Premier jour (suite)
Lorsque mes yeux se relevèrent, nous venions d´entrer dans les égoûts.
Il étaient bien tenus, et même plutôt propres, pour des sous-terrains de ville qui n´étaient que très rarement ´visités´. Je laissai le cortège de l´Empereur passer devant, et le garde en dernier me regarda et me dit de ne rien faire, à par les suivre.
Je trainai donc la patte derrière eux, conscient que je n´étais pas le bienvenu. Nous descendîmes un petit escalier, lorsque des hommes vêtus de longues robes rouges nous aperçûmes. Les gardes se jettèrent dans la bataille, nous laissant seuls, l´Empereur et moi. J´observai ces assassins se recouvrirent uns à uns d´armures rouges-noires plutôt impressionantes.
Un des membres des assassins, certainement le chef, ne portait pas de casque, et arborait fièrement une épée à deux mains, qu´il planta dans la poitrine du capitaine Renault, pour la ressortir gorgée de sang. Ce dernier s´effondra, et, sans un spasme, trouva la mort instantanément. Le ´chef´ se précipita vers l´empereur et moi, reconnaissant la personne ciblée par cet attentat. L´empereur dégaina son épée, je sortis mes poings.
Un coup bien placé de l´empereur désarma l´homme en armure, et j´en profitai pour venir lui asséner un coup au visage. Pas très original, certes, mais efficace. Profitant de l´étonnement de ce dernier, je m´emparai d´une épée à la lame fine, et me précipitai sur lui. Je lui assénais un coup pitoyable, qui suffit pourtant à le faire s´effondrer par terre. Son armure disparue sur le champ. Moi qui m´était mis en tête de m´en emparer... Je pestai dans ma tête.
Un des gardes, celui qui m´avait déjà fait une réflexion, courut vers moi, et me menaça de son arme, en beuglant :
"C´est toi qui a tué le capitaine Renault, espèce de..."
L´empereur lui coupa la parole :
"Ce n´est pas lui ; le capitaine a été tué par un agent de l´aube mythique. Il n´y est pour rien, au contraire : il m´a défendu du meurtrier du capitaine... Poursuivons !"
L´impérial se renfrogna en pestant. Il ouvrit la porte et laissa les deux autres passer. Au moment où je m´avançais pour passer, il me barra la route, et m´annonça :
"Le chemin s´arrête ici pour toi, l´ami..."
Il tira la porte derrière lui. Je devais continuer seul, et il me faudrait des équipements. Je décidai donc d´aller fouiller les cadavres des assassins de "l´Aube Mythique", comme l´avait appelé l´empereur. Sur les quatre cadavres, je ne trouvai que deux faibles potions de soin, des robes ainsi que des capuches rouges. Je jugeai préférable de ne pas m´en équiper, car, si les gardes me voyaient avec ça sur le dos, ils risqueraient de me confondre avec l´ennemi.
Je ne préférais pas dépouiller le capitaine Renault. Après tout, il était de notre côté... Je ne gardai que son katana. Un bruit de mur que l´on casse me fit me retourner. Deux rats venaient de casser un mur, apparament en briques non cimentées.
Il fallait faire face au danger. Ces rats m´arrivaient tout de même à la taille !
Je dégaina mon katana, arréta d´un coup de garde le premier rat qui me sauta dessus, j´embrochai la patte du second de la pointe de mon arme. Il poussa un hurlement de rage et bondit en arrière, ouvrant encore plus l´entaille que je lui avais faite. L´autre, assomé, se rapprocha de moi. Je le défiai de ma lame : il mordilla le bout. Je profitai de l´ouverture de sa gueule pour l´enfouchonner de tout sa taille. Il ne bougea plus, et son ´partenaire´ s´enfuit en courant.
Je m´engouffra derrière le mur par lequel ils étaient arrivé, et aussi par lequel il s´était enfui. Un trou béant s´ouvrait dans le plafond. La lumière du soleil venait éblouir un cadavre sur lequel était équipé une armure de cuir. Un arc pendait lamentablement à une racine. Un coffre était maintenu ouvert par un carquois, lequel je m´emparai.
Je poursuivai mon aventure dans les égouts impériaux, jusqu´au moment où j´aperçus, sous une voûte qui tombait en morceau, un corps en décomposition.
Je m´approchai, et remarqua que des vers grouillaient sur la peau fraichement massacrée : de longues éfistolades parcouraient le torse nu de l´inconnu.
Alors que je m´éloignai, j´entendis un claquement. Le corps venait de se relever, et il marchait, paisiblement, vers moi. Je ne bougeai plus, tremblant de peur. Son ultime oeil brillant d´horreur était pointé sur moi. Je n´osai dégainer mon épée ou encore me rapprocher : je choisis donc la fuite. Quand le corps se rendit compte que je m´enfuyais, il se mit à courrir, lui aussi ! Alors que j´avançais, sans regarder où je mettais les pieds, je sentis une main m´attraper l´épaule, un fil se tendre contre ma jambe, puis plus rien...