Nous avons de bonnes raisons de penser que nos opinions sont révélatrices d'un travail de la pensée (les opinions sont autant de représentation du monde, de la vie, exigeant un travail de la pensée).
L'opinion ne peut-être produite que chez un être conscient et doué de parole.
Juger, prendre position, affirmer son opinion implique d'être apte intellectuellement à "objectiver le réel" (être capable de faire du réel, une connaissance).
Cela implique que l'opinion signifie penser si par "penser" nous entendons une activité de l'esprit qui aboutit à la production d'une idée, d'un jugement.
Oui mais nos opinions sont elles pour autant des connaissances ?
L'opinion n'est pas l'expression de ce qui est objectif.
Si les opinions ne sont pas de connaissances fondées, est-il légitime de ne plus penser et que faut-il alors entendre par "penser" ?
On ne peut pas se satisfaire du caractère subjectif, relatif et versatile de l'opinion à moins d'adopter une position sceptique. Penser alors, c'est remettre en cause la valeur des ses jugements au prix d'un examen critique.
Danger de la position relativiste. Cela implique: pensée = activité intellectuelle dynamique qui consiste à purifier son esprit (Descartes). Sous entend une capacité à s'étonner.
Selon Aristote: étonnement = moteur de la pensée.
Suffit-il de faire une usage de son esprit pour bien penser ? Peut-on penser bien sans apprendre à penser ? Comment savoir si nous exerçons effectivement notre pensée ?
En quoi se servir de sa raison ne suffit-il pas pour bien penser ? Qu'est-ce que bien penser ?
Penser n'est pas une simple activité de production d'opinion. Penser c'est produire un savoir le plus vrai possible.
Montrer qu'il n'y a pas de vraie pensée sans un travail d'analyse conceptuelle (Hegel)
Rappeler qu'il n'y a pas de pensée sans réappropriation personnelle de ses opinions et exercement de sa capacité à penser soi-même (cf. Kant, "qu'est-ce que les lumières ?")
Rappeler que le mouvement naturel de l'esprit humain est une démarche dialéctique (Platon "Théétete")
Capacité à affirmer des choses et surmonter ses propres contradictions.
Implication même si les opinions nourrissent notre démarche réflexible, elles doivent être dépassées dans une pensée plus vraie, plus juste qui vise l'accord de tous.
Tant qu'il n'y a pas de vérité, penser aura toujours sa raison d'être.
Voilà je pars de ça 