ce qu'on savait sur les Elus. On s'était contenté de jeter un oeil aux noms qui étaient sur les dossiers sans les ouvrir. On avait déjà trop de difficultés à rester discret. Mais quand on a enfin eu la liaison avec les Antennes de Voilaroc, on a fini par retomber dessus et à les fouiller de fond en comble.
-Quelles sont les nouvelles ?
-Tout d'abord, une qui semble importante. Le pouvoir se transmet automatiquement à quelqu'un d'autre si celui qui l'avait vient à mourir.
-Ca, je suis au courant depuis ce matin, fis-je. Mais il faut dire que c'est Kyogre qui a fait le boulot, donc à côté, je ne peux pas t'en vouloir.
-Très bien, par contre, ton orque bleu géant ne t'a pas dit que l'ancienne élue de Glace était quelqu'un de très influent. Mais Sento ne savait pas encore que son pouvoir serait transmis, c'est pour ça qu'ils l'ont tué.
-Et qui était cette élue ? demanda Cynthia."

Derrière nous, une voix timide se leva, à vrai dire, un cri de Pokémon. Il me léchait la main lorsque je me retournai pour voir un Kaimorse, accompagné de son nouveau dresseur.
"Marc, tu vas bien ? demandais-je.
-J'ai écouté votre conversation. J'ai toujours refusé de croire que c'était ta faute, même si tu me l'as présenté comme tel, fit-il sans nous voir, caressant le phoque d'un air distrait. Mais qu'elle ait été tuée pour ça...
-Tu veux dire que ?
-L'élue de glace est Glacia Weyll, princesse des royaumes gelés et maîtresse des pôles, fit Arno dans le mini-ordinateur. Tout du moins était, car ce n'est pas le plus intéressant."
Je laissais l'assistant électronique de côté, posé sur le sol. Glacia était donc morte pour quelque chose ? Et pas pour rattraper un accroc que nous avions fait à la toile du temps en voulant sauver Aurore ? Apparement, Marc fit le même raisonnement que moi.
"Pierre est borné, mais c'est aussi moi qui l'ai poussé à ne pas te faire une confiance absolue. Parce que j'ai cru que tu l'avais fait. Que c'était ta faute si elle était morte. Mais je me suis convaincu que quelque en soit la raison, c'était des mains des sbires du Tyran qu'elle était morte. J'étais à deux doigts de l'avoir au Mont Argent et je savais que c'était lui. Tu n'as fait que sauver ton amie comme j'aurais sauvé Glacia si je l'avais pu."
Il tendit une main tremblante, que je saisis, sautant sur l'occasion. Il avait fait son deuil, j'attaquais le mien, on se comprenait, rien de plus.
"Bon, on en revient au scoop ? fit Arno. Ca intéresse personne de savoir qui Sento a désigné comme la remplaçante de Glacia ?"
Tous les trois, nous nous tournâmes vers l'écran. Le choc fut de taille lorsque la photo remplit l'écran. Et nous de répondre tous en coeur:
"Et il a fallu des mois à tes gusses pour trouver ça ? Vous êtes virés, fit Cynthia.
-Ouais, je crois qu'on a merdé sur ce coup, réenchérit Arno.
-Oh, les cons, fis-je seulement."
Car sur l'écran, même avec dix ans de moins, on reconnaissait la photo d'identité de l'ancienne princesse de Sinnoh, la photo de Cynthia...

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Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:11:04

[Chapitre 65] Contre-offensive:

Celà faisait déjà une demi-heure que nous volions tous en direction du camp de réfugiés. Loin de tous les soucis de la bataille à venir, c'était les révélations que nous avions eu il y'a peu qui m'occupaient l'esprit... Cynthia, une élue ? Mais comment Sento pouvait être au courant, si même nous ne l'avions pas vu utiliser ses pouvoirs. Laissant mon Nostenfer décider de la trajectoire la plus sûre, je décidais de mener ma propre investigation.
Sortant mon DS de ma poche, j'appelais à nouveau Arno à Feli-Cité, avec la terrible mais néanmoins très plausible intuition que tout ce que nous savions, les informations que nous avions pris à Sento, la localisation de la Nouvelle Armée, nous avait été volé avant même que nous ne songions à fouiller à notre tour dans les dossiers sensibles de l'adversaire.
"Ici la base de Houston, Texas, que peut-on faire pour vous ? fit Arno avec un sourire.
-Allo Houston ? On a un problème !"
Expliquant vite fait à Arno où était le problème, je n'eus pour réponse qu'une incompréhension totale de la part de ce dernier.
"On a recruté le personnel avec des critères très stricts, expliquais-je, et après l'attaque surprise de Mikhaïl à Féli-Cité, je pense que personne n'a eu l'idée stupide de jouer les agents doubles pour ceux qui avaient voulu l'assassiner. Donc si ce ne vient pas d'eux, c'est forcément un piratage..."

Le Responsable Informatique et Fournitures Technologiques, comme il aimait à se surnommer, tiqua;
"Impossible, reprit Arno avec conviction. J'ai moi-même créé le réseau, qui fonctionne à 90 % en circuit fermé.
-Et les 10 % qui restent ? demandais-je
-C'est la connexion au satellite, et tous ce qu'elle enregistre est mis sur le circuit fermé, on ne peut pas faire l'inverse, mettre des infos du circuit fermé sur le satellite. Et de toute façon, il est sécurisé par des pare-feux à plusieurs niveaux. Toute la connexion est sous ma surveillance personnelle.
-Toute la connexion ? Même depuis qu'on emprunte les antennes de Voilaroc ?"
Arno eut un sursaut, qu'on ne pouvait interpréter que d'une seule manière. Mais au cas où je n'aurais pas compris, il rajouta:
"Et meeeerde !"
Le RIFT se propulsa sur sa chaise à roulettes vers l'ordinateur au fond de la pièce. Pianotant sur le clavier, il afficha sur l'écran des schémas compliqués:
"Voilà, ça, c'est le réseau interne à l'Alliance."
Après quelques clics habiles, une partie supplémentaire se rajouta aux schémas déjà présents.
"Et ça, c'est le réseau public relié aux antennes de Voilaroc.
-Et le couillon lambda a accès à ces informations aussi facilement que ça ? demandais-je.
-Si ton couillon lambda a une accréditation de la sécurité du territoire, c'est fort possible.
-Et depuis quand tu as cette accréditation ?
-Quelle accréditation ?"

Avec un soupir, je laissais tomber:
"Tu sais, tu aurais pu me dire que tu piratais les données sensibles de Sinnoh, j'y ai quand même libre accès,… légalement, rajoutai-je.
-Et le résultat aurait été le même, j'ai trouvé notre mouchard."
Alors que Nostenfer arrivait en vue de la vallée, qui succédait petit à petit aux forêts boisées d'Hoenn, je me mis à pousser un peu plus Arno dans ses recherches... Il n'y avait pas besoin que l'on se doute qu'au moment où nous allions lancer la frappe finale, l'ennemi connaissait déjà tous nos faits et gestes.
"Ils ont enregistré tout ce que le satellite a vu et survolé depuis sa mise en orbite. Ils sont remontés plus loin que le jour où on a été raccordé au réseau de Voilaroc. Ils se sont même aménagé une porte dérobée pour en prendre le contrôle quand nous ne nous en servions pas... A terme, elle aurait pu nous empêcher de nous en servir au moment propice.
-Cherche les images qu'il a vu de la bataille dans laquelle Glacia est morte...
-On avait encore le satellite sous contrôle à ce moment, je devrais vite le retrouver... Là, voilà, je te le passe ?
-Vas-y s'il te plaît..."
En silence, je regardais l'extrait. Et les surprises ne tardèrent pas.

Passant en accéléré, je mis la lecture en vitesse normale au moment où le tyranocif tueur chargeait l'ultralaser mortel qui allait se charger de Glacia. L'impression de déjà-vu était poignante. Au détail près, c'était la même chose qui avait failli arriver à Aurore au sommet du mont Couronné. Mais après, rien... Rien qu'un corps sur une champ de bataille et les gens qui le pleuraient. Rien que ce qui allait causer notre rencotre, à Ed et à moi, pour la première fois.
"A l'époque, on ne savait même pas encore que les Elus existaient. Et pour moi, tout ça s'est passé avant. Avant même que on ne rencontre Arceus, tout celà s'était déjà produit.
-Temporellement parlant, c'était trois mois après, corrigea Arno.
-Et surtout, ca ne nous apprend rien sur "comment Sento a su pour Cynthia ?"
-Ca, c'est pas sûr. On a visionné cet enregistrement déjà. Et avec tous les filtres qu'on y a passé, on a découvert un truc qui nous semblait inutile à ce moment là.
-Envoie ça aussi, demandais-je.
-Attends, si je me souviens bien, c'était le filtre Infrarouge... Voilà, je te repasse le moment où le tyranocif lâche Ultralaser au ralenti..."
Tout d'abord, l'image infrarouge semblait se superposer exactement à la vidéo enregistrée. Mais quelques secondes après que le laser eut touché Glacia, une forme floue s'échappa de son corps, flottant au dessus quelques secondes, et bien visible en rouge malgré l'attaque qui entourait Glacia. Lorsque Marc courut vers elle, la forme avait disparue et seuls restaient sur le filtre les résidus de l'attaque brûlante.

"On peut savoir où la forme a atterri ?
-On n'avait pas lancé de recherches dessus, mais maintenant qu'on sait ce que ca peut être, je m'en occupe. C'est le même principe que pour les sanctuaires, la signature énergétique est unique. Et Sento a fait la même recherche si on s'en fie à l'historique des actions du mouchard.
-Ca nous mêne droit à la Ligue ?
-Exactement, là où se trouvait Cynthia ce soir-là. On avait toutes les informations depuis le début, et il faut que Sento nous les vole pour qu'on s'en rende compte. Je suis vraiment le roi des abrutis.
-Je ne te le fais pas dire, Arno, mais tu as un moyen de rattraper tout ça, je crois.
-Ne t'inquiète pas, j'aurais bientôt l'adresse à laquelle le mouchard transmettait. D'ici ce soir, je grille toutes les connexions qui y sont reliées. Données, photos, plans, tout... Je copie, et j'efface les originaux..."
Alors que nous arrivions enfin en vue du camp, j'entendis Arno menacer de manière très convaincante:
"Ils ont voulu s'attaquer à ma forteresse, ils vont sérieusement le regretter, crois-moi... Ces fumiers vont se souvenir de moi.
-Je ne me faisais pas de soucis pour ça, rassure-toi..."
Refermant le DS et laissant Arno à ses virus hautement dangereux, je ne pus m'empêcher de sourire. La guerre était partout, et elle se gagnait de cette manière, en étant plus malin que l'adversaire. La bataille finale avait déjà commencé. Sinnoh/Hoenn 1-Sento 0

Lorsque finalement, ma monture volante toucha le sol, suivi de très près par le reste de l'équipe, je songeais enfin que nous avions une chance de gagner, mince, certes, mais avec les Elus qui manquaient et les Légendaires de notre côté, nous avions des chances. Le groupe avait été assez conséquent pour que nous décidions de survoler les forêts sauvages qui n'abritaient jamais de gardes, trop vulnérables pour affronter les colonies de Pokémon, parfois dangereux, qui bien souvent peuplaient les bois profonds. Souvent, certains sortaient seuls pour se nourrir, plus rarement, ils sortaient en troupeau, ce qui donnait presque à chaque fois lieu à un reportage tellement il était impressionnant de voir tant de Pokémon de la même espèce réunis
A l'arrivée du camp de réfugiés, je reconnus quelques têtes désagréablement familières qui nous avaient poursuivis cette nuit-là à la lueur des flammes, la nuit sinistre où nous avions tous failli mourir.
"Vous entrez en zone démilitarisée, veuillez justifier de votre identité où nous ferons feu, fit une voix au dessus de nos têtes, dans un arbre aménagé pour en faire un mirador.
-Ca va, c'est pas parce que vous êtes plus organisés qu'on arrivera pas à vous mettre une misère monumentale, fit Antoine. Et depuis quand on fait feu dans une zone démilitarisée ?"
Le réfugié promu "garde" sembla réfléchir à ce paradoxe quelques secondes, nous permettant d'avancer encore plus, avant qu'il ne siffle d'un coup sec, se rappelant pourquoi il était "garde", et alertant ainsi d'autres réfugiés armés. Des buissons sortit toute escouade armée nous tenant en joue. Alors que la Nouvelle Armée levait les mains en l'air en signe de paix, toute l'alliance s'en moquait, bien conscient du peu de danger que représentaient ces armes...
"Ca y'est, ça va encore recommencer... fis-je, presque fatigué de tout ça."

De toute part, des miliciens, pour la plupart des hommes du camp qui avaient récupéré les tenues des Sentoniens morts durant la bataille nocturne qui s'était déroulée ici il y'a déjà quelques jours...
"Faites demi-tour, il n'y aura pas d'autres avertissements, fit le premier d'entre eux.
-On veut juste voir Dante, et ses invités, vous savez ? Nero, Agathe, Alex, Nathan, Xavier, ça vous dit quelque chose.
-Dante ne reçoit personne, et on ne connaît personne qui porte le noms que vous avez dit."
Pierre s'avança à notre niveau, d'un air solennel:
"Vous savez au moins qui je suis ?
-Laissez faire, Pierre, l'arrêta Sorbier, j'ai l'impression que Lilian connaît déjà ces énergumènes.
-Et j'ai surtout l'impression que vu leur conception de "démilitariser" et le fait qu'ils mentent très mal, ça leur passe complètement au dessus d'être en face du maître de la ligue d'Hoenn.
-Dernier avertissement, nous allons ouvrir le feu..."
Et Antoine de conclure:
"Chiche !"
Aussitôt, la milice fit cliqueter ses mitraillettes, les armant avec une rapidité assez peu surprenante.
"On ne fait pas des soldats en quinze jours en même temps, constata Silver.
-Par contre, un Elu, on le fait vite, sourit Antoine."
Alors que nous discutions, le cliquetis des armes s'était arrêté. Et pour cause, l'élu du vol faisait léviter les armes à plusieurs mètres du sol, avant de les entasser derrière nous, laissant nos adversaires sans armes... Il termina en disant:
"Pourriez-vous allez, dans la mesure du possible, chercher Dante ainsi que ses invités au plus vite, dans l'optique d'une discussion très importante entre eux et nous ? D'avance merci..."

Les "soldats" se mirent à fuir comme un seul homme une fois désarmés. Dans le camp, un brouhaha incessant se mit à grandir, dans la peur d'une "nouvelle invasion". Alors que je félicitai Antoine pour sa diplomatie exceptionnelle, le bruit avait déjà couru presque aussi vite que les fuyards aux oreilles de Dante. Ce fut donc sans surprise que ce dernier arriva peu après entouré par mes compagnons de cavale. Prêt à se battre, il sembla rassuré quand il nous reconnut.
"Ah, c'est vous ! Excusez l'accueil, on n'a pas tellement réussi à leur apprendre à faire des exceptions... C'est déjà un miracle quand ils nous défendent correctement.
-Content de voir que tu as repris le contrôle de cette meute de loups, fis-je.
-On va dire que c'est plus facile depuis qu'on leur a expliqué que s'ils tentaient quelque chose contre nous, ils pourraient le payer très cher. Mais trêve de bavardages, que me vaut le plaisir de votre visite ?
-On déclare la guerre à Sento, c'est officiel. Et on aurait besoin de vous."
Un moment, je redoutais leur refus pur et simple de nous aider. Et puis je vis les sourires se dessiner sur les visages:
"On ne peut pas parler au nom de tous les Elus, mais Dante et moi, on est avec vous, fit Nero.
-Et moi, continua Xavier, je parle au nom de tous les Elus ici présents en vous disant qu'après les risques que vous avez pris pour notre libération, on vous donnerait nos vies sans rechigner.
-Il se trouve qu'on a quelques comptes à régler avec la nation qui nous a transformé en rats de labo, conclut Agathe."
Après cette discussion, nous nous dirigeâmes tous, Elus et Nouvelle Armée, enfin tous réunis à l'exception de Megan et des quelques élus que nous ne connaissions pas, vers la tente des jumeaux psychiques. A l'aide de quelques pouvoirs télékinésiques, ils transformèrent la pièce à vivre en une salle de travail ronde et pouvant servir de Quartier Général temporaire, avant que Pierre ne lance:
"Je déclare le conseil de guerre contre Sento ouvert"

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Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:11:46

[Chapitre 66] Dernier conseil:

"Tout le monde le sait, nous sommes en présence d'une menace grandissante, dont je ne parlerai pas au vu de son omniprésence... Tout le monde connaît Sento, je suppose, commença Pierre. C'est à cause d'eux que nous avons du quitter Eternara, puis New Lavandia ce matin même"
Dans la tente, tout le monde restait assis sur des chaises simples et pourtant tellement reposantes pour ceux qui avaient eu leur dose d'adrénaline ce matin.
"Ce que vous ne savez pas, et que j'ai moi-même appris totalement par hasard en passant à Atalanopolis, continuai-je, c'est qu'Eternara est en pleine ébullition. Avec quelques un des Elus ici présent, on a désamorcé la plus grande menace connue à ce jour, à savoir une armée de clones dotée de tous les pouvoirs des Elus. Cependant tant d'agitation ne veut dire qu'une chose. Ils préparent quelque chose de lourd... De très lourd.
-C'est pour ça que nous avons décidé, après bien des tergiversations, de lancer au plus vite l'assaut final contre Sento. Avant toute chose, je tiens à dire que ce plan pourrait coûter la vie à nombre d'entre nous, et qu'une défaite clouerait Hoenn sur la croix, et à plus long terme Sinnoh, qui jusque là avait réussi à garder le conflit hors de ses terres.
-Cependant, si l'on réussit, Sento est anéantie et d'ici quelques années, chacun pourra reprendre sa place avec le commun des mortels, conclus-je, peu étonné par la mauvaise foi de Pierre."

"Avant toute chose…
-Avant toute chose, j’ai cru entendre Atalanopolis dans ta phrase, remarqua Spectra. Je croyais que…
-Je croyais aussi, fis-je. Spectra avait noté encore une fois le détail important. Apparemment, il y’a encore des irréductibles pour tenir le coup, là bas. Mais je crois que leur discrétion est leur meilleure arme… C’est simple, si je n’étais pas passé par la case "Prison" , je n’en saurais rien non plus. Marc, je suppose que…
-Que je n’en sais rien non plus. En soit, ce n’est pas idiot. En coupant le contact avec moi, ils ne s’exposent pas inutilement. Je n’ai rien à raconter à Sento si on me capture.
-Effectivement. Ceci étant dit, je crois qu'il est bon de vous présenter…
Je commençais ainsi une longue liste, visant à montrer que nous n'étions pas sans défenses.
"Sont présents avec moi Cynthia, ex maîtresse de la ligue de Sinnoh et son conseil, Lucio, Adrien, Terry, et Aaron. Puis les Elus, Antoine, type vol, Aurore, type Normal, Kim, élue Feu, Iris, élue Plante, Silver, élu Acier, Agathe, type poison, Nathan, type spectre, Alex, type insecte, Xavier type combat, Nero et Dante, élus psy, Sorbier et moi-même type dragon. Il est à noter que Ed et Cynthia sont aussi des élus, respectivement glace et ténèbres. On connaît l'élue sol, Megan, elle n'interférera pas dans nos plans, même s'il est vrai que je ne sais pas trop où elle a disparu. Il nous manque trois types, actuellement. Electrique, Eau et Roche et nous sommes à peu près sûr que ce dernier est à la solde de Sento. On a une logistique assez bonne, un appui à Sinnoh et un satellite à notre disposition.
-J'ai avec moi tous les champions d'arène d'Hoenn ainsi que ce qu'il reste du conseil, fit Pierre. Contrairement à l'équipe de Lilian, je pense que vous avez entendu parler d'eux, je ne vous les présenterai pas. Nous n'avons que peu de logistique, mais on sait se battre sans. Certains sont partis chercher leurs homologues de Kanto, et de Johto, ainsi que quelques renforts.
-Renforts du style ? demandais-je.
-Du style puissants, organisés et assez peu connus, fit une voix derrière moi."
Me retournant, je pus voir Owen qui nous rejoignais, il n'était pas seul.
"Tu as fait bon voyage ? demanda Pierre.
-On peut dire ça comme ça. J'ai passé plus de temps à chercher l'entrée du Mont Argenté qu'à me téléporter un peu partout, sinon ca va.
-Tu nous présentes ? demandais-je.
-Bien sûr, voici les deux leaders des Teams Aqua et Magma, montra t'il, et celui qui m'a donné le plus de peine."
La silhouette m'était familière, je l'avais vu le jour d'une bataille mémorable au Mont Argenté, je murmurais:
"Le gardien."

Silencieux et discret, il prenait appui contre un des murs, restant dans un recoin sombre de la tente.
"C'est comme ça qu'on m'appelle parfois, mais personnellement, je préfère simplement Blue.
-Très bien "simplement Blue" j'en déduis que nous sommes tous là, fit Pierre. Dans ce cas, passons au plan à proprement parler.
-On attend pas Johto et Kanto ? demandai-je.
-S'ils peuvent se libérer, ils nous rejoindront sur place. Norman est avec eux, ils sont à l'abri dans le Pilier Céleste. En cas de mouvement massif de Sento, il nous préviendra.
-Dans ce cas, je crois qu'on peut passer à la stratégie à proprement parler. Je vais vous demander de tous sortir. Je sais, c'est un peu dédaigneux de ma part, mais vous comprendrez que si tout le monde y va de son grain de sel, on est pas arrivés... Restent seulement ici Cynthia, Pierre et moi, ainsi que Blue dont l'expérience nous sera je pense profitable. Professeur, vous pensez avoir des choses à dire sur les Pokémon qu'on va affronter ?
-Tout ce qui concerne leurs faiblesses, tu le sais déjà.
-Dans ce cas, je vous demanderai de garder un oeil sur tout le monde. Moins on sera ici, plus facilement on se concentrera. Si vous avez des relations à faire jouer, rajoutais-je à l'attention de tout le monde, c'est maintenant. On part tout de suite, et j'espère bien qu'à Eternara on sera le plus nombreux possible. Merci pour tout."
Alors que tout le monde partait, un peu déçu d'être mis à l'écart, je retenais cependant Ed. Flora, qui l'attendait, resta un moment devant l'entrée, avant qu'Ed ne lui explique qu'il la rejoindrait au plus vite. J'avais à lui parler, seul à seul.

