Bonsoir à tous.
Ce soir, porté par une inspiration soudaine et un peu de temps devant moi, je me suis mis en tête de me lancer dans la création d'une fic, en voici donc le prologue, sortant tout droit de mon esprit tordu.
Llaalam Madalas chevauchait, éclairé par Masser et Secunda, depuis déjà quelques minutes, d'un trot mal assuré quoique s'étant déjà amélioré depuis qu'il était monté en selle.
Le vieil alezan qu'il montait, acheté à un prix modique à un voyageur en mauvaise situation pécuniaire quelques heures plus tôt, était docile, et heureusement : il n'avait plus enfourché une cannasse depuis des années, et monter un fougueux coursier ne l'aurait qu'entravé.
Docile, certes, et même plutôt lent, mais suffisant pour rattraper les quelques manants qui venaient de le voler, alors qu'il avait eu le malheur de s'éloigner des murs de Cheydinhal à une heure peut-être un peu tardive.
Triste époque, où une bande de Rougegardes et Bosmer s'acoquinaient pour dépouiller sans vergogne un Telvanni de son rang,
Mais enfin, évidemment, dès qu'une crise de cette ampleur touche une contrée, les profiteurs en tous genres, pillards, coquins et brigands ne tardent pas à pulluler et à rendre la vie encore plus pénible.
Pourtant, ce n'était pas la colère qui le faisait poursuivre les voleurs qui, somme toute, n'avaient rien dérobé de réellement important : son matériel d'alchimie, de toute façon usé, quelques ingrédients communs, les vivres qu'il avait achetées pour quelques jours et l'un ou l'autre parchemin poussiéreux qu'il n'avait pu vendre à l'un de ces barbares incultes.
Son chargement commercial était bien à l'abri à l'intérieur des murs...
Non, s'il se faisait le détracteur de ces quelques bandits, c'était surtout pour goûter à nouveau à l'aventure, revivre ses années glorieuses.
Trente-trois ans auparavant, en 3e400, juste après le Simulacrum, il était devenu aventurier, et avait arpenté fièrement Morrowind, profitant de la dévastation dont se remettaient à peine les habitants de sa province pour se faire un nom.
Après plusieurs années en solitaire, en 3e408, il avait rejoint la cause des Telvannis, plus par goût d'une aventure où des règles absurdes ne gouverneraient pas sa vie que par réelle conviction politique.
Toute sa vie, il avait arpenté Morrowind, de long en large, devenant une véritable légende dans les environs de Vivec et de Narsis, voyageant même jusqu'à la Ville des Morts, Nécrom...
Quel bonheur il avait alors connu, vivant de ses voyages, mélangeant savamment l'Art de la Magie et l'art de l'utiliser pour défaire ses ennemis.
Une vie qu'il avait longtemps souhaité, et dont il avait bien profité lorsqu'en 3e425, deux ans avant l'avènement du Nérévarine, il s'était rangé et avait monté une boutique parmi ses confrères Telvannis.
Huit années avaient passé, huit années d'achat et de vente, d'objets hétéroclites, mais souvent magiques ou à fortes propriétés alchimique, vie rentable, tranquille et confortable, mais parfois ennuyeuse pour l'aventurier émérite qu'il était.
Lorsqu'au cours d'un voyage en Cyrodiil pour affaires, il s'était fait littéralement roulé par des bandits qui n'arrivaient pas à la cheville des ennemis qu'il avait défaits durant sa jeunesse, son sang n'avait fait qu'un tour ; il s'était lancé à la poursuite de ces infortunés larrons, reprenant, pour une nuit au moins, la vie qui avait fait de lui ce qu'il était.
Il chevauchait certes gauchement, la faute au climat de l'île de Vvardenfell où il s'était installé, et où les seules bêtes de monte était des guars farouches, mais ceux qui l'avaient dépouillé étaient des amateurs : suivre leur trace, même dans la nuit, lui était facile. Cette terre cyrodiiléen étant franchement molle en comparaison avec le roc solide qui composait la majeure partie du sol de l'île de Vvardenfell.
Soudain et tout à coup, alors, il devait être un peu plus de minuit, qu'il s'enfonçait dans une forêt qui abritait certainement le repaire, sans doute une cabane dans une clairière, des brigands qu'il pourchassait depuis déjà quelque temps, une créature, de petite taille bien que longue et agile, bondit à son côté, et, à peine après avoir atterri, l'animal se précipitait déjà sur les jarrets du cheval, qui commença à s'emballer.
