Je l’avais rencontré il y a de cela deux ans . On l’avait envoyé ici, car personne ne pouvait le supporter, mais moi, je l’aimais bien.
On ne pouvait pas dire de lui que c’était un ange, mais il était sympathique.
Je le regardai souvent jouer au basket-ball pendant la « récréation ». Il était doué, très doué même. Et lors des match entre pensionnaires, il dominait tout le monde de la tête et des épaules. Tout le monde le craignait, du fait de sa stature imposante, et tout le monde baissait les yeux à son approche.
A la fin de la journée, il restait dans sa chambre, à penser de tout et de rien, ou à dessiner des personnages de bandes-dessinés sur les murs de sa « cellule », comme il surnommait affectueusement sa chambre.
Sa chambre était piteusement meublé, pour le moins basique : un lit, une armoire, une table, des toilettes, un lavabo. D’ordinaire, toutes les chambres ont une chaise, mais dans celle d’Andrew, il n’y en a pas. En effet, ce garçon a peur des chaises depuis son arrivée ici, je ne sais pourquoi. Je lui avais dit :
- Les chaises ici ne vont pas te tuer ici, tu n’as rien a craindre
Il avait hoché la tête pour montrer qu’il n’étais pas d’accord, et retourna s’asseoir sur son lit.
Tous les jours, je me chargeai de lui apporter à déjeuner dans sa « cellule ». En effet, il n’était pas très social, et il aurait du s’asseoir par terre, la cafétéria étant équipé de chaises. Il me disait :
« merci surveillant »
Je prenais ça pour une forme d’amitié, les autres pensionnaires appelant généralement mes collègues les « flics »
Une matinée de janvier, le 26 très précisément, j’avais été chargé de l’accompagner dans le « bureau », c’était une pièce reculée du complexe, et on y accédait par un unique couloir .
Il m’expliqua que le déjeuner qu’on lui avait apporté était le meilleur qu’il ait jamais mangé jusqu’ici dans cet endroit
Sur le chemin, il me demanda
« Vais-je devoir m’asseoir sur la chaise du bureau
-Je le crains bien, oui. Tu ne va quand même pas rester debout. Et si tu refuse d’obtempérer, nous serons bien forcé de te faire asseoir »
Le silence se fit, et le voyage jusqu’au « bureau » se déroula dans un silence total. Andrew tremblait, des larmes coulaient de ses joues. Quand nous arrivâmes à la porte de la salle, les dernières paroles qu’il me dit furent :
« Je suis désolé pour tout ce que j’ai pu faire »
Quelques minutes plus tard, le bourreau actionna l’interrupteur de la chaise électrique. Un long cri retentit dans le silence matinal, puis plus rien. Andrew était donc mort, pour l’assassinat qu’il avait commis.
dites moi, la fin vous a surpris?