"J'ai une mission à te confier, expliquais-je. Ici, c'est le coin stratégie. Je pense que tu nous as expliqué tous les aspects du problème, c'est pour ça que je ne veux pas de toi ici.
-Qu'est ce qu'il te faut alors ? demanda t'il lui aussi assez déçu de mon jugement sur lui.
-Ne fais pas la gueule, c'est pas le moment. T'es pas un stratège, t'es un meneur d'hommes. On va établir une stratégie globale, théorique, mais on sait pas sur quoi on va tomber. Ton boulot, c'est de les mettre en confiance. Quand je sors, je veux qu'ils soient au moins aussi pressés que toi de se battre. Au coeur de la bataille, quand les choses nous échapperont, car elles vont certainement nous échapper, ils devront avoir confiance en toi, car je te file la responsabilité d'un bataillon."
Ed reprit un semblant de sourire.
"Vu comme ça, effectivement, c'est ce que j'ai de mieux à faire.
-Je veux pas t'écarter, tu mérites autant que nous d'avoir un rôle ici. Mais tu as une relation à l'autre que je n'ai pas. Sorbier s'entend bien avec la Nouvelle Armée, je veux que ce soit pareil entre toi et mes Elus."
Le mot "mes" sembla le mettre en confiance. Je lui confiais ce que j'avais de plus cher. Des armes de haute puissance, mais aussi des amis sincères pour la plupart.
"Oublie pas, concluais-je d'une tape sur l'épaule, t'es l'un des nôtres. Et je refuse d'en perdre encore un."

Je laissai repartir Ed, qui, investi d'une mission à la hauteur de ses capacités de meneur, semblait se sentir plus à l'aise. Je ne lui avais pas dit, mais si je ne le gardais pas avec nous, il y'avait une autre raison. Je ne voulais pas le voir tourner en rond pendant qu'on s'expliquait tout. Il s'énerverait, tandis que là, il allait faire ce qu'il savait faire le mieux.
"Lilian, on t'attend, fit Pierre."
Je refermais la toile de la tente.
"Très bien, je crois vous avoir tout dit, commençai-je
-Si ce n'est qu'on a des plans détaillés d'Eternara grâce au satellite, me coupa Cynthia. Avant de partir, Arno m'a transmis des photos qu'il a imprimé en grand. Il a dit que ce serait plus facile à manipuler et que le DS servirait à vous repérer sur place, avec les derniers changements."
Sortant une feuille de la poche intérieure de sa longue cape, elle la déplia sur la table. On aurait presque pu voir le ressac des vagues tellement la photo était précise.
"Génial, on connaît le terrain sur lequel on se bat, fis-je.
-On va se battre à 100 contre 1, je ne serai pas si enthousiaste de ta part, fit Pierre.
-Les sous-sols, on doit craindre quelque chose ? Mines, explosifs ? demanda Blue.
-Arno ne m'a rien signalé à ce sujet, fit Cynthia.
-Rien à craindre de ce côté là, répondit Pierre. Je connais les bâtiments. Tout est sous terre, à quelques mètres de profondeur. Ils ont du réutiliser les murs pour y installer leur QG. S'ils posent de mines là-dessus, tout risque de s'effondrer sur ceux qui seront dessous quand ca explosera.
-On pénètre dans les bâtiments par surprise en se téléportant et on fait du tri parmi tout ce beau monde, furtif et efficace, songea le Gardien.
-Sauf que Sento n'a ici qu'une base. A la rigueur, on y croisera Sylvain, tout au plus, mais il faut que le Tyran vienne. On doit commencer à combattre quand il sera là, fit remarquer Pierre."

Dans ce cas, comment attirer notre ennemi sur place ? Blue, bien que peu enclin à cette solution, nous la proposa quand même.
"Donc tu suggères qu'on fonce dans le tas pour attirer l'oeil. Quand le tyran est prévenu, il débarque avec son armée de Tyranocif et on tente comme on peut de le retenir,
-Oui, ca peut marcher. Megan, enfin, l'élue sol m'a montré un système qui cloue sur place tout Pokémon non volant, l'empêchant de se téléporter. Une fois qu'il est arrivé, on applique la même technique et là on le prend au piège, expliquais-je. Ca se tient.
-S'il tente de fuir par les airs, on le rattrapera sans problèmes, on est à 10 kilomètres de l'île la plus proche... constata Cynthia.
-C'est suicidaire, comment va t'on retenir une armée de Tyranocif ? demanda Pierre. Vous oubliez légèrement ce détail."
Blue semblait être un dresseur de talent, et surtout d'expérience. Sorbier m'avait dressé son portrait un jour. Comme moi, il avait vaincu la ligue locale, mais lui, coupé du monde pendant des années, avait fait de ses Pokémon de véritables machines de guerre. Nul doute que si une division blindée avait tenté de prendre le Mont Argenté, elle aurait eu de sérieuses déconvenues.
"Dans toute carrière de dresseur, on apprend très vite une chose. Il faut avoir une équipe variée pour affronter tout danger. Cependant, il ya un moment où cela n'est pas vrai.
-J'aimerai bien savoir quand, fit Pierre amusé d'une telle constatation.
-Laisse le finir, Pierre. Je crois savoir où il veut en venir. Une idée assez audacieuse, je pense
-J'ai peut-être une solution, en effet.

"Vous affirmez que chacun des Pokémon de l'adversaire serait un Tyranocif, c'est cela ? reprit Blue à l'attention de Pierre.
-A peu de choses près, oui. La menace principale vient d'eux en tout cas. Les autres Pokémon sont une anecdote à côté.
-Dans ce cas, nous encerclerons Eternara, et nous ferons plusieurs groupes. Chacun abordera l'île d'un point différent, de manière à être tout de suite tout autour de l'île. Il devient dès lors facile de les piéger, une fois ce plan associé à l'idée de Lilian. On se bat contre les "menaces secondaires" le temps que le tyran rapplique. Et une fois qu'il a lancé son troupeau de Tyranocif, on le contrera plus facilement qu'il n'y paraît.
-Le tout est dans la manière de former les groupes, c'est ça ?
-Exactement, inutile d'avoir une variété de types importants par groupe. Vu qu'on affrontera toujours le même type de Pokémon: Roche Ténèbres. Chaque groupe contiendra exclusivement des Pokémon contre lesquels ce double type à une faiblesse.
-Autant dire qu'on envoie les champions et les Elus d'un même type se battre dans le même groupe.
-Et vu le nombre effarant de faiblesses de ce double type, constata Cynthia, on peut faire plein de petits groupes.
-Insecte, Combat, Sol, Eau, Plante, Acier, récita Pierre. Autant de groupes à faire. Et ceux contre lesquels Tyranocif est insensible ? Je pense au feu, ou au poison.
-On fait des groupes de deux types chacun, corrigeai-je. Un efficace contre Tyranocif, et un moins efficace, mais qui couvre les menaces annexes et qui est protégé par l'autre type. Bon sang, on l'a notre plan !"

Enthousiaste, tout le monde l'était, même Pierre, qui, voyant la situation sous ce jour nouveau, comprit que c'était peut-être possible. Cependant, il restait quelques grains de sable dans ce plan.
"Il y'a cependant un inconvénient notable, fit Cynthia. Le groupe qui contiendra les Pokémon Psy ne pourra pas contrer les Tyranocif. Pas du tout.
-Ah, c'est vrai, je n'avais pas songé à leur immunité, constata Blue.
-On les répartit dans les six groupes, et on leur confie le travail de protection, à coups de barrières telle que Mur Lumière ou autres. Ils peuvent aussi aider contre les menaces annexes. Le tout, c'est de les protéger encore plus que les autres.
-Ca se tient. Les types qui n'ont ni avantages ni désavantages se battront en l'air. Je pense à la glace qui craint les coups roche, mais qui en retour peut frapper fort ce même type, avec la grêle par exemple. Les électriques balaieront le terrain d'attaque de foudre, vu qu'on est en milieu dégagé.
-Les roches restent une menace, on ne sait pas qui est l'élu roche, rappelais-je. Il pourrait prendre le contrôle de nos Pokémon.
-Il reste un seul type qu'on n'a pas évoqué, reprit Cynthia.
-Le type dragon, fit Pierre en même temps que moi.
-Ne t'occupe pas de nous, repris-je.
-On aura de quoi s'occuper avec la garde rapprochée du tyran, continua Pierre."
On avait vu toutes les possibilités, absolument toutes. Hormis le type roche qui pouvait nous poser problème, mais ce uniquement si on laissait nos Pokémon de ce type en jeu.
"On est d'accord ? demandai-je finalement."
Tout le monde acquiesça. Je courrais vers la porte de la tente pour faire part de la nouvelle...

"On a un plan, hurlais-je à tout va !"
Derrière moi, Cynthia, Blue et Pierre me rejoignaient. Je m'attendais à une explosion de joie, je fus presque déçu de ne recevoir que des encouragements modérés.
"Tu viens bien de leur dire qu'on avait une chance contre le tyran là ? murmura Pierre à mon oreille.
-Il me semble aussi, mais ca n'a pas l'air de les toucher beaucoup."
Puis un éclair déchira le ciel, tombant à quelques mètres de nous.
"Il faisait beau il y'a à peine cinq minutes, m'interrogeais-je. Qu'est ce que c'est que tout ça ?"
Au pied de l'éclair, quelqu'un courut vers nous. Agathe. Elle nous invitait à la suivre.
"Venez, Dante et Nero ont trouvé quelque chose."
M'attendant à rencontrer tout sauf ce qui allait se produire sous mes yeux, je fus ébahi, lorsque je dépassai la tente qui bouchait mon champ de vision, de voir la foudre tomber sur Voltère. Tout d'abord effaré, je ne fus qu'ébahi en le voyant se relever et prendre encore et encore des impacts de foudre... En face de lui, Marc dessinait des motifs sublimes avec de l'eau apparue de nulle part, et suspendue en l'air par une force invisible.
"Qu'est ce que c'est que ce bazar ? demanda Blue."
Moi-même, je ne comprenais rien à tout cela. Et puis un éclair frappa à nouveau Voltère, les mains tendues vers le ciel. On voyait très clairement par contraste une tâche ovale noire sur le dos de sa main.
"On les avait sous les yeux... fis-je médusé.
-Tu veux dire que... commença Pierre.
-Electrique et eau, les deux Elus qu'il nous manquait, c'est Voltère et Marc. Ils étaient chez toi depuis tout ce temps !"

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Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:12:32

[Chapitre 67] Fini de jouer:

Alors que je me remettais avec difficulté à l'idée que nous ayons tous été aveugles pendant si longtemps, Sorbier vint me voir.
"Il fallait s'y attendre, tu sais bien que depuis le Mont Couronné, c'est comme si on s'attirait tous.
-Je veux bien, professeur, mais de là à ce qu'on ne l'ait pas vu venir... C'est assez déconcertant. Je me sens tellement...
-Amusé ?"
Le professeur me surprit tout d'abord. La chasse aux Elus avait duré longtemps, très longtemps. Un jeu de piste pour lequel il ne s'agissait pas de savoir où aller, mais de savoir quel chemin emprunter. En effet, c'était presque par coïncidence si nous avions trouvé la moitié des Elus sur notre chemin. Silver qui s'était présenté à nous, Voltère et Marc qui se trouvaient Elus sans s'en douter, tous les Elus de la bulle... Sans compter la fine équipe que nous étions au sommet du mont Couronné. Presque que des Elus. Effectivement, la tournure des choses était risiblement amusante.
"On est vraiment mauvais, souris-je. C'est à qui qu'on doit cette découverte ?
-Dante et Nero. Ils ont senti une espèce d'aura apparemment.
-Merde alors. Toutes les pièces du puzzle s'attirent mutuellement."
Dans un moment de silence, je songeais à tout ce chemin que nous avions déjà fait. Tant de monde avait péri. Il était vraiment temps d'en finir. Pierre me tira de ma rêverie.
"Lilian ? Je dois aller prendre des nouvelles de Norman, tu penses que tu peux...
-Oui, Pierre, je me lance."

Je pris place debout sur une chaise laissée négligemment vide. Bien que l'ambiance soit à la fête, il fallait être vigilant.
"Votre attention, s'il vous plaît !"
Le silence se fit. Je songeais à la dernière intervention de ce genre. C'était Sorbier, au sommet du Mont Couronné, juste après la mort de Jupiter et la disparition d'Hélio avec le vortex. D'abord le temps, maintenant l'espace...
"Nous sommes arrivés à un plan envisageable avec Pierre, Blue et Cynthia. Un plan,... qui a des chances assez importantes de réussir."
Bien que le "assez importantes" ne satisfasse personne pleinement, c'était déjà un pas de géant par rapport aux attaques précédentes.
Je leur expliquais les trois étapes du plan, tout d'abord s'infiltrer en douceur et prendre les soldats par surprise, forçant le Tyran à se montrer à découvert. Ensuite, le maintenir bloqué pour le forcer à combattre, et resserrer l'étau sur lui. Enfin, porter le coup final, de n'importe quelle manière que ce soit. Dans ma tête, un tas de détails que nous n'avions pas abordé, comme le livre des Elus, le mystérieux artefact surpuissant dont avait parlé Kyogre, que le tyran semblait également rechercher. Enfin, en songeant aux informations que nous avions tiré de notre infiltration avec Flora, je repensais aux fameux Pokémon Delta. Si ces Pokémon se dressaient devant nous, il faudrait les reconnaître très vite, et les anéantir.
"Bref, concluais-je. Je vais vous répartir en six groupes. Tout simplement par type. Les champions ou Elus d'un type sont priés de se rassembler sur le champ de bataille comme je vais vous le dire. Le type dominant sur les Tyranocif s'occupera d'eux, tandis que l'autre gèrera les menaces annexes."

Après une petite réflexion, je récitais ma petite liste:
"Donc, je veux six groupes: Insecte/Poison, Plante/Feu, Combat/Spectre, Acier/Ténèbres, Eau/Roche, Sol/Vol. Les Psy se répartissent dans chaque groupe et sont à protéger plus que les autres des Tyranocif et autres Ténèbres. On sait tous pourquoi. Les Electrique et Glace restent en l'air. Le terrain est dégagé, vous frappez de manière ciblée pour les éclairs, et très vaste pour la grêle, qui sera concentrée sur le centre de l'île. Il faut à tout prix ne pas laisser les Tyranocif dans leur environnement naturel. Nos troupes seront sur le bord, d'où l'intérêt de lancer la grêle le plus au centre possible. C'est bien clair ? Les dragons et type Normal se chargeront de s'approcher au plus près du Tyran, pour administrer une attaque puissante à sa garde rapprochée. Pierre vous donnera votre plan de vol pour aborder l'île sous le bon angle dès qu'il en aura discuté avec Norman."
Je descendais de la chaise qui menaçait de craquer. Il fallait que je convoque mon petit conseil. D'un signe discret de la main, je convoquais tous les Elus que j'avais sous la main. Nous réunissant dans un coin du campement, je leur montrais la situation.
"Bon, de notre côté, on n'a pas le temps de discuter. Tous les Elus sont potentiellement des cibles.
-Ce qui implique qu'on reste à couvert ? demanda Sorbier.
-Au contraire, il faut se montrer, c'est là qu'est le problème. On est un élément important de cohésion. Je vous demanderai la plus extrême prudence. Pas d'actes déraisonnés sans ma permission. On a suffisamment de DS pour rester en contact. Aurore, professeur, on va rester ensemble, vous passerez les vôtres à Marc et à Xavier.
-On fait comment si ca dégénère ? demanda l'un des jumeaux.
-J'en sais fichtrement rien. Pour le moment, aucun imprévu à l'horizon. Enfin si, il y'en a plein, mais aucun qu'on ne puisse contourner. Antoine, tu feras cavalier seul dans ton groupe tant qu'on ne retrouve pas Megan, je compte sur toi pour ne pas t'exposer à des dangers inutilement, même si je sais pertinemment que tu n'en as rien à carrer. Aurore ne sera pas derrière toi pour réparer les blessures."

Bien que tout d'abord déçu de ma réaction, Antoine se ravisa de me sermonner quand il entendit la fin de ma phrase.
"Tu es au moins lucide, "j'essaierai" donc d'être prudent.
-Cette Megan, tu es sûre qu'elle sera là ? demanda Ed. Je veux dire, on peut lui faire confiance ?
-Ce dont je suis sûr, c'est qu'elle n'est pas du côté de Sento. L'ennemi de mon ennemi... tu connais la suite. C'est tout ce que j'ai à t'offrir. Je n'en sais pas plus. Si ca dégénère, on est à 17 contre 2. Je pense que vous avez connu pire comme conditions.
-Lilian, j'ai une dernière question.
-Aurore ?
-On fait quoi pour les Légendaires ?"
J'avais oublié cet aspect du problème. Il était certain que tous les Légendaires ne se dérangeraient pas pour nous. Et en attendant que les autres arrivent, ca pouvait prendre du temps... trop de temps.
"On est obligés d'attendre de voir quand on perdra le contrôle. Avant, la flûte serait aisément repérable. Tu as bien vu au sommet du Mont Couronné. Dans la panique générale, on sera plus en danger, mais tu le seras moins, paradoxalement. C'est tout ?"
Devant le silence général, je fis juste une ultime remarque avant de clôturer cette réunion..
"Bonne chance. On en aura tous besoin."

Ed vint cependant me poser une ultime question:
"Quand tu dis légendaires, tu penses à quoi au juste ?
-Ce serait long à expliquer. Disons que Kyogre est sous Atalanopolis, et Groudon au mont Chimnée. On a un moyen de les faire rappliquer ici en quatrième vitesse. Pour les autres, ils risquent de mettre du temps en fonction de l’endroit où ils se situent. Mais il suffit que l'ennemi s'empare de la flûte pour avoir ce même pouvoir.
-D'où l'intérêt de prendre quelques risques, je comprends mieux..."
Dans le campement, l'heure était à l'agitation. Chacun se préparait à partir d'ici peu. Moi-même, je me laissais aller à cette ambiance générale d'excitation.
"On va vers la mort, tu en as conscience ? demanda Ed.
-D'où l'intérêt d'être prêt à l'affronter. Tu penses que tes pouvoirs sont assez développés ? Je te l'ai dit, tu seras lâché tout seul là-bas.
-Je ne serai pas seul, fit-il. Même si mon ami est assez discret."
Dans mon dos, je sentis une truffe renifler ma jambe à ras du sol. Grahyena...
"Tu t'en sortiras comme un chef. Dès qu'on a le tyran dans le viseur, je t'appellerais pour presser la détente.
-Et mon groupe ?
-Ne t'inquiète pas, Silver est très doué pour le corps à corps. Tu as intérêt de t'entendre avec lui d'ailleurs. Il n'est pas du genre passif, si tu vois ce que je veux dire."
Ed acquiesça. Nul doute qu'il devait avoir vu des batailles, bien plus que moi. Mais le fait était que chacune nous faisait douter. Certains plus que d'autres même.
"Lilian, on a un problème !" fit une voix derrière nous deux.

Je me retournais. Pierre était méconnaissable.
"Pierre, ça va ? s'inquiéta Ed.
-Non, je crois que non. J'ai eu Norman. Kanto ne peut pas venir, tous les dresseurs sont au pied de la Tour de Lavanville. Le halo noir prend de l'ampleur. Johto est allé en renfort là-bas.
-Et merde, ca commence bien, fis-je dépité.
-D'un autre côté, ca veut dire que tu avais raison, fit remarquer Pierre, vu l'agitation qu'il y'a du côté de Sento, on a bien fait de lancer l'offensive. On aurait été totalement hors du coup, sinon."
Je fermais les yeux, et serrais les dents, retenant un cri. On était pas arrivés que le plan sentait déjà le vinaigre.
"Crois-moi, Pierre, j'aurais préféré avoir tort."
Je ne sais pas si c'était le fait de nous voir tous deux dans un état de désarroi aussi poussé, mais Ed se mit à son tour à pâlir. Je devais reprendre les rênes. On ne perdrait que parce qu'on serait morts, pas paralysés par la peur.
"Je convoque les champions de Sinnoh. Je vais demander l'aide de la Team Galaxie, et de Dante. Si ces gens savent tenir une arme, ce sera déjà...
-Du calme, Lilian. La team Galaxie assure ta logistique, les champions, la sécurité de ton île.
-Quant à ces soi-disant guérilleros, fit Ed, ils vont peut-être tuer plus de monde dans nos rangs que dans ceux de Sento. Une arme peut t’abattre, même quand elle est pas pointée sur toi."
Un dernier silence, une franche inspiration.
"Je crois qu’on pense à la même chose, dit Pierre.
-On leur botte le cul, et on pensera après ! répondis-je.
-Ca me plait, ton plan, termina Ed. On y va."