Descendant sans attendre de sa frêle monture, le Dunmer prononça une incantation qu'il avait répétées sans doute des milliers de fois de sa vie, et, sans attendre, une masse d'armes, en provenance directe de l'Oblivion, apparut dans sa paume.
La créature qui lui faisait face était ce que les Impériaux et Bretons appelaient « loup », un sorte de variante plus agressive du chien de Nix.
Il n'en avait vu qu'une seule fois auparavant, lors d'un voyage à Solstheim, île sur laquelle il n'était pas près de retourner, et gardait une mauvaise impression de ce genre de bête.
Cependant, alors qu'il esquivait un second assaut, il brandit sa masse d'armes, qui s'abattit rapidement sur la patte de l'animal qui, surpris par ce soudain déploiement de violence, ne put retenir un glapissement, avant de montrer instinctivement les crocs.
Mal lui en pris, car, Llaalam Madalas abattit une nouvelle fois son arme, qui lui semblait de plus en plus lourde, sans doute une conséquence de l'affaiblissement visible de la Barrière, et cette fois, ne rata pas son coup, la bête, le corps écrasé par une masse d'armes dont le métal n'eut été renié par le meilleur des forgerons s'il avait été réel, ne put qu'expier dans une dernière tentative de grognement se voulant intimidant.
Épuisé par ce combat intense bien que bref, le Telvanni choisit une souche afin de se reposer, et observa les alentours.
Il se trouvait dans une forêt, non loin de Cheydinhal, au sud-ouest probablement, et donc non loin de la route menant à la Cité Impériale.
L'amas d'arbres, irrégulier, était typique des forêts de Cyrodiil, cette véritable jungle, et ne présentait quasiment aucun élément digne d'intérêt.
Bien que quelques hautes cimes soient placées de manière à cacher un ciel qui, en une nuit aussi calme, devait être clair et doux, la lumière de la géante Masser lui parvenait, lui rappelant que mêmes les primaires humains bénéficiaient de la même clarté lunaire que les Mers.
Entre les souches et fougères, certaines plantes donnaient un intérêt nouveau à cette forêt, qu'il se promit de revisiter un autre jour : des digitales, quelques champignons et une solanacée qu'il s'empressa de ramasser, sans même se demander s'il était bien naturel que pareille plante se trouve à cet endroit précis.
Tout à ses réflexions, et à son temps de repos qui décidément s'était déjà allongé d'une vingtaine de minutes, il ne sortit de cet état de contemplation presque léthargique que lorsque le bruit de ce qui devait être un combat par le fer retentit.
Mû par la curiosité, il s'avança vers la provenance du bruit, et s'enfonça dans un taillis d'arbuste, y découvrant une masure, sans style aucun d'un point de vue architectural, uniquement un amas de bois servant sans doute de logement temporaire.
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Une fois de plus, Amulien Colnie arpentait les routes de la grande Cyrodiil, province parmi les provinces, épicentre de tout l'Empire de Tamriel, bastion et berceau des Impériaux, recueil de civilisation.
Bien qu'il se languisse sa terre natale de Hauteroche, il voyageait toujours avec plaisir dans les contrées dévastées encore peu de temps auparavant par un cruel usurpateur.
Sa cuirasse d'acier, qu'il a toujours été habitué à porter, ne le gênait guère, non plus que la hache à une main qui pendant, sans fourreau ni cache, à sa ceinture, donnant au Bréton l'aspect de l'un de ses voisins du Nord.
Non qu'il reniât ses origines, la magie coulant dans ses veines, ne pas l'utiliser serait une trahison doublé d'une stupidité sans nom, et ainsi il s'était fait mage de guerre, déjà quelques années plus tôt, entrant au service du Temple de Zénithar, plus par respect des principes véhiculés par son dogme que par réelle piété. Le travail et l'étude, honnêtes, seules sources réelles de réussite, voilà qui lui plaisait, et qui guidait son existence.
Il avait déjà rendu service aux Guildes des Guerriers et des Mages, dont à la très respectable Carahil d'Anvil, mais se refusait à prêter allégeance à des organisations qui n'étaient pas tant guidées par l'honneur que par la défense de leurs propres intérêts.
Il revenait d'une expédition plutôt pénible, et, après deux nuits passées dans une paillasse plus que confortable en comparaison de ce sur quoi il avait dormi - ou plutôt sommeillé – cette dernière semaine, il s'était remis en route, l'amollissement étant une faiblesse.
