L'instinct n'est pas une réaction à une menace réelle, fort loin de là. Bien au contraire, même. L'instinct, en tant que réaction préprogrammée biochimiquement, donne une réponse indépendante des circonstances à un stimuli particulier.
Et c'est justement en partie à cause d'instincts qui n'ont pas été génétiquement éradiqués qu'homo sapiens a tendance à faire des conneries.
Le fait que l'obésité soit en progression fulgurante, par exemple, s'explique par le fait que pendant la majorité de son existence, l'espèce a été dans un milieu où il était toujours préférable de stocker le maximum de nutriments, car on était loin d'être sûr d'avoir de quoi manger suffisamment demain ou pendant l'hiver. Aujourd'hui, vu le peu d'activité physique de la moyenne de la population occidentale et le fait qu'elle puisse s'alimenter n'importe quand, bouffer à s'en péter le bide trois fois par jour est d'une connerie sans nom, mais peu importe : la réaction au stimuli "présence de nourriture" n'a pas été déprogrammée.
Et c'est ainsi avec quantité d'instincts, que ce soit pour le jeu (il a été pendant longtemps évolutivement préférable de prendre des risques, sans quoi on crevait à coup sûr), les guerres, l'absence de partage de l'information dans les entreprises (il était préférable de garder pour soi les lieux où il y avait du gibier/de l'eau/des fruits).