Presque une heure que nous volions dans la direction de l'île d'Eternara. Derrière nous, le soleil déclinait de façon imperceptible. Pierre se posta sous mon aile droite.
"On aborde l'île par le Sud. On attendra la nuit pour accoster, on est trop visibles sinon.
-Pas question, répondis-je. Ce qui se passe à Lavanville gagne du terrain très vite. Nul doute qu'à Eternara, ca doit être pareil. Je ne sais pas ce qu'ils tentent, mais toute l'avance qu'on peut avoir, on la garde.
-Et on passe comment ? demanda Pierre intrigué."
Au fond de ses yeux, je ne lisais plus cette indifférence qui me faisait tant de mal. A sa place, un respect profond se lisait. Il posait la question, car il savait qu'il me poussait dans mes retranchements. Il voulait voir de quoi j'étais capable. Il n'allait pas être déçu !
"Regarde, et apprends.
-Je ne demande que ça."
Je fermais les yeux, me concentrant sur la perle rose qui pulsait dans un coin de ma tête. Je l'avais déjà fait pour moi, où était le problème si je devais le faire pour plusieurs.
Quand je rouvris les yeux, l'aura rose émanait de mon corps. Je relâchais cette énergie mystique et jetais un regard en arrière. Comme une traînée de poudre, l'aura se dispersa et recouvra toutes les personnes derrière nous d'un voile d'invisibilité. Alors que Pierre disparaissait de mon champ de vision, je crus voir l'impossible sur ses lèvres déjà transparentes...
"Bien joué. Peut-être qu'on a des chances finalement."
J'avais rêvé. Pierre ne pouvait pas m'avoir souri...

Nous abordâmes Eternara par le sud, comme prévu. Ed lui, devait progresser dans l'autre direction, il partirait donc du Nord. J'espérais que Silver n'allait pas me l'amocher, quand même. Ils avaient beau avoir le même âge, Silver était un combattant dans le sang. Ed, lui, était simplement un survivant.
La zone était relativement dégagée. L'ancien Centre Pokémon aménagé à flanc de cascade avait depuis longtemps laissé place à un hangar à véhicules. Des H cerclés laissaient supposer des emplacements pour hélicoptère, qui transportaient ainsi les jeeps légères, alors que les plus lourdes et les véhicules blindés étaient transportés par voie nautique, à partir du pied de la cascade. Le sommet était dégarni. Un liseré d'arbres d'une vingtaine de mètres entourait un plateau relativement plat. Seules, l'entrée principale de la ligue, devenue depuis l'accès aux installations souterraines de Sento, et quelques dépendances étaient à la surface. Tout le reste était en sous-sol. Alors que le soleil s'étirait à l'ouest, nous gratifiant de ses rayons du soir, je songeais en moi-même.
"Le lieu est magnifique. J'espère pouvoir dire la même chose quand on en aura fini ici."
Une fois à l'abri des arbres, je désactivais mon camouflage optique et celui de Pierre. Si j'avais à lui parler, autant savoir où il était.
"Un beau jour pour mourir, hein ? demandai-je.
-Ca me ferait presque peine de le rater, répliqua Pierre. Mais qui sait, la journée n'est pas finie.
-Une chose est sûre, fis-je en prenant une ball à ma ceinture. Il va pleuvoir du sang sur ces terres."

Dans ma poche, le DS vibra. Dernières vérifications...
"Iris, tu me reçois ?
-Cinq sur cinq, patron. Tout est prêt ici.
-Xavier ?
-Après être sorti de la bulle, je pense qu'on se débrouillera.
-Agathe ?
-On est OK.
-Silver ?
-Ed tremble comme une feuille, sinon c'est OK aussi.
-Marc ?
-On est tous prêts ici.
-Antoine ?
-A ton avis ? Tu crois que je fais des beignets ?"
Je regardais en l'air. Sous leur voile d'invisibilité, les dresseurs responsables du ciel n'étaient que des scintillements, visibles uniquement si on savait quoi chercher. Mais ils étaient là.
"Prêts pour le grand récital ? Dans ce cas, que le concert commence !"

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Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:13:13

[Chapitre 68] Les ailes du courage:

Je n'eus qu'à croiser le regard de Pierre pour que tout s'enclenche. La machine était lancée, et elle ne s'arrêterait qu'une fois son travail terminé. Je restai là quelques secondes pour contempler l'apothéose de ces mois de bataille pour moi, de ces années pour Pierre.
"Lilian ? Pierre ? demanda Sorbier.
-Oui, professeur, répondis-je. Je prenais la température de l'arène. Maintenant, je crois qu'on peut y aller."
Je refermai mon DS. Déjà, les combattants s'étaient lancés à l'assaut de "Fort Eternara", alors que les premiers soldats sortaient des accès souterrains. Des dizaines, des centaines. Il n'allait pas falloir rester là longtemps.
Le vent commença à souffler, et des nuages denses filtrèrent rapidement les derniers rayons du soleil. Les premiers éclairs commencèrent à frapper les soldats. Voltère mettait la pression dès le début. Cynthia ferait tomber la grêle plus tard.
"Il est temps d'en finir, maintenant, s'impatienta Aurore.
-A tes ordres, répondis-je."
Pierre chevaucha un Drattak et se lança corps et âme dans la bataille, Aurore sur ses talons. Pour ma part, je savais que le tyran ne sortirait que s'il y'avait vraiment de quoi. Alors autant lui faire comprendre d'entrée de jeu à qui il avait à faire.
"Professeur, il va falloir briller dès maintenant.
-Je vois ce que tu veux dire."
A ma ceinture, je décrochais deux balls. Largement de quoi tenir pendant un bon bout de temps. Le professeur fit encore mieux et se contenta d'une seule.
"Dialga, à l'attaque !
-Palkia, Regigigas, go !"

Une ligne de blindés sortait de terre par une porte de la taille d'un Wailord. Des jeeps, des chars, des camions... Une cible rêvée pour une démonstration de puissance.
Sorbier sortit de son sac un diamant énorme, taillé dans la masse qu'il donna à Dialga. L'orbe Adamant, bien sûr. Suivant son idée, je sortais à mon tour une perle de bonne taille également, et la lançai à Palkia. Les deux orbes lévitèrent autour de leur Pokémon respectif et se mirent à tourner de plus en plus vite. On en avait discuté de temps en temps avec le professeur. La puissance de l'attaque que nous allions lancer pouvait raser des montagnes avec un peu d'application. A tel point qu'on n'avait jamais osé la lancer. Nos Pokémon savaient quoi faire, cependant, car ils restaient liés mentalement à nous. Les orbes les rendraient surpuissants.
"Dialga...
-Palkia...
-Combo Espace-Temps !"
Deux attaques furent préparées simultanément. Hurle-Temps et Spatio-Rift s'entremêlèrent dans un rayon de feu d'une puissance unique. L'espace se déchirait littéralement à l'endroit où la boule d'énergie grossissait, tandis que les évènements semblaient s'accélérer puis ralentir, puis revenir en arrière...
"On ne va pas créer quelque chose de trop puissant pour cette Terre ? demandais-je dans un dernier doute.
-Leur puissance est démultipliée lorsqu'ils se trouvent tous les deux. Mais il n'y a pas que l'espace et le temps dans le triumvirat de l'univers.
-Arceus ?
-Non, Giratina, le Pokémon qui maîtrise les Dimensions. S'il était là, je crois qu'on aurait de quoi créer une fracture irrémédiable dans le Multivers. Tout ce qui va se passer restera dans cette dimension, même si sa risque d'être impressionnant."
Et pour être impressionnant, ca le fut.

No regards se tournèrent vers la boule d'énergie. Bizarrement, elle sembla ne plus briller, mais au contraire devenir de plus en plus noire, et rétrécir de plus en plus.
"Professeur, vous savez ce qui se passe ? Ils devraient être au maximum de leur puissance pourtant.
-Je crois qu'ils y sont. J'ai comme l'impression que ce point n'est rien d'autre qu'un petit trou noir."
A plusieurs centaines de mètres de là, Antoine, en première ligne face aux blindés ne vit que le point noir qui commençait à déraciner des arbres autour de lui. Quand ce dernier fut relâché par les Pokémon légendaires, il disparut. Et il ne se passa qu'une infime fraction de secondes avant qu'il ne réapparaisse au pied des blindés. Bien conscient de la puissance que pouvait avoir une telle chose lancée par des Pokémon aussi puissants, il ordonna le repli, non sans avoir lâche une constatation qui allait résumer les dégâts que ce petit corps céleste allait causer.
"Hiroshima à côté, c'était un pétard mouillé..."
Bien qu'étant toujours en bordure du combat, nous vîmes avec le professeur le point noir scintiller, comme s'il était libéré de ses chaînes. La poussière se souleva, puis l'herbe, puis les blindés décollèrent du sol, les chars de plusieurs tonnes étaient arrachés de la terre, et se fragmentaient, tombaient en morceaux. Une demi-seconde plus tard, une division blindée entière avait disparu, ne laissant derrière elle que des "miettes" dans un vaste cratère circulaire de plusieurs dizaines de mètres de large. Seuls quelques chars avaient échappé à l’influence du trou noir…
"Maintenant, ils savent de quoi on est capables, constatais-je simplement. Le tyran ne devrait plus tarder."

Sans plus attendre, nous plongeâmes à notre tour au coeur de la bataille. Nous lévitions grâce à mes pouvoirs au dessus du combat, cherchant du regard Pierre et Aurore.
"Lilian, montra Sorbier, là-bas !"
Je rejoignis la position indiquée par le professeur. Il était temps qu'on arrive.
"Bon, sang, mais qu'est ce que vous foutiez, demanda Pierre alors que son Drattak était au prises avec cinq Pokémon. D'ailleurs, tous ses compagnons étaient attaqués en surnombre.
-On vient de s'attaquer à une division blindée, mais maintenant, on s'occupe de toi."
Trois boules d'énergie cueillirent autant de Pokémon. Je retrouvais le plein usage de mes pouvoirs et Drattak respirait enfin, en profitant pour griller les deux autres d'un Lance-Flammes meurtrier. Il s'envola et, sur l'ordre de son dresseur, exécuta une attaque Aile d'acier sur une bande de Colossinge qui menait la vie dure à Aurore, qui elle aussi avait fort à faire.
"J'aide Pierre, je vous laisse Aurore.
-D'accord, répondit le professeur."
En première ligne, je lançais les quatre Pokémon qu'il me restait, Regigigas et Palkia étant laissés à eux-mêmes. Simiabraz, Luxray, Nostenfer et Leviator se firent une joie de se dégourdir les jambes. A côté, Pierre se battait avec deux Drattak différents, un Lucario, un Libegon, et un duo de choc: Airmure-Métalosse, qui, loin d'être inquiété par les rais de feu qui se dressaient sur leur chemin, étaient aussi agiles et meurtriers que les danseurs d'un ballet macabre.
"Tu comptes me regarder longtemps comme ça ? cria Pierre à mon attention.
-Les Drattak sont...
-Ce sont ceux d'Aragon, maintenant si tu veux bien m'aider, on a une victoire à remporter."

Simiabraz et Luxray ne m'avaient pas attendus pour se jeter dans la bataille. Nostenfer, plus calculateur, mordait et infectait les Pokémon adverses d'un venin pernicieux, tandis que Leviator faisait barrage, balayant de coups de queue quiconque s'approchait trop près de nous. Chez Pierre, c'étaient essentiellement les Drattak qui menaient l'assaut, pendant que Libegon et Lucario encaissaient les attaques. Les deux Pokémon d'acier, eux, restaient invisibles, l'un frappant par les airs, l'autre à coup d'attaques Tunnel imprévisibles. On aurait dit que tous savaient ce qu'ils avaient à faire sans même qu'on ne le leur dise.
Cependant, la fatigue se dessinait déjà dans les yeux de certains. Luxray prenait trop souvent des dommages, malgré une rapidité et une puissance assez impressionnante. Les Drattak avaient une certaine réticence à obéir à Pierre, qui n'était leur dresseur que depuis quelques heures à peine. De l'autre côté, Aurore n'en menait pas large non plus, et si je ne voyais pas Sorbier, situé dans mon dos, je sentais en moi sa confiance s'affaiblir.
"On fait quoi, bon sang ? demanda Pierre en s'apercevant que lentement, on perdait du terrain. On en tue un, il en arrive trois.
-On continue à se battre comme ça, jusqu'à ce que le tyran ne se montre ! On n'a pas d'autre issue.
-Je pense tenir encore un peu, mais ce n'est peut-être pas le cas de tout le monde.
-Moi ca ira, répondit Aurore, et le professeur n'a pas eu à se servir de ses pouvoirs encore.
-Détrompe-toi Aurore, j'ai déjà arrêté le temps trois fois, rétorqua Sorbier. Tu ne t'en es pas rendu compte. On a peut-être mis trop de puissance dans la bataille dès le début. Ca n'a pas impressionné l'adversaire comme on le pensait, et on s'essouffle."

J'avais beau chercher, je ne voyais pas d'issue. On aurait besoin de renforts. Tant que mon DS ne se manifestait pas, c'était que les autres avaient encore le contrôle de la situation. Seul notre groupe avait voulu jouer la provocation et en payait le prix, la distance entre nos adversaires et nous diminuant de minute en minute.
Soudain, un blizzard s'abattit sur nous, à vous glacer le sang. La température descendit brutalement. L'omniprésence de dragons dans l'équipe de Pierre sembla d'un seul coup assez handicapante.
"Simi, Attrape-moi le Pokémon qui fait ça avant qu'on n'y passe tous !"
Le singe de feu se lança derrière la première ligne ennemie. Quelques secondes plus tard, un Crustabri volait en l'air, et la tempête de neige se calma. Regardant les Pokémon de Pierre, je ne pus que constater que Libegon et les deux Drattak n'étaient plus en mesure de se battre, alors que Lucario, fatigué par l’effort, peinait lui aussi à rester d'attaque.
"Ca devient vraiment dangereux, répondit Pierre en rappelant les dragons.
-Plus que tu ne le crois ! rajouta Aurore, j'ai plein de Pokémon au tapis dont Torterra et Leuphorie n'aura bientôt plus de quoi se soigner tout seul.
-On fait quoi Lilian ? demanda le professeur."
Dos au mur, je ne pouvais que regarder sans rien changer.
"J'ai peut-être une idée..."
A ce niveau là, il n'était plus possible de maintenir un mur défensif correct.
"Pierre, ton Métalosse connaît Explosion ?"
La seule solution...
"Oui, mais on va tous être réduits en cendres si je fais ça..."
C'était l'attaque.
"C'est bien le but !"

Une explosion mit fit à toute tergiversation. Sans que Pierre eut le temps d'en donner l'ordre, Métalosse s'était sacrifié. Quand le nuage de fumée se dissipa, il n'y avait plus personne. En face, le souffle de l'explosion avait entamé la défense. S'il était resté quelque chose de celà, ca aurait été le moment idéal pour porter le coup fatal. Mais il n'y avait plus rien que la poussière au sol...
Et la menace dans les airs. Je savais que je pouvais communiquer avec les Pokémon légendaires, pourquoi pas avec les autres ? J'avais donné mentalement une série de consignes à tous les Pokémon encore en état de combattre. Une fois que nous nous fûmes tous téléportés à plusieurs mètres du sol, Lucario retomba dans une posture gracieuse en faisant trembler la terre, lançant une attaque Séisme qui mit nos ennemis dans le même état défensif que nous. Il ne restait plus qu'à fondre sur l'adversaire. Airmure lança à son tour Aile d'acier, Nostenfer attaquait avec Aeropique, et le Rougarnage de Sorbier partait en Piqué. Les Pokémon non volants retombaient au sol pour mieux bondir sur l'adversaire. L'attaque au corps à corps ayant été rendue possible, Leviator enchaînait les Morsure, tandis que Arcanin et Luxray brûlaient ou électrifiaient leurs adversaires d'attaques incessantes. A plusieurs mètres du sol encore, nous contemplions ce baroud d'honneur d'un regard ébahi. Leuphorie finit par succomber aux dégâts causé par ses Damoclès, et un Gravalanch porta le coup fatal à Luxray. Simiabraz, de plus en plus enflammé et rapide, ne vit pas le Charmina qui le contra d'une attaque Psyko décisive. Nostenfer et Leviator furent éjectés par une attaque électrique. Seul Arcanin avait encore assez de force pour combattre. On ne ferait pas mieux. On avait tout donné. Et l'ennemi se repliait enfin.

Au début, je croyais que nous pourrions nous échapper, tenter un nouvel assaut après avoir soigné quelques Pokémon. J'étais certain d'avoir au moins un ou deux Rappel sur moi. Mais le temps en décida autrement. Le sable vola dans mes cheveux, et une tempête s'abattit sur l'île d'Eternara. A ma connaissance, une telle chose ne pouvait pas se produire toute seule. Et une unique personne pouvait provoquer celà.
"Le tyran est là, fit seulement Pierre. Enfin...
-Ce sont ses Tyranocif qui ont transformé l'île en tempête du désert, répondit Sorbier.
-Aucun problème, Cynthia va prendre le relais incessamment sous peu, expliquais-je."
En effet, après quelques secondes, le sable fut collé au sol par la neige qui tombait désormais au milieu d'Eternara. Et derrière la neige, tombèrent les premiers grêlons.
"On va enfin pouvoir commencer."
Mais, à notre grande surprise, les grêlons se firent moins persistants, et peu à peu, les sables se remirent à voler.
"Qu'est ce qui se passe ? On aurait du mettre fin à la tempête non ? s'inquiéta Pierre. On n'y voit pas à deux mètres."
En effet, l'attaque Grèle avait court-circuité le pouvoir des Tyranocifs. Qu'est ce qui pouvait être assez puissant pour faire pencher la balance en leur faveur ?
-Tyranocif est le seul à avoir cette capacité ? demandais-je au professeur.
-Hippodocus à la rigueur, mais rien qui ne pourrait empêcher les Pokémon glace de les contrer.
-Je crois savoir, expliqua Aurore. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Tempêtesable n'est pas une attaque de type sol... mais de type roche. Et quel est le seul élu à la botte de Sento ?"

Aurore avait compris ce qui se passait. Le tyran n'était pas venu seul. L'élu roche était avec lui. Mais qui pouvait donc être assez fou pour aider ce dictateur ? Peu importait la réponse, il fallait trouver une solution à ce problème d'abord.
"Professeur, appelez Cynthia, fis-je en lançant mon DS. Elle va devoir utiliser ses pouvoirs pour espérer limiter l'impact de la tempête."
En effet, les élus avaient la même puissance, il n'était donc plus question de dominer l'ennemi, mais de se mettre à son niveau. Pour preuve, une espèce de pluie de cendres tomba sur Eternara. Le sable, collé aux glaçons retombait comme des petites bombes volcaniques. Ca allait donner.
"Bon, on soigne nos Pokémon et on repart au plus vite avant que d'autres nous retombent dessus, ordonnais-je.
-Lilian, donne un rappel à Leuphorie, demanda Aurore. je me servirai de son E-Coque pour redonner des forces aux autres Pokémon."
En effet, Leuphorie était un Pokémon très endurant, et l'énergie d'un de ces oeufs pouvait vous remettre sur pied en toute circonstance. Avec un rappel, on remettait d'aplomb plusieurs monstres. Avec deux Guérisons, on soignait toute une équipe. Je comptais sur mes pouvoirs pour nous aider à partir de maintenant, mais je ne cracherais pas sur l'aide de mes compagnons s'ils avaient encore de quoi se battre.
"Lilian, prêt à rencontrer le Tyran ?
-On ne peut plus prêt, Pierre.
-Dans ce cas, on y va, fit-il en enfourchant Drattak. Suis-moi, je prends les rênes maintenant."

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Niveau 10
25 octobre 2008 à 19:15:50

Nous volions tous les quatre sous une véritable pluie de sable. Pour avoir visité Vermilava, je savais que ce qui nous tombait dessus n'était pas de la vraie cendre à proprement parler, mais c'était tout comme. Elle se fixait sur nos vêtements et sur nos visages, m'obligeant à plisser les yeux pour voir où aller.
"Nostenfer, tu peux te diriger avec des ultrasons ?"
Mon destrier acquiesça. Je le laissais suivre Pierre à ma place, conscient qu'il n'avait pas besoin de ses yeux pour se diriger... Dans ma tête, les équipes de Pokémon défilaient. Nous étions quatre, soit vingt quatre monstre au total, moins les trois légendaires qui se battaient par eux-mêmes. Sorbier n'avait pas envoyé tous ses Pokémon, laissant Locklass et les trois elfes se reposer pour nous offrir le meilleur soutien défensif au moment critique. Aurore, elle, affichait le bilan le plus mitigé. Leuphorie et Torterra restaient terriblement lents, et ses autres Pokémon n'avaient pas tellement de quoi faire face. Il allait encore une fois veiller à ce qu'un Ultralaser mal placé ne la transperce pas de part en part.
"On est bientôt arrivés, cira Pierre pour couvrir le bruit des vents tourbillonnants. L'armée de Tyranocif est à quelques dizaines de mètres."
Il était donc largement temps de se poser. Une fois au sol, la tempête se faisait moins aveuglante, mais toujours aussi agaçante. J'osais espérer que de l'autre côté, nos alliés avaient eu le même réflexe. Il n'allait pas falloir trop tarder si l'on voulait espérer faire face à ce bataillon de tueurs.
"Tous en position, hurlais-je dans le DS. Et vite, ils ne nous attendront pas."

[TO BE CONTINUED]

Et voilà, mis à jour... Désolé pour la présentation merdique des chapitres 63-64, mais il savérait, que l'un était trop long pour rentrer dans un seul message, et que l'autre était juste assez court pour pouvoir y rajouter l'excédent... La suite est écrite et attend Nyarno (elle n'attendra cependant pas longtemps) et en cas de grosse fringale, vous pouvez attaquer de lire le cristal du destin sur Diamant ou Platine...

Bonnes vacances à tous...

imhotep43
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Niveau 10
02 novembre 2008 à 15:02:27

Bien, devant l'absence de chapitres supplémentaires, je me devais de proposer autre chose... Rien d'inédit malheureusement, mais ca compensera peut-être. En tout cas, je ne peux pas faire mieux... Tout ça pour dire que la fic est sur 'bip...

http://www.pokebip.com/pokemon/index.php?phppage=membres/fanfics/affichage-fanfic&f=7455

En espérant que ca puisse accélérer l'éval de la précédente, et satisfaire le lectorat de 'bip... Pour ceux de Diamant, ben rien de beau à voir là dessus, sauf peut-être que je reprends mes chapitres, et donc que j'élimine les syntaxes foireuses, les fautes d'inattention et les éléments inutiles que je n'ai finalement jamais utilisé... Bref, la même fic en version 1.1.