Un proche ami, bien que très différent, S'rar, dit « Cheveux Pourpres » l'accompagnait depuis l'auberge où ils s'étaient revus, et ils auraient pu profiter de discutions distrayantes pendant la route si les idéaux de l'Argonien n'était pas si radicaux.
Ils avaient établi un campement temporaire pour la nuit, étant, selon leurs estimations, non loin de la Cité Impériale, voire peut-être de Cheydinhal.
Alors qu'il ramassait du bois mort pour la préparation tardive, la nuit étant déjà bien avancée, d'un feu, son attention fut attirée par des chansons paillardes, venant visiblement de gosiers déjà largement réchauffés par l'alcool.
Il ne lui fallut que quelques minutes pour détecter l'origine des chants quelque peu obscènes, en une cabane délabrée, légèrement enfoncée dans la forêt.
Ne jugeant pas utile de prévenir son ami de ce qui semblait n'être rien d'autre qu'une beuverie, il s'avança sans se retourner vers la source du boucan.
Porté par une pulsion soudaine, il ouvrit la porte, s'attendant à tout et à rien d'une cabane emplie de fêtards, et ce, au beau milieu d'une forêt en pleine nuit.
A peine eût-il poussé la porte miteuse que tous les « convives » dégainèrent sans cérémonie.
Un rapide coup d'œil à l'armement et au contenu de la masure suffit à confirmer les pensées du Bréton : des bandits.
Quel innocents avaient-ils détroussé, il n'en savait rien, ce qu'il savait pertinemment, c'est qu'il devrait défaire les trois êtres qui le menaçaient de leurs armes, aussi bien pour rétablir la justice et châtier les vils bandits que pour défense sa vie contre ces hommes lui cherchant visiblement querelle.
Le premier agresseur qui vint au contact était une femme, une Rougegarde, armée d'un marteau de guerre qui semblait gigantesque, visiblement plus hardie, ou plus saoule, que ses comparses, mais dont l'ivresse rendait les coups imprécis.
Il n'eût aucun mal à s'en débarrasser, le fer de sa hache tranchant net l'une des artères de la guerrière, qui s'écoula, morte sur le coup, le gorge dégoulinant d'un liquide rougeâtre.
Constatant avec consternation la mort de la téméraire habitante d'Hammerfell, les deux autres brigands se montrèrent plus prudents.
Visiblement dégrisé par les événements, un autre bandit, Rougegarde lui aussi, bien que mâle, saisit, par un soudain réflexe, une grande épée à deux mains dans un tas informes d'objets hétéroclites qui semblait être celui de leur butin, et se mit en garde.
« Un bon bretteur », songea le mage de guerre, observant d'un œil averti la prise en main du Rougegarde.
Décidé à mettre fin à ceci, Amulien Colnie se précipita vers son vis-à-vis, déterminé à faire justice en écrasant le bandit.
Une rapide parade, suivie d'un coup d'estoc qui heureusement fut dévié par les plaques de sa cuirasse lui en apprit long sur ses chances de réussites s'il agissait de la sorte.
Un nouveau coup d'estoc le manqua de peu, et c'est le moment qu'il choisit pour agir, d'un mouvement expert, il plaça sa paume sur la nuque de son agresseur, et, prononçant une rapide formule, lui brûla, par le froid magique, instantanément la peau, gelant le sang à l'intérieur même des artères.
Le grand guerrier s'écroula, laissant le troisième bandit, un Bosmer, seul.
Comme il sied à tout représentant de cette race, il prit rapidement la fuit devant la menace, laissant le Bréton seul, et victorieux.
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S'rar Cheveux-Pourpres observa le feu naissant, attendant impatiemment le bois que son cher compagnon Amulien était censé lui amener.
Allons bon...
Récolter du bois mort pour un tel feu ne prenait pas des heures, surtout dans pareille forêt.
L'Argonien, grand, à la peau écailleuse d'un rouge qui était aussi bien dû à son teint naturel qu'aux blessures qu'il avait subies pendant sa rude vie d'esclave et de combattant, avait un regard sombre, mais non tout à fait éteint par les épreuves qu'il avait endurées, qui se dirigea cette fois vers la forêt, pourtant de taille modeste, où se trouvait normalement son ami.
Mais que faisait-il donc?
Voilà qui est fait, j'attends vos critiques, positives et négatives, car, si cela fait toujours plaisir de savoir que l'on a bien fait, et donne envie de continuer, des remarques négatives constructives n'en sont que plus utiles... 