L’homme évoluait à travers la nécropole. La brume, épaisse, coulait le long des murs, tel un linceul d’horreur. Les hautes parois de l’église délabrée étaient par endroit trouées de vitraux brisés décolorés et ternes dont le plomb avait parfois laissé des trainées de rouilles sur les couleurs mortes. Il tourna le regard à gauche, une maison, elle aussi brisée, était affaissée. Sa pierre était noire et douloureuse. La ruine était à moitié dissimulée dans le voile mortuaire qui recouvrait implacablement les lieux. Des morceaux de stèles de tombes souillées et dépravées déchiraient le châle profane, tel des épaves de navires qui brisaient un matin de brouillard d’une nuit d’hiver, s’élevant et hurlant amèrement leur haine dans le silence mortuaire de la ville. Le voyageur posa sa main sur un morceau de pierre qui semblait appartenir à l’ancien bâtiment religieux. Un suintement macabre ruisselait très timidement entre les doigts de l’homme. Un frisson glacial lui traversa l’échine. Il soupira. L’épais nuage de buée disparut dans la brume presque instantanément. Il retourna la tête. De nouveaux des habitations qui s’étalaient à travers un horizon impossible à voir, qui, au loin, ressemblaient à des spectres damnés et immuables qui évoluaient dans ce paysage funèbre. Il leva les yeux vers la flèche de l’église, des lambeaux de bois étaient aux côtés de tuiles oxydées. Elle semblait vouloir échapper aux horreurs de ce sanctuaire impie et oublié, mais l’horrible corruption la dégradait lentement et la rongeait peu à peu. Un léger vent si mit à souffler, tel la symphonie de l’agonie s’engouffrant dans l’âme et la glaçant. Le silence était presque total. Il semblait être lui-même un fantôme perdu au milieu de ce cimetière qui semblait vivant. Il ressentait un océan de douleur intense s’élever le long des cénotaphes fissurés et brisés. Il plongea son regard loin dans la brume et cru apercevoir les traits ravagés d’un ancien columbarium en débris qui régnait en un roi déchu d’outre tombe sur des cercueils déterrés pourrissant dans la chaleur glacée de la cité. L’homme se remit à marcher. Le sol était un injuste mélange de terre et de pavés de pierres glissants enfoncés inégalement. Il avança le long du mur délabré du monastère. Il finit par arriver devant les portes du bâtiment. Le bois, qui autrefois avait été robuste et fier n’était plus qu’à présent que de simples planches pourries qui par endroit s’égayaient de rouille grâce aux pièces de métal qui longeaient et entouraient l’huis.
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Un vieux texte, mais je vais m'en inspirer pour la description du cimetière qui arrive
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