Bonnes vacances à tous, et n'oubliez pas que le Cristal du destin, sur Diamant comme sur Platine, avance petit à petit... 8 chapitres tous inédits, et sans spoil des évènements précédents...

imhotep43
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Niveau 10
29 décembre 2008 à 15:44:28

Ayé, le Beaujolais Nouveau est arrivé...

[Chapitre 69] Rendez-vous avec la mort:

Lorsque la tempète sembla se calmer, j'eus une lueur d'espoir. Mais elle disparut très vite. Les Tyranocif semblaient nombreux, trop nombreux. Et derrière eux, une ombre encore informe semblait nous narguer, au milieu d'une tornade de poussière. Etait-ce lui ?
"Et tout ça tient dans une seule ball ? demanda Aurore.
-Si tu sais ça, c'est que tu as lu les dossiers, expliqua Pierre, et si tu as lu les dossiers, tu sais que cette ball est très spéciale et indestructible.
-Ca tombe bien, j'ai de l'énergie à revendre, plaisantais-je.
-Elle contient cinq cents quarante deux Tyranocif, alors si ca ne peut pas la détruire, il te faudra du temps, même en étant très motivé.
-T'avais vraiment rien d'autre à foutre que les compter ? demandais-je le plus sérieusement du monde.
-On va dire qu'il s'en vante. Et ce genre de chiffres marque... répondit Pierre presque en souriant.
-Je déteste les vantards. On lui montre de quoi on est fait ?
-Oh que oui..."
L'ombre entourée par les colosses se mit à rire... Un rire déchirant, malade, un rire d'aliéné tout simplement... C'était bien le Tyran.
"Ainsi, vous avez trouvé assez d'âmes perdues pour vous lancer dans cette bataille perdue d'avance ? fit-il d'un ton clair et posé."

Le face à face était imminent. Il fallait juste que la tornade s'apaise.
"Pour le moment, tout se déroule selon nos plans, ce n'est pas ce que j'appellerais perdre, répondit Pierre sans se démonter.
-Pierre ! constata l'homme dans l'ombre de la tempète. Je ne m'étonne qu'à moitié que tu sois encore vivant. La vermine est la plus dure à éradiquer. Mais réfléchis, qui va perdre la vie cette fois-ci ? Marc souhaite rejoindre sa chère et tendre en enfer ? Ou bien croyez-vous vraiment que vous allez gagner sans qu'un seul sang soit versé ?"
Et dire qu'il restait confortablement sous le voile de sable que l'Elu roche lui procurait pendant qu'on devait se contenter de voir sa silhouette. Psychologiquement, il était en train de nous mitrailler. Ceci dit, celà nous donnait un avantage non négligeable. Car lui aussi ne nous voyait pas. Ne ME voyait pas.
"Tu ne nous aura pas à ce jeu là, vieux fou, continua Pierre, tu es l'incarnation du mal, tout le monde le sait. Inutile de nous provoquer."
"J'espère juste que Marc est assez adulte pour se contenir, rajouta t'il uniquement pour nous."
"Ta Nouvelle armée n'est plus que l'ombre d'elle même. Vous êtes traqués, vos terriers sont enfumés les uns après les autres, et vous perdez du terrain. Glacia, et maintenant Aragon...
-Qui te dit qu'il n'a pas survécu ? demanda Pierre en serrant les dents.
-Vous n'avez aucune stratégie. Vous seriez incapables de me prendre à revers. Si ton mentor n'est plus là, c'est qu'il n'est plus de ce monde. On dirait bien que la donne a changé.
-On dirait en effet, fis-je à mon tour."

La tornade de sable s'intensifia. Le tyran ne voyait pas qui pouvait être ce trouble-fête.
"Cette voix jeune, encore inconsciente, serait-ce Ed ? Le paria voué à ne jamais être comme tout le monde ?
-Si tu disais à l'Elu de calmer cette tempète, tu verrais bien que tu te trompes encore une fois."
Après un instant suspendu, un coup de vent effaca la tornade. Si le tyran ne voulait pas se montrer, on allait l'y forcer. Il ne sembla que peu surpris de me voir. Avec tout ce qui s'était passé dans la Bulle, il devait me connaître, au moins sur le papier.
"Oh, je vois. Ainsi Pierre s'est enfin rendu compte qu'il n'arriverait à rien tout seul. Ceci dit, je ne crois pas que vous puissiez faire grand chose de plus tous les deux.
-Dans ce cas, attaque au lieu de te lamenter... On est venus pour toi.
-Vous ne m'aurez pas à la provocation, explique-lui Pierre. Explique lui la différence entre le dominant et le dominé. Je n'ai pas besoin de me battre pour gagner."
Un long silence succéda à ses propos. Il était fou, mais stratégiquement il était parfait, il ne se laissait pas emporter. Et qui oserait le contredire ?
"Pas foutu de se battre ? Mais quelle tafiole, cria une voix."
A part Antoine bien sûr...
"Il est fou, ton ami ? demanda Pierre inquiet.
-Non, le Tyran est fou, Antoine, lui, il est juste complètement inconscient, rectifiais-je."

Le Tyran redevint le fou sanguinaire... D'un doigt pointé, il ordonna l'attaque. Ses Tyranocif se montrèrent plus qu'intimidants en poussant des cris de toute part et la tempête de cendres reprit. Une lame de fond passa au dessus de l'endroit où se trouvait le dictateur une seconde auparavant et inonda l'armée de Pokémon. Marc devait bien se venger des provocations du dictateur. De mon côté, je murmurais un ordre mental à Palkia pour qu'il lance une attaque Surf de là où il se trouvait. Ca serait peut-être moins impressionnant, mais tout aussi efficace.
"On a rendez-vous avec la mort, songea une dernière fois Pierre.
-Et j'ai sérieusement envie de lui poser un lapin, répondis-je."
La vague nous surplomba avant de s'effondrer sur les Tyranocifs en pleine charge. Arrêtés dans leur élan, ils n'en restaient pas moins dangereux. La tempète de sable comblait les moindres trous dans leur garde et limitait grandement l'effet des attaques sur eux.
"Simiabraz, Close Combat, Luxray, Queue de Fer, Leviator, Cascade, Nostenfer, Plaie Croix !
-Lucario, Close Combat, Libegon, Séisme, Drattak, Casse-Briques, Airmure, Aile d'acier, Métalosse, Poing Meteor !"
La déferlante d'attaques plutôt efficaces contre les Pokémon adverses ne se fit pas attendre. Si la tempète arrivait à ruiner l'effet des attaques spéciales avant qu'elles n'atteignent leurs cibles, les attaques physiques, elles, n'étaient pas arrêtées par quelques grains de sable en l'air. Simiabraz enchaînait les KO, et formait avec les Drattak un trio de tueurs aguerris. La double faiblesse combat des Tyranocifs les rendait trop vulnérables, et même si leurs attaques Roche auraient tôt fait de pousser à bout les trois Pokémon, on pouvait déjà compter une dizaine de Tyranocifs au sol...

La bataille faisait rage dans notre groupe et, à n'en pas douter, aussi ailleurs. Dans mes plans, j'avais oublié qu'en laissant Antoine tout seul, j'avais un élu qui restait extrèmement sensible aux attaques des Tyranocif. Ca, plus sa fâcheuse habitude à se mettre dans les embrouilles les plus inextricables, risquait de le mettre en danger. Je commençais à douter de celle avec qui je j'avais associé, à savoir Megan. La Terre entière devait déjà savoir ce qui se passait. Même les réseaux parallèles devaient être au courant, alors pourquoi n'était-elle toujours pas là ? Plusieurs Qulbutoké calmeraient toutes velléités de fuite de la part de l'adversaire, mais elle était à elle toute seule bien plus puissante que tous ces Pokémon. Alors pourquoi diable nous laissait-elle prendre les risques à sa place ?
"On devrait bien s'en tirer. Ils n'arrivent pas à placer une seule attaque, expliqua Pierre.
-Et il vaut mieux que ça dure longtemps. Quand tes Drattak s'épuiseront, il faudra que tu les remplace par Lucario et Libegon. Ils ne vont pas se priver pour abuser de leur Lame de roc, en face.
-Et ton Simiabraz ? Il ne risque rien ?
-Il a pris trop de risques, justement. Close Combat le rend extrèment vulnérable. Une mandale mal placée et la seule chose que je pourrais faire, c'est le rappeler avant qu'il ne se fasse écraser par ces brutosaures.
-Ca ne me plaît pas comme stratégie. C'est trop dangereux.
-Dangereux ou pas, il n'y a rien derrière. Soit on gagne, soit on meurt. Il ne suffit pas d'être arrivés ici et de se dire qu'on a fait le plus dur. C'est la bataille finale, et une finale, ca ne se joue pas, ca se gagne. On ne peut pas faire autrement que prendre des risques et espérer que l'adversaire baissera sa garde en essayant de les exploiter. Il y'a presque cent Tyranocif à gérer par groupe, excuse-moi du peu. On veut tabler sur une victoire ou pas ? Si c'était si facile que ça, comment un maître de ligue comme toi serait assez stupide pour ne pas voir la solution ?"

Pierre pouvait me haïr à tout jamais pour celà, ou admettre qu'il n'était plus temps de regretter. Notre vie allait subir à jamais les cicatrices de cette bataille, de cette guerre toute entière.
"Tu es avec moi jusqu'au bout, ou on meurt tous dans la minute qui suit..."
Pour toute forme de réponse, Pierre se lança encore plus vigoureusement dans la bataille, distribuant les ordres à la volée, sans aucun souci de défense. Chaque ligne ferait un maximum de dégâts avant de laisser sa place à la ligne suivante.
"Professeur, c'est pas pour autant qu'on doit y laisser la peau bêtement. Sortez- les trois elfes et bâtissez-moi une défense digne de ce nom, bon Dieu..."
Sorbier, n'ayant plus à se battre dans notre dos car les troupes ennemies s'étaient repliées à l'arrivée des Tyranocif, concentra ses efforts sur l'armée de Pokémon. Les Pokémon des Lacs formèrent un triangle parfait, et Sorbier ordonna une triple attaque:
"Protection, Mur Lumière et Rune Protect, on râtisse large...
-Très bien, avec ça, on va pouvoir faire très mal. Allez, on enchaîne avec les mêmes attaques, ordonnais-je à mes Pokémon, et on change d'adversaire dès que celui auquel on fait face est hors-jeu !"
Ainsi, la bataille continua, semblant durer une éternité. Chaque Pokémon KO disparaissait désormais du champ de bataille, rappelé par le Tyran dans sa ball si spéciale. Un infime changement qui aurait pu passer pour totalement indépendant du reste si seulement un Qulbutoké à notre droite ne s'était pas fait pilonner par une attaque Poursuite.
"Ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas s'échapper. Ils essayent de fuir en faisant tomber les liens qui les retiennent, hurlais-je. On tient le bon bout..."
Mais derrière moi, un grognement sourd se fit entendre. On avait relâché notre attention.

Je me retournai. Une infime fraction de secondes, je crus que le passé allait nous rattraper. Un Tyranocif avait profité de notre innattention pour nous contourner, et chargeait une attaque Ultralaser. Aurore était encore une fois sur sa trajectoire.
"Pierre !"
Je n'avais pas le temps de lui expliquer. Soit il avait compris que je lui laissais le soin de mes Pokémon, soit il se tromperait dans mes intentions. Dans tous les cas, il fallait aider Aurore.
"Professeur, le temps !"
Un moment, j'avais cru que l'honorable Sorbier avait un pouvoir illimité. Mais immobiliser le temps, encore une fois, immobiliser tant de personnes en même temps, c'était une épreuve tellement énorme... Il parvint tout juste à ralentir la course inéluctable des secondes, me permettant de traverser la zone couverte par notre groupe alors que tout semblait enlisé dans les sables du temps. Aurore tournait le dos à la menace, elle ne verrait rien arriver. Le colosse relâchait la puissance du rayon au moment où j'aggripais le bas du pull de mon amie. Je crus tout d'abord que ma main allait glisser, ce qui donna bien plus de force à ma poigne que je ne m'en croyais capable. Aurore trébucha, heureusement pour elle, et me tomba dessus, alors que la marche du temps reprenait et que l'Ultralaser lui brûlait quelques cheveux, allant finir sa course dans un autre Tyranocif qui ne broncha même pas. Le Pokémon qui nous avait attaqué semblait lui aussi bien peu fatigué de cette attaque. Il allait recommencer incessament sous peu. Et nous qui étions à terre, sans défenses...

"Aurore, Abri est une attaque de type Normal.
-Et je suis sensé l'utiliser comment ?
-Je suis pas sûr que le moment soit à la discussion là, il est en train de recharger."
Alors que le Tyranocif lançait une attaque Ultralaser supplémentaire, Aurore leva la main vers lui, et une barrière bleutée se forma a l'extrémité de ses doigts. Lorsque l'attaque frappa sa main, la barrière fut rendue visible par la propagation de l'onde de choc sur la limite de la zone protégée.
"Riposte, hurla Aurore."
Le rayon repartit à l'envoyeur, qui resta sonné un moment, le temps pour Regigigas de nous rejoindre et de l'envoyer valser à plusieurs dizaines de mètres d'un coup de patte puissant. Palkia était à sa suite et l'aura de Dialga n'était pas loin non plus.
"Tu vois quand tu veux, fis-je, désormais debout.
-Un peu d'improvisation, et un coup de chance fabuleux, c'est tout. On n'est pas passés loin.
-On a parfois besoin de chance... Pierre, où on en est ?
-Les Pokémon sont rappelés par la ball. Et je crois qu'il reste tout au plus un ou deux Qulbutoké. Le Tyran va pouvoir s'envoler incessament sous peu.
-Dans ce cas, on tente une percée.
-T'es complètement malade ? s'insurgea Pierre. Cette fois-ci, je ne te suis plus. Tu veux passer comment ?
-Simi, toujours là ?"
Bien qu'affaibli, le singe était toujours en forme. Brasier devait être activé. Regigigas devait être à 100% de ses facultés.
"En force, comme d'habitude, répondis-je à Pierre. Combo Super Nova !"

Rien ne laissait penser que les Tyranocifs seraient sensibles à cette attaque plus qu'à une autre. Cependant, c'était compter sans le type combat de Surpuissance. Si les dégâts causés par le feu seraient limités, l'attaque de Regigigas à elle toute seule allait faire des dégâts.
"Aurore, je crois que c'est le moment d'appeller nos "amis" à la rescousse.
-Nos amis ?
-Sors ta flûte bon sang, la pressa Sorbier. Kyogre est tout près, mais il lui faudra du temps pour arriver.
-Tout de suite."
Le rayon enflammé mit fin à toute tergiversation. Si Pierre ne voulait pas me suivre, c'était son choix. Tant mieux, il protègerait Aurore. Mais un boulevard se dessinait devant moi. Des dizaines de Pokémon au sol. Ca aurait été irraisonnable de ne pas approcher le Tyran au plus près.
"Professeur, vous protégez Aurore coûte que coûte, je vous envoie des renforts dès qu'un autre groupe a fait du ménage. On a fait largement notre part du boulot. Regi, Palkia, vous me les gardez bien précieusement. J'ai pas envie qu'Aurore se fasse encore trouer par une attaque. Pierre, tu...
-Tu n'as pas à me commander, je te rappelle. Je te suis !
-Ah ben quand même... Allez, on y va"

imhotep43
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29 décembre 2008 à 15:45:18

[Chapitre 70] Face à face:

Sous nos pieds, les Tyranocif étaient rappelés un par un dans la ball, toujours bien à l'abri de la tempête de cendres. Mais même en avançant, nous ne voyions toujours pas le Tyran. Il ne s'était pas déjà enfui tout de même ?
"Pierre, tu es sûr qu'il y'a au moins un Qulbutoké d'aplomb ?
-Même en attaquant directement un Qulbutoké, il a de quoi se défendre avant d'y passer. Le Tyran ne peut pas être parti."
En effet, après un moment de doute, je vis les rayons qu'étaient devenus les Tyranocifs converger derrière un mur de sable. Je compris que la tornade était toujours active, protégeant le Tyran des regards. Il ne pouvait certainement pas nous voir, et pourtant...
"Vous êtes piégés !"
Pourtant son rire se fit à nouveau entendre. Derrière, le boulevard se refermait, les Tyranocif nous encerclaient. Comment avait-il pu nous voir à travers cet épaisse couche de sable ? A moins d'être lui-même l'élu, il ne pouvait pas...
"Oh non ! fis-je horrifié."
C'était pourtant évident. L'élu Roche et le tyran n'étaient qu'une seule et même personne. S’ils savaient autant de choses sur les Elus, c’est parce qu’il en était un, s’il pouvait faire autant d’expériences, c’était parce qu’il était son propre rat de laboratoire. S'il ne m'avait pas reconnu auparavant, c'était parce que j'étais dans le dos de Pierre, et non pas parce que le sable l'empêchait de voir.
"Qu'est ce qu'il y'a ? demanda Pierre."
J'essayais à mon tour de nous téléporter hors de ce piège mortel, mais les Qulbutoké m'en empêchaient tout comme ils le faisaient avec le Tyran.
"On s'est fait avoir ! hurlais-je dépité. On s'est fait avoir comme des débutants !"

Toute forme d'espoir était vaine. Le Tyran empêchait tout le monde de nous voir, avec cette tempête de cendres, personne ne saurait notre situation.
"Vous voilà vous aussi pris au piège on dirait...
-Je comprends maintenant pourquoi tu es là depuis si longtemps, répondis-je, presque admiratif devant ce stratagème. Tu es bien plus qu'un chef de guerre."
Plus que tout, je devais gagner du temps. A vrai dire, il existait une once d'espoir, si Kyogre et Groudon arrivaient à temps.
"Que veux-tu dire ? demanda Pierre décontenancé.
-Il a bien caché son jeu pendant toutes ses années. Voilà pourquoi tu étais au courant de l'existence des Elus. Le Livre de la prophétie n'a pas rejailli tout seul. La Team Galaxie n'a fait que te le prendre. Et pendant tout ce temps, tu développais déjà des prototypes d'ICARE alors qu'on n'était même pas au courant de notre potentiel.
-Lilian, explique-moi. Explique-moi ce bordel ! ordonna Pierre, d'une voix inquiète. On n'était pas venus pour discuter à la base !
-Je te présente l'élu Roche. L'élu Roche et le Tyran ne font qu'un !"
Pierre frissonna. On avait tout prévu. Tout ce qui semblait impossible, nous avions trouvé un moyen de le contourner. Mais ça... On n'y avait jamais songé.
"Et quand vous vous êtes mêlés de cette guerre, j'ai extrait de vous la quintessence de ce pouvoir si particulier. Depuis le début, j'avais senti en Ed cette puissance si déconcertante pour les novices. Les minces filets de sang qu'il a laissé en cellule, les fragments d'ADN de Marc restés là où est tombé le corps de Glacia, la sueur que vous avez tous laissés dans le poste de commandement des missiles anti-Satellite, sans parler des petites éprouvettes que nous avons prélevé à la moitié d'entre vous dans la Bulle, avec tout celà, on a très vite collecté tous les gènes. Vous avez cru nous voler toutes nos données vitales, mais ça n'a finalement été qu'un échange. Plus vous trouviez d'Elus, plus j'en trouvais à mon tour. Sinnoh restait impénétrable et c'est en sortant de chez vous, en voulant m'anéantir que vous m'avez fourni ce qu'il me manquait. N'est ce pas amusant ?"

Amusant, non, certainement pas. Pas pour nous. Nous étions des pantins depuis le début. Nous étions venus en ces terres pour apporter une aide inattendue à la Nouvelle Armée. Mais tout cela n'était qu'une vaste illusion.
"Je sais tout de ce qui te rend si fort... Et en te précipitant ici, tu as précipité ta fin.
-Tu bluffes, tu n'auras jamais de quoi reconstruire un projet comme ICARE avant des années. DeJones est mort, la Bulle est détruite. Même ton petit espion a péri.
-Non sans avoir permis une victoire psychologique assez importante. Ta petite protégée n'est plus de ce monde.
-Et je n'ai par conséquent plus aucun regret... rétorquais-je déterminé.
-Et là, c'est toi qui bluffes. Je t'ai ôté ce que tu avais de plus cher. Mais je ne t'ai pas tout enlevé. Tes amis se battent ici avec toi. Et tout ce que j'ai pour le moment, c'est la Reine de Sinnoh qui mélange sa glace à ma tempête. Tu aurais du me prendre bien plus au sérieux. Tu n'as joué tous tes atouts au cours de cette bataille que pour sauver des vies inutiles. Ed serait mort dans cette petite rébellion à la prison et le pouvoir serait passé à un autre. Tous ces gens de la Bulle auraient fini par accepter leur sort, et ton amie serait encore vivante. Tu veux sauver des gens, tu précipites la mort d'autres. Et ce soir, tu viens de précipiter la tienne."
Une goutte d'eau tomba sur mon visage.
"Tu pleures comme une fillette, gamin. Tu comprends que tu as perdu, qu'il est trop tard. Cependant, prête-moi allégeance et nous dominerons ensemble, au lieu de mourir bêtement ce soir. Hoenn n'est qu'un préambule, le monde nous attend."
Je tombais à genoux, bien conscient de ce qui allait se passer.
"Lilian, tu ne vas quand même pas... commença Pierre.
-Non Pierre, fis-je la tête vers le sol. Ca ne dépend plus de nous."
Mais je pouvais quand même le rassurer maintenant...
"Cette goutte n'était pas salée... Ce n'était pas une larme, mais une goutte de pluie."
Ce qui se passait, c'est que la cavalerie arrivait !

