Allez... je vous poste un petit bout de la suite, pour vous mettre l'eau à la bouche...^^
XXVII : Quelques temps plus tard (Partie I)
Lorsque les yeux de 47 se rouvrirent faiblement, sa première pensée fut pour sa jambe, et sa main tâta péniblement son genou. Sa deuxième pensée fut de constater qu’il était couché, et que si la douleur était à peine perceptible, c’était qu’il était sous dose massive de morphine, et non pas qu’il était mort. Alors rassuré, et bien qu’une personne dont il n’arrivait pas à distinguer les contours courut vers lui en criant qu’il se réveillait, il retomba dans le sommeil tout comme sa main retomba à côté de sa jambe.
En rouvrant les yeux la fois d’après, 47 comprit instinctivement qu’il avait beaucoup dormi et que les drogues qu’on lui avait administrées n’avaient pas été dosées par un professionnel. Ses muscles étaient engourdis, sa bouche pâteuse et son esprit encore trop embourbé, bien qu’il se rendît vite compte de la situation. Il ouvrit lentement un œil, puis l’autre, et vérifia que personne ne traînait aux alentours, ni qu’une caméra de surveillance ne fut en train de le filmer. Si c’était le cas, elle était cachée.
Il grogna en silence, se mit péniblement à genoux et observa les environs. Une petite pièce, blanche de partout ; stores fermés, lumière tamisée ; appareils électroniques médicaux, petit bourdonnement continu. Dans son bras droit, une intraveineuse, sur son torse, des électrocardiogrammes. Il était en pyjama, mais sentait la transpiration, et les marques de torture, de coups, sur son visage, étaient encore présents. Pas de montre… d’après son état de fatigue et l’état de ses blessures, en il en déduit qu’il n’avait pas dormi bien longtemps, même drogué. Trois, quatre jours, tout au plus.
Son regard se posa sur un petit meuble, à côté, contenant des serviettes et quelques boîtes de flacons. Il en saisit une, puis l’autre, et finit par toutes les vérifier. Des antibiotiques, quelques antihistaminiques et des fortifiants : aucune trace de drogue quelconque. Pas de seringue… Et le reste de la pièce était affreusement vide, pas même une armoire dans un coin pour faire joli. Le malade, et de quoi le remettre sur pied. C’était tout.
Code 47 souleva son drap et observa son genou droit, pansé, puis le tâta gentiment, et s’aperçut bien vite que la douleur, même apaisée, était encore présente. Mais trop apaisée. S’il était ici depuis moins d’une semaine, impossible qu’une douleur par balle sur une articulation eût pu ainsi s’évanouir, et pourtant il ne se sentait pas drogué. Depuis combien de temps était-il ici ? Il souleva le pansement, et fut horrifié de voir que la blessure avait été opérée avec une efficacité flagrante, qu’il pouvait bouger son genou sans souffrir horriblement. Ni les muscles, ni son tendon ne semblaient être touchés.
James entra.
-Depuis combien de temps suis-je ici ? demanda immédiatement 47.
James ne répondit pas, ferma la porte, jeta un coup d’œil à travers les stores à demi-clos, et s’appuya contre le mur, sans répondre. Hitman le fixa dans les yeux, attendit.
-Une semaine ?
Regard vide de James, qui actionna le ventilateur depuis une commande murale.
-Deux ?
Ne paraissant pas vouloir répondre, 47 jeta un coup d’œil au matériel médical. Tension normale, pression également… Il tenta de trouver un quelconque papier indiquant son temps de repos.
-Quatre mois, dit James. Quasiment.
L’assassin se stoppa net, se retourna lentement. Et fixa le sol, puis tâta ses bleus au visage.
-Impossible…
-Vous vous êtes réveillé il y a trois semaines, puis êtes retombé dans l’inconscience. Le coma n’a pas duré bien longtemps.
47 secoua la tête.
-Impossible… j’ai encore mes blessures au visage, elles auraient du disparaître…
Pourtant, il devait bien avouer que celle de son genou, elle, semblait s’être envolée. Comment était-ce possible ?
47 releva la tête vers James.
-Beldingford… où est-il ?
-À Interpol.
L’assassin resta un moment bien silencieux, puis plongea ses yeux froids dans ceux de James.
-Je veux une preuve que quatre mois se sont écou…
Sans attendre la fin de sa phrase, James mit la main à l’intérieur de son blouson de cuir et jeta un journal roulé sur le lit de 47. Celui-ci s’en saisit.
San Francisco Chronicle, 28 Septembre 2008.