Ca floode, ça floode.
Moi j'ai eu une superbe fin d'après-midi, résumée dans ce poème :
L'Hémorragie
Quand tu partis, je pensai : " La vie suit son cours ",
Sans imaginer que tu serais là, toujours,
Pour sans cesse venir me hanter, me narguer,
Dans le simple but de pouvoir me faire enrager...
Alors réjouis-toi, tu as vaincu, lilith,
Tu as atteint ton but par tes ignobles rites,
Car ce soir, me voilà fin prêt pour le carnage,
Mon coeur trompé ne fait plus couler que la rage !
J'entre dans mon antre avec une envie - détruire.
Je hais cet univers comme je peux te haïr !
Tandis que dans mes veines circule la folie,
Je casse, je raye, je brise et je salis !
Mais, l'esprit égaré dans ma macabre danse,
L'âme dans ce nihiliste voile de démence,
Voilà que je me suis bêtement blessé au doigt,
Et, presque instantanément, je reviens à moi.
Dans une chevelure complète, Baudelaire
Ne parvint à voir qu'un ridicule hémisphère,
Moi, sur ma peau transpercée, je peux voir perler,
Dans une goutte de sang, le monde en entier.
Des rivières pourpres, des océans carmins,
Des êtres qui souffrent, des jours sans lendemain,
Oui, voilà ce qui jaillit de cette coupure :
Les promesses d'un avenir fait de blessures !
Et plus encore - en me rapprochant de mon pouce,
J'apperçois l'Homme, et les tortionnaires à ses trousses.
Sous mes yeux se trouvent l'Amour et la Douleur,
L'Espoir et la Colère, la Haine et la Peur.
Puis, par pure poésie, j'élargis la plaie,
La Souffrance me salue - et elle me plaît !
J'assiste aux adieux d'un crépuscule écarlate
Défiant la suprématie de la pâle Hécate.
Perdu dans le flot d'innombrables sentiments,
Je nage dans le refus d'un monde qui ment,
Mais je lui préfère le fleuve des sensations,
Dans lequel je plonge pour en chercher le fond.
Quelle plaisante souffrance et cruel plaisir,
Saigner, réfléchir, souffrir, jouir et écrire...
Mais la coupure n'est plus qu'une tache sombre,
Tout part, sauf la Douleur - qui me suit comme une ombre.