La pluie mit fin quasi-instantanément à la grêle ou à la tempête dont le sable était plaqué au sol en s'amalgamant avec les gouttes. Un Zéphyr chaud passait à mes pieds. La tornade prit fin, et à quelques centimètres du Tyran, je croisais son regard fou et dénué de pitié. Puis levant les yeux au ciel, j'hurlais sous le déluge, non, sous une véritable tempête tropicale:
"Kyogre, Gicledo, Groudon, Séisme !"
Déjà à genoux, je m'ancrais au sol alors que Pierre en faisait de même. Le Tyran eut enfin une expression qui me plaisait. L'horreur se lisait sur son visage alors que derrière nous, la lame de fond la plus haute qu'il m'ait été donné de voir se préparait. La terre tremblait intensément, et la zone eut été construite que tout se fut déjà effondré au dessus de nous.
"Allez en enfer, sales rebelles !
-Passe devant !"
Lorsque la vague retomba, ce fut comme si mon corps se vidait de son âme. Tout d'abord un grand choc par l'arrière, puis une impression de flotter dans le vide, comme un esprit arraché à son corps. Je fermais les yeux, et nouait les mains sous mon corps recroquevillé, préférant penser que j'étais mal parti plutôt que de constater que j'étais bien plus mal parti. Mais la vague passa, et mes jambes retombèrent au sol, qui vibrait encore puissamment. Pendant le moment où j'avais lâché prise, l'onde de choc du Séisme était passée. Lorsque la vague continua sa course, retombant dans la mer, je voyais le ciel coupé en deux. D'un côté, une pluie diluvienne, de l'autre, un ciel sans nuages dont le soleil rasant refusait de se coucher, et au milieu, deux colosses, l'un rouge, l'autre bleu.

Les Tyranocif étaient toujours debout pourtant. Gicledo ne les avait peut-être pas tant éprouvés que ça, et même au contraire, les avait peut-être protégés du séisme tout comme cela l'avait fait avec moi. Alors que je croyais avoir joué mon dernier atout, une ombre serpentine passa furtivement dans le ciel, s'immisçant entre les deux colosses avant d'effectuer un looping, de se retourner et de creuser le sol à une vitesse incroyable. Rayquaza venait de transpercer littéralement l'île, et la secousse ne pardonna pas cette fois-ci. De nombreux éclairs se dirigèrent vers la ball du Tyran, mais quelques irréductibles continuaient de mener la vie dure à la Résistance. Au bas mot une centaine.
"Mais ils sont donc increvables ?
-Juste soignés automatiquement par la ball. Pierre t'a dit qu'elle était reliée à un PC ? Or, un Pokémon déposé sur un PC est soigné par la même occasion. Quand le bouton poussoir devient rouge, c'est que tous les Pokémon ont été soignés.
-Voilà pourquoi on ne voyait pas la fin de ces combats, comprit Pierre à son tour. En plus d'être nombreux, ils sont soignés à chaque fois.
-Et vous allez payer lourdement le prix de cette erreur."
Le Tyran leva la ball en l'air, dans un geste à la fois imposant et méprisant pour ses adversaires. Une lumière rouge émanait désormais du rond central.
"Non, pas maintenant, pas si près... me lamentais-je.
-Non, pas maintenant, en effet, répondit la voix de Silver dans ma tête. Groudon, la Terre, Regigigas, le Feu, Kyogre la mer, et bibi..."

Il ne manquait que l’air dans le quatuor des éléments. Je levai la tête au ciel. La tempête tropicale était un climat rêvé pour faire passer une grande quantité d'électricité.
"Mouahahahahahaha"
Une TRES grande quantité d'électricité.
L'éclair s'abattit à plusieurs dizaines de mètres de nous. On aurait pu croire que c'était un coup d'épée dans l'eau si la décharge n'était pas tombée justement sur une épée...
"Il fait comme avec Software... mais puissance mille, compris-je."
Le tyran avait regardé ce spectacle intrigué, oubliant d'en appuyer sur sa ball. Ce fut sa plus grosse erreur.
La lame de l’épée s'abaissa, et la puissance destructrice de la foudre fut relâchée en un rayon puissant, transperçant une rangée entière de Tyranocif, et finissant sa course dans la main du Tyran. La ball explosa en une multitude de fragments, rendant impossible toute réparation de celle-ci, et toute libération des quelques quatre cents Pokémon qu'elle contenait. Silver avait eu une idée de génie, même si je soupçonnais Ed d'être un peu derrière tout celà.
"On dirait bien qu'on reprend le dessus Pierre.
-Ce n'est pas encore fini, répondit le Tyran. Je doute que vous puissiez tenir longtemps face à tous ces Pokémon encore debout..."
Je trouvais moi aussi assez dur de résister à de telles forces de la nature à deux. Nos Pokémon étaient restés de l'autre côté, et le temps qu'ils nous rejoignent, nous aurions péri écrasés.
"On dirait bien que cette fois-ci, plus rien ne peut vous sauver... fit le Tyran dans un rictus de haine."

La tempête désormais parcourue d'éclairs réguliers inondait littéralement la zone. On pateaugeait dans plusieurs centimètres d'eau alors qu'une charge de Tyranocif fonçait sur nous. Pas la texture idéale d'un sol fait pour courir.
"Palkia, téléporte nous ! ordonnais-je mentalement.
-Impossible...
-Tu ne vas pas me dire que quelques Qulbutoké t'empêchent d'utiliser ta puissance.
-Non, ce ne sont pas les Qulbutoké le problème.
-Mais quoi alors ? Qu'est ce qui est assez puissant pour t'empêcher de nous aider ?"
Il ne restait plus qu'une vingtaine de mètres entre les Pokémon et nous. Le sable voletait autour de nous. Pourtant la tempête ne pouvait pas recommencer. Kyogre et Groudon assuraient un climat humide. Et puis je compris. Ce n’était pas que du sable.
"La seule chose qui peut nous empêcher de nous enfuir, c'est un élu... Une élue, plus précisément."
Le tourbillon de sable prit une forme vaguement humanoïde, avant de se redresser et de retrouver les couleurs d'une femme normale...
"Megan, content de te voir... Tu arrives à point nommé.
-J'ai pas encore mis à terre tous les joujous du Tyran, ne crie pas victoire trop vite."
Mais cette étape ne sembla être qu'une formalité.
"A mon signal, vous sautez, ordonna Megan... Prêts ? Maintenant."
Je pris mon plus bel appui et je sautais en l'air, en même temps que Pierre et que notre ennemi juré. Megan frappa lourdement le sol de son poing, et une vague d'énergie frappa les alentours en cercles concentriques. Les Tyranocif encore debout furent presque tous mis au tapis par ce Séisme qui aurait rendu jaloux Groudon lui-même. Encore une fois, Megan avait parlé.

"Il est encore là lui ? s'étonna Megan devant l'obstination du Tyranocif Shiny à rester debout, bien qu'il ait perdu ses esprits après les nombreuses attaques qu'il avait subi.
-Il est modifié, il n'est plus autant sensible aux attaques Sol. Il est de type Ténèbres/Psy, expliqua Pierre. Et il reste quelques autres Pokémon encore.
-Rien que nos forces ne pourraient anéantir... Par contre, lui, c'est un de ces fameux Pokémon Delta ? demandais-je plus pour confirmer mon point de vue qu'autre chose.
-Ma fierté, se vanta le Tyran, bien que son armée ait été presque réduite à néant.
-Et aussi une double faiblesse aux attaques Insecte, commenta Megan. Votre obstination m'étonnera toujours. J'ai rarement vu quelqu'un avec des oeillères aussi grandes.
-Espère d'insolente...
-Alex est avec vous ? rajouta t'elle à mon attention.
-Oui, il n'est pas loin, je le préviens pendant que l'autre reprend ses esprits."
Le Tyran tenta de m'empêcher de mettre fin à son armée, mais Pierre le tenait en joue. Un météore se serait écrasé à ses pieds qu'il n'aurait pas quitté son ennemi des yeux. A peine eus-je prévenu Alex qu'une salve de dards, dont certains empoisonnés, cadeaux d'Agathe, mettaient un terme à toute contre-attaque de la part de cette armée. Les derniers Pokémon tombaient les uns après les autres. La mythique armée de Tyranocif avait été vaincue.
"Ceci fait, reprit Megan comme si elle venait d'éxécuter une tâche quotidienne, n'oublions pas les politesses d'usage... Bonjour Lilian, je suppose que vous c'est Pierre, rajouta t'elle pour le maître d'Hoenn et..."
Elle se tourna vers le Tyran. De tous les qualificatifs qui existaient au monde, jamais je n'aurai pensé qu'elle utilise celui-ci...
"Bonjour père..."

imhotep43
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Niveau 10
29 décembre 2008 à 15:46:39

[Chapitre 71] La fille à papa:

On m'aurait annoncé que le Tyran me tenait en joue que le choc n'aurait pas été aussi fort...
"Dis-moi que je n'ai pas entendu ce que j'ai cru entendre, fis-je après un silence intensément long.
-Tu es armé ? demanda Megan.
-Bien sûr que non, et quand bien même, tu crois quoi ? Que j'irai dire à l'ennemi où sont mes moyens de défense ?
-Lilian, tu veux dire que ce psychopathe a donné naissance à une fille ? s'insurgea Pierre. Et c'est ça ton joker ?"
Megan ne quittait pas son père des yeux. Plus que tout elle ne voulait pas le voir s'enfuir. Mais dans son dos, elle décrocha un pistolet de sa ceinture et le pointa sur moi.
"Qu'est ce que tu fais ? Je croyais que tu étais là pour tes propres intérêts ? Pas pour ceux d'un dictateur.
-Je t'aurais dévoilé ma vraie nature que tu aurais refusé de me laisser sortir avec vous. Ca ne te gênait pas tellement de savoir qui j'étais quand j'ai tué deJones et sauvé votre plan d'évasion. Maintenant arrête de discuter vainement et prends ce flingue. C'est déjà suicidaire de venir ici sans armes..."
La réaction de Megan nous surprit tous deux, Pierre autant que moi.
"Tu es dans quel camp au juste, Megan ? demandais-je en récupérant l'arme qu’elle pointait sur moi une seconde avant.
-Le mien... La personne en face de moi est mon père, c'est vrai... Et je suis sa fille. Par contre, ce détail ne l'a pas empêché de me faire vivre cet enfer sous la Bulle pendant des mois, comme tous ces Elus qu'il traquait comme des bêtes... Et ça ne l'a pas empêché de tenter des expériences sur Raphaël, son seul et unique fils. Donc ca ne m’empêche pas d’avoir une certaine dent contre lui."

Le silence s'abattit à nouveau au milieu du champ de bataille. L'heure était aux comptes. L'armée avait déserté en voyant que le bataillon de Tyranocif et la division blindée avait fondus comme matière stellaire au trou noir (ou comme neige au soleil, selon votre échelle d'observation). Cela voulait-il dire qu'on avait fait prisonnier LA personne la plus importante de Sento ? Que plus rien ne pouvait nous arriver ?
"Pierre, je crois qu'il faut retrouver les nôtres. Ce qui se passe ici ne nous concerne en aucun cas. C'est l'heure des bilans.
-D'accord avec toi, je file voir Ed, et je les ramène tous. Et toi ?
-Tu vas où tu veux, mais il ne va nulle part, fit-elle en sortant une autre arme de sa poche gauche, qu'elle pointa sur le Tyran. J'espère qu'il aura autant de verve que la dernière fois qu'il m'a convaincu. Parce que je dois t'avouer qu'il va falloir un sacré baratin pour m'empêcher de lui planter un pruneau entre les deux yeux.
-Non, Megan, qui que soit cet homme, il doit répondre de ses actes devant un tribunal...
-Pierre, répondis-je... Pas la peine. Elle a raison. Et je suis là pour assurer la survie du responsable, même si prolonger sa vie après ce qu'il a fait à nous tous me dégoûte plus qu'autre chose."
Haussant les épaules, Pierre ne trouva rien à redire et s'éloigna. Il poursuivait le Tyran depuis tant d'années et me laissait la responsabilité de sa survie. Il était loin le temps où il contredisait toutes mes idées par principe.
"Maintenant, Père, raconte à notre ami commun ce que tu as fait... Et je veux tous les détails... Qu'il juge en sachant tout, et contrairement à toi, je l'écouterai."

Alors, le tyran commença une longue, très longue confession:
"Tu sais bien que je devais le faire Megan, pour...
-Pour tes idéaux stupides, c'est tout. Hoenn n'a jamais oppressé notre pays. Tout cela n'est que mensonges pour pousser une armée se former, un peuple à se révolter. Et pour ces idées, tu as fait plus de mal autour de toi que personne n'en fera jamais. Tu m'as réduite au silence quand j'ai voulu donner ma version des faits, tu t'es servi de Raphaël pour tes expériences, tu nous a tous trahis. Tes généraux sont presque tous morts, ta fille te hait, ton fils est mort, ou décérébré par toutes ces manipulations, et ta femme... ma mère... Tu te rappelles de ce jour où elle a pointé le pistolet contre elle ? Tu t'en rappelle hein ? Espèce de salaud ! Je vais te...
-Megan, arrête ! hurlais-je, la voyant presser la détente sans rien pouvoir faire."
Le coup me prit par surprise, si bien que je ne pus l'arrêter. Heureusement, ce n'était qu'une sommation, et la balle alla se perdre dans le charnier de Tyranocif.
"Raconte, raconte tout, maintenant. Au moindre faux pas, au moindre mensonge, une balle de ce pistolet ornera la couronne de honte qui trône sur ta tête."
Je n'en croyais pas mes yeux. Cette fille, la seule qui devrait respecter le Tyran plus que quiconque, et bien c'était la seule qui puisse se vanter de vraiment faire peur à son père, la seule qui lui arracherait jamais des aveux. Et elle était sur le point d'y arriver...
"Tout a commencé il y'a vingt ans... marmonna la voix méconnaissable d'un Tyran désemparé."
Elle y était arrivée !

"Il y'a vingt ans, un livre millénaire m'est tombé entre les mains. Ce livre s'intitulait la Prophétie des Deux Orbes. Ton ami t'en racontera le contenu bien plus sûrement que moi, étant donné qu'il est en sa possession. Au début, je n'ai pas cru à ces racontars de bonnes femmes. Et puis, une à une, les prophéties du livre se sont réalisées. Exactement comme elles avaient été décrites. Quand j'ai vu que le livre prédisait qu'un homme sorti de l'ombre vaincrait une nations entière et apporterait à sa descendance une aura de victoire et de respect, j'ai forcé le destin. Je devais être cet homme. La ligue de Sento me suivrait où que j'aille, j'ai donc levé l'armée, et entamé une propagande pour être sûr d'avoir des réservistes disponibles dès que possible. Et les premiers hommes tombaient au front, et les suivants les remplaçaient, croyant grâce à la propagande que nous ne faisions que défendre notre pays. Ainsi la première armée qui obéissait par devoir a été remplacée par une autre qui, elle, obéissait par conviction. Bien moins entraînée, mais bien plus impliquée. Au final, leur rage de victoire compensait leur peu d'expérience. Quel fier pays j'ai dressé contre Hoenn...
-Le cran de sûreté est enlevé, père, fit remarquer Megan. Ne me tentez pas, et racontez la suite au lieu de vanter les mérites de votre défunte armée.
-Très bien, très bien, s'inclina le Tyran. Hoenn a résisté, nous avons choisi de l'ignorer un certain temps, pour nous concentrer sur Kanto. Les victoires là-bas ont été au delà de nos espérances. En faisant force commune, les combattants de Kanto avaient été drainés sur Hoenn, laissant leur pays sans défenses. En quelques mois, notre victoire était assise. Quelle ne fut pas la surprise des soldats rentrant au pays que de se faire tirer dessus à boulets rouges par leurs "compatriotes". L'armée repliée sur Hoenn était encerclée. Au Sud, Sento, au nord, Kanto assiégée. A cette époque, vous ne deviez même pas être nés tous les deux."

La confession du Tyran m'étonnait de sincérité, mais ses plans de bataille m'impressionnaient encore plus. Simples mais radicalement efficaces...
"A cette époque, vous ne connaissiez pas les Elus ? demandais-je.
-J'ai remonté des années en arrière, des centaines d'années pour tout connaître des Prophéties. Le prophète avait écrit, et s'était lui-même censuré à ce sujet, car ce qui s'était passé au Mont Couronné ne devait pas arriver dans toutes les mains, mais nombre des écrivains contemporains avaient remarqué des personnes aux pouvoirs impressionnants partout sur la planète. J'ai tout d'abord cru à des versions "locales" des Saints des Ecritures Bibliques. Mais quelque chose ne collait pas.
-Leurs facultés appartenaient à un seul type, comme les Pokémon, complétais-je à nouveau.
-Et après des années de recherche, des années pendant lesquelles mon armée rognait sur le territoire d'Hoenn bien aisément, j'ai réussi à remonter la piste. Dix-huit Elus. Dix-sept types. Cette fois-ci, il y'en a un de plus.
-Bien évidemment, fis-je, pensant aux jumeaux Dante et Nero.
-Et puis tout s'est compliqué. Pierre a pris de l'influence, Aragon lui déléguait de plus en plus de choses, laissant vivre sur le continent, en paix, les agents comme Lilian, pas toi, rajouta t'il à mon attention, la mère d'Ed, et la défaite était au rendez-vous pour moi. Pendant longtemps, ce fut le statu-quo entre lui et moi jusqu'à ces dernières années. Et puis quand j'ai vu que je n'arriverai à rien par la manière loyale, j'ai cessé les batailles rangées. La terreur est devenue une arme de choix. J'ai compris que je développais moi-même des pouvoirs d'Elus pendant toutes ces années. Et je me suis mis en quête de tous les retrouver, pour les rallier à ma cause le moment venu. Mais ça ne s'est pas passé comme prévu.
-Marc, Voltère, Ed, tous ces gens qui ont rejoint la cause d'Hoenn, tous ceux-là vous échappaient. Sans parler des Elus de Sinnoh qui avaient sauvé le monde, bien après qu'ils aient su que leur prochain adversaire, ce serait vous. Et c'est là qu'est né le projet ICARE."

On attaquait la partie qui me concernait personnellement. Qui concernait tous les Elus:
"Il a fallut sept longues années au total pour mettre en route Icare. Quatre, tout d'abord, pour tracer des plans, trouver un lieu à l'abri de toute suspicion. La caverne Fondmer était un lieu idéal. Depuis le fiasco des Team Aqua et Magma, personne n'approchait plus ce lieu. J'en ai fait mon pied-à-terre à Hoenn. Assez loin d'Atalanopolis et d'Eternara pour ne pas être vu lors des incessants voyages des généraux d'Hoenn, mais assez proche d'Hoenn elle-même pour en connaître tous ses secrets. Une fois les bâtiments en place, nous avons cherché le clone idéal pendant trois ans, avant de s'apercevoir qu'il était sous mes yeux.
-Quand Megan a développé des pouvoir elle aussi... Ca vous semblait trop bizarre que Raphaël ne puisse rien faire d'extraordinaire.
-Je maudis ce jour ou je t'ai confié que je savais faire des choses qui sortaient de l'ordinaire, éclata Megan. Ce n'étaient que des délires d'enfants, mais toi tu y as vu le pouvoir que tu cherchais tant. C'est comme ça que tu as vu en Raphaël le cobaye idéal. Parce que je t'ai fait confiance. Tu n'avais pas le droit.
-J'ai fait ça pour survivre, bon Dieu, s'emporta le père de Megan. Si les Elus se rassemblaient, à 12 contre 5 ou 15 contre 2, on n'avait aucune chance. En développant Icare, nous avions une arme qui maîtrisait tous ces pouvoirs, de sorte qu'il ne nous suffisait plus que d'un seul élu surnuméraire pour nous assurer l'avantage.
-Et pendant dix ans, les expériences se sont succédées. Igor, Tito, les docteurs... Pour finalement en arriver à cloner Raphaël.
-Mais pour cloner ces pouvoirs, l'original devait les avoir. Les manipulations génétiques en étaient à leurs balbutiements. Nous avons bien du faire avec. C'était ça le plus dur techniquement."

Megan explosa littéralement:
"Techniquement ? Combien de fois t'ais-je demandé de voir mon frère ? Droit que tu me refusais obstinément ? Prétendument parce qu'il était fatigué. Et quand tu visitais la Bulle durant tes tournées d'inspection, que tu m'emmenais, que j'entendais ces cris terribles, sans savoir que c'étaient ceux de mon propre frère... Un frère qui a passé plus de temps loin de moi qu'à mes côtés. Dix ans que je ne l'ai pas vu... Dix ans qu'il souffre, son corps changeant à chaque fois que vous le manipulez. C'est ça tes soucis techniques ? Combien de fois je me suis réveillé en pleurs parce qu'il n'était pas là pour moi ? Il ne fallait pas compter sur toi pour me consoler, ou sur maman, qui en avait déjà fini des années auparavant... Combien de fois j'ai cru devenir folle, en venant à douter de l'existence même de mon frère ? Réponds-moi, c'est ça tes soucis techniques ? Réponds-moi, ose me dire que tu n'es pas allé trop loin en t'attaquant à ta famille ?"
Megan était haletante, tenant toujours son père en joue, le doigt heureusement loin de la détente. Elle attendait une réponse qui ne viendrait jamais. Autant enchaîner.
"Et quand Megan a posé trop de questions, vous l'avez transférée à la Bulle. Mais pourquoi n'avons-nous jamais entendu les cris de Raphaël ?
-Raphaël a été transféré loin de tout cela. A l'époque, nous testions les comprimés d'Ombre et les dispositif Crépuscule, Megan n'était pas totalement inoffensive. Je ne voulais pas que mon projet meure, parce que j'y tenais... Parce que je tenais à mon fils, rajouta t'il."
Mon sang ne fit qu'un tour. Il était trop tard pour raisonner Megan, elle fulminait déjà à cette parole totalement insupportable. Je déployais déjà un rempart entre son pistolet et son père. Bénie fut ma réaction, car une seconde plus tard, la balle transperçait de part en part son père. Au lieu de cela, elle resta fixée en l'air, devant une Megan médusée.

