Acte Premier
Les Pères d’une nouvelle guerre
Les flammes crépitaient au dessus des branches de bois qui se consumaient inexorablement sous l’ardent appétit du feu. Les gerbes chaudes et chatoyantes dansaient timidement sous les faibles coups de vents qui sifflaient par moment. Elles accomplissaient un ballet éphémère remplis de grâce, rythmées par les battements de cœur d’un homme qui regardait ce spectacle fugace. Il était envoûté. Sublimé. La valse de son réchaud l’amenait ailleurs. Il était perdu dans un monde de beauté rouge où les brasiers n’étaient que de simples lampes qui brillaient piteusement en face d’un astre aux jets de chaleur incomparables. Il aimerait s’y perdre. Disparaître à jamais dans les flammes et tout recouvrir d’un feu purificateur pour tout annihiler. Tout noyer sous les brasiers comme si rien n’avait jamais exister. Détruire et exterminer toute chose sous une immolation purificatrice, être le père de la destruction. Il le désirait ardemment, dans ce rêve. Ses yeux ne manquaient pas une seule goutte de la présentation qui se déroulait. Chacun était dévoué corps et âmes dans le plaisir de l’autre. Un plaisir réciproque intense qui les liait profondément. L’homme remit quelques brindilles humidifiées par la neige qui recouvrait le sol dans le feu. Il crépita et siffla avec véhémence. Il était furieux d’avoir été souillé par le liquide vital. Consterné par la trahison de son amant en qui il croyait, et alors qu’il commençait à s’apaiser, il reçu une nouvelle souillure. Et encore une autre. Jusqu’à ce qu’il finisse par plier sous les morsures de la vie qui lui sommait de mourir, lui, l’annonciateur d’une apocalypse rêvée.
Un bruit à sa gauche attira son regard. Une forme canine bougea jusqu’à lui et vint se blottir contre les flancs de l’être. Il caressa son animal un peu avant de se saisir d’une maigre carcasse d’oiseau qui avait cuit. Il fixa un moment son repas. Son regard était un mélange parfait de désespoir et de dégoût. Peut-être aussi avec un peu de haine. De la haine envers les bourgeois qui lui avaient détruit sa vie. De la haine envers tous ces porcs qui s’engraissaient à outrance dans de monstrueuses orgies pendant que les miséreux grattaient la terre pour essayer de survivre. De la haine pour tout ces fils de bâtard à qui il devait obéir. Il n’en pouvait plus de cette vie faite d’une hypocrite loyauté. Pourtant, c’est tout ce qu’il savait faire. Lui, mercenaire depuis son adolescence. Condamné à prostitué son âme.
Voilà l'intégrale.
Go jouer.