Cool.
Ben ce sont des gens un minimum doués, ou alors l'US army est conne, ou les deux. Dans tous les cas les hackers vont sûrement prendre cher et quoi qu'ils aient voulu tirer de leur acte ça ne leur apportera rien au final.
Bref. Ca tombe bien, je me suis finalement lancé dans une nouvelle à cheval entre le steampunk (pour l'univers) et le cyberpunk (pour l'esprit).
Allez, un petit bout en cadeau (déjà autant d'écrit et c'est pas fini, j'en suis aux deux-tiers à peu près, je pense) :
Cling. Cling. Cling. Les engrenages tournent, tournent, tournent. Chacun tourne sans relâche sur lui-même, selon un sens, un plan et une vitesse imposés par ceux qui l'entraînent. Ou qu'il entraîne. Qui sait ? Peut-être sont ils tous entraînés par la machine, peut-être sont-ce eux qui l'entraînent. Toujours est-il qu'ils tournent et que la machine fonctionne, nul ne sait comment, nul ne sait pourquoi, et nul ne se pose la question. Tous se contentent de tourner : cling, cling, cling...
Clang. « Où crois-tu qu'aille l'âme après la mort, jeune homme ?
- Dans ton cul, vieille chose. »
Le samildash eut un petit sourire et se retourna pour vérifier la pression dans la chaudière. Il fallait qu'elle soit la plus élevée possible sans causer de dommages, mais il fallait surtout qu'elle soit constante. Aucune variation, aucun changement, pas même en douceur. Il fallait qu'elle reste immobile pour que tout continue à avancer. C'était là le maître mot : pas de changement. Jamais. Et son devoir, en tant que technicien, était d'y veiller. Au grain.
« Tu t'approches de la vérité, Gesh.
- Je ne m'appelle pas comme ça. Je préférais encore le « jeune homme », vieille chose.
- Tel est ton nom.
- Tel est le foutu nom qu'on m'a imposé. Gesh... qu'est-ce que ça veut dire, Gesh ? Tout le monde s'appelle comme ça.
- D'où l'intérêt du nom de famille : Gesh Mac Gaelgagh.
- Et c'est le nom de famille de mes parents qui est censé me donner une identité ? J'en veux pas. Je veux la mienne, celle que je me suis créée et qui n'appartient qu'à moi. Je me fiche du nom de famille de mes parents : c'est pas le mien.
- Vous n'avez pas le choix, monsieur Mac Geglash.
- Et ta mère, elle a le choix ? »
C'était une question sans sens, sans réponse. Simplement destinée à déstabiliser sans espoir de réussir. Et en cela elle le représentait, lui, l'exilé volontaire, l'anti-conformiste, l'exclu, le besharn.
Il n'avait pas encore vingt ans, mais était déjà persuadé d'avoir vécu tout ce que le monde avait à lui offrir, c'est à dire rien. Alors il vivait à l'écart, volait pour survivre, vivait pour tenter de voler de ses propres ailes, toutes sales qu'elles soient. Ses cheveux mi-longs mal coupés et vaguement placés pour former une demi-coiffure d'une excentricité totale, ses vêtements sales et rapiécés, ses chaussures usées recousues avec du gros fil, tout en lui clamait l'auto-suffisance. Car le monde qu'on lui proposait, ou plutôt qu'on tentait de lui imposer, ne lui convenait pas. La vie de ses parents, de leurs parents, des parents de leurs parents, ne lui suffisait pas, c'est pourquoi il se suffisait de peu, à présent. Il avait choisi la rue, la solitude, la révolte tantôt silencieuse tantôt bruyante, et tout en lui proclamait cela.
Mais la société était la plus forte, elle avait fini par le rattraper et lui faire mordre la poussière dans laquelle il vivait seul. Ses mains liées et le sang séché qui agglomérait ses cheveux gras en étaient la preuve.