Voilà, je fais une nouvelle fiction.
Chapitre 1
Devant la beauté de ma future ville, j’eus le souffle coupé.
Evalia n’était pas une ville, mais un miracle de clarté, de couleurs et d’eau.
Jaillissant de la plaine comme un bastion inexpugnable, un plateau rocheux aux bords verticaux s’élevait à une soixantaine de mètres. La ville était construite à son sommet, tours défiant le ciel, coupoles de nacre, passerelles arachnéennes.
Chacun des toits semblait tissé de lumière et l’ensemble tenait davantage du chef-d’œuvre prêt de l’envol que de la ville classique.
Plus magnifiques encore que les constructions élancées, un rideau liquide tombait du plateau en une pluie continue et, cataracte scintillante, rejoignait les méandres d’un lent cours d’eau qui en faisait le tour.
La route que nous suivions empruntait un pont brillant de mille feux bleus qui se courbait jusqu’à atteindre une brèche dans le plateau. Là, un dôme translucide protégeait le passage de l’eau qui jaillissait du sommet. Chacune des milliards de gouttes se teintait alors d’une nuance azurée et nimbait les alentours d’une lumière surnaturelle. La marine se mariait avec l’outremer, ruisselait sur le cyan, ricochait sur l’indigo.
- C’est beau, hein ? Me sourit ma mère.
Ah ça oui, c’était superbe.
- D’où vient l’eau ? Lui demandai-je. Pourquoi ne cesse-t-elle de couler ? Quelle force la conduit en haut ?
- Aucune idée. Pour moi, cette ville est magique et merveilleuse, cela me suffit.
Je parle, vous fais découvrir ma nouvelle ville, mais je ne me suis pas présentée moi-même. Margaux Rivale, quatorze ans, longs cheveux blonds (je n’en suis pas pour autant idiote) et de grands yeux amandes qui font rêver mes amies.
J’habitais autrefois Féli-Cité, dans Sinnoh, mais les grands immeubles, ce n’est pas mon truc. Du coup, mon grand frère, ma mère et moi, avons déménagé à Evalia, ville somptueuse située sur l’île Prophétie. Pas seulement à cause de ma mauvaise volonté mais parce que mon père était mort, on ne sait pourquoi ni comment. C’était un excellent dresseur, membre de la Ligue des Champions.
Il m’a beaucoup appris, en particulier tout ce que je sais des Pokémon. Il m’a même offert mon tout premier, mon cher Caninos.
J’aspire à devenir comme lui. Mon père était le meilleur.
Tout en ruminant mes sombres pensées, je n’aperçus pas une silhouette s’approcher de moi.
- Margaux ? Balbutia la voix. C’est bien toi ?