"Tu ne peux pas... commença t'elle.
-Tu m'as demandé de te raisonner. Je n'en avais pas le temps. Alors j'ai pris les devants. Quoi qu'il ait fait, il ne nous a pas tout dit. Si j'ai réussi à prédire ton acte, c'est que je savais comment tu allais réagir. Et si je le savais, c'est parce que j'ai réagi de la même manière...
-Merci, merci infiniment.
-Les remerciements ne te vont pas, vieux chacal, alors finis vite de raconter ton histoire avant que ça ne soit moi qui me lasse. Parce que je n'arrêterai pas ma propre balle !
-Mais vous savez tout ! J'ai tout dit. Tout le reste, tu le sais mieux que moi. Les Elus que tu as réunis contre moi, la résistance d'Hoenn. Tout cela tu connais. Jamais je n'aurais cru que tout cela se termine ici, les Légendes se sont mises sur mon chemin. Si j'avais su que vous aviez l'artefact suprême pour les appeler, que vous l'aviez trouvé, mes efforts auraient convergé vers la possession de la Flûte."
Après un instant de silence, je laissais Megan à son père. Elle pouvait l'achever comme elle le voulait, je m'en fichais. Elle pouvait même le laisser en vie, ça nous éviterait d'avoir à trouver sa réincarnation... Alors que j'allais m'éloigner, quelle ne fut pas ma surprise de voir toute la Nouvelle Armée, toute l'Alliance, au complet cette fois-ci, même les gardiens du ciel, juste derrière moi.
"Pierre, je suppose que tu as suivi assez ces aveux pour tout comprendre.
-J'écoute presque depuis le début. Je crois qu'on a tout ce qu'il nous faut.
-Sauf l'intéressé en question, je le crains, fis-je en montrant Megan en joue."

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Ah que je crois que ca va couper...

imhotep43
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Niveau 10
29 décembre 2008 à 15:47:24

Pierre resta un moment interdit.
"Elle ne peut pas, si ?
-Si c'est pas elle qui le fait, c'est Marc, si c'est pas Marc, c'est Ed, si c'est pas Ed, c'est moi, et la liste continue. La moitié des gens présents ici peuvent lui en vouloir à mort. Même Kim du haut de ses douze ans. Plus on avance, et plus je pense que la guerre ne lui rendra pas ses parents, rajoutais-je à mi-voix pour ne pas qu'elle m'entende."
A nouveau, le silence. Dans le ciel, les Pokémon mythiques nous entouraient presque tous désormais. Ainsi, tout le monde ici ressentait la même chose que nous lors de la destruction du Vortex. On avait gagné.
"Pardonnez-moi", fit le tyran d'une voix qui ressemblait plus à la sienne. Comme s'il voulait partir avec le peu de dignité qui lui restait.
Non, en fait, il n'avait plus une once de dignité, pourquoi s'excuser ? A moins que...
Un bruit de téléport se fit entendre derrière la masse du groupe. Tout cela devenait vraiment trop bizarre.
"Agatha ? Vous ici ? Ed, va voir ce qui se passe, demanda Pierre."
Le tyran que l'on connaissait ne se serait jamais excusé. Il aurait feint sans doute, mais pourquoi ? Son armée était réduite à néant...
Minute, son armée était réduite à rien ICI ! Et Agatha qui venait comme par hasard de Kanto, où la bataille se déroulait aussi. Toute cette confession...
"Il a voulu gagner du temps", lâchais-je presque comme un juron, tellement cette révélation était lourde de conséquences...
Agatha était haletante.
"Il arrive, entendis-je clairement de sa propre bouche, figée dans un rictus d'horreur."
Qu'est ce qui pouvait bien l’intimider, elle qui avait tout vu, la reine des spectres ? Ca devait être vraiment plus grave que ce que je croyais. On s'était fait berner en beauté, alors qu'Agatha ne parlait même plus... Elle criait en montrant du doigt un point noir voletant loin dans le ciel.
"IL ARRIVE !"

imhotep43
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Niveau 10
29 décembre 2008 à 15:48:01

[Chapitre 72] Ballet aérien:

Dans le ciel, le point grossissait de plus en plus, et même s'il restait loin, on voyait une aura noire, et le ciel qui s'obscurcissait rapidement.
"Qu'est ce que c'est que cette merde ? demanda Silver.
-Darkrai, Pokémon Noirtotal, "Monsieur Ténèbres" par excellence. Ne me demandez pas pourquoi, mais il obéit au Tyran.
-Comment tu sais ça Antoine ?
-Je vois bien plus loin que toi avec ces nouveaux dons, figures-toi. Et il se rapproche à vitesse Grand V.
-Je comprends. C'était ça la Cavalerie. Kanto n'était qu'un piège de plus pour drainer des effectifs là-bas, fit Pierre de plus en plus courroucé.
-Et vous avez foncé dans ce leurre tête baissée, ricana le Tyran. Vous êtes... pitoyables.
-Antoine, tu peux faire quelque chose ?
-Tout seul, je peux multiplier son temps de parcours par trois ou quatre avec un bon vent contraire, mais il va tellement vite. Ca ne vous laissera que quelques minutes de plus. A moins que..."
Il s'arrêta, et siffla en l'air, comme on sifflerait un chien. Dans ma tête, je comprenais ce que ce sifflement voulait dire, mais là Antoine allait très loin.
Une ombre volante de couleur verte se rapprocha à toute vitesse de lui et il l'enfourcha presque instantanément non sans lâcher un "je fais ce que je peux, démerdez-vous sans moi."
Dans la stupéfaction générale, il s'en alla à la vitesse du vent sur sa monture alors que seul Silver s'autorisait la remarque que tout le monde avait en tête.
"Je rêve où il vient de siffler Rayquaza comme on siffle un chien ?
-Et le mieux, c'est qu'il lui a obéi."

Acculé, le tyran restait pourtant désespérément souriant.
"Excellent, mon dernier combat sera enfin intéressant. Après ce petit amuse-bouche, passons au hors d'oeuvre."
Il n'eut pas à rajouter un autre mot. Une multitude de traits lumineux, des centaines, provenant du même endroit que Darkrai et se matérialisèrent aux côtés du Tyran. Des renforts, et des bons. On pouvait même apercevoir les capes et les distinctions de certains généraux que certains n'auraient pas voulu revoir avant une éternité. Mikhaïl en faisait partie, ainsi que son acolyte de la prison... Comment il s'appelait ce gusse déjà ?
"Sylvain, comme c'est amusant, on dirait qu'on va vraiment se battre à armes égales, sourit Ed.
-C'est sans compter sur mon chef-d'oeuvre, conclut-il avec un sourire horriblement malsain."
Sans qu'il n'eut à dire quoi que ce soit, un éclair traversa le ciel. Puis un autre, puis ces éclairs s'incurvèrent et convergèrent vers un point précis, duquel partait désormais une myriade de jets de lumière. Quelque chose semblait se matérialiser au milieu de ces flashes incessants. Ou plutôt... quelqu'un.
"Je ne crois pas que ce soit un invité, expliqua Pierre.
-Ca ne peut pas être pire que ce que nous avons détruit par centaines dans la Bulle, remarquais-je.
-Que tu crois, jeune insolent, fit le Tyran en entendant ma remarque faite pour redonner espoir aux troupes.
-Lilian, regarde !"
Le cri d'Aurore m'alerta, la forme humanoïde commençait à prendre des traits vraiment humains. Et des traits familiers. Megan était la plus horrifiée de nous tous.
"Vous avez tué toutes les copies, mais pas l'original. Echec et mat !"
ICARE nous faisait face, et pas un clone, cette fois, mais bien le frère de Megan. Et il n'était pas d'humeur à discuter.

Rien ne semblait pouvoir briser la protection du tyran, pas même nos efforts répétés. A chaque fois il sortait une nouvelle ligne de défense de sa poche.
"Mais cette fois, c'est la dernière, il a jeté toutes ses forces dans la bataille, envoyais-je mentalement. On ne joue plus.
-Je t’entends, tu sais ? siffla le Tyran. N’oublies pas que je suis comme toi. Tu sais que tu peux tout arrêter encore ? Te soumettre et mettre fin à toute cette mascarade.
-Tu sais ce que je... ce que NOUS comptons faire de cette proposition, répondis-je, en regardant Pierre.
-Je sais, et moi aussi, je comptais bien m'amuser. Merci d'être aussi suicidaires et déraisonnables, au moins vous laisserez un souvenir agréable dans ma mémoire quand je vous enterrerais."
Il communiquait lui aussi en pensée avec toute sa cliquaille de dresseurs, et pas un son ne sortait de sa bouche. Il avait un avantage psychologique et tactique indéniable. Megan, elle, n'en pouvait plus d'attendre. L'arme dans sa main se vida sur le Tyran, et éclata sur une protection de pierre qui s'était dressée sur son chemin.
"Toujours aussi impulsive et sotte, ma fille. Icare, montre à ta chère soeur ce qu'est le vrai combat."
Icare ne laissait aucun doute sur ses intentions, un rai de dards empoisonnés gros comme des doigts se dirigea vers Megan, et fut arrêté par un bouclier d'énergie, le mien. Megan ne cligna même pas des yeux, tellement blasée qu'elle était de la situation. Son propre frère, pas une copie, celui qu'elle n'avait vu depuis plus de dix ans, elle le retrouvait maintenant, et voilà qu'il ne la reconnaissait pas, non, pire, qu'il l'attaquait... Et elle, désespérément vulnérable, lâchant une unique larme en bredouillant comme une petite fille:
"R... Raph', c’est moi !"

Derrière nous, la nuit se fit soudain plus noire, plus inquiétante, plus proche. Elle tomba brusquement alors qu'une ombre malsaine, et encore plus sombre terminait le Trium Virat maléfique formé par le Tyran et son fils.
"Antoine, pensais-je. J’espère qu’il s’en est sorti
-Moi, ça va, mais Rayquaza en a pris pour son grade, fit l'intéressé atterrissant à quelques mètres de moi, les vêtements brûlés par endroits. C'est encore un de ces colliers de malheur qui contrôle la volonté de Darkrai. Et c'est du solide, croyez-moi.
-Même pour moi ? demanda Silver.
-Je ne fais pas la même erreur deux fois, le dispositif est à l'abri des impulsions électromagnétiques, se vanta le Tyran. Vous comprenez enfin ? Pendant tout ce temps, je n'ai fait que vous étudier. Et maintenant que j'en sais assez, vous vous êtes jetés dans un piège parfait dont vous ne ressortirez pas vivants."
Aucune faille dans son plan. Aucune de sa part en tout cas, et nous qui présentions des points faibles de tous côtés. On n'avait plus le temps de discuter maintenant.
"Pierre, tous les dresseurs sont à toi, y compris Agatha. Tu me dégages ces soldats. Les Elus, sur Icare. Ed, tu prends Darkrai en un contre un et dès que tu en as fini, tu nous rejoins.
-Pardon ? Moi contre lui ? Et tout seul ?
-Tu en démontes dix par jour des comme lui si tu le veux, alors laisse enfin s'exprimer toute cette puissance qui sommeille en toi. Ca va être long et épuisant, mais les Ténèbres, c'est ton élément. Et ne discute pas !"
Un projectile d'énergie comme ceux que j'envoyais d'habitude vint s'écraser sur ma protection. Et il avait la puissance pour pouvoir briser ce mur d'habitude si résistant.
"On ne discute plus, répétais-je en préparant une balle de lumière de mon côté, c'est la bataille finale !"

Icare avait jeté la première pierre, j'allais lui envoyer un rocher à la figure. Ed s'envolait sur Dracaufeu en direction de Darkrai, et les Dresseurs, sous le commandement de Pierre, se mettaient en position de combat, au bas mot à un contre vingt. Pour ma part, lévitant à la hauteur de Raphaël, une aura rose m'entourait désormais, pulsant au rythme des battements de mon coeur. La boule d'énergie spatiale grossissait au point d'être plus grande que moi désormais. Mais Icare me regardait sans même comprendre pourquoi je m'acharnais. Il semblait si sûr de sa victoire, son regard était plein de suffisance et d'indifférence.
"T'es bien le fils de ton père. Tu ne comprends pas que nous ne voulons que le bien de la multitude de gens qui habitent ici ? Des personnes comme celles que ton propre père, dans sa folie sanguinaire, a tuées par centaines... Par milliers, même.
-Ce n'est pas à moi de juger les actes du Seigneur de Sento fit-il sans vraiment comprendre ce qu'il disait."
Dans son regard vide de toute émotion, rien ne transparaissait, même pas de la colère, de la joie ou autre sentiment montrant sa domination assurée.
"Tu lui as lavé le cerveau ? C'est ça ? Comment as-tu pu faire ça à ton propre fils ? commença Megan, devenant elle aussi dangereusement énervée.
-J'avais besoin de place pour en faire une véritable machine de guerre. Mais rassure-toi, quelque part au fond de lui-même, c'est encore Raphaël. Oups, je n'aurais peut-être pas du te dire ça, maintenant, tu vas avoir des remords à le tuer.
-Mais moi, je n'en aurai aucun, fis-je alors que la sphère faisait désormais deux fois ma taille."
La lançant sur Icare, j'allais enfin pouvoir savoir qui était le plus fort de nous deux...

La balle rebondit sur une étrange protection miroitante, on aurait dit une bulle de savon, mais des milliards de fois plus solide. Je ne pus que contempler mon arme se retourner contre moi, alors que je dressais une barrière de fortune qui ne résisterait certainement pas à cette puissance.
"On dirait bien que c'est fini pour cette fois, fis-je avec un regret amer au fond de moi-même."
La boule brisa ma protection en miettes, et s'épuisa sur une première barrière transparente, avant de totalement disparaître devant une autre.
"Sauf ton respect, tu auras besoin de nous, me lança Dante en s'approchant de moi en lévitant.
-On est quand même bien informés sur le sujet des barrières psychiques, continua Nero.
-Merci du coup de main. Vous ne pouvez pas le contrôler à ce sujet ? demandais-je, cherchant une solution.
-C'est comme si c'était une coquille vide. Il n'a plus aucun sentiments, il n'est pas aux commandes de lui-même. Un peu comme Nero lorsqu'il s'était coupé du monde dans la Bulle. Mais pour lui, c'est plus grave, il ne reste presque plus rien de sa personnalité d'avant.
-Et en dix ans, sa perception de lui-même doit avoir totalement disparu avec tout ce qu'il a subi.
-Aucune aura émotionnelle n'émane de lui, rajouta Nathan, derrière moi, aucune âme à dérober, je confirme qu'il est lobotomisé comme il faut. Qui que ce fut, cette personne n'existe plus, ou alors, dans un coin reculé de son cerveau coupé de tout.
-Dans ce cas, on ne doit avoir aucun remords à se débarrasser de lui. Deux équipes, une en l'air, une au sol et on canarde.
-Pauvres fous, soupira le Tyran. Vous n'y arriverez jamais."

De chacun de nous partit un flux d'énergie pure, liée à l'élément qui nous était propre. Une lance d'énergie qui s'écrasa tout d'abord sur une protection qu'avait bâti Icare, mais qui sur la durée pouvait réussir à la briser... DEVAIT réussir à la briser.

En bas, je ne pouvais que trouver impressionnant l'effort de mes compagnons réunis. Tout le monde se donnait à son maximum, sauf...
"Megan, tu n'as plus le temps de jouer avec ton père. Aide-nous à détruire Icare.
-C'est mon frère, je ne lui ferai rien. Tu ne comprends pas ?
-Ce n'est plus ton frère, c'est une coquille vide qui a l'apparence de ton frère. Ton père l'a détruit. Ce n'est même plus le fantôme de lui-même.
-Ne l'écoutes pas Megan. J'ai le pouvoir de le faire redevenir lui-même une fois cette guerre gagnée. On enterrera les Elus, et on attendra la prochaine génération, et tu seras là pour les guider pendant que ton frère profitera de ses vieux jours comme il le souhaite, dans un monde qui nous obéira au doigt et à l'oeil. Ce n'est pas ce que tu voulais ? Être la princesse de ce nouveau monde ?
-Pas... pas à ce prix, père.
-Le prix a été payé, tu ne vois pas ? Nous n'avons plus qu'à profiter de cet investissement. Icare va raser cette résistance stupide, et plus personne n'aura à en souffrir.
-Tu es d'accord Icare ? demanda Megan, les yeux mouillés de larmes dirigés vers son frère.
-Je suivrais la volonté du Seigneur de Sento jusqu'au bout. Sa volonté est la mienne."
Megan lâchait prise.
"Mon petit Raphaël, regarde-moi, et répète-moi ça ? sanglota t'elle."
Mais son frère, du moins ce qu'il en restait, ne répondit pas cette fois-là.

"Alors, tu es convaincue, tu as vu la lumière maintenant ? Rejoins-moi, tout ce que tu as fait n'était que survivre, et je ne t'en tiens pas rigueur. J'aurais fait la même chose si je n'avais pas su, si j'avais erré comme toi pendant si longtemps. Rejoins-nous, toi, moi et Icare serons à l'abri de tout désormais.
-Père,... mon..."
Aux pieds du tyran, un choc sourd se produisit, coupant la parole à la jeune femme. L'aura noire s'effondrait devant eux, et une ball lancée du ciel vint capturer Darkrai. Ed avait réussi.
Megan allait lâcher prise, et je n'avais plus le temps de descendre la convaincre qu'elle faisait le mauvais choix. Elle n'allait pas nous lâcher maintenant ?
-Mon frère... s'appelle Raphaël, fit-elle à bout de souffle.
-Elle perd la tête, ma parole, fit Antoine.
-Je ne crois pas, répondit Nero, elle vient de mettre toutes les pièces du puzzle en place."
Megan prit soudain un air plus déterminé, plus vindicatif, le regard de la Megan que je connaissais. Même à plusieurs mètres en dessous de nous, je ne pouvais pas me tromper. Elle avait fait son choix.
-Mon frère s'appelle Raphaël, répéta t'elle alors qu'une aura de poussière dorée l'entourait désormais. Raphaël, pas Icare..."
Une déferlante d'énergie terrestre vint s'abattre sur l'arme la plus perfectionnée du Tyran, rejoignant le canon d'énergie qui grossissait encore. La puissance des Ténèbres se mit elle aussi de la partie. Le bouclier d'Icare se fendillait. Le dernier assaut était lancé.

imhotep43
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Niveau 10
01 janvier 2009 à 17:20:09

LA dernière série de publications... Enfin dirons certains...

[Chapitre 73] Sur le fil:

Rien ne pouvait décrire ce qui se passait actuellement autour de nous. C'était comme... comme si l'univers tout entier n'avait plus d'importance. Comme si le destin, l'avenir, le vrai, celui qui aurait une chance d'être radieux, ou tout du moins ensoleillé dépendait de ce qui allait se passer ici.
"Evidemment que ca va se jouer ici, évidemment, pauvre sot.
-Arceus, si j'ai besoin de quelque chose venant de ta part, ce n'est certainement pas de tes reproches ou de ton jugement sur ma personne.
-Désolé, mais la stupidité de certaines de vos pensées me surprend parfois. C'est sans doute la plus grosse différence entre vous et nous.
-"Nous" ? Tu parles de toi au pluriel maintenant, ou de tous tes amis Légendaires qui ne sont pas encore venus nous aider ? Dis-moi, au lieu de te vanter, tu pourrais m'aider ?
-Figure-toi que je t'aide comme je peux. Icare est très fort et ce n'est pas de là où je suis que je parviendrai à vous aider à le battre. Les autres Légendaires ont entendu ton appel, mais ils ont fort à faire pour t'aider là où ils sont. C'est une purge qui a commencé. De partout.
-Et tu ne peux pas venir ici pour nous aider à tout finir ? Ah non, bien sûr, tu ne peux pas. Ta fameuse non-ingérence.
-Surtout le fait que le tyran a, parmi ses nombreux plans, celui de me capturer. Il connaît l'existence de la flûte et il sait qu'en théorie, elle peut me forcer à venir ici. Et même si les Légendaires tuent actuellement des soldats par dizaines, si le tyran met la main sur la flûte, il n'aura plus besoin de ces soldats pour gagner. Si j'étais toi, je ferais attention à Aurore.
-Elle a tendance à attirer les Ultralaser, je te l'accorde, mais on veille sur elle. Tu as d'autres informations importantes à partager ? Non pas que j'ai envie de faire une scène sur ton inutilité actuelle, d'ailleurs, je commencerais presque à comprendre que tu ne veuilles pas te montrer vu le détraqué qui me fait face, mais là, j'ai vraiment pas besoin d'une voix dans ma tête pour me déconcentrer sur ce que je fais. Ca fait plusieurs minutes que je balance de l'énergie pure, de quoi décoiffer pas mal de personnes si jamais je venais à "déraper".
-J'en ai deux, la première risque de devenir une urgence d'ici peu. Vos attaques, surtout la tempête sismique et aquatique de Groudon et de Palkia ont fragilisé la roche, et les secousses énergétiques que vous engendrez vont finir de détruire la cohésion des blocs."

Je quittais la conversation, juste temps de comprendre ce qu'il disait et d'essayer de voir l'état du bouclier de Raphaël, non, d'Icare, derrière le faisceau lumineux qui se trouvait entre lui et nous.
"L'île s'effondre, c'est ça ? On a combien de temps ?
-Bien que les Elus ne risquent rien, tes amis dresseurs sont en danger de mort s'ils n'ont pas de quoi s'envoler au moment où tout s'écroulera.
-COMBIEN de temps ? insistais-je.
-Pas plus d'une petite demi-heure, au rythme où vous enchaînez vos attaques. Et la deuxième nouvelle, c'est que vous ne faites rien du tout à Icare. Son bouclier se répare plus vite que vous ne l'endommagez.
-Et tu n'as pas une petite idée pour nous aider ?
-Il faut concentrer les projections d'aura de tous les Elus sur lui. Tous, y compris son père.
-Les projections d'aura ?
-Les jets d'énergie, c'est votre aura qui se dirige sur lui. Tant que vous êtes vivants, vous aurez la force de frapper, mais en contrepartie, ca vous épuise, et assez vite.
-Grosso modo, tu nous demandes de convaincre le Tyran de tirer sur Icare ? Bien sûr, fis-je faussement joyeux. Hey, monsieur le Tyran, tu veux bien nous aider à détruire l'arme la plus puissante contre nous ?
-Je ne sais pas comment tu feras, mais c'est toi le stratège."
Je soupirais, Arceus ne pouvait vraiment pas faire plus pour nous ? En temps normal, j'aurais pu dire que ces informations étaient vraiment importantes, mais le moyen de tuer Icare aurait été un peu plus appréciable s'il pouvait être mis en application.
"Je ferais avec, files avant qu'on te repère.
-Comment... sais-tu que je suis là ? J'ai tout fait pour laisser croire que j'étais encore là-haut.
-J'avais remarqué ce détail, merci. Mais si tu communiquais en pensée avec moi, le Tyran t'aurait entendu, tu étais donc obligé de faire le déplacement, même si ton camouflage optique est parfait. Et juger sans aller sur le front aurait été une erreur stratégique que toi, être supérieur à nous tous, pauvres humains, tu n'aurais jamais faite. Maintenant, si tu veux plus d'explications, il va falloir attendre, on est un peu occupés là."

Un flash parmi tant d'autres se remarqua à côté de moi, Arceus s'était téléporté.
"On va s'en sortir, fis-je pour moi-même. On va...
-Vous ne vous en sortirez pas ! répondit la voix tonnante du Tyran dans ma tête ! Vous n'êtes pas assez forts pour tuer mon oeuvre.
-J'oubliais qu'il avait libre accès à ma tête lui ! Dante, Nero, une barrière mentale vite !
-On s'occupe déjà de contrer ses attaques, désolé, mais il nous pilonne de toutes parts. En plus d'être puissant, il a de sacrées capacités mentales. Il nous a tous en ligne de mire.
-Je m'en occupe, répondit Nathan. Mais j'ai besoin de toi en retour !"
Je sentis comme une intrusion en moi-même. Comme si j'étais...
"Possédé, c'est exactement ça, me fit Nathan. Je suis en toi. Je vais devoir projeter mon aura à travers toi par contre.
-J'ai deux mains que je saches ! Occupe-toi d'empêcher le Tyran d'accéder à nos pensées. Améliore le Réseau, il ne doit pas y accéder. J'ai la solution dans mon esprit, mais je ne sais pas encore comment m'en servir. Et s'il y accède...
-Il saura tout de notre seule issue. Reçu, fais-toi petit, je vais te faire un écran total, et on va faire le contraire, je prends le contrôle de ton corps.
-Et je vais où moi ?"
Sans comprendre, je me retrouvais projeté dans une salle presque vide, uniquement meublée de quelques fauteuils. J'étais dans le Réseau, vraiment à l'intérieur.
"Au moins on est tranquilles."
Du moins, c'était ce que je croyais, avant qu'une ombre ne s'écrase contre une barrière fantomatique.
"Je le retiendrais pas longtemps, alors trouve la solution ! ET VITE !"

Quelques secondes, je devais trouver un plan parfait en quelques secondes. Rien n'était moins sûr.
"Et bien évidemment, personne ne viendra m'aider... Réfléchis donc !"
Comment pousser le Tyran à tirer sur son fils ? Il ne pouvait que s'il se sentait menacé par lui. Et encore, il verrait très vite qu'en faisant ça, il perdait. Il préfèrerait raser l'île avec une série de missiles plutôt que de tuer Icare. Et encore, cela supposait qu'il allait utiliser ses pouvoirs au maximum de leurs possibilités. Il fallait donc avant tout le convaincre d'y aller dès le début à pleine puissance.
Une nouvelle silhouette du Tyran s'écrasa contre la barrière de Nathan. Cette fois-ci, elle laissa un impact comme celui lancé par un caillou sur une vitre.
"Je ne sais pas si tu remarques, mais j'ai mal à chaque coup que je prends, et même si la bulle m'a endurci, j'ai l'âge d'être ton petit frère alors s'il te plaît, fais en sorte que je devienne pas fou en te protégeant."
Et Nathan qui me mettait la pression. si je faisais ça, mes amis ne tiendraient pas longtemps. Déjà que je trouvais que je m'épuisais, même si Nathan avait pris les commandes, je suais désormais à grosses gouttes. Dans ces conditions, j'avais bien du mal à se concentrer.
Je songeais aux conséquences de cette fatigue sur les autres membres du groupe. La lévitation demandait un effort supplémentaire à chacun de ceux qui volaient à mes côtés, sans parler des jumeaux qui devaient maintenir un bouclier sur deux niveaux. Et s'il lâchait à un endroit, le tyran ne se priverait pas de nous envoyer la sauce...
Un nouveau fantôme s'écrasa laissant cette fois-ci une fissure large et dangereusement fragile. Le prochain coup serait certainement le bon.
"Une seconde, si le Tyran nous envoie la sauce, il ne pourra qu'activer son aura. Il connaît les pouvoirs des Elus aussi bien que nous, et sait bien que c'est ce qu'il a de plus puissant. Donc...
-Lilian, magne-toi, il va charger !"

Je commençais vraiment à paniquer. Et Nathan n'arrangeais pas les choses.
"-Donc, répétais-je sans me soucier de ce que j'entendais, si on laissait volontairement une faille dans le bouclier et qu'il la repère, il attaquerait... Mais comment faire pour qu'il attaque Icare. Il est capable de rejeter même mes projectiles, alors comment... Hey !"
Je ne pus pas aller plus loin, une ombre se dirigea droit sur moi, brisant la barrière comme du verre alors qu'une main spectrale m'extirpait de ce bourbier et me faisait reprendre le contrôle de moi-même.
"Ca va Nathan ? Je ne te sens plus en moi !
-Je suis aux commandes de mon propre corps, maintenant, si tu veux propager ton idée au reste du groupe, j'ai gardé un semblant d'énergie pour ça. Ca ne nous protègera que quelques secondes...
-C'est suffisant, fis-je en refusant de penser à mon plan, ce qui devenait de plus en plus dur. Si j'y pensais, le tyran le lirait. J'envoie des images, pas des longs discours. Envoie la sauce !"
Cette fois-ci, l'aura spectrale nous entoura tous, et resta visible aux yeux de tous, le temps pour moi d'envoyer toutes les instructions à tout le monde. La protection ne dura pas assez longtemps pour que j'envoie tout de manière totalement sécurisée, mais ce que le Tyran capta n'était que d'importance minime: "Concentrer toutes les auras sur Icare"
"Ainsi vous avez compris que vous ne pouviez tuer Icare qu'avec mon aide ! Je vous l'aurais bien proposée en d'autres circonstances, mais ce n'est pas votre jour, on dirait."
Autour de moi, des rayons émettait désormais seulement par intermittence, le moment rêvé pour faire croire à notre faiblesse. L'occasion d'écrire l'histoire.

Tout se passa alors très vite. D'ailleurs en y repensant, j'avais presque l'impression que tout s'était fait d'un coup.
"Nero, Dante, ne laissez pas tomber notre protection ! fis-je comme un signal.
-On ne tient pas la protection et la projection en même temps, désolé !"
J'espérais qu'il disait ça pour donner le change, sinon nous étions fichus.
La barrière éclata par endroits, laissant une cible de choix aux yeux du tyran. Je détestais faire ça, mais je devais prendre un appât, et de nous tous, une seule personne avait la flûte que le tyran pouvait convoiter.
"Désolé Aurore, j'espère de tout coeur que ca marchera."
Une goutte de sueur (une larme ?) quitta ma joue pour tomber sur le sol. Si elle venait à mourir par ma faute, je ne me le pardonnerais jamais. Et je n'aurais vraisemblablement aucune occasion de me pardonner vu que la mort nous aurait fauché une petite minute après elle.
Le tyran repéra de son oeil aguerri en la matière une faiblesse dans la défense ennemie. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que d'être l'élément déclencheur de notre perte. En plus c'était la mélomane, celle qui était responsable de la flûte. Il pouvait tous les tuer d'un geste et sa cible était rêvée. Elle ne regardait pas dans sa direction, trop occupée à surveiller Icare, bien au-dessus de lui ! Un instant, un instant seulement, il songea que ce pouvait être un piège, mais il se força à voir les faits. Ses adversaires faiblissaient, de manière exponentielle, et il avait là une occasion que seul un incapable aurait raté. Il fit apparaître une aura couleur pierre qu'il concentra dans sa main. Il contempla cet instant, sentant une odeur familière. Celle de la victoire.
Il relâcha son aura sur Aurore, elle ne pouvait plus y échapper, son destin était scellé.
"Maintenant ! hurlais-je !"

Le jet d'Aura était parti, plus rien ne le retiendrait. La sphère d'énergie rencontra la barrière psychique, et elles n'explosèrent pas l'une sur l'autre. Non, l'aura du tyran semblait comme absorbée par le bouclier, comme s'il utilisait sa puissance pour se recharger. Et c'était ce qu'il faisait en partie, même si l'énergie déployée avait de quoi tout faire sauter. Mais il ne s'agissait pas de la contrer indéfiniment, juste de la contrôler quelques secondes, le temps... le temps de la renvoyer comme l'avait fait Icare avec ma toute première attaque.
"Ca ne vous protègera pas longtemps ! Cette puissance est bien trop forte pour alimenter vos batteries.
-Jusqu'au bout, tu n'auras rien compris ! répondis-je en un message sybillin."
Avant même que quelqu'un ne se demande qui allait s'occuper de tirer le coup final, une ombre émergea du groupe et se plaça devant tout le monde. Dans sa main droite, une énergie noire et malsaine des ténèbres, et dans la gauche, l'aura plus claire, mais encore plus maléfique du Tyran... Ed !
"Ici s'achève ton règne ! déclama t'il comme s'il avait attendu ce moment toute sa vie. Tyran, tu as perdu !"
J'étais excité comme jamais, j'aurais pu faire le plus long discours qui ait jamais été prononcé sur Terre à ce moment précis, mais certains petits mots résonnaient tout aussi fort dans l'éternité que les plus longues phrases. Celui-ci en faisait partie...
"FEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUU !"
L'énergie concentrée jusqu'alors en un faisceau unique se mit à changer. Les Auras entouraient désormais Icare de toute part. Il n'avait absolument aucune chance de s'en sortir sans traverser l'Aura, et, comme le craquement sordide d'un os que l'on brisait, la protection d'Icare disparut en même temps que les derniers espoirs du Tyran.
Icare allait mourir et plus rien ne pourrait l'empêcher, et notre ennemi se rendait compte de l'erreur terrible qu'il avait fait en tentant d'accélérer les choses. Mon plan avait fonctionné.

Ce qui se passa par la suite était assez étrange. Comme si l'Aura avait sa volonté propre, elle hésita autour d'Icare, sans plus rien désormais pour le protéger. Et sans pitié aucune, elle se referma, se réduisit, ne devint plus qu'un point extrêmement lumineux qui nous obligea à fermer les yeux. Dante et Nero doublèrent l'épaisseur de la barrière qui nous protégeait, s'attendant à ce que toute cette énergie implose d'elle-même. En un sens, ils n'eurent pas tort, car le point implosa vraiment, mais sans toutefois faire plus de dégâts qu'une immense IEM comme celles que Silver ne pourrait jamais produire avant une bonne éternité.
Quand la lumière disparut, je vis clairement le corps d'Icare retomber. Il n'avait pas été réduit en cendres dans l'explosion. Un moment, je crus qu'il avait vraiment survécu sans dommages à tout ça, mais le corps chuta lourdement sur le sol, sans qu'aucun des pouvoirs qu'avait le surhomme auparavant ne puisse amortir cette descente.
"Icare, non ! hurla le Tyran en se dirigeant vers le point d’impact."
Plus occupé par la perte de son arme la plus puissante que par son fils, certainement, il n'en était pas moins bouleversé de voir cette personne mourir sous ses yeux. De notre côté, nous étions tous en sueur, littéralement exténués par l'effort, et il y'avait de quoi, mais nous ne pouvions pas nous déclarer vainqueurs... Non, pas tant qu'il était vivant. Cependant, il n'avait plus d'armes autres que celle que l'on contrait sans pousser bien loin nos pouvoirs défensifs, et son armée ne semblait plus poser de problèmes à Pierre et à ses dresseurs expérimentés. Je n'arrivais pas à savoir si Mikhaïl et Sylvain étaient encore debout. Ca ne valait même pas le coup qu'on l'aide. La fin était proche, et il était l'heure de faire les comptes... et de payer ses dettes.
Et rien, plus rien ni personne ne nous empêcherait de les demander, en tête à tête avec l'intéressé.

imhotep43
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Niveau 10
01 janvier 2009 à 17:21:38

[Chapitre 74] Déchirements:

Tout ce qui restait de l'armée qui avait si vaillamment combattu pendant des années, que dis-je, des décennies pour Sento était désormais en train de s'effondrer autour de nous.
"Sylvain, où sont mes hommes ? Pourquoi sommes-nous si peu nombreux ?"
Rien, plus rien ne résistait à notre passage, même pas Icare, même pas ce Tyran qui pendant des années entière avait mené une guerre sans merci contre Hoenn et ses dirigeants.
"C'est incompréhensible, Tyran, je reçois des rapports de toutes parts me disant que des Pokémon légendaires les ont pris pour cible. J'ai perdu le contact avec certaines. On se fait attaquer de toutes parts, nos soldats fuient par centaines !"
Un moment, je pensais à tout ce qui était à la portée de notre main. Peut-être était-ce cette toute puissance qui avait poussé Arceus à se retirer des affaires du monde.
"Lilian, Arno vient de me dire que l'éclair lumineux qu'ont émis les Auras a été vu par le satellite. Il y'a déjà des déclarations officielles de la part du reste du monde qui circulent sur internet."
Le monde entier était à portée de main, si je le voulais, et pourtant, la seule chose que j'aurai réellement voulu avoir, la seule personne que je voulais près de moi, elle, je ne pourrais plus la voir, plus jamais.
"Arno, je te rappelle d’ici peu. On n’en a pas fini ici. Aucun de nous n'a l'intention de le traîner devant un tribunal, je crois... Reste à savoir qui va appuyer sur la détente."
Eva, elle, ne serait pas là pour partager cette victoire avec moi... Je ne savais même pas si je pourrais un jour lui offrir une dernière demeure digne de ce nom. Avec la tempête qui nous avait balloté et qui avait bien failli me tuer, son corps avait certainement du disparaître, emporté par les vents et les flots, ou par les soldats qui nous avaient encerclés sur le toit.
"Mikhaïl, occupe-toi de ces importuns, finis le travail pour lequel je t'ai payé."
S'il avaient osé toucher à un seul de ses cheveux, je les retrouverais, ou qu'il se cachent. J'avais encore leurs visages ancrés dans l'esprit, alors que cette scène refusait de quitter mon esprit. Je les reconnaîtrais, et je me délecterais de leur mort lente et douloureuse.

"Désolé patron, mais je n'ai aucune obligation de risquer ma vie pour vous. Et je crois que vous n'aurez pas besoin de cet argent là où vous allez.
-Mikhaïl ! Reviens ici !
-Mes salutations au Diable... Je ne suis plus avec vous."
Mikhaïl sortit un Branette de sa ball, et lui ordonna de se téléporter. Ce à quoi Megan répondit par un signe de tête négatif, lourd de conséquences... Quand il comprit qu'il ne pourrait pas quitter l'île vivant, son visage changea du tout au tout. Il porta alors son arme au niveau de son épaule, mais n'eut jamais l'occasion de tirer. Deux monolithes émergèrent de part et d'autre de sa position, et se rapprochèrent de lui, le broyant dans un étau de pierre qui serait sa tombe.
"Voilà ce que je fais des traîtres, répondit le Tyran à la proposition du défunt Mikhaïl de le laisser tomber. Sylvain, je croyais que les gènes des Elus allaient le rendre invincibles !
-Nous avons la jeunesse éternelle, l'immortalité dans un certain sens, expliqua Silver, non sans une pensée pour son ancêtre qu'il avait tué de ses mains. Le temps n'a pas d'effet sur nous. Mais ca ne veut pas dire qu'on ne peut pas nous tuer. C'est bien pour ça que vous pouviez avoir une chance d'en finir avec nous.
-Et c'est aussi pour ça que nous sommes tous là pour toi, continua Ed avec un regard meurtrier."
Une lame de roche parcourut la terre et alla surprendre Megan, qui perdit connaissance lorsque sa tête heurta le sol. Il venait de faire tomber la seule personne qui le retenait ici.
"Sylvain, téléporte-nous ! ordonna le Tyran.
-Mon Pokémon ne pourra pas nous téléporter tous les trois, fit-il en montrant sa ball.
-Dans ce cas, je prends les mesures qui s'imposent.
-Il ne faut pas laisser Icare aux mains de l'ennemi ! avisa Sylvain.
-Je ne pensais pas laisser Icare ici, répondit le Tyran en prenant la ball des mains de son subalterne.
-Vous n'allez pas me laisser là ! Pas avec eux ! Nous avons perdu presque tous nos effectifs, mes hommes ne peuvent plus gagner...
-Et c'est la juste punition pour votre échec, fit-il en dégainant une arme et en lui tirant une balle dans la poitrine."
Avant même que quelqu'un ne puisse réagir, le tyran venait de mettre à mort son dernier opposant.

Désormais à terre, le dernier membre du conseil encore vivant se tordait de douleur. Il allait mourir de manière lente et douloureuse.
"Par... pardon d'avoir échoué, Seigneur, répondit une voix qui croyait que les reproches s'adressaient à lui."
Ma transe cessa immédiatement. Cette voix ne pouvait plus parler... Je l'avais... Nous l'avions tué.
"Icare, mon fils, tu es... en vie ! fit le Tyran, pour une fois presque ému. Viens on rentre à la maison.
-Il est encore plus résistant que la vermine, lui ! s'exclama Antoine. Attends, je vais lui rêgler son cas.
-Pas la peine Antoine, le coupa Dante."
Dans son esprit, il avait eu une prémonition de ce qui allait arriver.
"Je me rappelle du jour ou vous m'avez nommé responsable du Projet Icare, rappela Sylvain. Ce fut une réussite sur tous les plans. Puissance, intelligence, seule sa conscience le travaillait. Alors vous m'avez demandé de la détruire. Et j'ai échoué, mais j'ai fait bien mieux. Je l'ai bloquée dans un coin minuscule de son esprit. Votre fils est toujours là, Tyran, et moi-seul peut lui rendre son ancienne personnalité, lança-t-il dans un râle de souffrance.
-Je m'en contrefous, Sylvain, cet chose n'est plus mon fils, pas plus que cette garce n'est ma fille, fit-il en montrant Megan à terre.
-Maintenant que vous me condamnez, je n'ai plus aucun remords à vous prouver le contraire. Cumulonimbus calleux ! lança t'il comme une incantation."
Comme si cette phrase avait été un électrochoc pour Icare, il s'agita dans des soubresauts saccadés.
"Qu'as tu fait à Icare, sale traître, je vais te...
-Cette phrase, c'était la clé qui déverrouillait sa mémoire, expliqua Sylvain désormais blême. Maintenant, Tyran, maintenant c'est votre fils. Et maintenant, vous aurez à lui expliquer de quel droit vous l'avez manipulé pendant une décennie."

Alors que le tyran prenait conscience de ce que cette menace impliquait, il n'en perdit pas pour autant son cran. Cette fois-ci, tout le monde remarqua l'arme, mais personne ne l'empêcha de tirer une balle dans la tête de Sylvain.
"Ils commencent à se déchirer entre eux, c'est bien, constata Silver, ca nous fera du boulot en moins.
-A ta place, je ne serai pas si confiant, expliqua Sorbier. On n'a pas tué Icare, et rien ne dit que Raphaël aura la volonté de lutter."
En effet, à terre, le corps de Raphaël, ou peut-être était-ce Icare, ne cessait de convulser. Les deux personnalités luttaient pour la possession de ce corps. Quand finalement, ces tremblements cessèrent, le Tyran était au dessus du jeune garçon et attendait sa réaction avec sa fureur habituelle dans les yeux.
"On fait quoi ? demanda Antoine les bras croisés.
-On regarde, répondis-je. Megan va bien ?
-Ca, ca ira, j'aurais une belle bo... Je rêve ou Icare bouge ?
-Je ne sais pas, si Raphaël a réussi à lutter, c'est lui qui bouge, sinon c'est toujours Icare, en effet, expliqua Sorbier."
Au dessus du corps, le Tyran posa une unique question:
"Qui es-tu ?"
Un long silence répondit à cette question avant que l'homme (Raphaël ? Icare ?) ne prenne la parole.
"Je suis Raphaël, ton fils ! répondit-il sans douter."
Le tyran leva son arme à nouveau. Il allait l'exécuter !
"Non ! hurla Megan."
Le coup partit sans que personne ne l'arrête. Personne, sauf Raphaël lui-même.
"J'ai encore quelques ressources, père, fit le jeune homme dans un soupir. Je vois que tout ce qu'a dit Sylvain était vrai. Je ne te croyais pas capable de tant d'insensibilité, mais en dix ans, tu n'as fait qu'empirer."

La balle flottait entre les deux hommes, alors que le père vidait son chargeur sur son propre fils. Comme la première, les autres balles s'arrêtèrent dans le vide. En arrière-plan, les batailles prenaient fin, alors que les derniers soldats encore debout se rendaient, ou désertaient, pour ceux qui avaient la chance d'avoir des Pokémon volants. Pierre ne les poursuivit pas, lorsqu'il vit le Tyran exécuter le dernier membre de son conseil. Il savait que c'était fini, mais crut lui aussi que Raphaël allait mourir. Le frère de Megan avait un pistolet braqué sur la tempe. Plus rien n'allait empêcher le destin de s'accomplir. Mais le garçon se releva après tous ces coups. Il n'était quand même pas invincible ?
"L'Aura m'a bien amochée, mais j'ai gardé quelques pouvoirs défensifs, expliqua Raphaël. Cependant..."
Nous étions tous suspendus à ses lèvres. Ce "cependant" n'allait-il pas renverser la vapeur en la faveur du Tyran.
"Cependant, je te pardonne, père. Tu avais certainement une raison, tu en as toujours une. Tu m'expliqueras ça... Allez, viens dans mes bras."
Je n'en revenais pas. Ils étaient malades de père en fils ou quoi ? L'autre venait d'essayer de l'assassiner et son fils jouait les messies. Sans plus comprendre ce qui se passait, je préparais mon Aura dans ma main. Il n'allait quand même pas nous attaquer après tout ce qu'il avait pris par la figure. Non, il ne pouvait pas, il l'avait dit lui-même, il ne lui restait plus que quelques pouvoirs défensifs... Le tyran lui aussi ne comprit pas comment son fils pouvait avoir tant de pitié pour celui qui avait voulu le tuer, mais ne se laissa pas intimider et accepta ce gage de bonne volonté.
La ball de Sylvain s'éjecta d'elle même de la main du Tyran.
"Nous n'avons pas besoin de ça, murmura Raphaël."
La Tyran nous tournait désormais le dos, et son fils, derrière lui, nous faisait face. Comme s'il cherchait quelque chose du regard. Il sembla le trouver et adressa un regard à quelqu'un et un léger signe de la main, un signe d'adieu... Megan, évidemment.

"Quelque chose ne va pas, expliqua cette dernière. Raph', tu fais quoi ?
-Je mets fin à tout ça. Heureux de t'avoir revue, princesse."
Je ne savais pas pourquoi, mais il allait commettre une idiotie. Une grosse, une irréparable. J'était trop loin pour entendre ce qu'il susurrait à l'oreille de son père, mais ce dernier restait en liaison mentale avec nous. Comme si j'étais à sa place, j'entendais désormais ce que Raphaël murmurait:
"Maintenant, père, je crois que ton règne se termine."
Le Tyran eut une pensée d'horreur. Ce n'était pas un pardon, c'était un parricide que son fils préparait. Tentant sans succès de se débattre, il ne parvint pas à quitter le piège des bras forts de Raphaël. Avec un regard vers le ciel, ce dernier expliqua:
"C'est bizarre hein ? C'en est presque drôle, même. C'est toi qui m'a rendu si puissant avec tes manipulations. Et maintenant, je suis plus fort que toi..."
D'un seul coup, ils disparurent de la surface de l'île.
"Ils sont où tous les deux ? hurla Pierre. Vous ne les avez pas laissé s'échapper !"
Non, je ne les avais pas perdu, la voix de Raphaël résonnait encore dans ma tête, enfin, dans celle du Tyran.
"Lilian, regarde ! montra Aurore."
Suivant son doigt, je voyais désormais. Le tyran et son fils, toujours enlacés l'un à l'autre, lévitant au dessus de la falaise, du côté Nord de l’île. La falaise d'Eternara, la plus haute de la région. Avant même que je ne comprenne ce qu'il faisait, Raphaël se laissa tomber la tête la première, entraînant son père à sa suite.
"Laisse-moi ! tonna la voix du Tyran dans ma tête. Comment fais-tu pour me retenir, même mes pouvoirs ne fonctionnent pas !
-Les miens non plus, père, c'est pour ça que nous tombons droit sur ces récifs."
Je comprenais maintenant, il allait tuer son père de ses mains, et il allait mourir avec lui.
"A la falaise, vite ! hurlais-je."

Nous courrions, bien plus vite que nos poumons nous y autorisaient. L'île était grande, et tout en longueur. La pointe Nord semblait s'éloigner plus nous nous en approchions.
"Tu peux pas nous téléporter ? demanda Antoine.
-Tu peux voler ?
-Bien sûr que... euh non, remarqua t'il. Pourquoi on est bloqués ?
-Je ne sais pas, figures-toi, mais je crois que Raphaël n'y est pas étranger."
Dans ma tête, sa voix résonnait. Il n'était même pas énervé, même pas en colère, il semblait au contraire apaisé, comme s'il allait apaiser ses souffrances.
"Tu comprends père ? Tu comprends maintenant ?
-Comment peux-tu m'empêcher ? Personne ne t'a donné un tel pouvoir !
-J'ai les dons du Poison, rappelle-toi. Cela comprend aussi la conception de molécules très complexes... telles que l'Ombre !
-Tu vas te tuer dans ta folle entreprise !
-Je sais... fit Raphaël on ne peut plus calme. Ne t'avais-je pas dit que nous allions discuter ?"
A nouveau, à travers les yeux du Tyran, je voyais Raphaël regarder par dessus-lui... Donc vers le bas, vers les récifs, puis replonger ses yeux dans ceux de son père.
"Lilian, si tu pouvais dire à Megan de n'avoir aucun regret. Ce n'est qu'un petit contretemps. Nous allons préparer le terrain avec père. Oui... Nous avons... l'éternité pour discuter."
Un cri guttural retentit. La voix du Tyran, le chant du cygne, la fin de tous nos tracas, selon le point de vue qu'on adoptait. Et un dernier choc, un ultime fracas de verre dans ma tête.
"Raph' !" hurla Megan.
Je la retenais, sachant que le spectacle de leurs corps écrasés sur les récifs ne serait sans doute pas beau à voir. Elle risquait de faire des folies une fois arrivée sur la falaise.
"Megan, arrête, c'est..." je m'interrompis un moment avant d’enfin oser prononcer cette phrase lourde de signification...

"C'est fini. Tout est fini."

imhotep43
imhotep43
Niveau 10
01 janvier 2009 à 17:22:56

[Chapitre 75] Des miettes:

Sur l'île d'Eternara, rien ne laissait présager un quelconque changement, aucune lumière divine ne vint nous frapper, aucun choeur grégorien chuchotant des paroles latines obscures sur fond d’accord majeur, comme dans ces films que j'avais regardé par centaines. Et pourtant, c'était sûr et certain, le tyran était mort. Aucune ruse, aucun subterfuge. Raphaël avait tout prévu et on ne pouvait douter de sa sincérité.
"Quand tu dis "fini", demanda Pierre, tu penses à quoi ?
-Je pense à "fini", comme la fin de nos souffrances, de nos douleurs, de ces années de guerre, de tous les problèmes dont souffraient Hoenn, Kanto, Johto depuis des années.
-Qu'est ce qui te dit qu'il est mort ? Tant que je n'aurais pas son corps sous les yeux, je ne pourrais en être sûr.
-A moins d'un coup de génie, je ne vois pas comment il aurait pu s'en sortir, pris au piège entre son fils, l'Ombre et les récifs, répondit Antoine. Je crois que tu pourras dormir tranquille même si on ne retrouve pas son corps dans les mois à venir.
-Tu as tout entendu ? demandais-je. Vous avez tous tout entendu ?
-Hormi la dernière phrase de Raphaël, j'ai tout entendu, et tout vu, expliqua Ed. Je n'arrive pas à y croire."
Pierre restait cependant dubitatif, mais Voltère ne s'arrêta même pas pour le regarder, et le dépassa en lui adressant juste un "Crois-moi, cette vermine a enfin rendu l'âme" en lui tapotant l'épaule. Marc pour sa part, était enfin en paix avec lui-même, ca se lisait sur son visage.
"Vous êtes prêts à mettre en danger la vie de milliers de personnes en vous basant sur une simple vision ?
-Sans vouloir te manquer de respect, ne parles pas de choses que tu ne connais pas Pierre. Ce n'était pas une vision, expliqua le professeur. Et crois-moi pourtant, j'en ai vu des choses bizarres ces derniers temps. Peut-être qu'avec le temps, tu t'y feras aussi.
-Ils sont littéralement morts dans nos têtes, fit à son tour Cynthia. C'était proprement...
-Dégoûtant, termina Iris."
Et moi, j'étais proprement brisé, alors que toute cette tension retombait, je faisais de même, m'étalant de tout mon long sur le sol...

"Lilian. Ca va ? demanda Aurore qui arrivait à mon niveau.
-Je te retourne la question. On a du tuer plus de personnes en une journée que pendant le restant de notre vie...
-Deux journées, corrigea Aurore. Le soleil pointe à l'horizon. Je n'ai pas vu passer le temps, mais je crois que l'intervention de Darkrai a un peu chamboulé cette nuit. A ce sujet, je serai toi, je rappellerai Palkia et Regigigas, avant qu'ils ne décident aussi de chambouler certaines choses.
-Tu n'as pas répondu à ma question, fis-je avec un sourire.
-Toi non plus, et j'ai posé la mienne la première, répondit-elle sur le même ton.
-Tu m'en veux toujours pour tout ce qui s'est passé durant tout ce temps ?
-Si tu parles de nos régulières prises de tête sur l'éthique et la logique de ce que nous faisions ou allions faire, je crois que vu le résultat et le nombre de morts plutôt proche de zéro dans notre petit groupe, je passerai l'éponge pour cette fois."
Elle me tendit une main que je saisis, en profitant pour me relever. Je rappelais les Pokémon légendaires et je repris le fil de mes pensées:
"Le bilan n'est pas vierge pour les Elus, fis-je. Pense au Tyran...
-Hors catégorie, celui-là, proposa Antoine qui nous rejoignait. Arrêtez de penser à lui, bon sang.
-Raphaël alors... et puis..."
Je ne finis pas ma phrase. Ils avaient tous deux très bien compris de qui je parlais...
"Cette page se tourne, fit Antoine d'un ton étrangement calme. Pense à ce qui nous attend.
-Merci de ton soutien, mais ca ne sera pas aussi facile. Je dois...
-Tu dois profiter de cette victoire, le Tyran est mort, répéta Aurore.
-Je dois faire mon possible pour retrouver son corps et lui offrir une tombe digne de ce nom.
-Bon, soupira Antoine. Tu feras ça, promis, je t'aiderai même dans tes recherches, même si je n'y crois pas trop, et toi non plus, je pense. Mais pour le moment, il faut mettre les choses au point. On est à une étape assez importante de notre vie, je te signale."

Je rejoignais le petit groupe, déjà en liesse pour certains, et proche de la dépression pour d'autres. Je pensais justement à ce dernier type de personnes.
"Allez rejoindre les autres, expliquais-je. Je dois parler à Megan."
Laissant le couple rejoindre les dresseurs de Pierre et les autres Elus, je repartais de mon côté vers le bord de la falaise, où Megan était assise, sujette à des soubresauts, vraisemblablement en train de sangloter à quelques mètres du vide seulement.
"Si c'est pour me dire que son sacrifice a permis de sauver des milliers de vies, inutile de te forcer... Ca ne changera rien à mon état, fit-elle en m'entendant arriver.
-Il m'a dit de te dire de n'avoir aucun regrets, que ce n'était qu'un contretemps et qu'il allait avoir tout le temps qu'il voulait pour mettre les points sur les "i" avec ton père."
Megan tiqua, visiblement surprise par cette approche peu commune...
"Du Raphaël tout craché. Même quand tout va mal, il dit le contraire pour ne pas que sa petit soeur s'inquiète.
-J'avais peur que tu ne me croies pas...
-Si tu es un fieffé salaud, tu peux en effet me mentir, mais ce n'est pas l'image que tu m'as donné dans la Bulle.
-Pourquoi ne pas nous avoir dit que le Tyran était ton père ? fis-je en repensant à ce fragment de vie que nous avions tous partagés dans la Bulle.
-Ca aurait changé quelque chose ? Raphaël nous a épargné une bataille longue et fastidieuse contre mon père.
-Ca m'aurait peut-être aidé à comprendre des choses sur toi, expliquais-je. Bien sûr, après cette révélation, je me serais méfié, mais bon, c'est de bonne guerre.
-Ne me parles plus... de guerre, fit-elle avec un rire nerveux."

C'était fini, elle le rappelait elle-même. Peut-être n'était ce pas un bon souvenir, mais de toute façon, il était trop tard pour se poser des questions.
"Effectivement, j'ai eu ma dose aussi. Tu comptes faire quoi maintenant ? On a une place pour toi, si tu le veux. Ca ne remplacera jamais ta vraie famille mais...
-Repartir à Sento ! me coupa t'elle. Mon père a du prévoir une astuce légale pour que le pouvoir reste dans la famille si jamais il venait à mourir. Il ne s'attendait cependant certainement pas à ce que ca arrive si vite. Je vais régler les affaires le temps que tout revienne à la normale, et après, je ne sais pas. Je n'ai plus de mère, ni de père, et si j'ai des membres un peu plus éloignés, ils vont certainement éviter de se vanter qu'ils étaient de la famille du Tyran.
-Tu n'as pas besoin de faire tout ça. Pierre peut prendre la tutelle de Sento. Ca t'épargnerait bien des souvenirs douloureux.
-J'ai vécu plus de six mois dans la Bulle, j'ai même du faire plus d'un an là dedans, je n’ai que le souvenir de journées toutes identiques, alors le temps s’est peut-être écoulé bizarrement dans ma tête. J'ai BESOIN de ressasser ces souvenirs douloureux, pour me sentir vivante. Et puis tu imagines la réaction du peuple Sentonien si Hoenn venait faire la police chez eux ? Alors que mon père en a fait son principal argument de propagande ?
-Un point pour toi. En tout cas, je crois qu'on va devoir éviter de trop se montrer à l'avenir. Notre petite existence peinarde vient de se terminer avec cette guerre. La projection d'Aura a été vue par la moitié de la planète grâce à leurs satellites.
-Tu crois qu'ils n'auraient rien tenté avant s'ils l'avaient vraiment voulu ?
-Ton père a toujours fait la guerre de manière "conventionnelle". Tout le monde s'en fichait. Mais avec le flash qu'on a du leur envoyer dans la figure, ils doivent craindre une nouvelle arme surpuissante.
-Quels poltrons. Pas capables de se bouger pour aider leur prochain mais dès qu'on menace un peu leur postérieur présidentiel ou royal, ils tremblent tous comme des feuilles.
-On va devoir la jouer fine à mon avis. On n'est pas passés loin du carnage. S'ils avaient débarqué et commencé à étudier les Pokémon dans la même optique guerrière qu'actuellement..."

Megan frissonna à cette idée:
"Il faudra qu'on se montre solides. Il n'est pas question que les Pokémon soient élevés par des gens qui ne connaissent rien à notre culture.
-Entièrement d'accord avec toi. Mais dans notre cas, ca veut surtout dire rester à l'abri des projecteurs quelques temps...
-Les Elus vont disparaître ? demanda t’elle
-Je crois que c'est la meilleure solution. L'Alliance a travaillé depuis des mois dans le secret le plus total et ca lui allait très bien. On va juste passer à l'étape supérieure. Quelques mois pour régler les conflits avec l'extérieur, puis on disparaîtra tous. Je ne sais même pas si les champions d'arènes ne devraient pas rester un peu dans l'ombre aussi. Juste le temps de mettre dans le crâne des petits malins qui veulent révolutionner le système qu'ils ne trouveront pas mieux que ce qui se fait actuellement.
-Tu parles comme un politique, mais avec ton sens de la stratégie habituel. Je crois que je vais prendre exemple sur toi. De toute façon, mon "conseil" se résume à quatre cadavres étendus au quatre coins d'Hoenn. Il va falloir gérer tout celà avec finesse pour reprendre le contrôle de cette horde.
-Mais c'est pas pour tout de suite. Viens, on va rejoindre les autres, je pense qu'on devrait leur parler de ça.
-Proposition acceptée, acquiesça Megan."
Ainsi, elle faisait face à la douleur en travaillant d'autant plus dur à la reconstruction de tout ce que son père avait détruit. C'était toujours mieux que de se morfondre dans son coin, même si reprendre les rênes de la nation qui avait failli tous nous tuer me faisait un brin peur. Mais après tout, hormis l'obstination de son père, elle ne partageait rien avec lui... Et certainement pas son sens des réalités... Non, elle s'en tirerait très bien. Admirablement bien, même. Sento ne pouvait rêver d'une meilleure dirigeante pour se relever.

Ainsi, tout le monde s'était laissé aller à la joie de la victoire,... sauf Pierre.
"Pierre, il est mort ! Et tu ne me feras jamais croire le contraire. Son armée est réduite à néant, et vous allez tous pouvoir enfin faire votre deuil et reprendre une vie un tant soit peu normale. C'est en tout cas ce que j'ai l'intention de faire...
-Rien ne sera jamais comme avant, tu peux comprendre ?
-On ne peut parfois pas défaire ce qui a été fait. J'en suis bien conscient, mais c'est à nous de surmonter les épreuves. C'est pour ça qu'on en est arrivé aussi haut, pour montrer aux autres ce qui nous attend."
Pierre soupira. Rien, rien n'était aussi fou que cette joie immense de savoir son pays libéré pour lui.
"Tu me jures que le Tyran est mort ?
-J'en jures sur la tête de tous les gens présents ici.
-Dans ce cas... merci... pour tout.
-Je ne sais plus qui doit des choses à qui, donc je suggère de remettre les compteurs à zéro entre Sinnoh et Hoenn.
-Proposition acceptée avec joie. C'est le début d'un long partenariat entre Nouvelle Armée et Alliance.
-D'ailleurs, il faudra trouver un nouveau nom, maintenant, ce n'est plus une armée...
-Tu as raison... Que penses-tu de... Nouvelle Alliance ?
-Un nom qui sonne comme une douce mélodie à mes oreilles."
Pierre réussit à m'arracher un sourire, et à s'en trouver un lui aussi l'espace d'un instant, avant de repenser avec nostalgie à Eternara, qui n'était plus.
-Il n'y a plus rien ici, expliquais-je. La vague magnétique qu'a envoyé la projection d'auras a tout fait griller. Il ne reste que des miettes. Maintenant, on quitte l'île avant que tout ne s'effondre et on va fêter ça comme il se doit..."
Avant que je ne puisse rajouter quoi que ce soit, un craquement sinistre retentit sous nos pieds, comme si l'île avait attendu mon accord pour commencer à se disloquer. Un pan entier du sud de l'île se sépara du reste dans une fissure immense, avant de s'effondrer dans l'océan.
"On a vraiment fait du bon boulot", comprit Pierre en regardant cette île mourir. Cette île qui avait été sa maison des années durant, et qu'il laissait désormais se laver des souillures d'Hoenn par l'eau purifiante de la mer, l'eau de la nation pour laquelle il s'était battu.
"On a vraiment tout effacé."

Alors que tout le monde se préparait à s'envoler vers la terre la plus proche, certainement Atalanopolis, je reçus un message mental plutôt déroutant.
"Tu vois que tu commences à apprécier ma philosophie de non-ingérence.
-En effet, il y'a certaines choses dont il vaut mieux qu'on ne se mêle pas.
-A ce propos, n'as rien oublié Lilian ?
-Qui... Arceus ? Non, je... enfin je ne crois pas...
-L'artefact que tu es venu chercher. Celui qui à lui tout seul pourrait décider de l'avenir de tout un univers ?
-L'artefact ultime ? Celui dont a parlé Kyogre ? Il est ici ?
-Où se trouvait la flûte quand tu l'as trouvée ? répondit Arceus.
-Au pied de l'endroit où les attaques de Dialga et Palkia s'étaient croisées. Au pied du vortex qui avait failli tout détruire. Mais quel est le rapport ?
-L'énergie qu'a déployé la projection d'Aura était colossale, bien supérieure à celle qui avait créé le vortex il y'a si longtemps. Le flash et la déflagration magnétique n'étaient que la partie émergée de l'iceberg."
Je songeais que nous n'avions pas regardé aux pieds de Raphaël une fois qu'il fut déchu, trop occupés à contempler les instances de Sento en train de se déchirer... Peut-être que...
"Oui, peut-être que..., répondit la voix dans ma tête.
-Partez devant, criais-je à l'attention des autres. J'ai une dernière chose à faire..."
Courant comme un dératé vers l'endroit où tout avait basculé, j'entendis le pan nord de l'île s'effondrer juste derrière moi. Il n'allait pas falloir traîner ici longtemps. Arrivé au pied du lieu fatidique, je remarquais une bosse étrange, recouverte de terre, dans l'empreinte qu'avait laissé Icare en retombant. Enlevant la poussière et le sable, je découvrais une petite sphère bleutée, de la taille d'un poing, animée par un mouvement intérieur qui faisait flotter des volutes d'une matière inconnue à l'intérieur de ce qui semblait être une pierre.

"Qu'est ce que c'est que ce truc ? me demandais-je.
-La Pierre des Voeux, répondit Arceus. L'objet que Jirachi lui-même utilisait pour exaucer les voeux de ceux qui avaient eu la chance de le rencontrer.
-Ca sert à quoi ? J'espère qu'on a pas fait tout ça pour un caillou qui clignote.
-Tu disais tout à l'heure à Pierre qu'on ne pouvait pas défaire certaines choses. Cette pierre le peut. Elle peut aussi faire certaines choses que tu n'aurais jamais pu imaginer accomplir, même avec tes dons et tous ceux de tes amis. il te suffit de la tenir, et de le souhaiter. C'est ainsi que Jirachi aidait ceux qui avaient besoin de lui
-Défaire certaines choses ? fis-je avec une lueur d'espoir. Pourrait-elle...
-La mort est un aller simple, me coupa Arceus. Il n'y a pas de retour possible. Par contre, si celà peut te consoler, ton amie Mars avait raison sur un point.
-Lequel ? Le livre contient la solution pour ramener Hélio ?
-Non, mais cette pierre... Ce n'est ni l'heure ni l'endroit, termina t'il alors que la roche craquait de nouveau derrière moi. Mais ce sera un excellent test pour te prouver ses possibilités. Je crois que quelqu'un quelque part a bien mérité de rentrer chez lui...
-Tu parles d'Hélio là où de nous tous ?
-Humain, t'ais-je déjà dit que tu posais des questions inutiles ?"
Dans ma tête, le silence revint. Cette fois-ci, il n'y avait plus rien à faire ici. Il me restait un dernier travail à accomplir, un dernier hommage à rendre, mais moi seul devais m'en charger. Sortant une ball, je chevauchais un Nostenfer que nombre de dresseurs m'enviaient et je lui susurrais...
"A la maison, Nosty, on va avoir droit à un long repos, bien mérité..."

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